Changement climatique: Un déluge s’abat sur Kauai (Hawaii) // Climate change : Kauai (Hawaii) hit by a historic deluge

Le changement climatique provoque de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes à travers le monde. Ce qui vient de se passer sur l’île hawaïenne de Kauai les 14 et 15 avril 2018 est un bon exemple de ce qui nous attend dans les années à venir.
Kauai n’est pas l’île la plus visitée de l’archipel hawaïen. D’un point de vue géologique, c’est la plus ancienne. Elle est connue sous le nom d’ »Ile Jardin » .L’un des sites les plus célèbres de Kauai est le Canyon de Waimea.
Kauai a beaucoup souffert au fil des ans. L’île a survécu au tsunami de 1946. Un autre raz-de-marée en 1957 l’a frappée avec des vagues atteignant 15 mètres de haut. Lorsque l’ouragan Iwa a balayé l’Ile Jardin en 1982, il a causé environ 250 millions de dollars de dégâts. En 1992, l’ouragan Iniki a tué six personnes à Kauai et endommagé ou détruit plus de 14 000 maisons. Cependant, les habitants de Kauai disent qu’ils n’ont jamais rien connu comme les trombes d’eau qui se sont déversées sur l’île ce mois-ci. Pour eux, c’est la tempête du siècle, mais il est probable que la prochaine surviendra dans seulement quelques années, compte tenu de la réalité du changement climatique. Le National Weather Service a déclaré que près de 125 centimètres de pluie sont tombés à Kauai en 24 heures. C’est l’événement pluvieux le plus important observé sur l’archipel hawaiien depuis le début des relevés en 1905
Alors que Kauai panse ses blessures, les scientifiques préviennent que ce déluge est la première grande tempête à Hawaï liée au changement climatique. Il y a des ressemblances frappantes entre les inondations à Kauai et les récentes inondations en Californie. La cause est identique : L’atmosphère plus chaude retient plus d’humidité qui s’accumule jusqu’à ce qu’elle rencontre de l’air froid et sec, créant ainsi un système instable qui déclenche ce que certains météorologues appellent une «bombe de pluie». Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Climate Change a indiqué que la Californie doit s’attendre à des conditions météorologiques plus instables, faisant osciller des années sèches et humides, à cause du changement climatique provoqué par l’homme.
Les conditions météorologiques extrêmes ont causé de lourds dégâts à Kauai. Les pluies intenses n’ont pas seulement déclenché des glissements de terrain. Des voitures et des animaux ont été emportés dans les eaux en furie. Par chance, aucun habitant ni aucun touriste n’est mort. Certaines personnes ont été évacuées par avion ou sauvées par bateau. Des bisons ont été emportés par les eaux de crue et certains ont été récupérés dans l’océan après avoir nagé pour échapper à la mort. Les localités pittoresques de Wainiha et de Haena, sur la côte nord ont été les plus durement touchées car la seule route qui y mène est bloquée par des glissements de terrain. Elle ne pourra probablement pas rouvrir avant des mois.
Pendant environ une semaine après la tempête, l’océan aux belles couleurs bleue et turquoise autour de l’île a pris la teinte orange du sol volcanique. Comme Kauai est la plus ancienne des îles hawaïennes, les montagnes ont des pentes très raides et la distance entre les sommets des montagnes, où il a plu, et la mer est relativement courte. Les sédiments n’ont donc pas eu le temps de se déposer pendant leur course folle vers l’océan.
Source: Los Angelas Times.

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Climate change is causing more and more extreme weather events around the world. What happened on the Hawaiian island of Kauai on April14th and 15th, 2018 is a good example of what we can expect for the future.

Kauai is not the most visited island of the Hawaiian archipelago. It is geologically the oldest one and is also known as the « Garden Isle”. One of the most famous sites of Kauai is Waimea Canyon.

Kauai has weathered a lot over the years. It survived the 1946 tsunami, which damaged all the islands. Another tsunami in 1957 hit Kauai with waves up to 15 metres high. When Hurricane Iwa swept the Garden Island in 1982 it did about $250 million in damage. In 1992, Hurricane Iniki killed six people on Kauai, and damaged or destroyed more than 14,000 homes. However, the people in Kauai say they have never experienced anything like the thunderstorm that drenched the island this month. They have been describing this latest storm as a 100-year-flood, but it is likely that the next one is just a few years off, given the reality of climate change. The National Weather Service said nearly 125 centimetres of rain fell in 24 hours. This is the most severe rain event [in Hawaii] that has been observed since records started being kept in 1905

Now, as Kauai continues to recover, scientists warn that this deluge was the first major storm in Hawaii linked to climate change. There are striking similarities with the flooding on Kauai and the recent flooding in California. The warmer atmosphere is holding more moisture that builds up until it meets with cold dry air, creating a massive unstable system which causes what some meteorologists are now referring to as a ‘rain bomb.’ A study published in the scientific journal Nature Climate Change said that California can expect more volatile weather, swinging from dry to wet years, because of human-caused climate change.

The extreme weather caused heavy damage on Kauai. The intense rainfall not only triggered landslides.  Cars and animals were swept away in raging waters, but no residents or visitors died. Some were airlifted to safety or rescued by boat. Members of a bison herd were displaced or carried off by floodwaters, and some were rescued from the ocean after swimming for their lives. The picturesque North Shore communities of Wainiha and Haena are considered the hardest-hit because the only road that leads to them, Kuhio Highway, is now blocked by landslides. Officials say it may not fully reopen for months.

For about a week after the storm, the normally aquamarine ocean around the island was an eerie orange, a sign of the volcanic soil. Since Kauai is the oldest of the Hawaiian Islands, the mountains are exceptionally steep and the distance between the mountain tops, where it rained, and the sea is relatively short. There was no time for the red-orange clay to settle as water raced out out to sea.

Source: Los Angelas Times.

Photos: C. Grandpey

Ambae (Vanuatu) sollicite l’aide internationale // Ambae (Vanuatu) is asking for international help

Contrairement à ce que l’on a souvent pu lire dans la presse ces derniers jours, l’évacuation de la population d’Ambae affectée par l’éruption du volcan Manaro Voui ne semble pas avoir commencé. Les journaux locaux comme le Daily Post ont écrit que «le Vanuatu prévoit une nouvelle évacuation», mais pas que l’évacuation était en cours.
On peut lire dans le Daily Post aujourd’hui (16 avril 2018) que « le Vanuatu fait appel à des fonds internationaux pour permettre la réinstallation des personnes victimes de l’éruption ». Le Conseil des Ministres a autorisé le gouvernement à réinstallerde façon permanente, dans des lieux plus surs, et d’ici la fin du mois de mai, les 11000 personnes affectées par l’éruption. Le Conseil des Ministres a également admis qu’il n’est plus en, mesure de faire face aux émissions incessantes de cendre du volcan Manaro et il sollicite une aide internationale pour obtenir un fonds d’intervention. Le Conseil a donné l’assurance que la totalité de cette aide financière d’urgence serait gérée directement par le Ministère des Finances du Vanuatu.

Le gouvernement du Vanuatu a déclaré que les familles vivant à Ambae sont en situation de détresse à cause des retombées de cendre. Au début, la cendre a affecté les parties sud et ouest de l’île, mais en raison des changements de direction du vent, la cendre s’est répandue dans les parties nord et est de l’île, détruisant les sources de nourriture et la végétation.
Comme indiqué plus haut, la semaine dernière, le Conseil des Ministres a décrété l’état d’urgence pour l’île d’Ambae et prévu une nouvelle évacuation de masse car les toits des maisons et les arbres s’effondrent sous le poids de la cendre et de nombreux habitants souffrent de problèmes de santé. Les familles dont les maisons, l’eau et les cultures sont endommagées par la cendre et les pluies acides seront évacuées en priorité vers d’autres îles comme Maewo et Pentecôte.
Source: Daily Post.

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Contrary to what could often be read in the press, the evacuation of the people of Ambae affected by the eruption of Manaro Voui Volcano does not seem to have begun. Local newspapers like the Daily Post had written that “Vanuatu plans another evacuation”, but not that the evacuation was underway.

One can read in the Daily Post today (April 16th 2018) that “Vanuatu seeks international funds to help resettle islanders affected by volcano”. The Council of Ministers has authorized the government to secure a permanent resettlement for the 11,000 people affected by eruption by the end of May. The Council of Ministers also admitted that the constant ashfall from Manaro Voui Volcano is beyond its capacity, and has forced it to seek international help for response fund. The Council also gave its assurance that all emergency funds will be processed through the National Treasury.

The Vanuatu government said that families on Ambae are struggling to live due to the heavy volcanic ashfall. Initially the ash affected the south and western parts of the island, but due to wind changes, the ash has spread through the north and eastern parts of the island as well, destroying food sources and other vegetation.

Last week, the Council of Ministers declared a state Of emergency over the Ambae Island and planned another mass evacuation as houses and trees are collapsing due to the weight of the ash while many locals have suffered health issues. Families whose homes, water supplies and crops are damaged by the ash and acid rain will be evacuated to other islands like Maewo and Pentecost.

Source : Daily Post.

Vue satellitaire en relief de l’île d’ambae (Source: NASA)

« Le niveau d’alerte du Mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques » // « The Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

Même si on parle très peu de l’activité de l’Agung en ce moment, la population locale est encore inquiète et craint que de nouvelles éruptions se produisent à l’avenir. Il ne faudrait pas oublier que le niveau d’alerte est toujours à 3 (SIAGA), sur une échelle de 4.
Les autorités ont progressivement abaissé le niveau d’alerte, mais la menace d’une éruption fait du tort à l’île de Bali depuis plus de cinq mois. Les perturbations causées au transport aérien et les annulations de réservations en pleine saison touristique ont sérieusement fragilisé ce secteur qui est le principal moteur de l’économie de l’île. En décembre dernier, le ministre indonésien du Tourisme avait indiqué que l’impact économique de l’éruption de l’Agung pourrait dépasser 650 millions de dollars. Cependant, les retombées sociales et économiques vont bien au-delà des célèbres centres touristiques car une forte incertitude demeure quant à la fin réelle de l’éruption.
Au total, plus de 140 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 12 km autour de l’Agung. À la fin du mois de février, on leur a donné l’autorisation de rentrer à la maison, mais beaucoup d’entre elles se trouvent confrontées à des moyens de subsistance profondément perturbés. Dans une école de Cegi, l’un des villages les plus proches du cratère, un enseignant a déclaré qu’il s’attend toujours à une éruption même si le gouvernement affirme que tout va bien. Comme beaucoup de ses voisins, il a vendu son bétail à un prix dérisoire au cours des quelques jours de panique qui ont suivi l’annonce de l’évacuation. Il lui reste de l’argent pour reprendre ses activités, mais il ne les reprendra que le jour où il sera certain qu’il n’aura plus à fuir.
Beaucoup de gens pensent qu’il faudra quatre ou cinq ans avant que les choses se normalisent autour de l’Agung. Peu de gens pensent que la menace a complètement disparu et certains membres des associations humanitaires à Bali sont persuadés que la réduction du niveau d’alerte du volcan a été une décision politique destinée à mettre moins de pression sur le secteur touristique. Selon le directeur de l’IDEP, une ONG locale qui vient en aide aux personnes évacuées, «le niveau d’alerte du mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques».
Le secteur humanitaire est aujourd’hui, lui aussi, en proie au doute suite aux évacuations des derniers mois et au retour des habitants chez eux. Les associations locales comme PMI doivent maintenant envoyer leur personnel dans des zones qui ne sont pas forcément sures afin de protéger les intérêts des rapatriés. PMI soutient certaines communautés au niveau financier pour les aider à se remettre sur pied, et réhabilite les centres d’évacuation inoccupés pour s’assurer qu’ils seront prêts à être réutilisés en cas d’urgence.
Source: Nikkei Asian Review.

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Even though very little is said these days about activity at Mt Agung, the local population is still anxious and fears more eruptions might occur in the future. One should not forget the alert level is at 3 (SIAGA), on a scale of 4.

The authorities have progressively lowered the alert level, but the threat of an eruption has cast a long shadow over Bali for more than five months. Disrupted flights and cancelled holidays over the normal high season for tourists have hit the hospitality industry, which is the biggest contributor to the island’s economy. Back in December, Indonesia’s Minister of Tourism warned that the economic impact of the Mount Agung eruption could be in excess of $650 million. However, the overall social and economic fallout will be deeply felt far beyond the island’s world-famous tourist resorts, exacerbated by lingering uncertainty over whether the eruption is really drawing to a close.

In total, more than 140,000 people were evacuated from a 12-km radius around Mount Agung. By late February, almost all of them had been told it was safe to go home; many of them are returning to livelihoods that have been profoundly disrupted. In a schoolhouse in Cegi, one of the closest villages to the crater, a teacher said that he is still waiting for the eruption despite the government’s « all clear » signal. Like many of his neighbours, he sold his livestock at a knock-down price in the panicked few days after the evacuation notice came through. He has some cash leftover to start again, but is reluctant to do so until he can be certain he will not have to flee again.

Many people think it will take four or five years before things get back to normal around Mt Agung. Few people believe the threat has entirely subsided, and there is a persistent suspicion, voiced by some members of the development and humanitarian community in Bali, that the decision to scale down the alert level was a political one designed to take the pressure off the tourist sector. According to the director of IDEP, a local sustainable development NGO that has been helping evacuees, « the Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

The evacuations have left the humanitarian sector in limbo too. Local humanitarian groups like PMI now have to send their staff into areas they do not believe are safe in order to look after the interests of returning evacuees. PMI is supporting some communities with cash transfers to help them to get back on their feet, and is rehabilitating the unoccupied evacuation centres to make sure they are ready to be used again.

Source: Nikkei Asian Review.

Crédit photo: Wikipedia

Mayon (Philippines) : Les derniers chiffres // The latest figures

Selon les derniers chiffres fournis par les autorités philippines, le nombre de personnes évacuées autour du Mayon atteint 81 618. 18 365 familles (soit 69 672 personnes) sont hébergées dans 69 centres d’évacuation, tandis que 2 822 familles (soit 11 946 personnes) vivent avec des parents à Camalig, Daraga, Malilipot et Santo Domingo.
L’activité du Mayon reste très intense. Le 26 janvier 2018 à 8 heures, le PHILVOCS indiquait que le volcan continuait de cracher de la lave depuis son cratère sommital. Sept épisodes de fontaines de lave ont été enregistrés, jusqu’à 500 mètres de hauteur, et avec des panaches de cendre montant jusqu’à trois kilomètres au-dessus du cratère. Le PHILVOCS a également enregistré 15 séismes d’origine volcanique et 19 épisodes de tremor correspondant aux fontaines de lave.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 sur une échelle de 5.

Sources : NDRRMC, PHILVOCS.

On trouve de nombreuses vidéos de l’éruption du Mayon sur YouTube. Voici une vidéo amateur réalisée le 25 janvier 2018. Même si la qualité n’est pas au rendez-vous, on voit parfaitement les fontaines de lave au sommet du volcan et les coulées de lave sur ses flancs.

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According to the latest figures released by the Philippine authorities the number of people evacuated around Mayon Volcano reached 81 618. 18 365 families (or 69 672 persons) are living in 69 evacuation centres, while 2 822 families (or 11 946 persons) are staying with relatives in Camalig, Daraga, Malilipot, and Santo Domingo.

Activity at Mayon is still quite intense. On January 26th 2018 at 8 a.m., PHILVOCS indicated that the volcano continued to spew lava from its summit crater. Seven episodes of lava fountaining were recorded, shooting up to 500 meters high and producing ash plumes reaching of up to three kilometres high above the crater. PHILVOCS also recorded 15 volcanic earthquakes and 19 tremor events corresponding to the lava fountaining.

The alert level is kept at 4 on a scale of 5.

Sources : NDRRMC, PHILVOCS.

One can find numerous videos of the eruption on YouTube. Here is one of them shot on January 25th 2018. Even though the quality is not good, one can perfectly see the lava fountains at the summit and the lava flows on the flanks of the volcano.