Nouvelles du Merapi, du Fuego, du Sabancaya, et du Sierra Negra

La sismicité a connu une hausse sur le Merapi (Indonésie) le 18 juillet et le 19 juillet 2018. Le 11 août, un puissant séisme a été détecté, accompagné de grondements entendus par les habitants de Deles. Le 12 août, des photos prises par un drone montraient un nouveau dôme de lave dans la fracture du dôme de 2010. Le 18 août, le nouveau dôme mesurait 55 mètres de longueur et 25 mètres de largeur et se trouvait à environ 5 mètres sous la surface du dôme de 2010. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

L’INSIVUMEH indique que, du 18 au 21 août, des explosions sur le Fuego (Guatemala) généraient des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 850 mètres au-dessus du cratère. Des matériaux incandescents étaient éjectés à 150 mètres au-dessus de la lèvre du cratère, avec des avalanches à l’intérieur du cratère et des écoulements pyroclastiques sur les flancs du volcan. Selon le CONRED, le 22 août 2018, le nombre de personnes décédées à cause des coulées pyroclastiques du 3 juin était de 169 et 256 étaient toujours portées disparues.

Selon IGP, les explosions à Sabancaya (Pérou) atteignaient en moyenne 27 événements par jour entre le 13 et le 19 août. La sismicité était globalement faible. Les panaches de gaz et de cendre montaient jusqu’à 3,7 km au-dessus de la lèvre du cratère. Neuf anomalies thermiques ont été détectées. Le 19 août, les émissions de SO2 atteignaient 3100 tonnes par jour. Il est demandé à la population de ne pas approcher le cratère dans un rayon de 12 km.

L’Instituto Geofisico indique que des coulées de lave sont toujours observées sur le Sierra Negra (Galapagos / Equateur), avec des intensités variables. Les émissions les plus intenses, enregistrées les 4 et 9 août, ont été accompagnées d’épisodes significatifs de tremor. L’activité a légèrement diminué après le 9 août. Le 15 août, des images satellites ont montré que la lave en provenance de la Fracture n° 4 continuait à pénétrer dans l’océan

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Seismicity at Merapi (Indonesia) increased on July 18th, and again on July 19th, 2018. On August 11th, a large earthquake was detected, together with rumbling heard by Deles residents. Drone photos on August 12th showed a new lava dome growing within the fracture of the 2010 dome. By August 18th, the new dome was 55 metres long and 25 metres wide, and about 5 metres below the 2010 dome surface. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and resident are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

INSIVUMEH indicates that during 18-21 August explosions at Fuego (Guatemala) generated ash plumes that rose as high as 850 metres above the crater. Incandescent material was ejected 150 metres above the crater rim, and caused avalanches of material within the crater area and down drainages on the flanks. According to CONRED, as of August 22nd, 2018, the number of people confirmed to have died due to the 3 June pyroclastic flows was 169, and 256 remained missing.

According to IGP, explosions at Sabancaya (Peru) averaged 27 per day between August 13th and 19th. Seismicity was globally low. Gas-and-ash plumes rose as high as 3.7 km above the crater rim. Nine thermal anomalies were detected, and on August 19th, the SO2 emissions reached 3,100 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

The Instituto Geofisico indicates that lava effusion at Sierra Negra (Galapagos / Ecuador) continue at variable intensities. The most intense pulses, recorded on August 4th and 9th, were accompanied by major episodes of seismic tremor. Activity slightly declined after August 9th. On August 15th, satellite images showed lava from Fissure 4 continuing to enter the ocean.

Vue du Merapi (Crédit photo: Wikipedia)

Nouvelles du Kilauea (Hawaii) // News of Kilauea Volcano (Hawaii)

La situation n’a pas évolué sur le Kilauea et aucune activité significative n’a été observée. Un survol de la Fracture n° 8 avec un drone le 20 août 2018 (voir vidéo ci-dessous) a confirmé que le petit lac de lave au fond du cône était recouvert d’une croûte, sans présence d’incandescence. La roche d’un brun rougeâtre à l’intérieur du cône est le résultat de l’oxydation.
Un peu plus tard dans la journée du 20 août, les scientifiques de USGS ont pris une photo de la Fracture n° 8 (voir ci-dessous). À ce moment-là, des jets de gaz projetaient quelques lambeaux de lave au fond du cône. Les scientifiques ont déclaré que cette activité de spattering pourrait être une indication que l’éruption dans la Lower East Rift Zone ne fait qu’une pause et n’est pas terminée. Les prochains jours nous diront si cette hypothèse est vraie, mais je pense personnellement que les projections sont provoquées par la libération des dernières poches de gaz dans le système de tunnels.

Bien que plus de deux semaines se soient écoulées depuis les puissants séismes et les événements d’effondrement accompagnés d’explosions qqui ont affecté la zone sommitale, il faudra du temps pour évaluer l’étendue des dégâts infligés aux routes, sentiers et infrastructures du Parc National des Volcans d’Hawaï.
Les autorités du Parc profitent de la pause – ou de la fin – de l’éruption pour constituer une équipe spécialisée qui évaluera les dégâts dans leur ensemble. L’objectif est de faire des réparations à court terme afin de pouvoir ouvrir au moins une partie du parc en toute sécurité. La majeure partie du parc, à l’exception de Kahuku Unit, est fermée depuis le 11 mai. Le 18 août a marqué le 100ème jour de la fermeture.
Source : USGS.

Dans le même temps, Hawaii met en place des mesures de sécurité à l’approche de l’ouragan Lane qui devrait s’abattre sur l’archipel dans les prochaines heures, avec un fort risque de vents violents, pluies diluviennes et vagues de submersion. Les écoles sont fermées afin de pouvoir servir de refuges éventuels. Croisons les doigts pour que les dégâts ne soient pas trop importants.

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The situation remains fairly unchanged at Kilauea Volcano, with no significant activity. An overflight of Fissure 8 with a drone on August 20th, 2018 (see video below) confirmed that the lava pond within the cone had crusted over with no observed incandescence. The reddish-brown rock inside the cone is the result of oxidation.

Later on August 20th, a photo was taken by USGS scientists of Fissure 8 (see below). By that time, gas jets were throwing spatter from small incandescent areas deep within the cone. The scientists said that this activity might be an indication that the lower East Rift Zone eruption just paused and is not over. The next days will tell us whether this hypothesis is true, but I personally believe the spatter is caused by the release of last pockets of gas in the tube system.

Although it’s been more than two weeks since the summit area of Kilauea was rocked by powerful earthquakes and collapse-explosion events, the damage inflicted upon roads, trails, and infrastructure in Hawai‘i Volcanoes National Park will take time to evaluate and repair.

The park is taking advantage of the pause or the end of the eruption to assemble a specialized team that will conduct thorough damage assessments. The aim is to make short-term repairs to safely reopen at least part of the park. Most of the park, except the Kahuku Unit, has been closed since May 11th. August 18th marked the 100th day of the closure.

Source: USGS

https://youtu.be/h1OIETixfd8

Meantime, Hawaii is setting up safety measures as Hurricane Lane is getting close to the archipelago and is expected to make landfall in the next hours with high winds, strong surf and heavy rains. . Schools have been closed to be used as potential shelters. Let’s cross our fingers  and hope for the best!

Points d’incandescence au fond de la Fracture n° 8

La Crater Rim Drive a subi, elle aussi, de gros dégâts

(Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii) : Baisse du niveau d’alerte mais le Parc National reste fermé // The alert level has been lowered but the National Park remains closed

Dans une mise à jour publiée le 17 août 2018, la HVO indique que «compte tenu de la diminution de l’activité éruptive du Kilauea au cours des derniers jours, l’Observatoire a abaissé le niveau d’alerte concernant les dangers au sol. Le niveau d’alerte est passé de DA NGER à VIGILANCE. Ce changement signifie que les risques d’effondrement du cratère sommital du Kilauea et ceux posés par les coulées de lave dans la Lower East Rift Zone (LERZ) ont diminué. Cependant, cette situation ne signifie pas forcément que l’éruption dans la LERZ et les effondrements sommitaux sont terminés. Il est possible que l’activité reprenne. »
La lave a cessé de couler le 6 août 2018 et le sommet du volcan ne s’est plus effondré depuis le 2 août. Les émissions de SO2 sont les plus faibles jamais observées depuis 2007.
Source: HVO

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé pendant près de 100 jours en raison de la sismicité et des explosions au sommet du Kilauea. Rien ne permet de dire quand il rouvrira. Selon les responsables des parcs nationaux, cela va prendre beaucoup de temps et être très coûteux. Les médias locaux ont été invités à visiter les routes du parc, les bâtiments et le cratère de l’Halemaumau pour se rendre compte de la situation.
Les 130 agents du Parc ont conservé leur emploi ; certains travaillent au nettoyage et à la réfection sur l’île d’Hawaï, d’autres ont été transférés dans les parcs nationaux des îles voisines L’impact financier de l’éruption sur le Parc National a été estimé à 450 000 dollars par jour.
La réouverture du Parc suppose que les routes soient réparées et que les structures ne présentent plus de risques. L’éruption a compromis la sécurité du Musée Jagger. L’autre attraction populaire qui doit être sérieusement contrôlée est le Thurston Lava Tube.

Deux millions de personnes visitent le Parc sur Big Island chaque année, ce qui en fait la plus grande attraction touristique de l’État. En raison de l’éruption, le nombre de visiteurs sur l’île a diminué de 4,8% en juin par rapport à la même époque l’an dernier.
Source: Service des parcs nationaux

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In an update released on August 17th, 2018, HVO indicates that “in light of the reduced eruptive activity at Kilauea Volcano over the last several days, [tle Observatory] is lowering the alert level for ground based hazards from WARNING to WATCH. This change indicates that the hazards posed by crater collapse events (at the Kilauea summit) and lava flows (Lower East Rift Zone; LERZ) are diminished. However, the change does not mean with absolute certainty that the LERZ eruption or summit collapses are over. It remains possible that eruption and collapse activity could resume.”

Lava mostly stopped flowing on August 6th, 2018 and the volcano’s summit has not collapsed since August 2nd. SO2 emissions are the lowest ever observed since 2007.

Source: HVO

Hawaii Volcanoes National Park has been closed for nearly 100 days due to unsafe conditions from seismic and explosive activity from the summit of Kilauea but there’s no telling when the park will reopen. It’s going to be a long and most likely expensive one according to national park officials. They took local media to look at park roads, buildings and Halemaumau crater to show them why.

All 130 staff members at the park still have jobs, some are working on clean up and recovery at the Hawaii Island Park, others transferred to national parks on neighbouring islands.

The financial impact has been estimated at $450,000 per day.

Reopening would mean roads need repairing and structures need to be sound. The eruption compromised the security of the Jagger Museum. The other popular attraction that needs more attention is the Thurston tunnel.

Two million people visit the Big Island park each year, making it the state’s biggest tourist attraction. Because of the eruption, the number of travellers to the island dropped 4.8 percent in June from the same month last year.

Source: National Park Service.

La zone sommitale du Kilauea a subi de gros dégâts pendant l’éruption et il va falloir faire montre de patience avant de pouvoir à nouveau visiter le Parc National (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Quelques réflexions sur l’éruption // A few thoughts about the eruption

Même si le HVO ne cesse de répéter qu’il faut attendre plusieurs semaines pour être certain que l’éruption est effectivement terminée, on peut raisonnablement dire que la lave ne coulera plus dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et le District de Puna.

Débutée le 3 mai 2018, cette dernière éruption a été l’une des plus spectaculaires jamais observées au cours des dernières décennies. Aucun mort n’est à déplorer et seules deux personnes ont été blessées par des bombes volcaniques projetées par la lave. En revanche, les dégâts matériels sont considérables car plus de 700 maisons ont été détruites.

Si je devais faire le bilan de cette éruption, j’insisterais sur plusieurs points :

– Les informations ont été de grande qualité, qu’elles soient en provenance du HVO ou de la Protection Civile. Les bulletins – souvent relayés par la presse locale – étaient très complets et illustrés de nombreuses photos ou vidéos. Les autorités ont vraiment joué la transparence.

– Si les images étaient largement disponibles sur Internet, l’approche de l’éruption par les touristes et les personnes autres que les scientifiques et les membres de la Protection Civile a été une catastrophe. Ce fut vraiment « l’éruption interdite ». Il a souvent été question de la mise en place d’une ou plusieurs plateformes d’observation, mais elles n’ont jamais vu le jour. La seule solution pour les touristes était donc de mettre la main au portefeuille et d’acheter des survols en hélicoptère ou des approches des coulées par la mer. A se demander si la volonté des autorités n’était pas de faire travailler ces structures commerciales. Personnellement, je ne suis pas loin de le penser ! Vouloir mettre l’accent sur la sécurité comme le font en permanence les Américains dans les parcs nationaux et autres sites potentiellement ouverts aux touristes, c’est bien, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !

– D’un point de vue scientifique, on a eu la confirmation de notre incapacité à prévoir le déroulement d’une éruption. On sent d’ailleurs la gêne et la frustration des scientifiques locaux qui se sont faits surprendre par la fin relativement rapide de l’éruption alors qu’ils avaient misé sur un événement de longue durée.

Le démarrage de l’éruption était prévisible car il était évident que le réservoir magmatique sommital était à saturation avec des débordements des lacs de lave dans l’Halema’uma’u et le Pu’uO’o. De plus, cela faisait plusieurs mois que les tiltmètres montraient que le Kilauea traversait une longue phase d’inflation. La sortie de la lave était donc assez facile à pronostiquer, même si personne ne savait où l’événement allait avoir lieu. A aucun moment l’Observatoire n’a prévu son apparition dans les Leilani Estates. Les scientifiques n’ont pu que constater la sortie de la lave.

La suite et la fin de l’éruption ont fait l’objet de nombreux articles. Toutes les hypothèses ont été avancées, tant pour l’activité sommitale que le long de l’East Rift Zone. Comme je l’écrivais précédemment, beaucoup pensaient que l’éruption pourraient durer des mois, voire des années. D’autres s’attendaient à un regain d’activité quand la Fracture n° 8 a montré des signes de faiblesse et n’a plus envoyé la lave dans le chenal vers l’océan, mais Madame Pele a décidé de siffler la fin de la partie.

– Toujours d’un point de vue scientifique, l’éruption a montré que l’intrusion initiale dans la Lower East Rift Zone avait remobilisé une ancienne lave plus froide et plus « évoluée » que celle observée dans les lacs de lave de l’Halema’uma’u et du Pu’uO’o. La lave émise dans la LERZ au début de l’éruption dans les Leilani Estates était semblable à la première lave émise lors de l’éruption de 1955 dans la même région. Au cours des jours suivants, les analyses chimiques ont révélé une lave progressivement plus chaude et moins évoluée, jusqu’à ce qu’elle se stabilise à des températures de 1130-1140°C et débouche sur l’éruption spectaculaire de la Fracture n° 8. C’est la première fois qu’une telle évolution dans la nature de la lave a pu être observée et étudiée en direct sur le terrain.

– Autre point positif : Les scientifiques ont pu observer en direct l’affaissement simultané du cratère sommital qui accompagnait la vidange du réservoir magmatique peu profond et l’évacuation de la lave dans la Lower East Rift Zone. L’événement a été particulièrement spectaculaire, avec de gros effondrements qui ont généré une forte sismicité dans toute la zone sommitale.

– Comme je l’ai indiqué plus haut, le bilan matériel est lourd avec des centaines de structures avalées par la lave. Beaucoup se demandent pourquoi des lotissements ont été autorisés dans une zone de fractures (Rift Zone) déjà envahie par la lave dans les décennies précédentes. La réponse est facile : parce que le terrain est beaucoup moins cher qu’ailleurs sur la Grande Ile, en particulier dans le secteur de Kailua-Kona. Dans le District de Puna, on se trouve près de la mer, dans de très beaux paysages et les terrains ne coûtent pas trop cher. S’y établir est un peu jouer à la roulette russe car la lave peut surgir sans prévenir.

Si votre habitation est détruite, va se poser le problème de l’assurance et des dédommagements. Il faut savoir que les polices d’assurances liées aux risques naturels comme les séismes et les éruptions sont très, très chères aux Etats-Unis et beaucoup d’habitations ne sont pas assurées contre ces sinistres. Vous allez me dire : On peut faire jouer la garantie incendie, étant donné que la maison a flambé ! Eh bien non ! Pour que la garantie incendie soit acceptée par les assureurs, il faut que les fondations de la maison soit apparentes après le sinistre, ce qui n’est pas le cas si une coulée de lave est passée par là.

Seules des aides locales et fédérales peuvent venir en aide aux sinistrés, mais elles seront loin de couvrir le montant des dommages subis. Certains ont essayé de négocier des aides à l’amiable avec leurs compagnies d’assurances alors que d’autres préfèrent passer par des actions en justice.

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Even though HVO keeps repeating that we need to wait several weeks to be certain that the eruption is actually over, it is reasonable to say that lava will no longer flow in the Lower East Rift Zone (LERZ) and the Puna District. .
Started on May 3rd, 2018, this eruption was one of the most dramatic ever observed in recent decades. No deaths were reported and only two people were injured by volcanic bombs. However, the material damages are considerable because more than 700 houses were destroyed.
If I had to analyse this eruption, I would insist on several points:

– The information was of a high quality, whether from HVO or the Civil Defense. The reports – often relayed by the local press – were very complete and illustrated with many photos or videos. The authorities really played transparency.

– If the images were widely available on the Internet, the approach of the eruption by tourists and people other than scientists and members of the Civil Defense was a disaster. It was really « the forbidden eruption« . There has often been talk of setting up one or more observation platforms, but they have never existed. The only solution for the tourists was therefore to buy helicopter overflights or approach the eruption from the sea. One may wonder wonder if the authorities’ aim was not to bring work to these commercial structures. Personally, I’m not far from thinking it! It is a good idea to focus on safety, as Americans are always doing in national parks and other sites that are potentially open to tourists, but the safety measures are often exaggerated!

– From a scientific point of view, there was the confirmation of our inability to predict the course of an eruption. We can feel the embarrassment and frustration of local scientists who were surprised by the relatively rapid end of the eruption while they had bet on a long-term event.
The onset of the eruption was predictable as it was obvious that the shallow magma reservoir was saturated. The lava lakes in Halema’uma’u and Pu’uO’o often overflowed. In addition, the tiltmeters had shown for several months that Kilauea was going through a long period of inflation. The breakout of lava was easy enough to predict, although no one knew where it was going to take place. At no time has the Observatory anticipated its appearance in the Leilani Estates. Scientists could only observe the event.
The continuation and the end of the eruption have been the subject of many articles. All the hypotheses have been suggested, both for activity at the summit and along the East Rift Zone. As I put it earlier, many scientists thought the eruption could last for months or even years. Others were expecting a renewal of activity when Fracture # 8 showed signs of weakness and no longer sent lava in the channel to the ocean, but Madame Pele decided to blow the whistle.

– Still from a scientific point of view, the eruption has shown that the initial intrusion into the Lower East Rift Zone remobilized an older, colder and more « evolved » lava than the one observed in the Halema’uma’u and Pu’uO’olava lakes. The lava emitted in the LERZ at the beginning of the eruption in the Leilani Estates was similar to the first lava emitted during the 1955 eruption in the same region. Over the following days, the chemical analyzes revealed a progressively warmer and less evolved lava until it stabilized at temperatures of 1130-1140°C and resulted in the dramatic eruption of Fracture no. 8. This was the first time such an evolution in the nature of lava could be observed and studied live on the field.

– Another positive point was that scientists were able to observe live the simultaneous collapse of the summit crater that accompanied the emptying of the shallow magma reservoir and the evacuation of the lava in the Lower East Rift Zone. The event was particularly spectacular, with large collapses that generated strong seismicity throughout the summit area.

– As I indicated above, the material outcome is severe with hundreds of structures swallowed by lava. Many people are wondering why building houses was allowed in a Rift Zone already invaded by lava in previous decades. The answer is easy: because the land is much cheaper than elsewhere on the Big Island, especially in the ​​Kailua-Kona area. In the District of Puna, houses are near the sea, in beautiful landscapes and the land is not too expensive. However, settling there is a little Russian roulette because the lava can come out any time, without warning.
If your home is destroyed, there will be the problem of insurance and compensation. You should know that insurance policies related to natural hazards such as earthquakes and eruptions are very, very expensive in the United States and many homes are not insured against these damages. You might be inclined to use fire warranty, since the house has been burnt! You would be wrong ! For the fire insurance to be accepted by insurers, the foundations of the house must be apparent after the disaster, which is not the case if a lava flow has passed through.
Only local and federal funds can help the victims, but they will not be enough to finance the damage suffered during the eruption. Some owners have tried to negotiate out-of-court assistance with their insurance companies, while others prefer to go to court.

Crédit photo: USGS / HVO