Fuego (Guatemala)

Le 8ème épisode effusif sur le Fuego en 2017 a débuté le 20 août 2017. Des explosions à répétition ont généré des panaches de cendre qui sont montés à 2 ou 3 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs régions sous le vent. Deux fontaines de lave d’une hauteur de 300 mètres, ont alimenté des coulées qui ont parcouru 1,4 km vers le SSO dans la ravine Ceniza et 1,2 km vers l’ouest dans la ravine Santa Teresa. Des avalanches de blocs incandescents se sont produites tout autour du cratère. Certaines explosions ont généré des ondes de choc qui ont fait vibrer les fenêtres aux alentours.

La sismicité a diminué le 21 août. Des explosions faibles ont alors généré des panaches de cendre qui ont atteint 1 km de hauteur. Les coulées de lave avaient avancé de 200 mètres dans la ravine Ceniza et de 100 mètres dans la ravine Santa Teresa. Des coulées pyroclastiques ont affecté la ravine Santa Teresa, avec accumulation de dépôts et augmentation du risque de lahars.
Le 22 août, l’INSIVUMEH a indiqué qu’après 48 heures d’activité, l’épisode effusif était terminé. Les explosions ont continué à produire des panaches de cendre de 1,2 km de hauteur et ont continué à faire vibrer les vitres des structures proches. Des matériaux incandescents étaient éjectés jusqu’à 200 m au-dessus de la lèvre du cratère.
Source: INSIVUMEH.

The 8th effusive episode at Fuego in 2017 began on August 20th. Constant explosions generated ash plumes that rose 2 – 3 km above the crater. Ashfall was reported in several areas downwind. Two lava fountains, each 300 metres high, fed lava flows that travelled 1.4 km SSW down the Ceniza ravine and 1.2 km W down the Santa Teresa ravine. Incandescent block avalanches occurred throughout the crater. Some explosions generated shock waves that rattled nearby structures.

Seismicity decreased on August 21st. Weak explosions generated ash plumes that rose 1 km. The lava flows had lengthened 200 metres in the Ceniza ravine and 100 metres in the Santa Teresa ravine. Pyroclastic flows were concentrated in the Santa Teresa ravine, possibly filling the drainage with deposits and increasing the chances for lahars.

On August 22nd, INSIVUMEH noted that after 48 hours the effusive episode was over. Explosions produced ash plumes that rose 1.2 km and continued to vibrate nearby structures. Incandescent material was ejected as high as 200 m above the crater rim.

Source: INSIVUMEH.

Vue du Fuego le 22 août 2017 (Source: INSIVUMEH)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Dernières nouvelles // Latest news

L’OVPF indique que « l’éruption qui a débuté le 14 juillet se poursuit. Le tremor volcanique a augmenté rapidement en début de nuit dernière. Ensuite, depuis le début de journée,  il oscille avec  une périodicité d’environ 4 minutes.

Malgré des conditions météorologiques plutôt défavorables, la caméra en place au Piton de Bert a permis d’associer ces changements dans le niveau du tremor à des modifications de l’activité de surface. Des fontaines de lave éphémères ont pu être observées tant au niveau du cône éruptif que de l’extrémité est de la coulée essentiellement en début de nuit. »

Il est fort à parier que cette augmentation rapide du tremor – qui fait suite à une hausse beaucoup plus modeste – est due à la libération d’un bouchon de lave qui s’était accumulée dans le conduit d’alimentation. Cette évacuation de la lave sous pression a été enregistrée par les instruments et généré les fontaines observées en aval. Les prochaines heures diront si mon diagnostic est le bon.

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OVPF indicates that « the eruption which began on 14 July continues. The volcanic tremor rose rapidly early last night. Then, since the beginning of the day, it oscillates with a periodicity of about 4 minutes.
In spite of the adverse weather conditions, the camera at Piton de Bert made it possible to associate these changes in the level of the tremor with changes in surface activity. Short-lived lava fountains were observed both at the eruptive cone and at the eastern end of the flow, essentially at the beginning of the night. »
the odds are that this rapid increase in the tremor – which followed a much more modest increase – is due to the release of a lava plug that had accumulated in the feeding conduit. This evacuation of the pressurized lava was recorded by the instruments and generated the fountains observed downstream. The next few hours will tell if my diagnosis is right.

Source: OVPF

De jeunes volcans ont-ils hébergé la vie sur Mars ? // Did young volcanoes harbour life on Mars ?

Une équipe scientifique a identifié sur la planète Mars ce qui ressemble à des volcans de formation récente. Selon les chercheurs, à une certaine époque, un tel environnement a pu être propice au développement de formes de vie microbiennes.
Sur Mars, Olympus Mons est le plus grand volcan du système solaire; Il mesure 22 km de haut et plus de 500 km à sa base. Il a commencé à croître il y a plus de 3 milliards d’années, mais la lave sur la partie supérieure de ses flancs semble dater de seulement 2 millions d’années, si l’on en juge par le manque relatif de cratères d’impact. Les cratères d’impact permettent de déterminer l’âge d’une surface dans le système solaire. Plus il y a de cratères, plus elle est vieille. La lave récemment émise par un volcan peut recouvrir les anciens cratères, donnant une nouvelle jeunesse à cette surface. C’est ce qui s’est passé sur Olympus Mons et sur plusieurs de ses voisins, ce qui signifie que ces volcans ne sont probablement pas éteints. Il se pourrait même qu’ils émettent de la lave à l’avenir, mais il faudra probablement attendre quelques millions d’années pour assister à un tel événement.
Les chercheurs ont déjà localisé des ensembles de petits cônes, de toute évidence assez jeunes, bien que leur origine ait toujours été controversée. Il se peut que ce soit de véritables sites d’éruption volcanique, mais il pourrait s’agir aussi de volcans de boue, ou des cônes sans racine formés par des explosions lors du passage de la lave sur un sol humide ou glacé.
Une étude récente réalisée par une équipe de chercheurs tchèques, allemands et américains présente la preuve convaincante qu’au moins certains de ces cônes sont de véritables volcans. Les chercheurs ont étudié des cônes dans Coprates Chasma, la partie la plus profonde du vaste système de canyons Valles Marineris de Mars. Cette région est éloignée des principales provinces volcaniques de la planète et on pense que le magma est sorti par des fractures anciennes mais réactivées dans le système de canyons.
Les chercheurs sont convaincus qu’il s’agit de véritables cônes volcaniques, semblables aux cônes de scories et de tuf sur Terre. Ils se réfèrent pour cela aux couches fines visibles à l’intérieur des parois des cratères sur les images envoyées par la caméra HiRISE (High resolution Imaging Science Experiment ) à bord du Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), ainsi que sur d’autres preuves. Les détails visibles sur les images sont suffisants pour prouver que le cône s’est construit en différentes couches, de la même façon que les cônes de tuf sur Terre.
Les cônes eux-mêmes sont trop petits pour qu’on puisse les dater en comptant les cratères d’impact, mais la datation des cratères sur le terrain environnant révèle 200 à 400 millions d’années, époque où les amphibiens géants et les premiers dinosaures sont apparus sur Terre. Sur notre planète, des cônes comme ceux-ci se sont édifiés au cours d’un seul épisode éruptif, de sorte que cette date marque presque certainement sur Mars la naissance de ces petits volcans ainsi que leur disparition.
Les cônes doivent avoir été édifiés par l’éruption explosive de projections de lave, de la taille d’un grain à celle d’une brique, à partir d’une bouche centrale, ce qui a façonné le cône couche par couche, jusqu’à ce qu’il atteigne sa hauteur finale. Selon les chercheurs, la surface de chaque cône révèle parfois une apparence  « blindée » car les projections de lave sont retombées sur une surface encore assez chaude pour qu’elles se soudent partiellement et protègent le cône. Cela pourrait expliquer leur aspect jeune, contrairement aux volcans de boue qui semblent plus vulnérables à l’érosion. Un volcanisme aussi récent sur Mars laisse supposer qu’il y a encore une certaine activité volcanique sur la planète, et que l’on pourrait assister aujourd’hui à la formation de nouveaux volcans.
Jusqu’à présent, l’équipe scientifique a obtenu des informations sur la composition de l’un des cônes en utilisant le Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars (CRISM), spectromètre d’imagerie embarqué à bord du MRO. Les analyses révèlent la présence de silice opalisée ainsi que de minéraux sulfatés, ce qui laisse supposer que les roches chaudes, avant ou après l’éruption, ont réagi avec les eaux souterraines martiennes. Si tel est le cas, il a pu y avoir, ne serait-ce que brièvement pour chaque volcan, un mélange adéquat d’eau, de chaleur et d’énergie chimique pour permettre une vie microbienne du genre de celle que l’on trouve dans les sources thermales sur Terre. Étant donné que les cônes de cette étude ont au moins 200 millions d’années, il est peu probable qu’ils hébergent de la vie aujourd’hui, mais ils représentent un terrain favorable pour rechercher des microbes fossilisés avec un risque minimal de contamination d’un écosystème actif.
Source: Scientific American.

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Scientists have identified on Mars what looks like more recently formed volcanoes which may have once provided the perfect environment for microbial lifeforms to thrive.

Mars’ Olympus Mons is the solar system’s largest volcano ; it is 22km high and more than 500 km across its base. It began to grow over 3 billion years ago, but some lava flows high on its flanks appear to be as young as 2 million years, judging from the relative lack of overlapping impact craters. Craters caused by asteroid impacts show how old a surface in the solar system is. The more craters the longer it has been around. However, fresh lava from a volcano can bury former craters, resetting this clock.

This is exactly what happened at Olympus Mons and several of its neighbours, which means these volcanoes are unlikely to be extinct. They may even be able to squeeze out some lava again in the future, although we might have to wait a few million years to see it happen.

Researchers have previously spotted various clusters of small and evidently quite young “cones” but their origin has always been controversial. They could be true sites of volcanic eruption, but they could equally well be “mud volcanoes” formed by expulsion of mud from below ground or “rootless cones” formed by explosions caused by lava flowing across wet or icy ground.

A recent study by a Czech-German-American team presents convincing new evidence that at least some of these are genuine volcanoes. The researchers studied cones in Coprates Chasma, the deepest part of Mars’s Valles Marineris canyon system. This region is far from Mars’s main volcanic provinces and suggest magma has erupted from the interior though ancient but reactivated fractures in the canyon system.

The researchers are convinced that these are true volcanic cones, similar to scoria and tuff cones on Earth. They base this on the fine layers visible on the inside of the crater walls on images from the HiRISE (High resolution Imaging Science Experiment) camera of NASA’s Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) and other evidence. The detail in the images is sufficient to reveal that the cone is built of layers in a similar way as in tuff cones on Earth.

The cones themselves are too small to date by counting impact craters, but crater-dating of the surrounding terrain comes out at about 200 to 400 million years, around the time giant amphibians and early dinosaurs roamed the Earth. On our planet, cones like these are built in a single episode of eruption, so this date almost certainly pinpoints the birth of these small volcanoes as well as their demise.

The cones must have been built by explosive eruption of clots of lava, from the size of a grain to that of a brick, from a central vent, growing the cone layer by layer until reaching its final height. According to the researchers, each cone’s surface may be “armour-plated” because these clots hit ground still hot enough to partially weld together and protect it. This could account for their fresh appearance, in contrast to mud volcanoes, which would be more vulnerable to erosion.

using MRO’s Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer for Mars (CRISM). This Volcanism this young on Mars suggests there’s still some volcanic action on the planet, and there could still be volcanoes forming today.

So far, the scientific team has obtained compositional information from just one of the cones reveals the presence of opaline silica as well as sulfate minerals, which suggests that the hot rocks, whether before or after eruption, reacted with martian ground water. If so, there could have been, even if only briefly at each volcano, a suitable mixture of water, warmth and chemical energy to support microbial life of the kind that inhabits hot springs on Earth. Given that the cones in this study are at least 200 million years old, they are unlikely to host life today, but they would be good targets to search for fossilised microbes with minimal risk of contaminating an active ecosystem.

Source: Scientific American.

Vue du système de canyons Valles Marineris sur la planète Mars (Source: NASA)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Poursuite de l’éruption // The eruption is going on

L’éruption débutée le 14 juillet se poursuit avec une augmentation du tremor au cours des dernières 72 heures. Selon l’OVPF, son intensité atteint désormais 50% de la valeur observée en début d’éruption, après avoir culminé à 60%. L’Observatoire a tout d’abord attribué la hausse du tremor aux mauvaises conditions météo sur la zone, mais il se pourrait aussi que la cause soit autre, d’autant que l’on observe une légère inflation de la zone sommitale du volcan. Le Piton de la Fournaise n’a peut-être pas dit son dernier mot et une réactivation de l’éruption n’est pas impossible. Sur le site de l’éruption, le cône continue son édification et il est désormais complètement fermé. On observe deux bouches actives à l’intérieur. L’essentiel de l’écoulement de la lave s’effectue en tunnels.

Voici deux photos prises le 29 juillet 2017. Elles montrent de belles petites coulées issues d’une résurgence en sortie de tunnel. Encore merci à Christian Holveck de me les avoir adressées.

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The eruption that began on 14 July continues with an increase in tremor over the past 72 hours. According to OVPF, its intensity now reaches 50% of the value observed at the beginning of the eruption, after peaking at 60%. The Observatory first attributed the rise of the tremor to the bad weather conditions in the area, but the cause could also be different, especially since there is a slight inflation of the summit area of ​​the volcano. A reactivation of the eruption is not impossible. At the site of the eruption, the cone is still being built and is now completely closed. Two active vents are observed inside. The main part of the lava flows in tunnels.
Here are two photos taken on July 29th, 2017. They show nice little flows coming from a resurgence out of a tunnel. Many thanks to Christian Holveck for sending them to me.

Photos: Christian Holveck