Eruption du Tangkuban Perahu (Indonésie) … et du Mont Aso (Japon)

Se dressant à proximité de Bandung – l’ancienne capitale de l’Indonésie – le Tangkuban Perahu n’est pas le plus connu des volcans indonésiens. Son histoire éruptive est dominée par des éruptions phréatiques répertoriées depuis le 19ème siècle. Donc, ce qui s’est passé le 26 juillet 2019 n’est pas vraiment une surprise, d’autant plus que le volcan avait envoyé des avertissements il y a quelques semaines, avec une forte hausse de la sismicité fin juin et surtout les 10 et 22 juillet 2019.
Le volcan a donc connu une violente éruption phréatique le 26 juillet. Elle a envoyé deux personnes à l’hôpital pour blessures. On pouvait voir un panache de cendre s’élever jusqu’à 2,7 km au dessus du niveau de la mer, avec des retombées de cendre dans les localités voisines. Il n’y a pas eu d’autres victimes.
Il s’agit de la première éruption du Tangkuban Parahu depuis 2013, année où un événement avec un VEI 2 avait été enregistré.
Source: Médias indonésiens.

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Une éruption mineure a débuté sur l’Aso à 22h57 (GMT) le 25 juillet 2019 et a généré une colonne de cendre qui est montée jusqu’à 3 km au dessus du niveau de la mer.
Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 5) depuis avril. Les habitants et les touristes ne sont pas autorisés à pénétrer dans la zone de danger de 1 km autour du cratère.
La dernière éruption est la suite d’une série d’événements mineurs qui ont débuté le 16 avril 2019, après une hausse de la sismicité qui avait commencé le 14 avril. L’éruption du 16 avril fut la première observée sur l’Aso depuis octobre 2016, année où elle a produit une colonne de cendre qui s’est élevée jusqu’à 11 km au dessus du niveau de la mer et envoyé de gros blocs sur les pentes du volcan. La cendre est également retombée sur les voitures, les maisons et les rues de la ville d’Aso et on a observé cette même cendre à 320 km du cratère.
L’éruption d’octobre 2016 fut la première éruption explosive du volcan depuis 1989.
Source: The Japanese Times, The Watchers.

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Close to Bandung – Indonesia’s former capital city – Tangkuban Perahu is not the best known of all Indonesian volcanoes. Its eruptive history is dominated by phreatic eruptions that have been recorded since the 19th century. So, what happened on July 26th, 2019 did not really come as a surprise. Besides, the volcano had sent warnings a few weeks ago, with increased seismicity at the end of June and next on July 10th and 22nd.

The volcano went through a strong phreatic event that sent two people two hospital for injuries. An ash plume could be seen rising up to 2.7 km above sea level, with ashfall in nearby communities. There are no reports of other casualties.

This is the first eruption at Tangkubanparahu since 2013when an event with a VEI 2 was recorded.

Source: Indonesian news media.

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A small-scale eruption started at Aso volcano at 22:57 (UTC) on July 25th, 2019 and produced an ash column up to 3 km above sea level.

The Alert Level has remained at 2 (on a scale of 1-5) since April. Residents and tourists are not allowed to enter the 1- km danger zone around the crater.

The latest eruption continues a series of small events that started on April 16th, 2019, after a period of increased seismicity detected since April 14th. The April 16 eruption was Asosan’s first since October 2016 when it produced a column of ash up to 11 km above sea level and sent large rocks down the slopes of the volcano. Ash also rained down on cars, houses and roads in the city Aso and was reported as far as 320 km from the crater.

The October 2016 eruption was the first explosive eruption at the volcano since 1989.

Source: The Japanese Times, The Watchers.

Vue du Tangkuban Perahu depuis Bandung (Crédit photo: Wikipedia)

Séquence éruptive sur le Mont Aso (Crédit photo: JMA)

Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) & Ubinas (Pérou)

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) a fait passer la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance sur le Shishaldin. Les équipes scientifiques sur le terrain ont signalé la présence d’un lac de lave actif avec des épisodes de spattering à l’intérieur du cratère sommital lors d’un survol en hélicoptère. L’activité sismique reste élevée comme au cours des dernières semaines. On observe toujours une anomalie thermique sur les images satellites. Aucune lave ni cendre n’a été projetée à l’extérieur du cratère pour le moment.
Source: AVO.

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Une forte explosion secoué l’Ubinas le 23 juillet 2019. Elle a projeté des matériaux incandescents sur les pentes du volcan. Un panache de cendre s’est élevé à environ 9,3 km au dessus du niveau de la mer.
Une puissante éruption avait déjà eu lieu sur le volcan le 19 juillet 2019, après une forte activité sismique enregistrée depuis le début du mois. Le nuage éruptif avait atteint une altitude de 12,1 km. Des retombées de cendre avaient été signalées dans plusieurs villes et villages.
Source: IGP, The Watchers.

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The Alaska Volcano Observatory has raised the aviation colour code to ORANGE and the alert level to WATCH at Shishaldin Volcano. Field crews reported an active lava lake and minor spattering within the summit crater during a helicopter overflight. Elevated seismic activity continues similar to the past few weeks along with consistent elevated surface temperatures in satellite images. No lava or ash has erupted outside the summit crater at this time.

Source: AVO.

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A strong explosion took place at Ubinas volcano on July 23rd, 2019. The explosion ejected incandescent material on the slopes of the volcano. An ash plume rose to about 9.3 km above sea level.

A powerful eruption had already taken place at the volcano on July 19th, 2019, after increased seismic activity had been recorded since the start of the month. The eruptive cloud had reached an altitude of 12.1 km. Ashfall had been reported in several towns and villages.

Source: IGP, The Watchers.

Les zones de rift du Kilauea (Hawaii) // Kilauea’s rift zones (Hawaii)

De nombreuses éruptions, que ce soit sur le Mauna Loa ou le Kilauea, se produisent dans des zones de rift, autrement dit de fractures à la surface du sol. C’est ce qui s’est passé en 2018 lorsque la lave est sortie dans la zone de rift est (East Rift Zone – ERZ) du Kilauea.
Ce volcan possède deux zones de rift. La zone de rift Est est longue ; elle s’étire sur une cinquantaine de kilomètres sur terre et environ 70 km sous le niveau de la mer. La zone de rift Sud-Ouest, qui est historiquement moins active, mesure environ 35 km de long et seule une petite partie se prolonge dans l’océan.

Les zones de rift sont des zones de faiblesse du volcan qui se forment dès le début de sa formation, probablement en raison de l’étirement de l’édifice au fur et à mesure de sa mise en place. Les zones de rift permettent au magma de migrer plus facilement depuis la région de stockage au sommet. Ce sont les éruptions successives des zones de rift qui mettent en place les flancs du volcan.
Les jeunes volcans hawaïens ont généralement deux ou trois zones de rift, selon qu’ils s’édifient ou non contre un volcan à proximité immédiate. Dans le cas du Kilauea, il n’y a que deux zones de rift, car le volcan s’appuie contre le flanc sud-est du Mauna Loa. Les deux zones de rift du Kilauea sont presque parallèles aux zones de rift du Mauna Loa, ce qui confirme l’appui du Kilauea contre son voisin. Les zones de rift séparent le flanc nord – relativement stable – du flanc sud qui est  plus mobile. Lorsque le magma pénètre dans la zone de rift, le flanc nord reste stable contre le Mauna Loa au nord tandis que le flanc sud du Kilauea est poussé vers le sud pour recevoir le nouveau magma.
À mesure que la pression augmente dans le système d’alimentation magmatique au sommet, des intrusions se produisent souvent dans la zone de rift, comme ce fut le cas en 2018 dans la partie inférieure de la zone de rift est, la Lower East Rift Zone (LERZ). Les intrusions s’accompagnent généralement d’une hausse de la sismicité lorsque le magma fracture le sol le long de son trajet. Les séismes ont leurs hypocentres à des profondeurs d’environ 2 à 4 km sous la surface et les périodes de forte sismicité peuvent durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, en fonction de la progression de l’intrusion. En plus de la sismicité, on observe aussi des déformations du sol lors d’une intrusion magmatique dans une zone de rift. L’inflation au-dessus de l’intrusion est mesurée par des tiltmètres et des stations GPS qui révèlent un mouvement à la fois vertical et latéral au fur et à mesure que les stations s’éloignent de la zone de rift en phase d’inflation.
Tandis que le magma s’élève des profondeurs et se fraye un chemin à travers la roche, la fracturation se traduit à la surface du sol par de nombreuses fissures parallèles au-dessus de l’intrusion. Ces fissures continuent de s’élargir sous la pression du magma. Si l’intrusion atteint la surface, une ou plusieurs fissures vont s’ouvrir et laisser échapper la lave. Des rideaux de fontaines de lave et/ou des phénomènes de spatter apparaissent lorsque la lave jaillit des fissures. Lorsqu’une fissure évolue, on passe généralement d’une éruption linéaire à une éruption à partir d’une ou plusieurs bouches. Cela peut entraîner une augmentation de la pression dans le système éruptif, avec intensification des fontaines de lave.
Les fontaines de lave sont provoquées par la formation rapide de bulles de gaz lorsque le magma monte à de faibles profondeurs ; elles éclatent ensuite et projettent la lave sous pression vers la surface. Les bulles se forment parce que la pression à faible profondeur est suffisamment basse pour permettre au gaz dissous dans le magma de s’échapper, un peu comme des bulles qui se forment lorsqu’on ouvre une bouteille d’eau gazeuse. En plus des coulées, les fontaines qui jaillissent des fissures peuvent entraîner des accumulations de projections près de la bouche éruptive, ce qui donne naissance à des formations linéaires ou coniques. Les spatter cones que l’on rencontre souvent le long des zones de rift du Kilauea se forment de préférence lorsque l’activité éruptive persiste.

Quand l’éruption se termine, le magma de l’intrusion qui n’a pas atteint la surface redescend à l’intérieur de la zone de rift où il peut demeurer en fusion pendant des décennies. C’est ainsi qu’une lave de composition chimique semblable à celle de l’éruption de 1955 a été émise au cours de la première semaine de l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone, ce qui laisse supposer que la lave sortie des premières fissures était un magma résiduel de l’éruption de 1955.

Cela montre que les zones de rift jouent un rôle essentiel dans l’acheminement du magma dans l’édifice volcanique, mais elles peuvent aussi stocker du magma susceptible d’alimenter de futures éruptions.
Source: USGS / HVO.

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Many eruptions on both Mauna Loa and Kilauea occur alon rift zones . This is what happened in 2018 when lava eruped along Kilauea’s East Rift Zone.

Kilauea has two rift zones. The East Rift Zone is longer, with about 50 kilometres on land, plus approximately 70 kilometres below sea level. The Southwest Rift Zone, which is historically less active, is about 35 kilometres long with only a small portion underwater.

Rift zones are areas of weakness in the volcano which form early in its lifetime, likely due to spreading of the volcano as it settles. Volcanic rift zones provide the easiest pathways for magma to travel underground from the summit storage region, with successive eruptions from the rift zones building up the volcano’s flanks.

The youngest Hawaiian volcanoes typically have two or three rift zones depending on whether they are built up against a neighbouring volcano. In the case of Kilauea, there are only two rift zones because the volcano is buttressed against the southeastern slope of Mauna Loa. Kilauea’s two rift zones are nearly parallel to Mauna Loa’s rift zones reflecting this buttressing and the rift zones separate the relatively stable northern flank from the more mobile southern flank of the volcano. When magma intrudes into the rift, the northern flank remains stable against Mauna Loa to the north, and Kilauea’s southern flank is forced southward to accommodate the additional magma.

As pressure builds within the summit magma plumbing system, rift zone intrusions, like the 2018 intrusion into the lower East Rift Zone (LERZ), can occur. Intrusions are typically accompanied by increasing numbers of earthquakes as the magma fractures the ground along its path. The earthquakes are concentrated at depths of about 2 to 4 kilometres below the ground surface, and periods of increased seismicity can last several hours to days as the intrusion progresses. In addition to seismicity, ground deformation also occurs during a rift zone intrusion. Inflation above the intrusion is measured by tilt and GPS stations showing upward and outward motion as the stations move away from the swelling rift zone.

As the magma ascends and forces its way through the rock, fracturing is mirrored on the ground surface with many parallel cracks above the intrusion. These cracks continue to widen as the rift is forced open. If the intrusion reaches the surface, one or more fissures will open and erupt lava. Long curtains of lava fountains or spatter form as the lava erupts through cracks in the ground. As a fissure evolves, it typically transitions from erupting along a line to focusing at a single or several vents. This in turn can cause increased pressurization within the erupting system resulting in higher lava fountains.

Lava fountains are driven by the rapid formation of gas bubbles as magma rises to shallow depths, which then burst to create the pressurized lava at the surface. The bubbles form because pressure at shallow depths is low enough for the gas dissolved within the magma to escape, like bubbles forming when you open a carbonated drink. Beside lava flows, fissure fountains can produce spatter build-up adjacent to the vent in linear or conical formations. Spatter cones which are common along Kilauea’s rift zones, are likely to build when eruptive activity persists.

When an eruption ends, the intrusion’s un-erupted magma drains back into the rift zone where it can remain molten for decades. In fact, lava with a chemical composition similar to the 1955 eruption was produced during the first week of the 2018 LERZ eruption, suggesting that the early fissures were supplied by stored magma. This illustrates that rift zones are not only essential for the transportation of magma within the volcano, but are also storing magma that could feed future eruptions.

Source : USGS / HVO.

Zone de rift Est du Kilauea

Zone de rift Sud-Ouest du Kilauea

(Photos: C. Grandpey)

Etna (Sicile) : Ça se calme ! // Activity has declined !

Au cours des dernières heures, l’Etna a fait s’affoler les fous du volcan. Au moindre soubresaut du Mongibello, ils commencent à rêver d’une éruption de grande envergure… Depuis quelques jours, on observe une hausse de l’activité au niveau des cratères nord-est et surtout sud-est où a démarré hier une belle activité strombolienne accompagnée d’un épanchement de lave. Comme le fait remarquer Boris Behncke (INGV Catane) il ne s’agit pourtant pas d’un « paroxysme » comme l’ont écrit certains organes de presse, mais d’une simple activité sommitale qui a pris fin rapidement le 19 juillet au soir, sur le coup de 22h30. Sismicité et tremor ont décliné, sans toutefois retrouver les valeurs de base. Il n’est donc pas impossible que l’on assiste à de nouvelles séquences éruptives dans les prochains jours. L’Etna nous a déjà habitués à de telles situations. A noter que le trafic aérien a été perturbé dans les aéroports de Raguse et Catane.

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During the past few hours, Mt Etna has triggered some excitement among the volcano lovers. At the slightest jolt of the Mongibello, they begin to dream of a large-scale eruption… In recent days, there has been an increase in activity at the northeast and  south-east craters. A nice strombolian activity started yesterday at the SE Crater, together with an effusion of lava. As noted by Boris Behncke (INGV Catania) this was not a « paroxysm » as some press organs have written, but a simple summit activity that ended quickly in the evening of July 19th at 22:30. Seismicity and tremor declined, but did not return to basic values. We might see new eruptive sequences in the coming days. Mt Etna has already accustomed us to such situations. It should be noted that air traffic was disrupted in Catania and Ragusa airports.

Source: INGV