Il a plu sur la calotte glaciaire du Groenland! // It rained on Greenland’s ice sheet!

Dans une note rédigée le 1er août 2021, j’indiquais que le 27 juillet la température de l’air au-dessus du Groenland avait atteint un pic de 23,2°C. L’île a alors perdu une très importante masse de glace, avec suffisamment d’eau de fonte pour recouvrir la Floride de 5 centimètres. Ce fut la troisième plus grande perte de glace pour le Groenland en une seule journée depuis 1950.
Nous apprenons aujourd’hui qu’il a plu pendant plusieurs heures au sommet de la calotte glaciaire du Groenland le 14 août. C’est la première fois dans l’histoire que la région connaît de la pluie à un moment où la température dépasse le point de congélation.
Le National Snow and Ice Sata Center (NSIDC) explique que les précipitations se sont produites sur le point le plus élevé de la calotte glaciaire du Groenland. L’événement a été observé à la station sommitale (Summit Station) située à 3 165 mètres au-dessus du niveau de la mer. A noter que les données météorologiques pour la région commencent en 1950.
En plus de ces précipitations qui sont du jamais vu, la température est restée positive pendant plus de neuf heures. C’est la quatrième fois dans l’histoire de la région, mais la troisième fois depuis 2012.
Le NSIDC a déclaré que la hausse des températures était liée à un événement semblable à celui du 27 juillet qui a entraîné une poussée d’air chaud et d’humidité à travers le pays. Le 15 août, la pluie mélangée à l’air plus chaud a entraîné une perte de masse en surface sept fois supérieure à la moyenne de la mi-août. Le 16 août, la zone de fonte a heureusement retrouvé un niveau modéré.
La NASA rappelle au public que si la calotte glaciaire du Groenland fondait complètement et si l’eau de fonte se déversait dans les océans, le niveau de la mer dans le monde augmenterait d’environ 7 mètres. De nombreuses villes côtières seraient impactées.D’autre part, la rotation de la Terre ralentirait suffisamment pour allonger la durée d’une journée de deux millisecondes.
Source : USA Today.

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In a post written on August 1st, 2021, I indicated that on July 27th air temperature over Greenland had reached a peak of 23.2°C.As a consequence, the island lost a massive amount of ice, with enough melting to cover Florida with 5 centimetres of water. It was the third biggest ice loss for Greenland in a single day since 1950.

We now learn that it rained for several hours at the summit of Greenland’s ice sheet on August 14th, marking the first time in recorded history the area has experienced rain and at a time when temperatures there rose above freezing in an extremely rare occurrence.

The National Snow and Ice Sata Center (NSIDC) explains that the rainfall occurred at the highest point on the country’s ice sheet. The weather was observed at Greenland’s Summit Station, which is 3,165 metres above sea level. Weather recording for the area began in 1950.

In addition to the never-before-recorded rainfall, temperatures were above freezing for over nine hours, only the fourth time in history, but the third time since 2012.

NSIDC said the reason for the higher temperatures was in relation to a similar event that resulted in warm air and moisture being pushed across the country. The rain mixed with the warmer air resulted in a loss of surface mass on August 15th that was seven times above the mid-August average. By August 16th,, the melted area had returned to moderate levels.

NASA remind the public that if Greenland’s ice sheet were to completely melt and flow into oceans, the global sea level would rise around 7 metres and Earth’s rotation would slow down enough to make the length of a day two milliseconds longer. Numerous coastal cities would be impacted as well.

Source : USA Today.

Vue de la calotte glaciaire du Groenland (Photo: C. Grandpey)

La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, l’Arctique se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète, en raison de facteurs tels que la disparition de la glace dans l’Océan Arctique dont l’eau désormais plus sombre absorbe le rayonnement solaire. Le 27 juillet 2021, la température de l’air au Groenland a atteint un pic de 23,2 °C.
En conséquence, le Groenland a perdu une énorme quantité de glace le 27 juillet. Cette eau de fonte pourrait recouvrit l’Etat de Floride sur 5 centimètres d’épaisseur. C »est la troisième plus grande perte de glace pour le Groenland en une seule journée depuis 1950. Les deux autres records, également au cours de la dernière décennie, ont eu lieu en 2012 et 2019.
La fonte rapide a été provoquée par une poche d’air chaud emprisonnée au-dessus de l’île arctique, suite à un changement dans la configuration de la circulation atmosphérique. En une seule journée, quelque 22 gigatonnes de glace ont fondu ; 12 gigatonnes sont parties vers l’océan et 10 gigatonnes ont été absorbées par le manteau neigeux où l’eau peut se retransformer en glace. Alors que la quantité d’eau émise était inférieure au record de fonte de glace en une seule journée en 2019, l’événement du 27 juillet a affecté une plus grande surface.
J’ai expliqué dans des notes précédents que de tels événements peuvent créer des boucles de rétroaction qui entraînent un réchauffement et une fonte supplémentaires de la glace au Groenland. À mesure que la neige fond, elle expose la glace ou le sol plus foncés qui absorbent plus de lumière solaire au lieu de la renvoyer dans l’atmosphère.
Les scientifiques ont estimé que la fonte de la calotte glaciaire du Groenland – la deuxième plus grande sur Terre après celle de l’Antarctique – a été responsable d’environ 25 % de l’élévation du niveau de la mer au cours des dernières décennies. Ils ont fait remarquer que les modèles utilisés pour prévoir la perte future de glace ne prennent pas en compte l’impact de l’évolution des modèles de circulation atmosphérique. Cela signifie que la future fonte du Groenland, – entre les océans Arctique et Atlantique – pourrait être sous-estimée.
Source : Yahoo News.

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As I put it several times before, the Arctic is warming faster than the rest of the planet, due to factors including vanishing ice in the Arctic Ocean, which exposes darker water that absorbs solar radiation. On July 27th, 2021 air temperatures over Greenland reached a peak of 23.2 °C.

As a consequence, Greenland lost a massive amount of ice on July 27th, with enough melting to cover the US State of Florida with 5 centimetres of water. It was the third biggest ice loss for Greenland in a single day since 1950. The other two records, also within the last decade, happened in 2012 and 2019.

The rapid melt followed warm air being trapped over the Arctic island by a change in atmospheric circulation pattern. In a single day, some 22 gigatonnes of ice melted, with 12 gigatonnes flowing to the ocean and 10 gigatonnes absorbed by the snowpack where it can refreeze. While that volume was less than the record single-day ice melt in 2019, the 27 July event covered a larger area.

I explained in previous posts that such events can create feedback loops that drive further warming and melting in Greenland. As snow melts, it exposes darker ice or ground beneath, which absorbs more sunlight rather than reflecting it back out of the atmosphere.

Scientists have estimated that melting from Greenland’s ice sheet – the second biggest on Earth after Antarctica’s – has caused around 25% of global sea level rise over the last few decades. They have warned that models used to project future ice loss do not capture the impact of changing atmospheric circulation patterns. This means that they may be underestimating the future melting of Greenland, which is located between the Arctic and Atlantic oceans.

Source : Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Enfin une bonne nouvelle : pas d’exploration pétrolière au large du Groenland // Good news at last : no oil exploration off Greenland

Les médias français ont oublié de faire part d’une information particulièrement importante pour l’environnement de notre planète. Le gouvernement récemment élu du Groenland a décidé de suspendre toute exploration pétrolière au large de l’île/ Les autorités groenlandaises ont qualifié la décision d’ « étape en faveur de la Nature » parce que le gouvernement de l’Arctique « prend la crise climatique au sérieux. » La décision a été prise le 24 juin 2021 mais rendue publique le 15 juillet.

L’US Geological Survey estime qu’il pourrait y avoir 17,5 milliards de barils de pétrole et d’énormes réserves de gaz naturel au large du Groenland, même si l’éloignement de l’île et les conditions météorologiques difficiles en ont jusqu’à présent limité l’exploration. Aucun pétrole n’a encore été exploité autour du Groenland, mais ces réserves potentiellement vastes pourraient permettre aux Groenlandais de réaliser un vieux rêve  : obtenir leur indépendance vis-à-vis du Danemark.

Comme je l’ai écrit précédemment, le réchauffement climatique et la disparition de la glace pourraient mettre au jour des ressources naturelles comme le pétrole et les minéraux qui, si elles sont exploitées avec succès, pourraient changer radicalement l’économie de ce territoire semi-autonome de 57 000 personnes.

Pour justifier sa décision de suspendre l’exploration pétrolière, le gouvernement a déclaré : « L’avenir n’est pas dans le pétrole. Il appartient aux énergies renouvelables, et à cet égard, nous avons beaucoup plus à gagner. » Le gouvernement a également déclaré qu’il « veut assumer la coresponsabilité de la lutte contre la crise climatique mondiale ».

Lorsque le gouvernement actuel, dirigé par le parti Inuit Ataqatigiit, est arrivé au pouvoir lors des élections législatives d’avril, il a immédiatement tenu ses promesses électorales et arrêté les projets d’extraction d’uranium dans le sud du Groenland. L’île possède encore quatre permis actifs d’exploration d’hydrocarbures qu’elle ne peut annuler, mais ils sont détenus par deux petites sociétés et leur potentiel est très limité.

Le Danemark décide de la politique étrangère, de la défense et de la sécurité du Groenland et il accorde à l’île une subvention annuelle qui représente environ les deux tiers de l’économie groenlandaise.

Source : Associated Press.

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The French news media have forgotten a pieca of news that is very important for the environment of our planet. The newly elected government of Greenland has decided to suspend all oil exploration off the island, calling it is “a natural step” because the Arctic government “takes the climate crisis seriously.”The decision was made on June 24th, 2021 but made public on Jyly 15th.

The U.S. Geological Survey estimates there could be 17.5 billion undiscovered barrels of oil aand huge quantities of natural gas off Greenland, although the island’s remote location and harsh weather have limited exploration. However, no oil has been found yet around Greenland, but officials had seen the potentially vast reserves as a way to help Greenlanders realize their long-held dream of independence from Denmark.

As I put it before, global warming means that retreating ice could uncover potential oil and mineral resources which, if successfully tapped, could dramatically change the fortunes of the semiautonomous territory of 57,000 people.

To justijy its decision to suspend oil exploration, the local government said : “The future does not lie in oil. The future belongs to renewable energy, and in that respect we have much more to gain.” The government also said it “wants to take co-responsibility for combating the global climate crisis.”

When the current government, led by the Inuit Ataqatigiit party came into power in an April’s parliamentary election, it immediately kept its election promises and stopped plans for uranium mining in southern Greenland. The island still has four active hydrocarbon exploration licenses, which it is obliged to maintain as long as the licensees are actively exploring, but they are held by two small companies and they have very limited potential.

Denmark decides foreign, defense and security policy, and supports Greenland with the annual grant that accounts for about two-thirds of the Arctic island’s economy.

Source : Associated Press.

Joe Biden tourne le dos à Donald Trump dans l’Arctique // Joe Biden turns his back on Donald Trump in the Arctic

Alors que l’ouest des États-Unis est victime de la sécheresse, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est rendu au Danemark, en Islande et au Groenland dans le cadre de la politique de l’Arctique face au changement climatique qui affecte la région. Pendant son séjour à Reykjavik (Islande), M. Blinken a assisté à la réunion du Conseil de l’Arctique, une structure créée il y a 25 ans pour favoriser la coopération entre les huit pays de l’Arctique à un moment où la Russie est de plus en plus agressive pour affirmer sa présence militaire dans la région.

A côté de la Russie, des pays qui ne se situent pas physiquement en bordure du Cercle Polaire arctique, comme la Chine et la Corée du Sud, ont cherché à pouvoir s’exprimer au sein du Conseil.

La présence d’Antony Blinken à cette réunion du Conseil de l’Arctique est un revirement complet par rapport à la politique de l’administration Trump dans la région. Le président Trump avait cherché à acheter le Groenland au Danemark, une offre qui a été rejetée par le Premier ministre danois. Le secrétaire d’État de l’administration Trump, Mike Pompeo, avait affirmé que le changement climatique était une opportunité économique plutôt qu’un danger.

En plus des intérêts maritimes, la Chine s’intéresse au Groenland où elle n’aurait aucun scrupule à extraire des minéraux rares. Afin de contrer les projets chinois, les États-Unis ont ouvert en 2020 un consulat à Nuuk, la capitale du Groenland.

Alors que l’Arctique se réchauffe de plus en plus et que la glace de mer risque fort d’avoir disparu d’ici le milieu du siècle, les rivalités géopolitiques font rage dans la région.

Source: Médias d’information américains.

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While western U.S. is sweltering, the U.S. Secretary of State Antony Blinken travelled to Denmark, Iceland and Greenland to address Arctic policies amid the sweeping climate change that is affecting the region. While in Reykjavik (Iceland), Mr. Blinken attended the ministerial meeting of the Arctic Council, an organization created 25 years ago to foster cooperation among the eight Arctic nations at a time when Russia has been increasingly aggressive in building up its military presence in the region. Besides, countries that do not physically border the Arctic Circle, such as China and South Korea, have sought to have a greater voice within the Council.

Antony Blinken’s presence at the ministerial meeting is a complete turnaround from the Trump administration’s approach to the Arctic. President Donald Trump had sought to buy Greenland from Denmark, an offer that was dismissed by the country’s prime minister. Trump’s Secretary of State Mike Pompeo had portrayed climate change as an economic opportunity rather than a danger.

In addition to shipping interests, China has targeted Greenland as a possible location for mining rare Earth minerals. Partly in response to China’s investments, the U.S. in 2020 opened a consulate in Greenland’s capital city of Nuuk.

As the Arctic warms further and the region heads for a seasonally ice-free Arctic Ocean by the middle of the century, geopolitical competition is clearly on the increase in the region.

Source: U.S. news media.

Groenland, l’objet de nombreuses convoitises