Les lacs de lave du Kilauea (Hawaii) // Kilauea lava lakes (Hawaii)

drapeau francaisLe HVO publie de temps en temps des articles de vulgarisation scientifique. L’un des derniers a été consacré au lac de lave de l’Halema’uma’u, apparu suite à l’ouverture spectaculaire de l’Overlook Crater dans la partie sud-ouest de la caldeira du Kilauea le 19 mars 2008.
Il existe très peu de lacs de lave actifs dans le monde. Les autres se trouvent dans les cratères du Nyiragongo (République Démocratique du Congo), de l’Erta Ale (Ethiopie) et de l’Erebus (Antarctique). Des chaudrons de lave sont également visibles de temps à autre sur le Marum et le Benbow au Vanuatu.
Le lac de lave de l’Overlook Crater est actuellement le deuxième de la planète, avec 220 mètres de long sur 170 de large. Il se trouve à plus de 100 mètres de profondeur sous la lèvre de l’Halema’uma’u. Celle de l’Overlook Crater s’est rehaussée de 8 mètres fin avril – début mai 2015, suite aux débordements de la lave sur le plancher de l’Halema’uma’u.
Les lacs de lave ne sont pas une nouveauté dans le cratère de l’Halema’uma’u. En effet, entre 1823 et 1924, un lac de lave était presque toujours présent dans la caldeira du Kilauea, généralement à l’intérieur de l’Halema’uma’u. Des lacs de lave éphémères ont été observés à plusieurs reprises entre 1924 et 1968. La plupart du temps, cependant, ils avaient un aspect bien différent de celui d’aujourd’hui.
La gravure presque centenaire que l’on peut voir au Musée Jaggar (voir ci-dessous) montre l’Halema’uma’u à une époque où une surface beaucoup plus vaste de son plancher était occupée par un lac de lave. Des structures imposantes de lave solidifiée s’élevaient alors au-dessus de la surface du lac. Les visiteurs pouvaient parfois apercevoir les fontaines de lave et entendre le bruit de ressac du lac depuis leur hôtel.
Dans les années 1900, la lave dans l’Halema’uma’u était tellement fluide que le lac montrait beaucoup de points communs avec un corps d’eau dynamique. Thomas Jaggar, le fondateur du HVO, a utilisé des termes tels que « anse », « baie » ou « crique » pour décrire la lave qui s’agitait dans le lac. Ce dernier était entouré de levées construites par les débordements de la lave.
À l’heure actuelle, le niveau du lac de lave du Kilauea fluctue en fonction des épisodes d’inflation et de déflation du sommet. Au cours des dernières semaines, sa surface se situait entre 40 et 65 mètres sous le plancher actuel de Halema’uma’u.

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drapeau anglaisHVO releases from time to time popular scientific articles. One of the latest was dedicated to the Halema’uma’u lava lake which followed the dramatic opening of the Overlook crater in the SW part of the Kilauea caldeira on March 19th 2008.

There are very few active lava lakes in the world. The others are within the craters of Nyiragongo volcano (Democratic Republic of Congo), Erta Ale (Ethiopia) and Mount Erebus (Antarctica). Occasional lava cauldrons are also to be seen on Marum and Benbow volcanoes in Vanuatu.

The active lava lake in the Overlook crater is now the second largest lava lake on Earth, about 170 metres by 220 metres across. The lake is more than 100 metres deep and the Overlook crater itself deepened by 8 metres in late April and early May 2015, when overflows onto the floor of Halema‘uma‘u built the rim higher.

Lava lakes are not new to Halema‘uma‘u Crater. Indeed, from 1823 through 1924, a lava lake was nearly always present in the Kilauea caldera, generally inside Halema‘uma‘u. Short-lived lava lakes played in Halema‘uma‘u several times between 1924 and 1968. Much of the time, however, visitors witnessed a scene quite different from today.

The nearly century-old print to be seen at the Jaggar Museum (see below) shows Halema‘uma‘u when a much larger area of its floor was covered by a lava lake, compared to today. Towering bodies of solidified lava can be seen rising above the lake surface. Visitors could sometimes view lava fountaining and hear noises of splashing lava from the hotel.

In the early 1900s, the lava lake inside Halema‘uma‘u resembled a dynamic body of water in many ways. Thomas Jaggar, founder of the Hawaiian Volcano Observatory, used terms such as cove, bay, and inlet to describe lava pools and other features in the lake. The lava lake was surrounded by levees made by overflows of lava from the lake.

Right now, Kilauea’s lava lake level fluctuates according to changes in summit inflation and deflation. During the past weeks, the lake ranged between 40 and 65 metres below the current floor of Halema‘uma‘u.

From ESE, SE crag.

Crédit photo: T. Jaggar / Jaggar Museum

Halemaumau 2015

Vue du cratère de l’Halema’uma’u, de l’Overlook Crater et du lac de lave début juin 2015

(Crédit photo:  HVO)

Halemau-fevrier

L’Overlook Crater vu depuis la terrasse du Jaggar Museum  (Photo:  C.  Grandpey)

De l’argent et des drones pour l’Université d’Hawaii // Money and UAVs for the University of Hawaii

drapeau francaisAlors que les universités françaises se plaignent du manque de financements, l’Université d’Hawaii fait partie de 15 universités sélectionnées par la NASA qui ont reçu une subvention de recherche à des fins pédagogiques.
Chaque université a reçu jusqu’à $ 750 000 (environ 670 000 €) à partir d’une dotation totale de  $ 11,250,000 (environ 10 millions d’euros) pour la recherche et le développement en matière de télédétection, nanotechnologie, astrophysique et aéronautique.
La somme d’argent répartie sur trois ans permettra aux campus de Manoa et Hilo de procéder à des observations des volcans actifs à l’aide de drones sans mettre en péril des vies humaines. L’objectif est d’utiliser plusieurs drones pour étudier les coulées de lave et les panaches volcaniques sur le Kilauea. Cela permettra de comprendre comment les coulées de lave changent en fonction de la topographie, mais aussi de donner des informations sur les gaz à l’intérieur des panaches volcaniques.
L’approbation d’utilisation des drones par le gouvernement fédéral permettra à l’Université d’Hawaii d’obtenir des données sans précédent. Elle permettra aussi à la Protection Civile et à l’USGS sur Big Island de mieux comprendre comment progressent les coulées de lave du Pu’u O’o, ainsi que leurs conséquences sur la santé et la sécurité de la population.
Le centre de recherches Ames et le Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie épauleront l’Université d’Hawaii pour obtenir la certification de la Federal Aviation Authority qui permettra de faire voler des drones équipés d’instruments de recherche.
Source: NASA.

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drapeau anglaisAt a time when French universities complain about the lack of fundings, the University of Hawaii is one of 15 universities selected by NASA for a competitive educational research grant.

Each university received up to $750,000 of a total $11.25 million grant for research and technology development in remote sensing, nanotechnology, astrophysics and aeronautics.

The three-year award will allow the Manoa and Hilo campuses to develop Unmanned Aerial Vehicle observations of active volcanoes. The aim is to use multiple UAVs to study active lava flows and volcanic plumes at Kilauea volcano. It will allow to understand how the lava flows change in terms of topography of flows, but also give information on gas flux from the volcanic plumes.

The federal approval to use drones will allow the university to obtain unprecedented data. It will enable Big Island Civil Defense and the U.S.G.S. to better understand how lava flows from Pu’u O’o will flow across ground, as well understand health and safety standards.

The NASA Ames Research Center and the Jet Propulsion Laboratory in California will assist UH in its training to receive certification from the Federal Aviation Authority to fly UAVs with attached research instruments.

Source: NASA.

Kilauea-panache

Les drones permettront d’étudier en toute sécurité la lave et le panache de gaz du Kilauea

(Photo:  C. Grandpey)

Hawaii: Situation stable sur le Kilauea

drapeau francaisLes dernières cartes mises en ligne par le HVO (voir ci-dessous) montrent bien la disposition des coulées de lave qui s’échappent du versant NE du Pu’uO’o. Comme je l’ai indiqué précédemment, les sorties de lave se trouvent entre 5 et 8 km du sommet du cône. La seule observation possible est par la voie aérienne, ce qui ravit les compagnies d’hélicoptères basées à l’aéroport de Hilo. L’approche terrestre serait très difficile et les coulées se trouvent dans une réserve naturelle dont l’accès est interdit. Actuellement, aucune zone habitée n’est menacée.

L’activité dans le Pu’uO’o est remarquablement stable et n’a pas évolué au moment où la lave débordait sur le plancher de l’Halema’uma’u. Les dernières images du Pu’uO’o montrent un important dégazage du cratère. Il y a, semble-t-il, un petit lac de lave au fond de l’une des bouches qui percent le plancher du cratère.

Le lac de lave de l’Halema’uma’u montre les variations de niveau habituelles en fonction des épisodes d’inflation et de déflation du sommet. Sa surface oscille en générale entre 50 et 70 mètres de profondeur.

Il n’y a plus aucune sismicité sur la zone de rift SO. L’intrusion magmatique est donc bel et bien terminée. Personne ne peut dire comment évoluera la situation.

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drapeau anglaisThe latest maps relased by the HVO (see below) clearly show the layout of lava flowing from the NE side of Pu’uO’o. As I indicated previously, the lava outbreaks are located between 5 and 8 km from the summit of the cone. The only observation is by air, which delights the helicopter companies based at Hilo airport. The ground approach would be very difficult and the flows are in a natural reserve whose access is prohibited. Currently, no inhabited area is threatened.
Activity at Pu’uO’o is remarkably stable and did not change even when the lava overflowed on the floor of Halema’uma’u. The last images of Pu’uO’o show significant degassing from the crater. There, it seems, a small lava lake at the bottom of one of the vents that pierce the crater floor.
The lava lake in Halema’uma’u shows the usual level variations based on episodes of inflation and deflation at the summit. Its surface usually varies between 50 and 70 meters below the rim.
There is no longer any seismicity on SW Rift Zone. The magma intrusion is now over. No one can say how the situation will evolve.

Carte 1

Carte 2

Source:  USGS / HVO

Eruption du volcan Wolf (Iles Galapagos / Equateur)

drapeau francaisL’éruption du volcan Wolf aux Galapagos n’est pas la mieux documentée ! Les informations se font rares. Le Parc National a toutefois diffusé une vidéo montrant la lave en train d’entrer dans l’océan. Vous la verrez en cliquant sur ce lien, après avoir subi un écran publicitaire :

http://www.reviewjournal.com/news/science/galapagos-islands-volcano-erupts-spills-ocean-video

L’Institut Géophysique a indiqué que l’éruption qui a commencé le 25 mai se poursuivait le 2 juin. Les coulées de lave ont atteint la mer le 28 mai. Lors d’un survol le 29 mai, les scientifiques ont pu observer le panache de gaz qui s’élevait à 2-3 km au-dessus du volcan avant de s’étirer vers le nord-ouest, avec une forte odeur de soufre. Des coulées de lave actives descendaient les flancs E et NE; les images thermiques ont montré des anomalies sur les flancs SE et S. Au vu des données collectées pendant le vol, les émissions de SO2 atteignaient 40 600 tonnes par jour. Les données satellitaires montrent qu’il y a très peu de cendre dans le panache. Le rapport de l’IG a également noté que l’activité avait diminué au cours des derniers jours.

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drapeau anglaisThere are very few documents about the eruption of the Wolf volcano at the Galapagos. However, the National Park has released a video showing lava flowing into the ocean. You will see it by clicking on this link, after enduring an advertisement:

http://www.reviewjournal.com/news/science/galapagos-islands-volcano-erupts-spills-ocean-video

The Geophysical Institute reported that the eruption that began on May 25th was still continuing on June 2nd. Lava flows first reached the sea on May 28th. During an overflight on May 29th, scientists observed a gas plume rising 2-3 km above the volcano and drifting NW, with a strong sulphur odour. Active lava flows descended the E and NE flanks; thermal images showed anomalies from lava flows on the SE and S flanks. The SO2 emission rate was 40,600 tons per day based on data collected during the flight. Satellite data collected since the beginning of the eruption indicated very minimal ash present in the plume. The report also noted that activity had decreased during the recent few days.