Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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Boris Behncke (INGV Catane) indique sur a page Facebook que depuis le matin du 10 juin 2026, une nouvelle activité explosive faible est observée dans la Voragine, le cratère central de l’Etna (Sicile). Il y a des émissions sporadiques de cendres, essentiellement constituées de vieux matériaux , mélangés parfois avec de modestes quantités de fragments incandescents. C’est la première activité magmatique sur l’Etna en 5 mois, après la cessation de l’activité effusive dans la Valle del Bove. Il est trop tôt pour dire s’il s’agit du début d’une nouvelle période d’activité spectaculaire. Selon Boris, l’activité actuelle pourrait durer pendant des semaines avec peu de variations, ou s’arrêter à nouveau, et ensuite reprendre avec plus de vigueur. Pour le moment, les signaux n’indiquent aucune activité majeure imminente.

 

Vue de l’Etna le 13 juin 2026 (Crédit photo : B. Behncke)

De son côté, l’INGV a signalé une activité éruptive mineure au niveau des cratères sommitaux à partir du 14 juin. La couleur de l’alerte aérienne (CAA) est passée au Jaune. Des émissions diffuses de cendres ont été observées le 15 juin, ce qui a incité l’INGV à relever la CAA à l’Orange. Aucune retombée de cendres n’a été constatée au-delà de la zone sommitale. De faibles émissions de cendres se sont poursuivies au moins jusqu’au 17 juin.

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Le Met Office islandais (IMO) a fait passer la couleur de l’alerte aérienne pour le Bárðarbunga au Jaune le 14 juin 2026, suite à un intense essaim sismique (environ 400 événements) survenu dans la partie nord-ouest de la caldeira, après un séisme de magnitude M4,8 le 13 juin. Aucun trémor volcanique n’a été détecté dans la zone.
Cette activité rappelle une série de séismes enregistrée dans la caldeira du Bárðarbunga en janvier 2025, lorsqu’une hausse de l’activité sismique avait également entraîné un renforcement de la surveillance et le passage temporaire de l’alerte aérienne au Jaune.
Le système volcanique du Bárðarbunga a attiré l’attention lors de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-2015. Elle a suivi une crise sismique intense et une migration du magma depuis la caldeira du Bárðarbunga vers le champ de lave de l’Holuhraun, au nord-est du glacier.

Source: Met Office

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Après sept heures et demie de fontaines de lave depuis la bouche éruptive nord, l’Épisode 49 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé à 17 h 05 le 14 juin 2026. La bouche sud n’a pas produit de fontaines de lave durant cet épisode, mais elle a émis des projections sporadiques.

Les fontaines de lave ont atteint une hauteur maximale de 210 mètres. Le débit effusif de cet épisode a culminé à environ 320 mètres cubes par seconde, avec un débit moyen de 200 mètres cubes par seconde. On estime à 5 millions de mètres cubes le volume de lave émis. La lave a recouvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu. La fontaine de lave de la bouche nord a produit un panache qui a atteint une hauteur maximale d’environ 5 500 mètres.

Les modèles de prévision indiquent que l’Épisode 50 et ses fontaines de lave devrait commencer entre le 23 et le 27 juin, les 25 et 26 juin étant les plus probables.

Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 49

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Le 17 juin 2026, un séisme de magnitude M4,5 a été enregistré à 17 km au sud-est de Pāhala, sur l’île d’Hawaï, à une profondeur de 33 km sous le niveau de la mer. Ce séisme n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kīlauea. Il fait partie de l’essaim sismique observé sous la région de Pāhala depuis 2019. Les séismes dans cette région sont observés depuis au moins les années 1960.
Source : HVO.

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Une éruption phréatique a été enregistrée sur le Dempo (Indonésie) le 12 juin 2026. Les données sismiques indiquent qu’elle a duré un peu plus d’une minute. Un panache de gaz et de vapeur s’est élevé à 50 mètres au-dessus du cratère avant de dériver vers le nord-ouest. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est rappelé au public de se tenir à au moins 1 km du cratère et jusqu’à 2 km sur le flanc nord.
Source : PVMBG.

Crédit photo: Wikipedia

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À partir de fin février, le réseau sismique du Nevados de Chillán (Chili) a enregistré une hausse significative des signaux indiquant des mouvements de fluides. Un signal de secousse à 8 h20 le 15 juin 2026 a correspondu à un panache de cendres de 120 mètres de hauteur au niveau du cratère Nicanor. De plus, un signal longue période (LP) à 8 h 55 a été associé à un panache de cendres qui s’est élevé à 80 mètres au-dessus du cratère. Au moins trois autres émissions de cendres ont été enregistrées le même jour, avec une hauteur de 160 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte a été relevé au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : SERNAGEOMIN.

Zone sommitale du Nevados de Chillan (Crédit photo: SERNAGEOMIN)

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L’éruption du volcan sous-marin Titan Ridge (Papouasie-Nouvelle-Guinée) se poursuit, mais avec une faible intensité. Le nombre de signaux hydroacoustiques quotidiens a atteint son niveau le plus bas depuis le début de l’éruption. Un fin panache de vapeur est parfois visible. Une longue bande d’eau décolorée est toujours visible. Une image satellite du 15 juin 2026 montrait une étroite bande d’eau décolorée sur plus de 100 km à l’ouest du site éruptif. L’activité a produit une petite quantité de ponce flottant à la surface de l’océan et de légères anomalies thermiques. D’importantes quantités de ponce, formant d’épais et vastes radeaux, continuent de s’échouer sur les côtes des îles de l’Amirauté (voir ma note du 15 juin 2026)
Source : Observatoire volcanologique de Rabaul (RVO).

Radeau de ponce pendant l’éruption du Havre Seamount (Source : presse internationale)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Boris Behncke (INGV Catania) reports on his Facebook page that since the morning of June 10, 2026, new, low explosive activity has been observed in the Voragine, the central crater of Mount Etna (Sicily). There are sporadic emissions of ash, mainly composed of older material, sometimes mixed with small amounts of incandescent fragments. This is the first magmatic activity on Mt Etna in five months, following the cessation of effusive activity in the Valle del Bove. It is too early to say whether this is the beginning of a new period of spectacular activity. According to Boris, the current activity could last for weeks with little variation, or stop again, and then resume with greater intensity. For the moment, the signals indicate no major activity is imminent.

The INGV reported minor eruptive activity the summit craters beginning on 14 June. The Aviation Color Code (ACC) was raised to Yellow. Diffuse ash emissions occurred on 15 June, prompting the INGV to raise the ACC to Orange. Ashfall did not occur beyond the summit area. Minor ash emissions continued at least through 17 June.

Source : INGV.

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The Icelandic Meteorological Office (IMO) raised the Aviation Color Code for Bárðarbunga to Yellow on June 14, 2026, after an intense earthquake swarm including about 400 events began in the northwestern part of the caldera following a M4.8 earthquake on June 13. No volcanic tremor was detected in the area.

The current activity can be xompared to an earthquake swarm recorded in the Bárðarbunga caldera in January 2025, when elevated seismic activity also prompted heightened monitoring and a temporary Yellow Aviation Color Code.

The Bárðarbunga volcanic system drew international attention during the 2014–2015 Holuhraun eruption which followed an intense seismic crisis and magma migration away from the Bárðarbunga caldera toward the Holuhraun lava field northeast of the glacier.

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After 7 and a half hours of continuous lava fountaining from the north vent, Episode 49 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended at 5:05 p.m. On 14 June 2026. The south vent never fountained during this episode, although it periodically spattered.

The lava fountains reached a maximum height of 210 meters.The effusion rate of this episode peaked at about 320 cubic meters per second, with an average effusion rate of 200 cubic meters per second. An estimated 5 million cubic meters of lava erupted and covered about 40-50% of the Halemaʻumaʻu crater floor. The north vent lava fountain produced a plume that reached a maximum height of about 5,500 meters.

Forecast models indicate that the onset of fountaining Episode 50 is likely to begin between June 23 and June 27 with June 25-26 most likely.

Source : HVO.

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On June 17, 2026,, an M4.5 earthquake occurred 17 km southeast of Pāhala on the Island of Hawaiʻi at a depth of 33 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. This earthquake is part of the seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s.

Source : HVO.

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A phreatic eruption was recorded at Dempo (Indonesia) on 12 June 2026. Seismic data showed it lasted just over a minute. A white plume rose 50 meters above the crater and drifted NW. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is reminded to stay at least 1 km away from the crater and as far as 2 km on the N flank.

Source : PVMBG.

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Beginning at the end of February, the seismic network at Nevados de Chillán (Chile) recorded a sustained increase in signals indicating fluid movement. A tremor signal at 08:20 on 15 June 2026 was associated with an ash plume at Nicanor Crater that rose 120 meters above the crater and a long-period (LP) signal at 08:55 was associated with an ash plume that rose 80 m above the crater. At least three more ash emissions were recorded the same day, rising as high as 160 m above the crater. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : SERNAGEOMIN.

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The eruption at Titan Ridge (Papua-New-Guinea) continues, though at a low level. The number of hydroacoustic signals per day decreased to the lowest levels detected since the eruption began. A small wispy steam plume was occasionally visible. A long plume of discolored water is still visible. A 15 June 2026 satellite image showed a narrow plume of discolored water extending more than 100 km W of the eruption site. The activity produced a small amount of floating pumice and minor thermal anomalies. Significant amounts of floating pumice, forming thick and extensive rafts, continued to wash up on the shores of the Admiralty Islands (see my post of June 15 2026).

Source: Rabaul Volcano Observatory (RVO)?

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Les volcans à Châtellerault (Vienne) le 7 mai 2026 !

Je présenterai le jeudi 7 mai 2026 ma conférence « Volcans et Risques volcaniques »  dans le cadre de l’Université du Temps Libre de CHÂTELLERAULT (Vienne). Elle aura lieu à 15 heures dans la Salle Velbert (ex Salle de la Gornière).

Séismes et volcans sont souvent associés dans la pensée populaire. Il est malheureusement impossible de prévoir les tremblements de terre. Le but de la conférence « Volcans et Risques volcaniques  » est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu? Sommes nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaye de répondre.

La conférence s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé intitulé « L’Etna, de glace et de feu«

Le dernier ouvrage « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » sera proposé à l’issue de la séance.

Tarifs : Adhérent: 6€ ; Non Adhérent: 9€ ; Étudiant et Demandeur d’Emploi: gratuit

Photo: C. Grandpey

L’origine de l’Etna (Sicile) : un volcan de « petit-spot » // The origin of Mount Etna (Sicily) : a « petit-spot » volcano

Situé en Sicile, l’Etna est le volcan le plus actif d’Europe. Pourtant, son origine demeure en grande partie énigmatique, car aucun modèle géologique connu n’explique de manière détaillée comment il s’est formé. Dans une nouvelle étude*, des scientifiques de l’université suisse de Lausanne et de l’INGV de Catane en Italie décryptent ces mécanismes, et expliquent pourquoi l’Etna est vraiment unique au monde.

Photo: C. Grandpey

Vieux de plus de 500’000 ans et situé sur la côte est de la Sicile, l’Etna culmine à plus de 3000 mètres d’altitude. Il connaît plusieurs éruptions par an, ce qui en fait le volcan le plus actif et l’un des plus surveillés d’Europe. Pourtant, son origine reste en partie mystérieuse : aucun mécanisme géologique connu ne semble expliquer comment ce géant s’est formé.
La nouvelle étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research – Solid Earth, les scientifiques suisses et italiens formulent une hypothèse novatrice expliquant les mécanismes de formation dub volcan sicilien. Cette découverte permet une meilleure compréhension de la fréquence inhabituelle de ses éruptions, et pourrait contribuer à améliorer l’évaluation des risques volcaniques par les chercheurs de l’INGV de Catane.

La formation des volcans sur notre planète est due à la fonte d’une partie du manteau terrestre qui devient magma, remonte en surface et se refroidit. Jusqu’à aujourd’hui, on considérait que les volcans se formaient selon trois grands mécanismes connus : 1) à la limite entre deux plaques tectoniques, dont la séparation – ou accrétion – provoque la remontée et la fusion du manteau, générant le fond des océans ; 2) dans les zones de subduction, lorsqu’une plaque plonge sous une autre. Au cours de ce mouvement, de l’eau est entraînée en profondeur, ce qui abaisse la température de fusion du manteau et engendre la création de volcans souvent explosifs, comme le mont Fuji au Japon ; 3) au milieu des plaques tectoniques, lorsque du manteau anormalement chaud remonte et forme des îles océaniques telles que Hawaï ou la Réunion. Ce phénomène est connu sous le nom de « point chaud ».

L’Etna, lui, ne rentre dans aucune de ces catégories. Situé à proximité d’une zone de subduction, sa composition chimique ressemble à celle des volcans de points chauds, alors même qu’aucun point chaud n’est présent à proximité.

La nouvelle étude révèle qu’au contraire des volcans classiques, l’Etna serait formé et alimenté par de petites quantités de magma déjà présentes au sommet du manteau terrestre, à 80 km sous nos pieds. Ces liquides seraient transportés sporadiquement vers la surface par les mouvements tectoniques complexes des plaques Africaine et Eurasienne. Le magma cheminerait ainsi à travers des fissures qui se créent au sein de la plaque tectonique lorsque celle-ci se plie, à l’approche de la zone de subduction. Les chercheurs utilisent l’image d’un liquide qui s’échappe lorsque l’on presse une éponge.

Le volcan sicilien appartiendrait donc à une quatrième catégorie de volcans encore très peu connue : celle des volcans dits « de petit-spot », décrits pour la première fois en 2006 par des géologues japonais. La découverte de ces minuscules volcans sous-marins avait confirmé l’existence de poches de magma au sommet du manteau terrestre, une hypothèse avancée dès les années 1960, et qui révélait que ces magmas pouvaient, dans certaines conditions, engendrer des volcan

La nouvelle étude italo-suisse explique que l’Etna serait né d’un mécanisme similaire à celui qui explique la genèse des volcans « de petit-spot ». Cette découverte est surprenante puisque jusqu’ici, ce processus n’avait été constaté que pour des volcans de très petite taille, ne dépassant pas quelques centaines de mètres de hauteur. L’Etna, en revanche, est un stratovolcan majeur dont l’altitude dépasse aujourd’hui 3 000 mètres.

La nouvelle découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension de la genèse d’autres édifices volcaniques dans le monde.

Pour effectuer leur étude, les scientifiques ont collecté des échantillons sur l’Etna, afin de reconstituer l’évolution chimique des laves émises depuis la formation du volcan jusqu’à aujourd’hui. S’appuyant sur des données expérimentales, ils ont pu montrer que la composition des magmas sous l’Etna est restée globalement constante au cours du temps, tandis que le régime tectonique a évolué. L’ensemble de ces observations montre que les magmas qui alimentent l’Etna doivent préexister au sommet du manteau, et que les variations des volumes émis lors des éruptions sont principalement contrôlées par le mouvement des plaques. Cette interprétation permet de relier le volcanisme de l’Etna au mécanisme « de petit-spot ».

*Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026. Auteurs : S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener,

Source : Université de Lausanne.

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Located in Sicily, Mount Etna is Europe’s most active volcano. Yet its origin remains largely enigmatic, as no existing geological model fully explains how it formed. In a new study*, scientists from the University of Lausanne (UNIL) and from the INGV of Catania (Italy) shed light on these mechanisms and reveal why Mount Etna may in fact be unique in the world.

More than 500,000 years old and rising over 3,000 metres above sea level on Sicily’s eastern coast, Mount Etna erupts several times a year, making it both the most active and one of the most closely monitored volcanoes in the world. Despite this, its origin remains partly mysterious: no known geological process fully accounts for the formation of this giant.
In the new study published in the Journal of Geophysical Research – Solid Earth, the scientists unveil a new hypothesis that could transform our understanding of how Mount Etna formed. Their findings shed new light on the volcano’s unusually frequent eruptions and pave the way for improved volcanic hazard assessment by researchers at INGV in Catania, Italy.

Volcanoes on our planet form when part of the Earth’s mantle melts into magma, rises to the surface, and solidifies. Until now, it was thought that volcanoes form according to three main mechanisms: 1) at the boundary between two tectonic plates, where their separation, or accretion, allows mantle material to rise and melt, creating the ocean floor ; 2) in subduction zones, where one plate dives beneath another. Water carried down with the subducting plate lowers the mantle’s melting point, generating often explosive volcanoes, such as Mount Fuji in Japan ; 3) in the middle of tectonic plates, when unusually hot mantle material rises, forming oceanic islands like Hawaii or La Réunion. This phenomenon is known as a “hotspot”.

Mount Etna, however, fits into none of these categories. Located near a subduction zone, its chemical composition resembles that of hotspot volcanoes, even though no hotspot is present nearby. The new study shows that, unlike conventional volcanoes—where magma forms shortly before an eruption—Etna is fed by small amounts of magma already present in the upper mantle, some 80 kilometers beneath the surface. These magmas are transported sporadically toward the surface by the complex tectonic movements resulting from the collision between the African and Eurasian plates. The magma rises through fractures in the tectonic plate created as it bends near the subduction zone, much like liquid being squeezed from a sponge.

The Sicilian volcano may therefore belong to a little-known fourth category of volcanoes: so-called “petit-spot” volcanoes, first described in 2006 by Japanese geologists. These tiny submarine volcanoes provide compelling evidence for the existence of pockets of magma at the top of the Earth’s mantle—an idea first proposed in the 1960s—and show that, under certain conditions, such magmas can give rise to volcanoes.

The latest study suggests that Etna may have formed through a mechanism similar to the one that generates petit-spot submarine volcanoes. This is unexpected, as such processes had previously only been observed in very small volcanic structures, typically rising no more than a few hundred metres. Mount Etna, by contrast, is a large stratovolcano which now towers more than 3,000 metres above sea level.”

This discovery opens up new perspectives for understanding how other volcanic systems may form around the world.

In order to perform their study, the scientists collected samples from Mount Etna to reconstruct the chemical evolution of the lavas erupted since the volcano formed, approximately 500,000 years ago, up to the present day. Based on experimental data, they were able to show that the composition of Etna’s magmas has remained largely consistent over time, even as the tectonic regime evolved. These combined observations support the idea that the magmas feeding Etna pre-exist in the upper mantle, and that variations in erupted volumes are primarily controlled by plate movements. This interpretation links Mount Etna’s volcanism to the “petit-spot” mechanism.

*S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener, Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026

Source : Université de Lausanne.

La sismicité autour du détroit de Messine (Italie)

Un séisme de magnitude M4,5 a secoué l’Etna à 7h05 le mercredi 4 mars 2026. Il a déclenché une vague d’angoisse parmi les habitants des provinces de Catane, Messine et Syracuse, où la secousse a été clairement ressentie.
L’énergie libérée à une profondeur d’un peu moins de 4 kilomètres et la durée du séisme ont fortement perturbé la vie à Ragalna où les bâtiments et infrastructures publics dont la mairie ont été endommagés et les habitants ont dû se réfugier dans les rues. Des débris sont tombés dans les rues, des voitures ont été endommagées et le toit d’une maison inhabitée s’est effondré. Les dégâts les plus importants ont été constatés dans le quartier de Santa Barbara. Cependant, le séisme n’a fait aucun blessé. L’église principale de la ville, la Madonna del Carmelo a été endommagée. Son clocher, déjà protégé par des échafaudages, menace de carrément s’effondrer.

 Crédit photo : presse régionale

Selon l’INGV, le séisme, suivi de plus d’une vingtaine de répliques moins intenses, a très probablement été causé par la faille de Calcerana. Il est lié à l’Etna, mais les volcanologues estiment qu’il n’y a pas de lien avec l’explosion observée dans la Bocca Nuova le 4 mars 2026, avec un petit nuage de cendres d’environ 1,5 kilomètre d’altitude.

Par mesure de précaution, les cours ont été suspendus à Ragalna afin de permettre l’inspection des établissements scolaires. Les écoles d’autres communes ont également fermé leurs portes.

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Chaque fois qu’un séisme se produit en Sicile, tout le monde garde en mémoire celui du 28 décembre 1908, de magnitude M7,1 et le tsunami qui a suivi. Plus de 75 000 personnes ont péri et les villes de Messine et Reggio de Calabre ont été détruites.

Le détroit de Messine est une mince bande de mer séparant la Sicile de la Calabre, mais c’est aussi l’une des zones géologiquement les plus complexes et instables de la Méditerranée. Depuis le séisme de 1908, géologues et sismologues s’efforcent de comprendre quelle faille a pu provoquer ce désastre et quels processus profonds continuent d’engendrer d’autres secousses.

L’étude de la région est d’autant plus importante qu’il existe un projet très avancé d’un pont qui enjamberait le détroit de Messine. Beaucoup se demandent s’il est raisonnable de prévoir la construction d’un pont dans une région aussi fragile d’un point de vue sismique. Des études sont donc indispensables pour s’assurer que l’édifice ne sera pas un jour le siège d’une nouvelle catastrophe.

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Une étude, publiée le 26 novembre 2025 dans la revue internationale Tectonophysics et menée par une équipe de chercheurs de l’INGV, du CNR et de plusieurs universités italiennes et européennes, offre une vision claire et plus complète de la structure géologique du détroit.

L’étude, intitulée « Développement structural et sismogenèse dans le détroit de Messine révélé par la distribution des contraintes/déformations au-dessus de la bordure de la plaque calabraise », intègre des données sismologiques et géophysiques marines et analyse plus de 2 400 séismes enregistrés entre 1990 et 2019. Elle prend également en compte les données enregistrées par des systèmes de surveillance placés sur le plancher marin.
Le détroit de Messine se situe à l’intersection de deux grandes plaques tectoniques : la plaque africaine, qui se déplace vers le nord, et la plaque eurasienne, qui glisse par-dessus. Ici, la croûte terrestre se courbe, se fracture et se déplace le long d’une série de failles actives, dans un jeu complexe de compression, d’extension et de glissement latéral. Au sud-est, dans la mer Ionienne, la plaque africaine plonge sous la Calabre, formant la « subduction calabraise », où une bande de croûte océanique provenant de l’ancien océan Téthys s’enfonce lentement dans le manteau terrestre. Ce lent mouvement de subduction entraîne la croûte supérieure, générant des déformations qui remontent à la surface et façonnent la morphologie du détroit. Ce processus, qui s’est déroulé sur des millions d’années, provoque encore aujourd’hui des séismes potentiellement destructeurs.

 L’analyse des données a permis aux chercheurs d’identifier deux couches principales de la croûte terrestre où l’activité sismique se concentre :
– une couche superficielle, entre 6 et 20 km de profondeur, où se produisent les séismes les plus fréquents et sont étroitement liés à la déformation de la croûte continentale ;
– une couche plus profonde, entre 40 et 80 km, également associée aux mouvements de la plaque ionienne en subduction sous la Calabre.
Cette double structure sismogénique indique que la déformation se produit à plusieurs niveaux et selon différents mécanismes : les forces d’extension dominent dans la partie supérieure, tendant à étirer et à enfoncer la croûte, tandis que des forces de compression agissent également en profondeur, liées à la convergence entre l’Afrique et l’Europe.
L’une des découvertes les plus intéressantes de cette étude est que la déformation dans le détroit de Messine est contrôlée par un système complexe de failles interconnectées. Ces structures s’étendent à la fois sur terre et sous la mer et se déplacent de façon coordonnée, à la manière de mosaïques qui s’emboîtent et glissent les unes sur les autres.
De nouvelles images sismiques acquises sur le fond marin ont révélé des escarpements morphologiques et des dislocations dans les sédiments récents, signes indéniables d’une déformation active. Bien que nombre de ces traces soient effacées par de forts courants océaniques ou de fréquents glissements de terrain, leur présence confirme que la croûte terrestre sous le détroit est loin d’être stable.

Au cours des trente dernières années, le réseau sismologique géré par l’INGV et les systèmes de surveillance sous-marine n’ont enregistré que des séismes de faible et moyenne magnitude dans la région du détroit. Ces séquences récentes, souvent situées près de l’épicentre du séisme de 1908, présentent des mécanismes de failles cohérents avec ceux identifiés dans l’étude : de petits segments de failles orientées NE-SO qui s’activent à des profondeurs comprises entre 4 et 12 km.

Dans la conclusion de l’étude, on peut lire que le détroit de Messine n’est pas seulement une frontière entre deux régions italiennes, mais aussi la limite dynamique entre deux plaques terrestres en collision constante. Sous ces eaux se cache un système de failles actives qui témoigne de mouvements millénaires, mais aussi d’un avenir sismique que nous devons continuer à étudier attentivement.

Comprendre la géométrie et le comportement des failles sous le détroit de Messine est essentiel pour améliorer l’évaluation du risque sismique dans l’une des régions les plus densément peuplées et vulnérables d’Italie, et dans le contexte du projet de pont sur le détroit.
L’intégralité de l’étude est disponible à cette adresse :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040195125003063?via%3Dihub