Surveillance sismique du Katla (Islande) // Katla’s seismic monitoring (Iceland)

Un séisme de M 3.4 a été enregistré sur le Katla à 13 h 41 le 14 décembre 2016, à une profondeur de 0,1 km. Comme les événements précédents, il n’était probablement pas lié à une ascension du magma, mais plutôt au mouvement des fluides hydrothermaux sous le volcan. Aucune réplique ne s’est produite.
Fin novembre, un groupe de scientifiques a remplacé un certain nombre d’appareils de mesure au bord de la caldeira du Katla. Vous pourrez les voir au travail en cliquant sur le lien ci-dessous. C’est mieux si vous comprenez l’islandais, mais la vidéo offre des vues intéressantes du volcan.
http://www.ruv.is/frett/katla-i-gjorgaeslu

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An M 3.4 earthquake was registered on Katla volcano at 1:41 pm on December 14th 2016, at a depth of 0.1 km.Like the previous events it was probably not linked to any magma ascent, but rather to the movement of hydrothermal fluids beneath the volcano. No afttershocks have occurred.

Late in November, a group of scientists replaced a number of meters on the edge of the volcano’s caldera. You can watch them install the equipment by clicking on this link. It is better if you understand the Icelandic language, but the video offers interesting views of the volcano.

http://www.ruv.is/frett/katla-i-gjorgaeslu

Islande : Recherche de l’énergie à grande profondeur (suite) // Iceland : Looking for very deep energy (continued)

drapeau-francaisDans une note publiée le 28 octobre 2016, j’ai expliqué que les Islandais avait entamé un Projet de Forage Profond – Iceland Deep Drilling Project (IDDP) – prévu pour descendre jusqu’à 5 kilomètres de profondeur dans d’anciennes coulées de lave sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de l’Islande. Le forage avait commencé le 12 août. À la fin de l’année 2016, le trépan devrait avoir creusé le trou le plus chaud au monde, avec des températures entre 400 et 1000°C. La BBC nous indique aujourd’hui que le forage est maintenant descendu à près de 4.500 mètres et devrait atteindre 5000 m d’ici la fin de l’année, profondeur où la température devrait dépasser 500°C.
Lorsque le forage aura atteint 5 km, l’équipe de forage s’attend à trouver des roches fondues mélangées à de l’eau. Toutefois, avec la chaleur extrême et la pression énorme rencontrées à cette profondeur, l’eau se transforme en « vapeur supercritique » qui n’est ni un liquide ni un gaz, mais détient beaucoup plus d’énergie que l’un ou l’autre. C’est cette vapeur supercritique que l’équipe de forage veut faire remonter à la surface pour la convertir en électricité. Les propriétés particulières de la vapeur supercritique permettraient de produire jusqu’à 10 fois plus d’énergie que la vapeur issue des puits géothermiques conventionnels.
Si le forage est un succès, cela voudra dire qu’à l’avenir il suffira de forer moins de puits pour produire la même quantité d’énergie. Cela signifiera également qu’une surface moindre sera impactée, avec moins de conséquences négatives pour l’environnement, et un coût inférieur. Cependant, la partie n’est pas gagnée d’avance et il faut être prudent. En effet, en 2009, un forage très profond a été effectué dans un autre site volcanique islandais. A 2100 m de profondeur, le trépan est entré en contact avec un réservoir magmatique  peu profond et la plateforme de forage a été détruite. Que le projet actuel soit un succès ou non, il permettra de mieux savoir à quoi ressemble l’intérieur d’un volcan.
Source: BBC News.

L’article de la BBC s’accompagne d’une vidéo visible à cette adresse :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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drapeau-anglaisIn a note released on October 28th 2016, I explained that a rig was drilling 5 kilometres into the old lava flows in Reykjanes, at the south-west corner of Iceland. The drilling had begun on August 12th. By the end of the year, the Iceland Deep Drilling Project (IDDP) hoped to have created the hottest hole in the world, hitting temperatures anywhere between 400 and 1000 °C. The BBC is now informing us that the drilling has now descended nearly 4,500m and is expected to reach 5km down, where temperatures are expected to exceed 500°C, by the end of the year.

When the drill gets to 5 km, the drilling team expects to find molten rock mixed with water. But with the extreme heat and immense pressure found at this depth, the water becomes what is known as « supercritical steam ». It is neither a liquid nor a gas, but it holds far more energy than either. And it is this supercritical steam that the team wants to bring back up to the surface to convert into electricity. They believe its special properties mean it could produce up to 10 times as much energy as the steam from conventional geothermal wells.

If this works, in the future fewer wells would need to be drilled to produce the same amount of energy. This would also mean that less surface would be touched, with less environmental impact and lower costs. However, it might also fail and there is a good reason to be cautious. In 2009, a very deep drilling was attempted into another volcanic site. But at 2,100m, they accidentally hit a shallow reservoir of magma and the drill was destroyed. Whether it is a success or not, the project will help to know what the interior of a volcano looks like.

Source: BBC News.

A video accompanies the BBC article :

http://www.bbc.com/news/science-environment-38296251

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La géothermie a toujours joué un rôle important en Islande.

(Photo: C. Grandpey)

De l’énergie islandaise pour les foyers britanniques // Icelandic energy for the British homes

drapeau-francaisDans une note publiée le 31 octobre 2015, j’ai expliqué que l’ancien Premier ministre britannique David Cameron se trouvait en Islande car les premiers ministres des deux pays étaient censés signer un accord qui permettrait aux volcans islandais de chauffer les maisons britanniques dans les 10 ans. Avec une longueur d’environ 1 200 kilomètres, le câble électrique HVDC (courant continu haute tension) sous-marin devait être le plus long au monde et sa mise en place devait prendre de sept à dix ans. Les deux pays avaient déjà émis cette idée en 2012, mais elle n’avait guère avancé depuis cette époque.

Selon la chaîne de télévision Sky News, le projet est en train de progresser. La chaîne a appris que Meridiam, un gestionnaire d’actifs français qui  participe au financement de l’expansion de l’aéroport La Guardia à New York, a accepté de signer un chèque de plusieurs millions de livres sterling pour financer une partie du coût de développement du câble entre l’Islande et le Royaume-Uni.
Le projet, baptisé Atlantic SuperConnection, a été imaginé par Edi Truell, un important bailleur de fonds du Parti conservateur anglais et ancien conseiller de Boris Johnson dans le domaine des retraites. Des fonds de pension chinois, canadiens, du Moyen-Orient et de Singapour ont contacté Disruptive Capital – la branche d’investissement de M. Truell – pour contribuer à un niveau de 3,5 milliards de livres au projet dont le coût total de développement est estimé à environ 30 milliards de livres sterling.
M. Truell travaille sur le projet depuis le début de l’année 2014 et il a obtenu le soutien de David Cameron qui a chargé un groupe de travail d’étudier sa faisabilité au cours de son mandat de premier ministre. M. Truell veut maintenant persuader le successeur de M. Cameron de soutenir le projet. De cette façon, l’électricité coûterait beaucoup moins cher que celle produite par la centrale nucléaire de Hinkley Point prévue dans le Somerset.
La participation de la société Meridiam n’est pas la première implication française dans la production énergétique britannique. En effet, la centrale d’Hinkley Point est en partie financée par EDF qui est également actionnaire majoritaire chez l’un des six grands fournisseurs britanniques de gaz et d’électricité.
Atlantic SuperConnection utiliserait l’énergie géothermique générée par les volcans et les sources thermales islandais pour fournir de l’électricité à des centaines de milliers – et potentiellement des millions – de foyers britanniques.
M. Truell veut également construire une usine dans le nord-est de l’Angleterre pour fabriquer le câble en cuivre ou en aluminium, ce qui créerait un nombre important d’emplois.
L’Atlantic SuperConnection devrait commencer à fournir de l’électricité aux foyers britanniques avant la fin de 2022.
Source: Sky News.

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drapeau-anglaisIn a note posted on October 31st 2015, I explained that former British Prime Minister David Cameron was in Iceland and the prime ministers of both countries were expected to sign an agreement that would allow Iceland’s volcanoes to heat British homes within 10 years. At around 1,200 kilometres, the HVDC (high voltage direct current) cable would be the longest in the world and take seven to 10 years to build. The two countries first raised the idea in 2012 but little progress has been made since that time.

According to the Sky News TV channel, the project is taking one step further. It has learnt that Meridiam, a global asset manager helping to fund the expansion of New York’s La Guardia Airport, has agreed to write a multimillion pound cheque to finance part of the development cost of the pipeline between Iceland and the UK.

The pipeline project, Atlantic SuperConnection, is the brainchild of Edi Truell, a major Conservative Party donor and Boris Johnson’s former pensions adviser. Chinese, Canadian, Middle Eastern and Singaporean pension funds have approached Mr Truell’s investment branch, Disruptive Capital, about contributing to an estimated 3.5-billion-pound cost of the pipeline whose development costs are estimated to be around £30bn.

Mr Truell has been working on the project since early 2014, and gained support from David Cameron, who commissioned a working group to study its feasibility during his tenure as Prime Minister. He now wants to persuade Mr Cameron’s successor to back the initiative. In this way, electricity would be generated far more cheaply than power from the planned Hinkley Point nuclear power station in Somerset.

Meridiam’s prospective involvement in the new power generator is not the only French influence over Britain’s energy mix. Hinkley Point is being partly funded by EDF which also owns one of Britain’s big six domestic gas and electricity suppliers.

The Atlantic SuperConnection would use geothermal power generated by Icelandic volcanoes and hot springs to supply electricity to hundreds of thousands – and potentially millions – of UK households.

Mr Truell also wants to build a factory in the northeast of England to manufacture the copper or aluminium cable, a move that would create a substantial number of jobs.

The Atlantic SuperConnection is expected to begin supplying power to British homes before the end of 2022.

Source: Sky News.

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L’Islande possède un énorme potentiel énergétique (Photo: C. Grandpey)

 

Trop de touristes en Islande? // Too many tourists in Iceland?

drapeau-francaisDepuis quelque temps, l’Islande doit faire face à une invasion de touristes. Cet afflux de visiteurs a une double cause: une sévère crise financière et une spectaculaire éruption volcanique.
L’effondrement de la couronne islandaise après la crise financière de 2008 a transformé l’Islande en une destination bon marché. Deux ans plus tard, l’Eyjafjallajokull est entré en éruption, avec de volumineux nuages de cendre qui ont envahi le ciel européen. Des milliers de passagers se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs jours et les compagnies aériennes ont subi de lourdes pertes financières. L’éruption a fait connaître l’Islande. Les médias étrangers ont investi l’île et diffusé des images de superbes paysages, alors même que les journalistes éprouvaient les pires difficultés à prononcer le nom du volcan.
L’effet combiné de ces catastrophes a été une invasion de touristes dans des proportions jamais vues depuis celle des Vikings il y a plusieurs siècles. Selon les données officielles, en 2017, le nombre de touristes devrait être sept fois supérieur à la population locale de 330 000 habitants.

Le tourisme est maintenant la plus grande ressource économique de l’Islande, devant la pêche et de la fonte de l’aluminium, comme l’était le secteur financier dans les années qui ont précédé la crise. L’afflux de touristes pourrait se trouver dopé par le succès rencontré par le Parti Pirate. Avec son drapeau pirate noir et sa tendance anarchiste, il a récemment gagné des sièges au Parlement et a attiré encore plus d’attention.
Selon l’Office de Tourisme Islandais, le nombre de touristes a augmenté de près de 30 pour cent chaque année au cours des quatre dernières années. Le tourisme a rapporté 3,2 milliards de dollars en 2015, soit un tiers des recettes d’exportation du pays. Le tourisme est le plus grand employeur, et de nombreux Islandais investissent de l’argent dans les services et les nouvelles constructions.
Les touristes viennent de très loin, de Hong Kong par exemple. Ils recherchent les aurores boréales, escaladent les glaciers, photographient les macareux, font de l’équitation ou achètent des excursions en hélicoptère.
Cependant, les Islandais craignent de plus en plus que le tourisme devienne un fardeau incontrôlable pour leur cette petite île. Les prix des logements et les loyers augmentent rapidement, obligeant les jeunes à vivre avec leurs parents. Les prix des locations de voitures ont triplé, avec des bouchons sur les routes. La  pollution lumineuse et les détritus laissés par les visiteurs souillent souvent le paysage. Un sondage effectué en octobre par la chaîne de radio RUV a indiqué que 87 pour cent des Islandais veulent que le gouvernement augmente les redevances ou les taxes sur les touristes.
J’ai fait une escale à l’aéroport de Reykjavik en septembre dernier alors que je me rendais en Alaska mais j’ai décidé de ne pas m’attarder en Islande. Être confronté à des hordes de touristes, y compris dans des endroits reculés de l’île, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé!
Source: The New York Times.

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drapeau-anglaisIceland is going through an invasion of tourists. This influx of visitors has a dual cause: a dramatic financial implosion and an enormous volcanic explosion.

The collapse of the Icelandic krona after the 2008 financial crisis transformed Iceland into a top destination by making it cheap for visitors. Two years later, Eyjafjallajokull erupted, spewing thick ash clouds into European skies. Millions of passengers were grounded for days and airlines suffered financial losses. But the explosion put Iceland on the map. The foreign news media descended on the island, beaming images around the world of spectacular landscapes, even as journalists struggled to pronounce the volcano’s name.

The combined effect of the catastrophes has been an invasion on a scale possibly unseen since Vikings raided the island hundreds of years ago. Tourists are expected to outnumber the local population of 330,000 by seven to one next year, according to official data.

Tourism is now the island’s biggest industry, taking over from fishing and aluminum smelting, much as the financial sector did in the years before the crash. The influx of tourists could be even higher following the rise of the Pirate Party. With its black pirate flag and anarchist leanings, it recently gained more seats in Parliament and even more attention.

The number of tourists has risen by as much as 30 percent every year for the last four years, according to Iceland’s Tourist Board. They brought in revenues of $3.2 billion in 2015, a third of the country’s export earnings. Tourism is the single biggest employer, and many Icelanders are pouring money into services and new construction.

Tourists come from as far as Hong Kong. They chase the Northern Lights. They scale glaciers. They dive in the Arctic Circle with puffins, go horseback riding or take helicopter tours.

However, there is growing concern that uncontrolled tourism is placing too large a burden on this small island. Housing prices and rents are rising quickly, forcing young people to live with their parents. Car rentals have tripled, clogging traffic. Littering and light pollution are spoiling parts of the landscape, many Icelanders say. A poll in October conducted by the national broadcaster RUV reported that 87 percent of Icelanders want the government to raise fees or taxes on tourists.

I made a stopover in Reykjavik airport last September on my way to Alaska but I decided not to spend days in Iceland. Being confronted with hordes of tourists, even in remote places of the island is not my cup of tea!

Source: The New York Times.

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Landmannalaugar: Un haut lieu du tourisme islandais (Photo: C. Grandpey)