Séisme sous le Bárðarbunga (Islande)

drapeau-francaisA 7h11 ce matin, un séisme de magnitude M 4,4 a été enregistré au niveau du Bárðarbunga. C’est l’événement le plus significatif depuis la fin de l’éruption en février 2015. Il a été suivi d’une vingtaine de répliques. La sismicité a progressivement décliné après 7h45.

Source: Icelandic Met Office.

Il ne faudrait pas s’affoler trop vite et affirmer qu’une nouvelle éruption va avoir lieu prochainement. Ce type de sismicité (même si la magnitude était moins élevée) a déjà été enregistré sous le volcan et était probablement causé par des réajustements suite aux effondrements observés pendant la dernière éruption. La situation mérite toutefois d’être contrôlée attentivement.

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drapeau-anglaisAt 7:11am this morning, an M 4.4 earthquake was recorded on Bárðarbunga volcano. It is the largest since the volcano last stopped erupting in February 2015. It was followed by twenty aftershocks, with seismic activity dying down after 7:45am.

Source: Icelandic Met Office.

It would be a mistake to fall into a panic right now and assert that a new eruption is going to take place in the short term. This type of seismicity (even if the magnitude was lower) has already been recorded under the volcano and was probably caused by adjustments further to the collapses observed during the last eruption. However, the situation needs to be closely controlled.

Vatna 20 mai

Sismicité sous le Vatanjökull (Source: Icelandic Met Office)

Islande: Le Lac Mývatn en danger // Iceland: Lake Mývatn in danger

drapeau-francaisComme je l’ai indiqué à plusieurs reprises sur ce blog, l’Islande subit de plein fouet les assauts du tourisme de masse avec les conséquences que l’on imagine pour la nature très fragile de ce pays. J’ai signalé les agissements de certains qui n’hésitent pas à faire rouler leur 4X4 sur des zones protégées où la végétation mettra des décennies pour se régénérer, sans parler du comportement imbécile d’autres touristes à Gullfoss ou au Jokulsarlon.

C’est maintenant au tour de la flore et de la faune du célèbre Lac Mývatn et des rivières de la région, la Laxá par exemple, d’être affectées par un mal mystérieux. La situation est très préoccupante et le gouvernement va devoir prendre des mesures d’urgence. Selon une association de pêche locale, la flore et la faune du lac sont menacées d’eutrophisation (accumulation de nutriments entraînant une croissance dense de la vie végétale et la mort de la vie animale en raison du manque d’oxygène). Dans les rivières, la population de truites est proche de l’extinction, les populations d’épinoches sont à des niveaux historiquement bas, et le niveau de floraison bactérienne dans le lac est bien en dessus de la limite préconisée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour les lacs de loisirs. Les boules de cladophora (NDLR : également appelées boules anti-nitrates par les aquariophiles) qui tapissaient autrefois le fond du lac ont maintenant disparu de Mývatn. La région du Lac Mývatn figure sur la liste rouge  de l’Agence de l’Environnement islandaise pour la quatrième année consécutive.
Le mystère entoure la cause de la détérioration de la flore et de la faune locales, mais les pêcheurs sont persuadés que le principal responsable est l’augmentation considérable du nombre de visiteurs et le stress que leur présence occasionne sur la Nature.
Source: Iceland Review.

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drapeau-anglaisAs I have written several times in this blog, Iceland is suffering the brunt of mass tourism with the consequences we can imagine for the very fragile nature of the country. I have reported the actions of some tourists who drove their 4-wheel vehicles on protected areas where the vegetation will take decades to regenerate, not to mention the idiotic behaviour of other tourists at Gullfoss and Jokulsarlon.
It is now the flora and fauna of the famous Lake Myvatn and the rivers of the region, the Laxá for example, to be affected by a mysterious illness. The situation is very worrying and the government needs to take emergency measures. According to a local fishing association, wildlife in the area is under threat from eutrophication (a build-up of nutrients causing a dense growth of plant life and death of animal life due to lack of oxygen). River trout have been close to extinction, populations of stickleback are at historical lows, and levels of bacterial bloom in the lake are well above World Health Organisation safety limits for recreational lakes. The distinctive cladophora moss balls, which once covered the lake floor have now disappeared from Mývatn. The Mývatn area is now on the Environment Agency of Iceland’s ‘red list’ for the fourth year in a row.

Mystery surrounds the cause of the deterioration in local flora and fauna, but fishermen point out that the only change in the area in recent years is the huge increase in visitors with the accompanying pressure placed on nature.

Source: Iceland Review.

Myvatn 01

Le lac Mývatn et le village de Reykjalid.

Myvatn 02_modifié-1

Arlequins plongeurs sur la rivière Laxá.

(Photos: C. Grandpey)

 

Le recul des glaciers islandais // The retreat of Icelandic glaciers

drapeau francaisComme je l’ai écrit dans des notes précédentes (le 6 septembre 2015, par exemple), les glaciers islandais reculent, imitant leurs homologues dans de nombreux autres pays. Dans un article récent, le site Iceland Review donne l’exemple du glacier Breiðamerkurjökull, qui rejoint la lagune glaciaire du Jökulsárlón.
Le glacier a perdu 600 mètres en un an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était à l’intérieur de la grotte il y a deux ans est maintenant pratiquement en dehors.
Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était il y a un an à 100 mètres à l’intérieur de la grotte se trouve maintenant à l’extérieur, à 500 mètres devant le glacier.
La situation est préoccupante. Les glaciologues s’accordent pour dire que même si nous parvenons à réduire les émissions de gaz à effet de serre, il existe un facteur d’inertie et la situation va inévitablement continuer à se détériorer.

Vous verrez une galerie des photos du glacier Breiðamerkurjökull à cette adresse:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2016/03/17/photos_is_climate_change_wiping_out_iceland_s_glaci/

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drapeau anglaisAs I put it in previous posts on September 6th, for instance), glaciers in Iceland are receding, just like their counterparts in many other countries. In a recent article, the website Iceland Review gives the example of the Breiðamerkurjökull glacier, which runs into Jökulsárlón glacier lagoon.

The glacier has lost 600 metres in one year. In one of the caves inside the glacier, the ice has receded so much that the waterfall which was inside the cave just two years ago is now some way outside of it.

Concerning another cave, a large rock which was just one year ago 100 metres inside the cave is now outside, 500 metres away from the glacier.

The situation is very serious. Glaciologists agree to say that even if we manage to reduce greenhouse-gas emissions, there is an inbuilt inertia in the system so that the situation will inevitably continue to worsen.

You will see a photo gallery of the Breiðamerkurjökull glacier at this address:

http://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2016/03/17/photos_is_climate_change_wiping_out_iceland_s_glaci/

Glacier Islande

Evolution du glacier Breiðamerkurjökull entre 2003 et 2013

(Source: Photo: Loftmyndir ehf – map.is)

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande (suite)

Ma note à propos des effets négatifs du tourisme de masse en Islande a déclenché bon nombre de réactions dans le même sens que mes propos. J’ai choisi de vous faire partager le point de vue de Patrick Marcel – responsable du secteur pédagogique de de L.A.V.E. – paru dans le bulletin de la Société de Volcanologie Genève (SVG) au retour de l’été 2013 passé en Islande.
L’Islande se mérite, disait-on. On l’imaginait réservée à quelques courageux baroudeurs prêts à sacrifier des journées de soleil et beaucoup de confort dans leurs vacances estivales pour accéder à des paysages extrêmes uniques au monde. On avait tort… C’était compter sans l’avidité d’une civilisation prête à sacrifier son âme pour faire de l’argent. Et c’est ainsi que le tourisme devint une industrie, et les beautés islandaises des marchandises. Certes la crise est passée par là, mais est-ce une excuse ? Les islandais eux-mêmes sont partagés sur ce qui arrive à leur pays, et les affrontements idéologiques au sein de cette communauté de 300 000 âmes répercutent des préoccupations qui nous concernent tous, entre préservation de l’environnement et exploitation des ressources. Constat amer de celui qui a connu l’Islande autrement ? Sans aucun doute. C’est vrai «qu’avant», on n’était pas obligé de faire la queue pour essayer d’apercevoir le Strokkur ni d’attendre une heure pour pouvoir photographier les glaçons du Jokulsarlon sans la pollution visuelle des grosses embarcations amphibies jaunes… Alors quitter la N1 pour s’enfoncer dans les montagnes du centre peut sembler une bonne chose pour retrouver un peu de calme… sauf que beaucoup ont la même idée ! Et quand on est très nombreux au même endroit à chercher la solitude… Le trek Landmannalaugar – Thorsmork – Skogar est devenu une véritable autoroute. Et quand on s’écarte un peu des sentiers battus, c’est pour être survolé pendant plusieurs minutes par un hélicoptère vrombissant et sa cargaison de touristes volants. Alors, pourquoi retourner en Islande, me demanderez-vous avez raison ? Parce que la première goulée d’air islandais a un goût de paradis. Parce que la lumière y est plus belle qu’ailleurs. Parce que quand j’y pose les pieds, j’ai comme l’impression d’être en symbiose avec cette terre. Parce que j’ai autant d’attirance pour ses paysages que les nuées de mouches du lac Myvatn en ont pour mes trous de nez…

Islande blog 19

L’Islande possède de superbes paysages, comme dans le Landmannalaugar.

(Photo: C. Grandpey)