La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

En cliquant sur le lien en bas de cette note, vous aurez accès à un document montrant la fonte des glaciers islandais à travers les âges. Les prises de vues et les photographies ont été compilées par une équipe de scientifiques de l’Université d’Islande. Elles montrent trois décennies de fonte glaciaire en un peu plus de trois minutes. Les chercheurs ont superposé des photos aériennes d’archives et des images récentes de drones pour montrer l’effet dramatique du réchauffement climatique sur les glaciers du sud-est de l’Islande. Certains de ces glaciers reculent à un rythme de 150 mètres par an. Depuis 2000, on estime que les glaciers islandais ont diminué d’environ 800 km2.
L’équipe scientifique était dirigée par Þorvarður Árnason, directeur du Centre de recherche Hornafjörður. Le scientifique a pris des photos du glacier Hoffellsjökull une fois par mois pendant huit ans.
L’Islande compte vingt glaciers émissaires qui partent de la calotte glaciaire du Vatnajökull. Tous ont reculé. Certains scientifiques affirment que si les conditions de réchauffement climatique se poursuivent au rythme actuel, les glaciers islandais risquent de disparaître complètement.
Þorvarður Árnason dit que nous devons expliquer la réalité à la population, sans toutefois l’effrayer. Nous devons faire prendre conscience de la gravité de la situation.
Après avoir documenté la situation actuelle, l’équipe scientifique se tourne maintenant vers l’avenir. Les chercheurs veulent prévisualiser à quoi ressemblera dans un siècle le Breiðamerkurjökull, le glacier islandais qui recule le plus rapidement, en prenant en compte les scénarios les plus optimistes et les plus pessimistes.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

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By clicking on the link at the bottom of this post, you will have access to a document showing the melting of Icelandic glaciers through the ages. The footage and photography were compiled by a team of scientists at the University of Iceland. They show three decades of glacial melt in just over three minutes. The team superimposed archival aerial photos on top of contemporary drone footage to show the dramatic effect that warming climates have had on glaciers in Southeast Iceland. Some of these glaciers are retreating at a rate of 150 metres a year. Since 2000, it has been estimated that Iceland’s glaciers have decreased by some 800 km2.

The team of scientists was led by Þorvarður Árnason, director at the Hornafjörður Research Centre. The scientist started to do repeat photography at Hoffellsjökull, and did it once a month for eight years.

Iceland has twenty outlet glaciers that extend from the Vatnajökull ice cap. All of them have receded. Some experts say that if global warming conditions continue at the current pace, Iceland’s glaciers are at risk of disappearing completely.

Þorvarður Árnason says that we need to tell people what the reality is without frightening them; however, we should make them aware how serious the situation is.

Having documented the present situation, the scientific team is now turning their attention toward the future. They want to pre-visualize what Iceland’s fastest retreating glacier, Breiðamerkurjökull, will look like 100 years from now, taking into account both worst case and best case scenarios.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

Front du Solheimajökull et du Vatnajökull  (Photos: C. Grandpey)

Du jamais vu…mais que l’on reverra!

Il fait beau, il fait chaud, ce fut un beau lundi au soleil, mais il n’y a pas vraiment de quoi se réjouir, comme ont tendance à le faire un grand nombre de personnes.En effet, le mois de mai risque d’être le plus chaud jamais observé en France, avec des températures qui ont atteint 30°C dans le sud-ouest le week-end dernier et devraient culminer à 34° dans les prochains jours. Les saints de glace ont perdu la tête et les jardiniers ne savent plus trop à quels saints se vouer. Le climat est devenu fou!

Météo-France indique qu’en milieu de semaine, certaines villes pourraient connaître au moins cinq jours de suite dépassant 30°C. Ce serait un événement rarissime pour un mois de mai et qui n’a été observé qu’une seule fois sur le dernier siècle, en mai 1945. Rarissime oui, mais le problème est que le rarissime se répète tous les quatre matins et des événements soi-disant exceptionnels ne le sont plus.

On se dirige droit vers un mois de mai record; en sachant que les premières analyses météorologiques harmonisées au niveau national datent de 1947. S’agissant des températures moyennes pour un mois de mai, seuls cinq mois de mai ont présenté des valeurs supérieures à mai 2022 dont la moyenne est en ce moment de 16,6°C. Ainsi, on a enregistré 16,88°C en 2011, mais mai 2022 fera probablement mieux. En fait, je devrais écrire que la chaleur devrait être encore pire, car il n’y a vraiment pas de quoi rigoler.

Ce n’est pas tout. Il fait chaud et la situation hydrique est inquiétante. 2022 est pour l’instant une année très sèche. Il n’a plu que 112,6 mm en moyenne sur le territoire. C’est pour l’instant la deuxième mesure la plus faible depuis que les données existent. Même si Météo-France prévoit un peu de pluie en fin de semaine, cela ne suffira pas à compenser le profond déficit qui était de 25% en avril et de 20% pour la période de septembre à mars, moment où les nappes phréatiques étaient censées se recharger.

Source: Météo-France.

Avec les températures actuelles, il ne fait guère de doute que les glaciers continuent de fondre, avec les problèmes qui accompagnent le phénomène. C’est aussi une très mauvaise nouvelle pour le permafrost de roche; les alpinistes devront redoubler de prudence dans les prochains mois.

La presse a fourni des courbes et graphiques illustrant ces nouvelles inquiétantes. Au cous de ma conférence « Glaciers en Péril », je montre deux courbes côte à côte : la hausse des températures depuis l’ère industrielle et la courbe de Keeling (concentrations de CO2 dans l’atmosphère) au cours de la même période. Le parallélisme est saisissant…

Vers la mort des glaciers des sources du Nil // The glaciers at the sources of the Nile are dying

Le 24 novembre 2021, j’ai rédigé sur ce blog une note à propos de la fonte des petits glaciers et son impact sur notre société. J’expliquais que « le recul des glaciers est visible en Afrique, à la frontière de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo, où les pics déchiquetés des monts Rwenzori s’élancent dans le ciel au-dessus d’une jungle verdoyante. Ces montagnes hébergeaient autrefois plus de 40 glaciers; moins de la moitié d’entre eux subsistaient en 2005, et la fonte se poursuit. Les glaciologues pensent que le dernier des glaciers de ces montagnes pourrait disparaître d’ici 20 ans. La disparition sera source de problèmes pour l’Ouganda, qui tire près de la moitié de son électricité de l’hydroélectricité, avec des centrales qui dépendent du débit d’eau constant des glaciers du Rwenzori. »

Un article paru fin avril 2022 sur le site web « Altitude » confirme cette disparition annoncée des glaciers du Rwenzori. Massif montagneux majeur d’Afrique, le Rwenzori a longtemps été considéré comme une des sources du Nil. Aujourd’hui, le massif est en train de perdre son dernier glacier, donc beaucoup plus tôt que prévu dans la note sur mon blog.

Les pics du Rwenzori dépassent les 5.000 mètres et ils étaient recouverts de glaciers il n’y a pas si longtemps. Aujourd’hui, ils se sont réduits comme peau de chagrin et les scientifiques affirment que ce n’est qu’une question de mois avant une disparition totale de ces glaciers. Les derniers recoins glacés devraient avoir définitivement disparu en 2025. Les hypothèses les plus optimistes ne tablent pas au-delà de 2040. Sur les trois montagnes du massif qui abritaient des glaciers, deux d’entre elles – les Monts Baker et Speke – n’en ont déjà plus. Les dernières glaces subsistent encore sur le Mont Stanley.

L’article paru sur le site « Altitude » ajoute que le recul des glaciers n’est pas la seule manifestation du changement climatique dans la région. Un incendie majeur en 2012 a ravagé toute une partie de la végétation au pied de la montagne. Les années suivantes, des inondations ont obligé les agriculteurs à adapter leurs cultures.

Comme écrit plus haut, la disparition des glaciers du Rwenzori va entraîner des problèmes pour l’Ouganda qui tire près de la moitié de son électricité de l’hydroélectricité. il est bien évident que si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau pour faire fonctionner les turbines dans les centrales hydroélectriques.

Source: Altitude.

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On November 24th, 2021, I wrote a post on this blog about the melting of small glaciers and its impact on our society. I explained that « the retreat of glaciers can be seen in Africa, on the border of Uganda and the Democratic Republic of Congo, where the jagged peaks of the Rwenzori mountains jut into the sky above a green jungle. These mountains were once home to more than 40 glaciers, but fewer than half of them remained in 2005, and the melting continues. Glaciologists believe that the last of the glaciers in these mountains could disappear within 20 years. The disappearance means trouble for Uganda, which gets nearly half of its electricity from hydroelectricity, with power stations that depend on the constant flow of water from the Rwenzori glaciers. »
An article published at the end of April 2022 on the « Altitude » website confirms this announced disappearance of the Rwenzori glaciers. A major mountain range in Africa, the Rwenzori has long been considered one of the sources of the Nile. Today, the massif is losing its last glacier, much sooner than expected in the note on my blog.
The Rwenzori peaks exceed 5,000 meters and they were covered with glaciers not so long ago. Today they have shrunk to a trickle and scientists say it is only a matter of months before these glaciers disappear completely. The last frozen corners will probably have definitively disappeared by 2025. The most optimistic hypotheses do not expect beyond 2040. Of the three mountains of the massif which housed glaciers, two of them – Mounts Baker and Mount Speke – already have none of them. The last ice still remains on Mount Stanley.
The article published on the « Altitude » website adds that the retreat of glaciers is not the only evidence of climate change in the region. A major fire in 2012 destroyed much of the vegetation at the foot of the mountain. In the following years, floods forced farmers to adapt their crops.
As written above, the disappearance of the Rwenzori glaciers will cause problems for Uganda, which draws almost half of its electricity from hydroelectricity. It is quite obvious that if the glaciers disappear, there will be no more water to run the turbines in the hydroelectric power stations.
Source: Altitude.

Vue sur le Rewenzori (Source: Wikipedia)

Les glaciers à Montluçon le 5 mai 2022 !

Je présenterai le jeudi 5 mai 2022 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’UTV de MONTLUÇON (Allier). Elle aura lieu à 10 heures à la Ferme des Ilets.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont souvent la conséquence du changement climatique.
Lors de ses voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Mon exposé se poursuivra avec un diaporama d’une vingtaine de minutes, en fondu-enchaîné sonorisé, illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer mon livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », avec un CD de 160 photos.

Photo: C. Grandpey