« Le niveau d’alerte du Mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques » // « The Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

Même si on parle très peu de l’activité de l’Agung en ce moment, la population locale est encore inquiète et craint que de nouvelles éruptions se produisent à l’avenir. Il ne faudrait pas oublier que le niveau d’alerte est toujours à 3 (SIAGA), sur une échelle de 4.
Les autorités ont progressivement abaissé le niveau d’alerte, mais la menace d’une éruption fait du tort à l’île de Bali depuis plus de cinq mois. Les perturbations causées au transport aérien et les annulations de réservations en pleine saison touristique ont sérieusement fragilisé ce secteur qui est le principal moteur de l’économie de l’île. En décembre dernier, le ministre indonésien du Tourisme avait indiqué que l’impact économique de l’éruption de l’Agung pourrait dépasser 650 millions de dollars. Cependant, les retombées sociales et économiques vont bien au-delà des célèbres centres touristiques car une forte incertitude demeure quant à la fin réelle de l’éruption.
Au total, plus de 140 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 12 km autour de l’Agung. À la fin du mois de février, on leur a donné l’autorisation de rentrer à la maison, mais beaucoup d’entre elles se trouvent confrontées à des moyens de subsistance profondément perturbés. Dans une école de Cegi, l’un des villages les plus proches du cratère, un enseignant a déclaré qu’il s’attend toujours à une éruption même si le gouvernement affirme que tout va bien. Comme beaucoup de ses voisins, il a vendu son bétail à un prix dérisoire au cours des quelques jours de panique qui ont suivi l’annonce de l’évacuation. Il lui reste de l’argent pour reprendre ses activités, mais il ne les reprendra que le jour où il sera certain qu’il n’aura plus à fuir.
Beaucoup de gens pensent qu’il faudra quatre ou cinq ans avant que les choses se normalisent autour de l’Agung. Peu de gens pensent que la menace a complètement disparu et certains membres des associations humanitaires à Bali sont persuadés que la réduction du niveau d’alerte du volcan a été une décision politique destinée à mettre moins de pression sur le secteur touristique. Selon le directeur de l’IDEP, une ONG locale qui vient en aide aux personnes évacuées, «le niveau d’alerte du mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques».
Le secteur humanitaire est aujourd’hui, lui aussi, en proie au doute suite aux évacuations des derniers mois et au retour des habitants chez eux. Les associations locales comme PMI doivent maintenant envoyer leur personnel dans des zones qui ne sont pas forcément sures afin de protéger les intérêts des rapatriés. PMI soutient certaines communautés au niveau financier pour les aider à se remettre sur pied, et réhabilite les centres d’évacuation inoccupés pour s’assurer qu’ils seront prêts à être réutilisés en cas d’urgence.
Source: Nikkei Asian Review.

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Even though very little is said these days about activity at Mt Agung, the local population is still anxious and fears more eruptions might occur in the future. One should not forget the alert level is at 3 (SIAGA), on a scale of 4.

The authorities have progressively lowered the alert level, but the threat of an eruption has cast a long shadow over Bali for more than five months. Disrupted flights and cancelled holidays over the normal high season for tourists have hit the hospitality industry, which is the biggest contributor to the island’s economy. Back in December, Indonesia’s Minister of Tourism warned that the economic impact of the Mount Agung eruption could be in excess of $650 million. However, the overall social and economic fallout will be deeply felt far beyond the island’s world-famous tourist resorts, exacerbated by lingering uncertainty over whether the eruption is really drawing to a close.

In total, more than 140,000 people were evacuated from a 12-km radius around Mount Agung. By late February, almost all of them had been told it was safe to go home; many of them are returning to livelihoods that have been profoundly disrupted. In a schoolhouse in Cegi, one of the closest villages to the crater, a teacher said that he is still waiting for the eruption despite the government’s « all clear » signal. Like many of his neighbours, he sold his livestock at a knock-down price in the panicked few days after the evacuation notice came through. He has some cash leftover to start again, but is reluctant to do so until he can be certain he will not have to flee again.

Many people think it will take four or five years before things get back to normal around Mt Agung. Few people believe the threat has entirely subsided, and there is a persistent suspicion, voiced by some members of the development and humanitarian community in Bali, that the decision to scale down the alert level was a political one designed to take the pressure off the tourist sector. According to the director of IDEP, a local sustainable development NGO that has been helping evacuees, « the Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

The evacuations have left the humanitarian sector in limbo too. Local humanitarian groups like PMI now have to send their staff into areas they do not believe are safe in order to look after the interests of returning evacuees. PMI is supporting some communities with cash transfers to help them to get back on their feet, and is rehabilitating the unoccupied evacuation centres to make sure they are ready to be used again.

Source: Nikkei Asian Review.

Crédit photo: Wikipedia

Mayon (Philippines) : Les derniers chiffres // The latest figures

Selon les derniers chiffres fournis par les autorités philippines, le nombre de personnes évacuées autour du Mayon atteint 81 618. 18 365 familles (soit 69 672 personnes) sont hébergées dans 69 centres d’évacuation, tandis que 2 822 familles (soit 11 946 personnes) vivent avec des parents à Camalig, Daraga, Malilipot et Santo Domingo.
L’activité du Mayon reste très intense. Le 26 janvier 2018 à 8 heures, le PHILVOCS indiquait que le volcan continuait de cracher de la lave depuis son cratère sommital. Sept épisodes de fontaines de lave ont été enregistrés, jusqu’à 500 mètres de hauteur, et avec des panaches de cendre montant jusqu’à trois kilomètres au-dessus du cratère. Le PHILVOCS a également enregistré 15 séismes d’origine volcanique et 19 épisodes de tremor correspondant aux fontaines de lave.
Le niveau d’alerte est maintenu à 4 sur une échelle de 5.

Sources : NDRRMC, PHILVOCS.

On trouve de nombreuses vidéos de l’éruption du Mayon sur YouTube. Voici une vidéo amateur réalisée le 25 janvier 2018. Même si la qualité n’est pas au rendez-vous, on voit parfaitement les fontaines de lave au sommet du volcan et les coulées de lave sur ses flancs.

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According to the latest figures released by the Philippine authorities the number of people evacuated around Mayon Volcano reached 81 618. 18 365 families (or 69 672 persons) are living in 69 evacuation centres, while 2 822 families (or 11 946 persons) are staying with relatives in Camalig, Daraga, Malilipot, and Santo Domingo.

Activity at Mayon is still quite intense. On January 26th 2018 at 8 a.m., PHILVOCS indicated that the volcano continued to spew lava from its summit crater. Seven episodes of lava fountaining were recorded, shooting up to 500 meters high and producing ash plumes reaching of up to three kilometres high above the crater. PHILVOCS also recorded 15 volcanic earthquakes and 19 tremor events corresponding to the lava fountaining.

The alert level is kept at 4 on a scale of 5.

Sources : NDRRMC, PHILVOCS.

One can find numerous videos of the eruption on YouTube. Here is one of them shot on January 25th 2018. Even though the quality is not good, one can perfectly see the lava fountains at the summit and the lava flows on the flanks of the volcano.

Mayon (Philippines): Les évacuations risquent de durer longtemps // Evacuations might last a long time

Une activité intense continue d’être observée sur le Mayon. Dans sa dernière mise à jour du 24 janvier 2018, le PHILVOCS indique que « 5 épisodes de fontaines de lave intenses mais sporadiques » ont été enregistrés sur le volcan. Les fontaines atteignaient 500 à 600 mètres de hauteur et généraient des panaches de cendre montant jusqu’à 5 kilomètres au-dessus du cratère. La lave continue à alimenter des coulées dans les ravines Mi-isi et Bonga. Des coulées pyroclastiques sont également observées sur des distances atteignant 5 km par rapport au cratère.

Le nombre de villageois déplacés dépasse maintenant 74 000. Les autorités s’attendent à une urgence humanitaire qui pourrait durer plusieurs mois. Il n’y a pas eu de victimes de l’éruption jusqu’à présent et les forces de l’ordre font leur possible pour empêcher les villageois et les touristes de s’infiltrer dans les zones dangereuses.
Les personnes évacuées vivent dans 66 centres d’hébergement d’urgence dans neuf localités de la province d’Albay où se trouve Mayon. Si l’on se réfère aux précédentes éruptions, l’éruption actuelle pourrait durer de deux à quatre mois. Les autorités locales et nationales s’efforcent d’atténuer l’impact de l’éruption sur les écoles, la santé et la sécurité publique, ainsi que sur les moyens de subsistance.
Des centres d’enseignement temporaires seront installés dans des dizaines d’écoles transformées en centres d’évacuation afin de permettre aux classes de continuer. Les animaux domestiques seront conduits dans des zones plus proches de leurs propriétaires dans les centres d’évacuation pour éviter d’autres pertes. La ville de Camalig dans la province d’Albay a déjà mis en place une zone pour les animaux de ferme.
Bien que le Mayon soit entré en éruption une cinquantaine de fois au cours des 500 dernières années, il attire de nombreux randonneurs et touristes. En 2013, cinq d’entre eux qui s’étaient aventurés près du sommet malgré les mises en garde ont été tués. L’éruption la plus destructrice, en 1814, a tué plus de 1 200 personnes et enseveli la ville de Cagsawa sous des coulées de boue. Le beffroi de l’église est toujours présent pour rappeler la colère du Mayon.
Source: WBOC-TV Salisbury.

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Intense activity continues at Mayon Volcano. In its latest update on January 24th 2018, PHILVOCS indicates that 5 more episodes of intense but sporadic lava fountaining were observed on the volcano.They reached from 500 metres to 600 metres high and generated ash plumes that reached up to 5 kilometres above the crater. The events fed lava flows on the Mi-isi and Bonga Gullies. Pyroclastic flows were also observed. They now travel as far as 5 kilometres from the crater.

The number of displaced villagers has now swelled to more than 74,000 and is causing officials to brace for a humanitarian emergency they fear could last for months. There have been no reports of injuries so far and law enforcers have struggled to keep villagers and tourists from sneaking into danger zones.

The evacuees are living in at least 66 emergency shelters in nine municipalities in Albay province where Mayon lies. Based on its previous eruptions, Mayon’s restiveness could last from two to four months, prompting Albay and national authorities to take steps to ease the impact on schools, public health and safety, livelihood and law and order.

Temporary learning centres will be set up in dozens of schools turned into evacuation centres to allow classes to continue, and farm animals will be brought to areas closer to their owners in evacuation camps to prevent more losses to villagers’ livelihoods. Camalig in Albay has already set up an area for rescued farm animals.

Although Mayon has erupted about 50 times in the last 500 years, it has remained popular among climbers and tourists. In 2013, five climbers who had ventured near the summit despite warnings were killed. Its most destructive eruption, in 1814, killed more than 1,200 people and buried the town of Cagsawa in volcanic mud. The belfry of Cagsawa’s stone church still juts from the ground in a reminder of Mayon’s fury.

Source :  WBOC-TV Salisbury.

Crédit photo: Wikipedia

Les évacués du Mayon (Philippines) // Mayon Volcano’s evacuees (Philippines)

Suite à l’éruption du Mayon, au moins 56 217 personnes étaient hébergées dans 46 centres d’évacuation le 23 janvier 2018. L’armée et la police continuent à aider les villageois à quitter leurs maisons.
Les autorités essayent d’empêcher les villageois de revenir en cachette dans leurs maisons et dans leurs fermes, ou bien d’assister à des combats de coqs, attraction  populaire dans la ville de Santo Domingo, dans la province d’Albay, en dépit de la menace du volcan et des patrouilles de police. Ces mêmes autorités ont conseillé de couper l’électricité et l’eau dans les localités situées dans la zone interdite de 8 km de rayon autour du Mayon afin de dissuader les gens de revenir chez eux.
Aucun cas de décès ou de blessure n’a été signalé. Comme je l’ai écrit précédemment, les pilotes d’avions ont reçu l’ordre de voler loin du cratère, et plusieurs vols domestiques ont été annulés.
La cendre volcanique est retombée lundi sur plus d’une douzaine de villes et villages de la province d’Albay, ainsi que dans la province voisine de Camarines Sur, avec une visibilité pratiquement nulle dans certaines localités. Un habitant a expliqué qu’il faisait nuit à midi, avec une visibilité nulle dans certaines zones parce que les nuages de cendre étaient très épais.
Plus de 30 000 masques anti-poussière et quelque 5 000 sacs de riz, ainsi que des médicaments, de l’eau et d’autres fournitures, ont été distribués dans des centres d’évacuation. Cependant, les colis alimentaires, l’eau, les médicaments et autres articles de première nécessité pourraient manquer à la mi-février si l’éruption se poursuit et que les nouvelles fournitures n’arrivent pas à temps.
Source: Wharfedale Observer.

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Due to the current eruption of Mayon Volcano, at least 56,217 people were taking shelter in 46 evacuation camps on Tuesday and army troops and police were helping move more villagers from their homes.

Authorities struggled to prevent villagers from sneaking back to check on their homes and farms and to watch a popular cockfight in Albay’s Santo Domingo town despite the risks and police patrols and checkpoints. They have recommended electricity and water supplies be cut in communities within the no-go zones to discourage residents from returning.

There have been no reports of deaths or injuries. As I put it before, aircraft have been ordered to stay away from the crater, and several domestic flights have been cancelled.

Volcanic ash fell in more than a dozen towns in Albay and nearby Camarines Sur province on Monday, with visibility heavily obscured in a few towns because of the thick grey ash. A resident explained it was like night time at noon, there was zero visibility in some areas because the ashfall was very thick.

More than 30,000 ash masks and about 5,000 sacks of rice, along with medicine, water and other supplies, have been sent to evacuation centres. However, food packs, water, medicine and other relief goods may run out by mid-February if the eruption continues and new supplies fail to come on time.

Source : Wharfedale Observer.

Crédit photo: Wikipedia