Kilauea (Hawaii) : Le site d’observation de l’éruption se fait attendre ! // Kilauea (Hawaii) : No viewing platform of the eruption yet !

En Europe et en particulier en France, beaucoup de volcanophiles se lamentent et piaffent d’impatience quand ils voient les images de l’éruption du Kilauea. Malheureusement, ils doivent rester à la maison parce que toute la zone de l’éruption est fermée et sévèrement contrôlée par la police qui verbalise à tour de bras. Plus de 80 personnes surprises dans la zone interdite ont dû mettre la main au portefeuille, en sachant que les peines encourues peuvent atteindre 5000 dollars et un an de prison. La seule solution possible en ce moment pour observer l’éruption est la voie aérienne, mais les tarifs des sorties en hélicoptère ont bien augmenté depuis le début du mois de mai.

Pour le moment, le point d’observation dont parlent de temps à autre les autorités a tendance à jouer l’Arlésienne. On en parle, mais on ne le voit pas venir. Le site qui semble faire l’unanimité se trouverait à l’intersection de Pohoiki Road et de la Highway 132. Il permettrait d’observer l’activité de la Fracture n° 8 ainsi qu’une portion de la coulée. D’autres sites seraient également à l’étude. Différents facteurs doivent être pris en compte avant l’implantation définitive du site d’observation : contrôle de la circulation routière, qualité de l’air et surtout sécurité du site. Les autorités n’ont pas envie de voir un touriste asphyxié par les gaz comme en février. A cette époque, un guide hawaiien a perdu la vie quand la pluie a fait naître un nuage de gaz toxiques sur une coulée de lave. Si le point d’observation est mis en place, son accès se fera par petits groupes et ne sera pas gratuit. Aux Etats-Unis, business is business. Il ne faudrait pas oublier que l’éruption a causé des dégâts considérables et qu’il y a un grand besoin d’argent dans le district de Puna.

Une autre question à laquelle sont confrontées les autorités est la réouverture de certaines voies d’accès comme la Highway 132 et la Highway 137. Beaucoup d’habitants insistent pour que de telles routes soient déblayées. Le problème, c’est qu’une telle entreprise coûtera des dizaines de millions de dollars. De toute façon, les autorités indiquent que rien ne pourra se faire avant au moins six mois après l’arrêt de l’activité éruptive. Ce n’est donc pas pour demain car la lave s’échappe toujours en abondance de la fracture n° 8 et rien ne dit que d’autres fractures ne vont pas se réactiver.

Source : Protection Civile et presse hawaiienne.

Dernière minute: Les dernières paroles prononcées par le gouverneur de l’État d’Hawaï ne sont pas vraiment encourageantes. Lors d’une conférence de presse il y a quelques jours, il a déclaré que le site d’observation de la lave pourrait (= devrait !) être construit à l’extérieur du District de Puna. Lorsqu’on lui a demandé s’il serait approprié de créer une destination touristique dans une zone où les habitants ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, le gouverneur a répondu en disant que la zone d’observation n’aurait pas besoin d’être à Puna. Il a ajouté: « Elle ne sera pas dans ce secteur. On peut voir la coulée de lave depuis Hilo, donc le site sera quelque part de ce côté de l’île. » Cependant, contrairement à ce qu’a déclaré le gouverneur, si on aperçoit la lueur de la lave depuis Hilo, il n’est pas possible de voir la coulée depuis cette ville. En fait, le gouverneur voulait dire que le site d’observation ne serait pas dans la zone évacuée, et son commentaire concernant Hilo ne voulait pas dire que le site d’observation serait mis en place à Hilo.
Si l’implantation d’un site d’observation proche de la lave pose des problèmes logistiques, il apporterait beaucoup d’avantages d’un point de vue commercial. En effet, les pertes économiques sont très importantes pour de nombreuses entreprises du District de Puna, en particulier à Pahoa. L’ouverture d’un site touristique près de Pahoa donnerait un sacré coup de pouce aux commerces locaux. Une bonne idée serait d’implanter le site d’observation près du Lava Tree State Monument, mais l’accès à cette zone est actuellement interdit et la Protection Civile ne semble pas disposée à le rouvrir à court terme.
Comme je l’ai mentionné ci-dessus, les autorités essayent de trouver le meilleur emplacement du fameux site d’observation de l’éruption, mais aucune décision ne sera prise tant que la sécurité des personnes, le contrôle de la circulation, la qualité de l’air ne seront pas déterminés.
Source: Hawaii Tribune Herald.

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 In Europe and more particularly in France, many volcano lovers are lamenting and stamping their feet in impatience when they see the images of the Kilauea eruption. Unfortunately, they have to stay at home because the entire area of ​​the eruption is closed and severely controlled by the police. More than 80 people in the forbidden zone have been cited, knowing that the penalties could reach $ 5,000 and one year in prison. The only possible solution at this time to observe the eruption is from the sky, but the rates for helicopter trips have increased since the beginning of May.
For the moment, authorities speak a lot about a possible viewing site but nobody knows where it will be! The more likely site seems to be at the intersection of Pohoiki Road and Highway 132. It would permit to observe the activity at Fissure 8 and a section of the lava flow. Other sites are said to be under study. Various factors must be taken into account before the final decision: control of road traffic, air quality and above all people’s safety. The authorities do not want to see a tourist asphyxiated by the gases as this happened in February. At that time, a Hawaiian guide died when the rain generated a cloud of toxic gas on a lava flow. If the viewing point is set up, access will be in small groups and will not be free. In the United States, business is business. It should not be forgotten that the eruption has caused considerable damage and that there is a great need for money in the District of Puna.
Another issue facing the authorities is the reopening of certain access roads such as Highway 132 and Highway 137. Many residents insist that such roads be cleared. The problem is that such a work will cost tens of millions of dollars. In any case, the authorities indicate that nothing can be done until at least six months after eruptive activity has stopped. It is not for tomorrow because lava is still profusely emerging from Fissure 8 and other fissures may reactivate sooner or later.

Source: Civil Defense and Hawaiian newspapers.

Last minute: The last words pronounced by the Governor of the State of Hawaii are not really encouraging. During a news conference a few days ago, he said that the lava viewing area might be built outside of the Puna district. When asked whether it would be appropriate to create a tourist destination in an area where residents are still unable to return home, the Governor responded by saying the viewing area would not need to be in Puna. He added: “It wouldn’t be down in that area. You can see the lava flow from Hilo, so it’s anything on that side of the island.” However, one can not that, contrary to the Governor’s statement, while the glow from the lava flow is visible from Hilo, the lava itself is not viewable in Hilo. Actually, he meant that the viewing area would not be in the evacuated area, specifically, and his comment regarding Hilo was not intended as a suggestion that the viewing area would be built in Hilo.

While a viewing area close to the lava brings logistical problems, the closer it is to Puna communities, the better, from a business point of view. Indeed, the losses are very severe fos many businesses in the Puna district, especially in Pahoa. Opening a tourist location near Pahoa would greatly help restore local businesses. One obvious choice would be near the Lava Tree State Monument, but access to this area is currently restricted and it does noot look as if Civil Defense will reopen it in the short term.

As I put it above, officials are evaluating potential locations for a viewing area, but will not confirm any location until such factors as safety, traffic control, air quality and security can be determined.

Source: Hawaii Tribune Herald.

Le site d’observation sera-t-il mis en place avant la fin de l’éruption? (Source: USGS)

Eruption du Sierra Negra (Ile Isabela / Galapagos)

Une éruption a débuté sur le Sierra Negra (Ile Isabela) vers 13h40 (heure locale) le 26 juin 2018, suite à une sismicité intense et des déformations de l’édifice volcanique ces dernières semaines (voir mes notes des 10 et 14 juin 2018) . L’éruption a généré un panache de gaz et de cendre qui est monté jusqu’à 8 km d’altitude. Il se dit que c’est la plus puissante éruption depuis 1979. Le dernier événement éruptif a commencé le 22 octobre 2005 et s’est terminé le 30 octobre de la même année, avec un VEI de 3.
Des coulées de lave sont observées sur une partie du flanc nord du Sierra Negra ; elles se dirigent vers l’intérieur de la caldeira. D’autres coulées sur une autre partie du flanc nord se dirigent vers Bahía Elízabeth. À l’heure actuelle, il n’y a pas de retombées de cendre à Puerto Villamil, un petit port situé sur la rive sud-est de l’île Isabela, à 24 km au sud-est du Sierra Negra. Sur les 2 200 personnes qui vivent sur l’île Isabela, la majorité vit à Puerto Villamil.
Au moins 50 personnes ont été évacuées après un essaim sismique enregistré le 26 juin.
Source: Instituto Geofisico, The Watchers.

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An eruption started at Sierra Negra volcano on Isabela Island at about 13:40 (local time) on June 26th, 2018, following intense seismicity and deformation of the volcanic edifice in recent weeks (see my posts of June 10th and 14th, 2018). The eruption produced an ash and gas plume that rose up to 8 km a.s.l. It is said to be the worst eruption since 1979. The last eruptive event started on October 22nd, 2005, and ended on October 30th of the same year, with a VEI of 3.

Lava flows are being observed on the northern flanks of Sierra Negra, directed toward the interior of the caldera and another part toward its northern flank, in the direction of Bahía Elízabeth. At the moment, there is no ashfall in Puerto Villamil, a small port located on the southeastern edge of Isla Isabela, 24 km SE of Sierra Negra. Of the 2,200 people who live on Isabela, the majority live in Puerto Villamil.

At least 50 people were evacuated after a seismic swarm on June 26th.

Source: Instituto Geofisico, The Watchers.

Image satellite de l’éruption d’octobre 2005 (Crédit photo: NASA)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Les dernières données satellitaires du Cleveland en date du 25 juin 2018 indiquent la présence d’une petite coulée de lave de forme circulaire, d’environ 80 mètres de diamètre, au fond du cratère sommital. Les données de surveillance géophysique du volcan sont indisponibles depuis le 24 juin dans l’après-midi et on ne sait donc pas si l’apparition de la lave dans le cratère a généré des signaux sismiques ou infrasoniques détectables. Cependant, la présence d’une coulée de lave obstruant la bouche active augmente le risque d’une explosion au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été élevée respectivement à Orange et Vigilance. La dernière activité explosive du Cleveland s’est produite le 4 mai 2018.
Source: AVO.

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Satellite observations of Cleveland Volcano on June 25th, 2018 indicate the presence of a small circular lava flow, about 80 metres in diameter, covering the floor of the summit crater. Geophysical monitoring data from the volcano has been unavailable since June 24th in the afternoon and thus it is unknown if the effusion of lava within the crater generated detectable seismicity or infrasound. However, the presence of a lava flow over the active vent increases the possibility of a vent clearing explosion over the coming days to weeks. As a consequence, the aviation colour code and the volcanic alert level have been raised to ORANGE and WATCH, respectively. The last detected explosive activity at Cleveland volcano occurred on May 4th, 2018.

Source: AVO.

Source: AVO

Hawaii: La lave bloque l’accès aux sites touristiques du District de Puna // Hawaii: Lava has blocked access to tourist sites in the Puna District

Au cours de mes voyages à Hawaï, il m’est arrivé à plusieurs reprises de prendre le bateau à Pohoiki pour aller voir la lave couler dans l’océan. Aujourd’hui, ce n’est plus possible car la lave a coupé la route qui conduit à ce site magnifique. La mise à l’écart du petit port est un problème pour les pêcheurs qui ne peuvent plus emmener les touristes en mer et qui doivent remorquer leurs bateaux jusqu’au Wailoa Boat Harbor de Hilo pour pratiquer leur activité de pêche.
Des sites touristiques de  bord de mer comme Isaac Hale et Ahalanui ont certes été épargnés par la lave, mais ils sont inaccessibles pour une durée indéterminée. La rampe d’accès de Pohoiki est intacte mais ne peut être atteinte par la route. Les propriétaires de bateaux ont été obligés d’approcher l’endroit par la mer pour vérifier leur point d’ancrage, récupérer des effets personnels et les animaux domestiques pris au piège des coulées de lave.
Il n’est pas précisé combien de propriétaires de bateaux utilisent la rampe d’accès de Pohoiki, mais quatre compagnies détiennent des permis commerciaux et organisent des sorties en mer pour aller voir la lave arriver dans l’océan. L’utilisation du port de Wailoa à Hilo au lieu de Pohoiki signifie une augmentation des coûts de carburant et du temps de trajet. Le propriétaire de l’agence Lava Boat Tours a perdu sa maison qui a été avalée par la lave dans les Leilani Estates, et il voit maintenant ses moyens de subsistance menacés par l’impossibilité d’utiliser la rampe de Pohoiki. Il estime qu’il utilise 45 gallons de carburant pour partir de Wailoa contre 21 gallons quand il partait de Pohoiki.
Comme la Grande Ile d’Hawaii est relativement jeune d’un point de vue géologique, une grande partie de son littoral comprend des falaises abruptes et des affleurements de lave difficiles d’accès. Les plages de sable et autres sites de détente sont donc très prisés, en particulier à Puna. Une source d’eau chaude alimente les piscines naturelles de Ahalanui Beach Park, mieux connu sous le nom de Hot Ponds, qui se trouve à environ 1,5 km au nord-est de Isaac Hale Beach Park. Malheureusement, les routes bloquées par la lave empêchent les touristes et les habitants d’accéder à l’endroit.
MacKenzie State Recreation Area, au sud de Pohoiki Bay, est également fermée. Pour des raisons de sécurité, cette zone récréative a été bouclée peu de temps après le début de l’éruption et le restera vraisemblablement très longtemps.
Dans les années 1990, les coulées de lave dans le secteur de Kalapana avaient fait disparaître certains des meilleurs spots de surf de l’île ; les surfeurs pleurent aujourd’hui la perte de nouveaux spots à Pohoiki Bay.
La Fracture n° 8 continue à envoyer inlassablement sa lave dans la Lower East Rift Zone. Il est trop tôt pour savoir quand – et si – l’accès aux parcs du District de Puna via la Pohoiki Road et la route entre Kalapana  et Kapoho Beach sera restauré.
Source: Honolulu Star Advertiser.

Voici une excellente vidéo montrant les différents sites mentionnés ci-dessus, ainsi que l’ampleur de l’éruption:

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During my trips to Hawaii, I happened several times to take the boat at the Pohoiki Boat ramp to go and see lava flowing into the ocean. Today, this is no longer possible as lava has cut the road leading to Pohoiki. The isolation of the place is a ptoblem for the fishermen who can no longer take tourists out to sea, but above all for the local fishermen who have to trailer their boats to the Wailoa Boat Harbor in Hilo to head out to their usual fishery.

Although Isaac Hale and Ahalanui beach parks were spared by lava, they are inaccessible for the foreseeable future. The Pohoiki Boat Ramp also is undamaged but cut off from users who want to launch from there. Boaters have approached the ramp by sea to check on their property, retrieve belongings and rescue animals trapped by lava flows, but there is no possible terrestrial access to the ramp.

It is not said how many boaters utilize the ramp, but four companies hold commercial permits for Pohoiki and were running lava-­viewing tours. Using Wailoa Boat Harbour in Hilo instead of Pohoiki means added fuel costs and travel time to get passengers to coastal lava-entry points at Kapoho Bay. The owner of the Hawaiian Lava Boat Tours agency is dealing both lost his Leilani Estates house to the eruption and now sees his livelihood threatened by not being able to launch from the Pohoiki Boat Ramp. He estimates he uses 45 gallons of fuel running out of Wailoa compared to 21 gallons when he launched from Puna.

Because Hawaii Big Island is relatively young, in geological terms, much of its shoreline comprises sheer cliffs and craggy lava outcroppings. Sandy beaches and other shoreline recreational sites are at a premium, especially in Puna. A geothermal source from the volcano heats natural pools at Ahalanui Beach Park, also known as Hot Ponds, which lies about 1.5 kilometres northeast of Isaac Hale Beach Park. Unfortunately, lava-blocked roads are denying tourists and locals access to the spot.

Also closed is MacKenzie State Recreation Area, south of Pohoiki Bay. Due to safety concerns, Mac­Kenzie has been closed since shortly after the eruption began and likely will remain so for a very long time.

The Kalapana lava flows of the 1990s south of MacKenzie also consumed some of the island’s best surfing spots, and now surfers are mourning the loss of access to a series of choice breaks at Pohoiki Bay.

With Kilauea’s fissure 8 steadily sending lava into the Lower East Rift Zone, it is too early to know when – or if – access to the Puna parks via Pohoiki Road and Kalapana-Kapoho Beach Road will be restored.

Source : Honolulu Star Advertiser.

The video above shows the different sites mentionned in this post, as well as the extent of the eruption.

Rampe d’accès de Pohoiki (Image extraite de la vidéo)

La rampe d’accès de Pohoiki était un point de départ idéal pour aller voir la lave arriver en mer. (Photo: C. Grandpey)