Histoire de cristaux d’olivine à Hawaii // About olivine crystals in Hawaii

Alors que l’éruption du Kilauea se poursuit intensément, les habitants sont surpris de trouver de petits cristaux verts tombés du ciel pendant l’éruption. Ce sont en fait des cristaux d’olivine, un minéral très répandu dans la lave à Hawaii. En géologie, on parle aussi de péridotite, roche constituée principalement de cristaux d’olivine et de pyroxènes, alors que l’olivine est un minéral. Pendant une éruption, le volcan fait éclater les lambeaux de lave, ce qui permet de séparer les minéraux verts d’olivine du reste de la masse en fusion et de laisser tomber ces minuscules cristaux à l’aspect de pierres précieuses.
Plusieurs plages à Hawaii ont une couleur verdâtre, en raison de la forte concentration d’olivine. En fait, l’olivine est l’un des minéraux les plus répandus sous la surface de la Terre, mais il est assez difficile de le trouver séparé de la roche mère et encore plus difficile de le trouver avec une qualité de gemme.
L’olivine est si répandue que l’on estime que plus de 50% du manteau supérieur de la Terre est composé d’olivine ou de variantes du minéral. Les volcans d’Hawaï sont le produit d’un point chaud ou hotspot, ce qui signifie que la composition d’origine du manteau supérieur n’est pas modifiée de manière significative lorsqu’elle atteint la surface de la Terre.

La raison pour laquelle il y a une variété d’autres roches sur les continents est en grande partie due aux modifications subies par le magma au cours de son ascension sous chaque continent. Ce voyage à travers différentes couches de la croûte terrestre ajoute et élimine les éléments chimiques et des minéraux et modifie la composition originale du magma. Un géologue français avait l’habitude de dire qu’à Hawaï, on des laves « TGV » qui, comme les trains ultra rapides, arrivent directement à destination, en l’occurrence la surface de la Terre, sans s’arrêter dans les gares. A l’inverse,  dans d’autres régions du monde on a des magmas « omnibus » qui subissent des changements pendant leur ascension, comme les passagers des trains qui s’arrêtent dans différentes gares.

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While Kilauea Volcano is still fiercely erupting, residents are surprised to find little green gems that have fallen out of the sky during the eruption. They are actually olivine crystals, a common mineral found in Hawaii’s lava. In geology, it is called peridot. As the volcano erupts, it blasts apart molten lava, allowing for green olivine minerals to be separated from the rest of the melt and fall as tiny gemstones.

There are several places in Hawaii where the beaches have a green colour, due to a high concentration of olivine that has weathered out of the basalt. In fact, olivine is one of the most common minerals below Earth’s surface but it is quite hard to find it separated from the parent rock and even harder to find it of gem quality.

Olivine is so common that it is estimated that over 50 percent of the Earth’s upper mantle is composed of olivine or variations of the mineral. Hawaii’s volcanoes are the product of a hotspot, which means that the true composition of the upper mantle is not significantly altered when erupted on Hawaii’s surface as basalt.

The reason there is a variety of other rocks on continents is largely due to magma travelling through the varied geology that underlies each continent. This adds and removes chemicals/minerals and alters the original composition of the magma from basalt to a unique blend of minerals. A French geologist used to say that in Hawaii, you have “high speed train” minerals reaching the surface directly, with no stops at the stations, contrary to other regions of the world where they are “slow train” minerals, undergoing changes – like passengers in a train – in different stations.

Nodules de péridotite (Photo: C. Grandpey)

Green Sand Beach à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

L’immobilier à Lower Puna (Hawaii) // Real estate at Lower Puna (Hawaii)

La plupart des familles qui ont été évacuées des Leilani Estates sont impatientes de retourner vivre dans leurs maisons, à condition qu’elles ne soient pas détruites par de nouvelles coulées de lave. Ce comportement peut sembler étrange car peu de gens seraient enclins à retourner vivre dans une région qui est menacée en permanence par une éruption.
La raison pour laquelle ces familles espèrent retrouver leurs domiciles, même si elles vivent à proximité d’un champ de lave encore chaud, est très simple et facile à comprendre ; c’est une raison strictement économique.
La presse hawaïenne donne l’exemple d’une famille qui paie un loyer de 650 dollars par mois pour une maison avec trois chambres et une salle de  bain. Le couple de locataires explique que « c’est seulement en mettant leurs ressources en commun qu’ils peuvent rester dans cette maison ».
Une autre famille vit à Lower Puna depuis près de deux ans et paye un loyer de 500 dollars par mois pour une maison de deux chambres avec une grande cour et beaucoup d’arbres fruitiers. La même maison à Hilo coûterait au moins trois fois autant. Ces locataires ont essayé d’acheter la maison et ont essayé d’obtenir un prêt, mais la banque leur a fait remarquer que la maison était située dans la Zone de Lave 1 et qu’elle ne pouvait donc pas leur accorder le prêt.

Source : Presse hawaienne.

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 Most of the families who evacuated from the Leilani Estates are impatient to go back and live in their houses provided they are not destroyed by new lava flows. This behaviour might seem strange, because few people would be inclined to return to live in such an area which is under the permanent threat of an eruption.

The reason why these families hope: to move back to their houses, even if they may be living in the shadow of a freshly baked lava field, is very simple: economics.

The Hawaiian press gives the example of a family who pays $650 a month for three bedrooms and one bath. They say that “it’s only by pooling their resources that they’re able to stay at the house.”

Another family has lived in Lower Puna for almost two years, paying $500 a month for a two-bedroom, one-bath house with a big yard and lots of fruit trees. The same type of house in Hilo would cost at least three times that much. They tried to the buy the place, and went to try to get a loan for it but the bank told them the house was located in Lava Zone 1, so it could not grant them a loan.

Source: Hawaiian newspapers.

Voici deux photos montrant un quartier des Leilani Estates avant et après l’éruption:

Here are two photos of a neighbourhood in the Leilani Estates before and after the eruption:

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles de l’éruption le 21 mai 2018 // Latest news of the eruption on May 21st, 2018

9 heures (heure française) : Inutile de se lancer dans de longs discours pour décrire la situation actuelle dans Lower Puna. Les images parlent d’elles-mêmes. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo réalisée par la compagnie Paradise Helicopters (elle est basée à l’aéroport de Hilo et je la recommande pour son sérieux). Les fractures 6 et 17 continuent à émettre des projections de lave, tandis que de volumineuses coulées sortent de la Fracture n° 20. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, deux bras ont atteint l’océan sur la côte sud-est de Puna. Cependant, le HVO indique qu’une fracture s’est ouverte dimanche matin sous la branche orientale de la coulée, ce qui a entraîné la lave dans le sous-sol. Cette situation pourrait provoquer des changements dans le parcours de la lave vers l’océan. Pohoiki Road et la Highway 137 ont toutes deux été recouvertes par la lave, mais la Highway 132 reste accessible. Aucune lave n’est actuellement émise par les fractures dans la subdivision des Leilani Estates.
Les émissions de gaz volcaniques ont triplé à la suite des émissions de lave de la Fracture n° 20. Les concentrations de SO2 sont élevées dans toute la région en aval des bouches éruptives le long des fractures. La Protection Civile indique que la brume volcanique (laze = lava haze) produite par le contact de la lave et de l’eau de l’océan peut provoquer une irritation des poumons, des yeux et de la peau.

Source: HVO & Protection Civile.

 https://vimeo.com/271022846

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21h00 (heure française): Après les deux journées dramatiques traversées pendant l’éruption avec de nouvelles évacuations en urgence et l’arrivée de la lave dans l’océan, celles du 20 mai et le début du 21 mai sont relativement calme. La lave a traversé la route 137 et continue d’entrer dans l’océan avec deux coulées émises par la fracture n° 20.
Selon le HVO, cette lave est un bon exemple de l’imprévisibilité d’une coulée pahoehoe. Sa trajectoire dépend en grande partie du terrain et de sa composition chimique. Dimanche après-midi, les coulées avaient environ 200 mètres de large et étaient séparées d’environ 250 mètres.
Une cavité est apparue dimanche matin, peut-être au niveau d’une fracture qui s’est élargie, le long de la coulée la plus à l’est. En conséquence, la lave est happée par cette cavité et personne ne sait exactement où va cette lave, ni où elle pourrait resurgir, ni même si elle réapparaîtra. Quand une cavité semblable s’est formée lors d’une éruption précédente, la lave qui s’y est infiltrée n’est jamais réapparue.
Pour le moment, les instruments de mesures ne montrent aucun signe de ralentissement ou d’arrêt de l’éruption. Au moins 47 structures ont été officiellement détruites, mais c’est probablement davantage car ce nombre ne prend pas en compte les structures détruites pendant la nuit du 17 mai à Malama Ki.

Il convient de noter qu’une petite coulée de lave provenant de la fracture n° 22 est entrée dans le site de la centrale géothermique Puna Geothermal Venture (PGV). La coulée avance dans la direction opposée de celles qui entrent dans l’océan. La lave a pris la direction du nord-ouest en direction de la plate-forme où se trouvent les puits de la PGV, mais elle semble s’être arrêtée à 200 ou 300 mètres de la centrale proprement dite. Les techniciens sont dans la dernière phase d’obturation de deux des trois puits : le KS 9 et le KS 6, mais ils ont du mal à obturer le troisième puits, le KS 14.

Source: HVO et Protection Civile.

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9 a.m. (French time): By clicking on the link below, you will see a good video of the eruption in Lower Puna shot by Paradise Helicopters. Spattering continues from Fissures 6 and 17 with significant lava flows being erupted from Fissures 20. As I put it in a previous post, two of these lava flows from Fissure 20 reached the ocean along the southeast Puna coast. However, a crack opened under the east lava channel on Sunday morning, diverting the lava from the channel into underground voids. This may cause changes downslope in the channel system and the ocean entry. Pohoiki Road and Highway 137 have both been covered with lava, but Highway 132 is still open. No lava is currently erupting in the Leilani Estates subdivision.

Volcanic gas emissions have tripled as a result of the voluminous eruptions from Fissure 20. SO2 concentrations are elevated throughout the area downwind of the vents. Civil Defense warns that volcanic laze (lava haze = brume produite par le contact de la lave et de l’eau de l’océan)  can become a health hazard and cause lung, eye and skin irritation.

Source: HVO & Civil Defense.

https://vimeo.com/271022846

Voici une carte diffusée le 20 mai par l’USGS. Elle montre l’emplacement des coulées sur terre et les entrées dans l’océan.

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9 p.m. (French time): After two dramatic days of the ongoing eruption forcing more emergency evacuations and the lava flow reaching the ocean, May 20th and the beginning of May 21st are relatively quiet. Lava crossed Highway 137 and is still entering the ocean from two flows emanating from fissure 20.

This lava is a good example of how unpredictable a pahoehoe flow can be. It is largely determined by the terrain and the composition of the magma. On Sunday afternoon, the flows were about 200 metres wide and separated by about 250 metres.

A hole developed, possibly out of a crack on the surface that widened, along the more easterly flow Sunday morning. As a consequence, the flow is being robbed because lava is flowing down and nobody knows exactly where that lava is going, nor where it might crop up or if it will ever crop up again. When a hole formed during a previous eruption, the lava that went in never came back up again.

For the time being, the scientific parameters show no signs of the eruption slowing or ending. At least 47 structures have now officially been destroyed, but it is probably more as the count does not include any structures destroyed on May 17th at night in Malama Ki.

It should be noted that a small lava flow from fissure No. 22 has entered the Puna Geothermal Venture property. The flow is moving in the opposite direction from the flows that are entering the ocean. Lava moved northwest toward the well pad at PGV but it seems to have stalled between 200 and 300 metres from the geothermal power plant itself. Technicians are in the final stages of quenching two of the three PGV wells: KS 9 and KS 6, but are facing difficulties quenching the third well, KS 14.

Source: HVO & Civil Defense.

Arrivée de la lave dans l’océan (Crédit photo: USGS)

Madame Pele règne sur les Leilani Estates // Madame Pele is the Queen of the Leilani Estates

Alors que des fractures éruptives s’ouvrent dans le secteur de Lower Puna, avec des coulées de lave destructrices et des émissions de gaz nocifs, de nombreux habitants se tournent vers la déesse Pele pour essayer de trouver une protection.
Dans le folklore hawaïen, Pele – ou Pelehonuamea – est la déesse du feu. Elle vit dans le cratère de l’Halema’uma’u et est vénérée car elle est la créatrice des paysages hawaiiens. Elle est également connue sous le nom de Ka wahine ‘ai honua, la femme qui dévore la Terre, ce qui montre son pouvoir destructeur.
Beaucoup d’Hawaïens ide souche sont persuadés que la lave est le kinolau, ou l’incarnation physique, de Pele. Selon le National Park Service et de nombreux Hawaiiens, enfoncer des piques, des bâtons et d’autres objets dans la lave est irrespectueux. Je me souviens d’un jeune habitant de Kalapana qui m’avait accompagné vers le site de l’éruption sur la plaine côtière, près de son village, il y a quelques années. Il a chanté des poèmes en hommage à Pele lorsque nous sommes arrivés près des coulées de lave. Il a ensuite essayé de me dissuader de collecter des échantillons de lave, car cela pouvait déplaire à la déesse.
Certaines personnes dans les Leilani Estates ont prétendu avoir vu Pelé dans une coulée de lave, mais Pele est connue pour être imprévisible. C’est pourquoi les Hawaïens lui ont toujours laissé des cadeaux ou fait des offrandes pour lui faire plaisir. Il y a quelques années, on pouvait voir de telles offrandes sur la lèvre du cratère de l’Halema’uma’u avant que son accès ne soit interdit après le début de l’éruption sommitale. Cette tradition se perpétue aujourd’hui dans les Leilani Estates et on peut lire dans les journaux locaux que certains habitants ont déposé des feuilles de Ti devant leurs maisons et inséré des fleurs dans les fissures pour être épargnés par la lave.
L’activité a diminué à Lower Puna, mais les volcanologues disent que ce ne pourrait être que temporaire. Pour certains habitants, cette imprévisibilité est un rappel que c’est bien Pele qui gère l’éruption, pas les scientifiques.

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As eruptive fissures open in Lower Puna, emitting destructive lava and noxious gases, many residents are looking to goddess Pele for protection.

In Hawaiian folklore, Pele – or Pelehonuamea – is the fire goddess. She lives in Halema’uma’u Crater and is revered as the creator of Hawaii’s landscape. She is also known as Ka wahine ‘ai honua, the woman who devours the Earth, which shows her destructive power.

Many native Hawaiians believe that lava is the kinolau, or physical embodiment, of Pele. According to the National Park Service and many residents in Hawaii, poking lava with sticks and other objects is disrespectful. I can remember a young Kalapana resident who had accompanied me to the eruption site on the coastal flat near his village a few years ago. He chanted poems as a tribute to Pele when we arrived near the lava flows. He then tried to dissuade me from collecting samples of lava as it might displease the goddess.

Some people in the Leilani Estates have said they could see Pele in a lava flow, but Pele is known to be unpredictable, so Hawaiians have traditionally left gifts and offerings to keep her happy. Some years ago, such offerings could often be seen along the rim of Halema’uma’u Crater before its access became prohibited after the start of the summit eruption. That tradition continues today in the Leilani Estates and we can read in the local newspapers that some residents left ti leaves in front of their homes and flowers in cracks for good luck.

Activity has decreased in Lower Puna , but volcanologists say that could just be a temporary reprieve. For some residents, that unpredictability is a reminder that Pele is in charge, not the scientists.

Les doigts de Pele? // Pele’s fingers?  (Photo: C. Grandpey)