Kilauea (Hawaii): Quelques réflexions sur l’éruption // A few thoughts about the eruption

Même si le HVO ne cesse de répéter qu’il faut attendre plusieurs semaines pour être certain que l’éruption est effectivement terminée, on peut raisonnablement dire que la lave ne coulera plus dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et le District de Puna.

Débutée le 3 mai 2018, cette dernière éruption a été l’une des plus spectaculaires jamais observées au cours des dernières décennies. Aucun mort n’est à déplorer et seules deux personnes ont été blessées par des bombes volcaniques projetées par la lave. En revanche, les dégâts matériels sont considérables car plus de 700 maisons ont été détruites.

Si je devais faire le bilan de cette éruption, j’insisterais sur plusieurs points :

– Les informations ont été de grande qualité, qu’elles soient en provenance du HVO ou de la Protection Civile. Les bulletins – souvent relayés par la presse locale – étaient très complets et illustrés de nombreuses photos ou vidéos. Les autorités ont vraiment joué la transparence.

– Si les images étaient largement disponibles sur Internet, l’approche de l’éruption par les touristes et les personnes autres que les scientifiques et les membres de la Protection Civile a été une catastrophe. Ce fut vraiment « l’éruption interdite ». Il a souvent été question de la mise en place d’une ou plusieurs plateformes d’observation, mais elles n’ont jamais vu le jour. La seule solution pour les touristes était donc de mettre la main au portefeuille et d’acheter des survols en hélicoptère ou des approches des coulées par la mer. A se demander si la volonté des autorités n’était pas de faire travailler ces structures commerciales. Personnellement, je ne suis pas loin de le penser ! Vouloir mettre l’accent sur la sécurité comme le font en permanence les Américains dans les parcs nationaux et autres sites potentiellement ouverts aux touristes, c’est bien, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

– D’un point de vue scientifique, on a eu la confirmation de notre incapacité à prévoir le déroulement d’une éruption. On sent d’ailleurs la gêne et la frustration des scientifiques locaux qui se sont faits surprendre par la fin relativement rapide de l’éruption alors qu’ils avaient misé sur un événement de longue durée.

Le démarrage de l’éruption était prévisible car il était évident que le réservoir magmatique sommital était à saturation avec des débordements des lacs de lave dans l’Halema’uma’u et le Pu’uO’o. De plus, cela faisait plusieurs mois que les tiltmètres montraient que le Kilauea traversait une longue phase d’inflation. La sortie de la lave était donc assez facile à pronostiquer, même si personne ne savait où l’événement allait avoir lieu. A aucun moment l’Observatoire n’a prévu son apparition dans les Leilani Estates. Les scientifiques n’ont pu que constater la sortie de la lave.

La suite et la fin de l’éruption ont fait l’objet de nombreux articles. Toutes les hypothèses ont été avancées, tant pour l’activité sommitale que le long de l’East Rift Zone. Comme je l’écrivais précédemment, beaucoup pensaient que l’éruption pourraient durer des mois, voire des années. D’autres s’attendaient à un regain d’activité quand la Fracture n° 8 a montré des signes de faiblesse et n’a plus envoyé la lave dans le chenal vers l’océan, mais Madame Pele a décidé de siffler la fin de la partie.

– Toujours d’un point de vue scientifique, l’éruption a montré que l’intrusion initiale dans la Lower East Rift Zone avait remobilisé une ancienne lave plus froide et plus « évoluée » que celle observée dans les lacs de lave de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o. La lave émise dans la LERZ au début de l’éruption dans les Leilani Estates était semblable à la première lave émise lors de l’éruption de 1955 dans la même région. Au cours des jours suivants, les analyses chimiques ont révélé une lave progressivement plus chaude et moins évoluée, jusqu’à ce qu’elle se stabilise à des températures de 1130-1140°C et débouche sur l’éruption spectaculaire de la Fracture n° 8. C’est la première fois qu’une telle évolution dans la nature de la lave a pu être observée et étudiée en direct sur le terrain.

– Autre point positif : Les scientifiques ont pu observer en direct l’affaissement simultané du cratère sommital qui accompagnait la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’évacuation de la lave dans la Lower East Rift Zone. L’événement a été particulièrement spectaculaire, avec de gros effondrements qui ont généré une forte sismicité dans toute la zone sommitale.

– Comme je l’ai indiqué plus haut, le bilan matériel est lourd avec des centaines de structures avalées par la lave. Beaucoup se demandent pourquoi des lotissements ont été autorisés dans une zone de fractures (Rift Zone) déjà envahie par la lave dans les décennies précédentes. La réponse est facile : parce que le terrain est beaucoup moins cher qu’ailleurs sur la Grande Ile, en particulier dans le secteur de Kailua-Kona. Dans le District de Puna, on se trouve près de la mer, dans de très beaux paysages et les terrains ne coûtent pas trop cher. S’y établir est un peu jouer à la roulette russe car la lave peut surgir sans prévenir.

Si votre habitation est détruite, va se poser le problème de l’assurance et des dédommagements. Il faut savoir que les polices d’assurances liées aux risques naturels comme les séismes et les éruptions sont très, très chères aux Etats-Unis et beaucoup d’habitations ne sont pas assurées contre ces sinistres. Vous allez me dire : On peut faire jouer la garantie incendie, étant donné que la maison a flambé ! Eh bien non ! Pour que la garantie incendie soit acceptée par les assureurs, il faut que les fondations de la maison soit apparentes après le sinistre, ce qui n’est pas le cas si une coulée de lave est passée par là.

Seules des aides locales et fédérales peuvent venir en aide aux sinistrés, mais elles seront loin de couvrir le montant des dommages subis. Certains ont essayé de négocier des aides à l’amiable avec leurs compagnies d’assurances alors que d’autres préfèrent passer par des actions en justice.

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Even though HVO keeps repeating that we need to wait several weeks to be certain that the eruption is actually over, it is reasonable to say that lava will no longer flow in the Lower East Rift Zone (LERZ) and the Puna District. .
Started on May 3rd, 2018, this eruption was one of the most dramatic ever observed in recent decades. No deaths were reported and only two people were injured by volcanic bombs. However, the material damages are considerable because more than 700 houses were destroyed.
If I had to analyse this eruption, I would insist on several points:

– The information was of a high quality, whether from HVO or the Civil Defense. The reports – often relayed by the local press – were very complete and illustrated with many photos or videos. The authorities really played transparency.

– If the images were widely available on the Internet, the approach of the eruption by tourists and people other than scientists and members of the Civil Defense was a disaster. It was really « the forbidden eruption« . There has often been talk of setting up one or more observation platforms, but they have never existed. The only solution for the tourists was therefore to buy helicopter overflights or approach the eruption from the sea. One may wonder wonder if the authorities’ aim was not to bring work to these commercial structures. Personally, I’m not far from thinking it! It is a good idea to focus on safety, as Americans are always doing in national parks and other sites that are potentially open to tourists, but the safety measures are often exaggerated!

– From a scientific point of view, there was the confirmation of our inability to predict the course of an eruption. We can feel the embarrassment and frustration of local scientists who were surprised by the relatively rapid end of the eruption while they had bet on a long-term event.
The onset of the eruption was predictable as it was obvious that the shallow magma reservoir was saturated. The lava lakes in Halema’uma’u and Pu’uO’o often overflowed. In addition, the tiltmeters had shown for several months that Kilauea was going through a long period of inflation. The breakout of lava was easy enough to predict, although no one knew where it was going to take place. At no time has the Observatory anticipated its appearance in the Leilani Estates. Scientists could only observe the event.
The continuation and the end of the eruption have been the subject of many articles. All the hypotheses have been suggested, both for activity at the summit and along the East Rift Zone. As I put it earlier, many scientists thought the eruption could last for months or even years. Others were expecting a renewal of activity when Fracture # 8 showed signs of weakness and no longer sent lava in the channel to the ocean, but Madame Pele decided to blow the whistle.

– Still from a scientific point of view, the eruption has shown that the initial intrusion into the Lower East Rift Zone remobilized an older, colder and more « evolved » lava than the one observed in the Halema’uma’u and Pu’uO’olava lakes. The lava emitted in the LERZ at the beginning of the eruption in the Leilani Estates was similar to the first lava emitted during the 1955 eruption in the same region. Over the following days, the chemical analyzes revealed a progressively warmer and less evolved lava until it stabilized at temperatures of 1130-1140°C and resulted in the dramatic eruption of Fracture no. 8. This was the first time such an evolution in the nature of lava could be observed and studied live on the field.

– Another positive point was that scientists were able to observe live the simultaneous collapse of the summit crater that accompanied the emptying of the shallow magma reservoir and the evacuation of the lava in the Lower East Rift Zone. The event was particularly spectacular, with large collapses that generated strong seismicity throughout the summit area.

– As I indicated above, the material outcome is severe with hundreds of structures swallowed by lava. Many people are wondering why building houses was allowed in a Rift Zone already invaded by lava in previous decades. The answer is easy: because the land is much cheaper than elsewhere on the Big Island, especially in the ​​Kailua-Kona area. In the District of Puna, houses are near the sea, in beautiful landscapes and the land is not too expensive. However, settling there is a little Russian roulette because the lava can come out any time, without warning.
If your home is destroyed, there will be the problem of insurance and compensation. You should know that insurance policies related to natural hazards such as earthquakes and eruptions are very, very expensive in the United States and many homes are not insured against these damages. You might be inclined to use fire warranty, since the house has been burnt! You would be wrong ! For the fire insurance to be accepted by insurers, the foundations of the house must be apparent after the disaster, which is not the case if a lava flow has passed through.
Only local and federal funds can help the victims, but they will not be enough to finance the damage suffered during the eruption. Some owners have tried to negotiate out-of-court assistance with their insurance companies, while others prefer to go to court.

Crédit photo: USGS / HVO

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

Voici la situation actuelle (le 13 août 2018) au sommet du Kilauea et le long de la Lower East Rift Zone (LERZ).
Au sommet du Kilauea, le nombre de séismes, qui était de 30 à 40 heures par heure au cours des dernières semaines, est tombé à 1 ou 2 par heure. Il n’y a pas eu d’effondrement dans le cratère de l’Halema’uma’u depuis le 2 août et aucun affaissement significatif n’a été observé depuis le 4 août. Les instruments montrent peu de changements dans la déformation et la sismicité du sommet.
Sur la LERZ, les émissions de lave et de SO2 ont considérablement diminué. Seul un petit lac de lave recouvert d’une croûte subsiste au fond du cône de la Fracture n° 8 et le chenal de lave s’est pratiquement tout vidé. L’entrée dans l’océan est peu active. Seules quelques petites coulées de lave pénètrent encore dans l’océan, principalement près de Isaac Hale Beach Park.
Un panache blanc a été observé au-dessus du cône du Pu’uO’o au cours des dernières semaines. Les 2 et 3 août, les émissions de SO2 avaient considérablement augmenté, mais ces valeurs sont retombées aux niveaux bas des trois derniers mois. Parallèlement au ralentissement de l’activité au sommet, la déflation le long de la Middle East Rift Zone s’est arrêtée.
La raison pour laquelle l’éruption dans la LERZ et l’affaissement du sommet ont diminué si rapidement n’est pas connue, mais il se peut que ce soit en raison de la réduction de l’alimentation magmatique de la LERZ, suite à la vidange progressive du réservoir sommital. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’un blocage dans le système magmatique entre le sommet et la LERZ; toutefois, on n’enregistre pas la sismicité ou les déformation susceptibles de trahir une mise sous pression associée à un blocage.
Selon le HVO, la raison de ces changements n’est pas claire. Il se peut qu’il s’agisse d’une simple pause dans l’éruption qui pourrait reprendre dans la LERZ, de même que l’affaissement au sommet du Kilauea. En 1955, deux pauses de cinq et 16 jours ont eu lieu pendant l’éruption de 88 jours dans la LERZ.
Il se peut aussi que ce soit la fin de l’éruption. Le HVO explique qu’il faudra des jours, voire des semaines, pour déterminer avec certitude si l’éruption est terminée ou simplement interrompue.

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Here’s the current situation (August 13th, 2018) at the summit of Kilauea and along the Lower East Rift Zone (LERZ).

At Kilauea’s summit, the number of earthquakes, which was 30-40 per hour in previous weeks, has decreased to as few as 1-2 per hour. A collapse event has not occurred since August 2nd and no significant subsidence has been evident since August 4th. Monitoring instruments show little change in summit deformation and seismicity.

On the LERZ, the eruption of lava and SO2 emissions  have decreased dramatically. Only a small pond of crusted lava remains deep within the fissure 8 cone and the lava channel is mostly empty. The ocean entry is minimally active, with small streams of lava oozing into the ocean, mostly near Isaac Hale Beach Park.

At Pu‘u ‘O‘o, a white plume was observed above the cone in recent weeks. On August 2nd and 3rd, gas measurements indicated SO2 emissions increased significantly. Since then, however, these values decreased to low levels of the past three months. Coincident with the summit activity slowdown, deflation along the middle East Rift Zone stalled.

Why the LERZ eruption and summit subsidence abated so quickly is not certain, but one possibility is that it could be a response to reduced magma supply to the LERZ as the summit reservoir progressively emptied. It might also reflect a blockage within the magma system between the summit and the LERZ; however, the lack of seismicity and deformation, which generally indicate pressurization associated with a blockage, suggest this is unlikely.

According to HVO, the significance of these changes is not clear. The slowdown may be just a pause, and an East Rift Zone eruption and subsidence at the summit of Kilauea could resume. In 1955, two pauses of five and 16 days occurred during that 88-day LERZ eruption.

It is also possible that the slowdown reflects the end of the LERZ eruption and summit subsidence. The Observatory says it will take days, or possibly weeks, to determine with certainty if the activity is ever or merely paused.

Vue de la Fracture n° 8 le 11 août 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Volcans du monde // Volcanoes around the world

Ambae (Vanuatu):
D’après la presse néo-zélandaise, les habitants d’Ambae ont obéi à l’ordre du gouvernement et ont commencé à évacuer l’île dans les premiers jours du mois d’août. La décision gouvernementale a été motivée par les effets des retombées de cendre provoquées par l’éruption dans le Lac Voui. Le 8 août, plus de 3 000 personnes s’étaient dirigées vers les îles Espiritu Santon et Maewo.

Etna
(Sicile / Italie):
L’INGV indique que l’activité de l’Etna consiste en des émissions de gaz et une activité strombolienne dans les cratères sommitaux. Trois bouches sont actives au fond de la Bocca Nuova, avec des émissions de gaz au niveau de deux d’entre elles et une activité strombolienne sporadique dans la troisième. Trois bouches sont également actives au fond du cratère nord-est; l’une d’elles produit des émissions de cendre ; une autres de la vapeur et une troisième projette des matériaux incandescents qui ne dépassent pas la lèvre du cratère. Après plusieurs mois de calme, l’activité explosive a repris dans la bouche E sur le flanc E du Nouveau Cratère Sud-Est. L’activité a débuté le 1er août avec un panache de cendre qui s’est élevé de plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet.
Source: INGV.

Krakatau (Indonésie):
L’activité est relativement stable sur le volcan. Les explosions génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 600 mètres au-dessus du sommet où l’incandescence est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Les habitants et les touristes sont invités à ne pas s’approcher du volcan à moins d’1 km du cratère.
Source: VSI.

Nevados de Chillan (Chili)
L’activité se poursuit sur le volcan ; elle est liée à la croissance du dôme de lave Gil-Cruz dans le cratère Nicanor. La sismicité est modérée à élevée et se compose d’événements longue période (LP) et d’épisodes de tremor. Le niveau d’alerte reste à l’Orange,
Source: SERNAGEOMIN.

Sierra Negra
(Isla Isabela / Equateur):
L’éruption du Sierra Negra se poursuit. L’incandescence produite par les coulées de lave actives est visible quotidiennement. Une augmentation du tremor a commencé à 22h20 le 3 août et a duré deux heures, signe d’une intensification de l’activité sur le flanc N.
Source: Instituto Geofisico.

Sabancaya (Pérou):
Des explosions sont encore observées sur le Sabancaya, avec une vingtaine d’événements en moyenne chaque jour. Les panaches de gaz et de cendre montent jusqu’à 2,6 km au-dessus du cratère. Le 2 août, les émissions de SO2 atteignaient 5 000 tonnes / jour. Le public ne doit pas s’approcher du cratère dans un rayon de 12 km.
Source: INGEMMET.

Kilauea (Hawaii) :

Activité inchangée depuis ma dernière note.

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Ambae (Vanuatu):

According to New Zealand newspapers, residents of Ambae obeyed the government order and began to evacuate the island in the first days of August. The order was potivated by the effects of significant ashfall from the ongoing eruption at Lake Voui. By August 8th, over 3,000 people had been moved to Espiritu Santon and Maewo islands.

Etna (Sicily / Italy):

INGV reports that activity at Mt Etna is characterized by gas emissions at the summit craters and strombolian activity. Three vents at the bottom of Bocca Nuova are active, with gas emissions rising from two vents and sporadic strombolian activity occurring at a third. Three vents are also active at the bottom of Northeast Crater; one produces ash emissions, one steam emissions, and strombolian explosions at the third ejects incandescent material as high as the crater rim. After several months of quiet conditions, explosive activity resumed at the E crater on the E flank of the New Southeast Crater. The activity began on August 1st with an ash plume that rose several hundred metrs above the summit.

Source: INGV.

Krakatau (Indonesia):

Activity is relatively stable at the volcano. Explosions generate ash plumes that rise as high as 600 metres above the summit where incandescence is visible at night. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4). Residents and visitors are asked not to approach the volcano within 1 km of the crater.

Source: VSI.

Nevados de Chillan (Chile)

Activity continues at the volcano, associated with the growth of the Gil-Cruz lava dome in the Nicanor Crater. Seismicity is moderate to high and consists of long-period events and tremor episodes. The Alert Level remains at Orange,

Source : SERNAGEOMIN.

Sierra Negra ( Isla Isabela / Ecuador):

The eruption at Sierra Negra continues. Incandescence from active lava flows is visible daily. An increase in the tremor began at 22:20 on August 3rd and lasted two hours, signifying a new pulse of activity on the N flank.

Source: Instituto Geofisico.

Sabancaya (Peru):

Explosions are still observed at Sabancaya with an average of about 20 events per day. Gas-and-ash plumes rise as high as 2.6 km above the crater rim. On August 2nd, the SO2 emissions were measured at 5,000 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

Source: INGEMMET.

Kilauea (Hawaii) :

Activity has not changed since my last post.

Kilauea: Fissure 8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

L’émission de lave au niveau de la Fracture n° 8 reste faible. Il y a un petit lac de lave actif à l’intérieur du cône d’où s’échappe un petit panache de gaz. La surface du lac de lave se trouve à une dizaine de mètres sous le déversoir qui alimentait le chenal de lave. Le panache de gaz a fortement diminué le long de la côte. La coulée de lave active reste présente près de la rampe de mise à l’eau de Pohoiki mais elle n’a pas progressé de manière significative
Dans la partie centrale de l’East Rift Zone, les mesures de gaz émis par le Pu’uO’o, effectuées les 6 et 7 août, indiquent une teneur en SO2 inférieure aux mesures de la semaine dernière. Cette teneur en SO2 est semblable à celle observée au cours des trois derniers mois. Lors d’un survol, aucune lave active n’a été observée dans le cratère.
Le sommet du Kilauea reste calme, avec une très faible sismicité. La déformation mesurée par un tiltmètre et les capteurs GPS a pratiquement cessé. Entre la mi-mai et le début d’août 2018, la profondeur de l’Halema’uma’u a plus que triplé et son diamètre a plus que doublé avec la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’intrusion de la lave dans la l’East Rift Zone. Des fractures et des blocs issus du plancher de la caldeira se sont effondrés dans l’Halema’uma’u. À la base des parois abruptes du cratère se trouvent des amas de matériaux qui se sont accumulés lors des phases d’effondrement. Des zones de fumerolles restent présentes dans le cratère, à proximité de l’ancien lac de lave.
Les changements subis par le sommet et la LERZ montrent que la quantité de magma qui a quitté le sommet pour alimenter l’éruption dans la LERZ a diminué. On ne sait pas pendant combien de temps va encore durer cette situation. Il se peut que l’on observe une nouvelle arrivée de lave, ce qui provoquerait une nouvelle déflation de la zone sommitale, de nouveaux effondrements et une reprise de l’éruption dans la LERZ.
Source: USGS / HVO.

Personnellement, je ne crois pas à une telle reprise de l’éruption. L’activité a diminué régulièrement au niveau de la Fracture n° 8 au cours des dernières semaines, avec l’absence de fontaines de lave et une émission de lave en déclin. Cela a été également prouvé par la croûte qui a commencé à recouvrir la partie inférieure du chenal de lave. Parallèlement, le nombre d’effondrements et la sismicité ont également diminué au sommet, signe que la vidange de la poche magmatique sous le plancher du cratère se terminait.

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Activity and lava output from Fissure 8 remains low. There is a small active lava lake within the Fissure 8 cone, with a weak gas plume. The surface of the lava lake is about 5-10 metres below the spillway entrance. The laze plume has greatly diminished along the coast. Active lava remains close to the Pohoiki boat ramp but has not advanced significantly toward it

In the Middle East Rift Zone, gas measurements of the Pu’uO’o plume taken on August 6th and 7th indicated a reduced SO2 emission rate lower than the measurement of the previous week. They were similar to what has been observed over the past three months. No active lava was observed in the crater during an overflight.

 The Kilauea summit remains quiet, with very low seismicity. The deformation at the summit as measured by tiltmeter and GPS instruments has virtually stopped. Between mid-May and early August, 2018, the depth of Halema‘uma‘u more than tripled and its diameter more than doubled as magma from Kīlauea’s shallow summit reservoir moved into the Lower East Rift Zone. Cracks and down-dropped blocks of the caldera floor have slumped into Halema‘uma‘u. At the base of the steep crater walls are piles of rock fragments shaken loose during previous summit collapse events. Areas of persistent steaming within the crater, in the vicinity of the former lava lake, are also visible.

Summit and LERZ changes considered together imply that the rate of magma leaving the summit to feed the Lower East Rift Zone eruption has decreased. How long this condition will persist is unknown. It is possible that outflow will pick up again, resulting in renewed summit area deflation leading to another collapse event and renewed eruption vigour on the LERZ.

Source: USGS / HVO.

I personally do not believe in a reprieve of the eruption. Activity decreased at Fissure 8 during the past weeks with the absence of lava fountains and an output that was declining. This was proved by the crust that started covering the lower part of the lava channel. In parallel, the number of collapse events and seismicity also decreased at the summit, revealing that the drainage of the magma pocket beneath the crater floor was coming to an end.

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Vue du sommet du Kilauea le 7 août 2018:

 

Vue de la Fracture n° 8 le 7 août 2018:

L’éruption touche probablement à sa fin…

Crédit photo: Civil Air Patrol, USGS / HVO