Islande : réouverture prochaine du site éruptif et quelques réflexions // Iceland : upcoming reopening of the eruptive site and some thoughts

La Protection Civile islandaise vient d’indiquer que le site de l’éruption sera de nouveau ouvert aux visiteurs le mardi 9 août 2022 à partir de 10 heures. En effet, les conditions météorologiques devraient s’améliorer dans les prochaines heures. Hier, des touristes qui n’étaient pas au courant de la fermeture sont repartis fort déçus.

D’après les images fournies par les webcams, l’éruption continue de manière relativement stable dans la Meradalir, à partir de la fissure d’environ 150 m de longueur.

Contrairement à l’éruption de 2021, les scientifiques islandais se font très discrets cette année quant aux pronostics. Il est vrai qu’en 2021, l’éruption a pris fin beaucoup plus rapidement que prévu. Les volcanologues locaux pensaient qu’elle pourrait durer des mois, voire, des années. Au bout de quelques semaines seulement, la lave a décidé de plier bagages.

Début août 2022, la prévision éruptive a été relativement bonne. Il est vrai que les instruments avaient bien montré la présence d’une intrusion magmatique à faible profondeur. On a pu se rendre compte de l’aide précieuse apportée à la fois par les sismomètres et par le système satellitaire InSAR pour la détection de la déformation du sol. Dans une note publiée le 3 août 2022, j’écrivais que »selon la dernière analyse du Met Office islandais (IMO), la probabilité d’une éruption dans la région de Fagradalsfjall dans les jours ou semaines à venir est à prendre en compte. » En fait, ce sont seulement quelques heures plus tard que la lave a pointé le bout de son nez dans la Meradalir.

Il est, bien sûr, impossible de faire des prévisions sur l’évolution et la durée de l’éruption. Se limitera-t-elle à la fracture actuelle? D’autres fractures sont-elles susceptibles de s’ouvrir comme en 2021? Personne ne le sait.

Les analyses chimiques de la lave permettront peut-être de répondre à une question que je me pose : L’éruption actuelle est-elle un événement isolé, indépendant, ou bien est-elle la suite – avec quelques mois d’écart – de l’éruption de Fagradalsfjall qui a eu lieu à proximité du site éruptif actuel?

En attendant d’avoir la réponse, profitons du spectacle!

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The Icelandic Civil Protection has just indicated that the site of the eruption will be open to visitors again on Tuesday August 9th, 2022 from 10 am. Indeed, the weather conditions should improve in the next few hours. Yesterday, tourists who were not aware of the closure left very disappointed.
According to the images provided by the webcams, the eruption continues in a relatively stable manner in Meradalir, from the 150-meter-long fissure.
Unlike the 2021 eruption, Icelandic scientists are keeping a low profile this year about predictions. In 2021, the eruption ended much faster than expected. Local volcanologists thought it could last for months or even years. After only a few weeks, the lava decided to pack up.
At the beginning of August 2022, the eruptive prediction was quite good. The instruments had clearly shown the presence of a magma intrusion at shallow depth. We were able to realize the valuable help provided by both seismometers and the InSAR satellite system for detecting ground deformation. In a post published on August 3rd, 2022, I wrote that « according to the latest analysis by the Icelandic Met Office (IMO), the probability of an eruption in the Fagradalsfjall area in the coming days or weeks is to be taken into account.  » In fact, it was only a few hours later that lava pierced the surface in Meradalir.
It is, of course, impossible to make predictions about the evolution and duration of the eruption. Will it be limited to the current fissure? Are other fissures likely to open as in 2021? No one knows.
The chemical analyzes of the lava will perhaps make it possible to answer a question that I ask myself: Is the current eruption an isolated, independent event, or is it the continuation – with a few months’ difference – of the Fagradalsfjall eruption that took place near the current eruptive site?
While waiting for the answer, let’s enjoy the show!

Image webcam du 7 août 2022 vers 22 heures

Islande : temps pourri et fermeture du site de l’éruption // Iceland : poor weather conditions and closure of the eruption site

Mauvaises conditions météorologiques dans le sud-ouest de l’Islande le 7 août 2022. Une alerte météo a été émise par le Met Office. La dernière mise à jour indique : « Des vents sont prévus avec des vitesses de 49 km/h à 65 km/h sur la péninsule de Reykjanes, y compris le site de l’éruption. Fortes pluies et conditions de brouillard avec une mauvaise visibilité. Risque pour les voitures avec remorques ou camping-cars et mauvaises conditions pour randonneurs ou cyclistes. Se rendre sur le site de l’éruption pendant l’alerte météo est dangereux et le site de l’éruption pourrait être fermé.
On aperçoit parfois l’éruption dans le brouillard. Il semble qu’elle soit un peu moins intense que les jours précédents, ce qui est confirmé par le tremor éruptif. La sismicité est faible sur la péninsule. Mais tout peut changer rapidement….

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Dernière minute : En raison des conditions météorologiques défavorables susmentionnées, la police a finalement décidé de fermer l’accès au site de l’éruption dans la Meradalir. L’interdiction d’accès a commencé à 5 heures du matin le 7 août 2022 et la décision sera réévaluée le 8 août dans l’après-midi.
Si vous aimez les foules, c’est le moment d’aller en Islande ! Le 6 août, on a comptabilisé 4 666 personnes sur le site de l’éruption!

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Poor weather conditions in SW Iceland on August 7th, 2022. A weather warning has been released by the Met Office. The latest update says: « Winds are forecast with speeds 49 km/h-65 km/h in the Reykjanes peninsula, including the eruption site. Heavy rain and foggy conditions with poor visibility. Risk to cars with trailers or RVs and bad condition for hikers or cyclists. Traveling to the eruption site during the warning is unsafe and might be closed. »

The eruption can sometimes be seen through the fog. It looks as if it is a bit less intense than during the previous days, which seems to be confirmed by the eruptive tremor. Seismicity is low on the peninsula. But everything may change rapidly….

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Last minute : Because of the above-mentioned adverse weather conditions, the police has finally decided to close access to the eruption site at Meradalir. It started at 5 AM on August 7th, 2022 and the decision will be reevaluatedon August 8th in the afternoon.

If you like crowds, it is time for you to go to Iceland! On August 6th, there were 4,666 hikers at the eruption site!

La vapeur d’eau de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai // Water vapour from the Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai eruption

Lorsque le volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) est entré en éruption le 15 janvier 2022, il a envoyé des ondes de choc dans l’atmosphère ainsi que des vagues de tsunami à travers notre planète. Des études ont montré que les effets de l’éruption ont également atteint l’espace, provoquant un événement météorologique spatial majeur.
Les scientifiques de la NASA nous apprennent aujourd’hui que le volcan a émis une quantité colossale de vapeur d’eau dans l’atmosphère, avec probablement des effets notables sur la température de la Terre.
Selon la NASA, l’éruption du 15 janvier a envoyé non seulement des cendres dans la stratosphère, mais aussi suffisamment de vapeur d’eau pour remplir 58 000 piscines olympiques. Les scientifiques expliquent que l’événement a battu « tous les records » d’injection de vapeur d’eau depuis que les satellites ont commencé à enregistrer ce type de données.
Le Microwave Limb Sounder à bord du satellite Aura de la NASA, qui mesure les gaz dans l’atmosphère, a découvert que l’explosion avait envoyé quelque 146 téragrammes d’eau dans la stratosphère, entre environ 13 et 53 kilomètres au-dessus de la surface de la planète. Un téragramme (Tg) équivaut à 10 12 grammes ou 10 9 kilogrammes. Cette énorme quantité de vapeur a augmenté la quantité totale d’eau dans la stratosphère d’environ 10 %. C’est près de quatre fois la quantité de vapeur d’eau entrée dans la stratosphère au moment de l’éruption du Pinatubo en 1991 aux Philippines. Les scientifiques expliquent que le panache, qui a éclipsé la puissance de la bombe atomique d’Hiroshima, pourrait affecter temporairement la température sur Terre.
Depuis que la NASA a commencé à effectuer des mesures il y a 18 ans, seules deux autres éruptions, celle du Kasatochi en Alaska en 2008 et du Calbuco en 2015 au Chili, ont envoyé des quantités importantes de vapeur d’eau à des altitudes aussi élevées. Dans les deux cas, les nuages de vapeur d’eau se sont rapidement dissipés; aucun de ces événements n’est comparable à l’énorme quantité d’eau libérée par l’éruption aux Tonga.
On sait que de puissantes éruptions volcaniques peuvent refroidir la température à la surface de la Terre car les cendres réfléchissent la lumière du soleil. L’éruption des Tonga marque un contraste saisissant, car la vapeur d’eau qu’elle a libérée est capable de piéger la chaleur. Selon les chercheurs, il pourrait s’agir de la première éruption volcanique à avoir un impact sur le climat, non pas par le refroidissement causé par les aérosols, mais par le réchauffement de la surface causé par la vapeur d’eau.
Les scientifiques ajoutent que cette vapeur d’eau pourrait rester dans la stratosphère pendant plusieurs années, aggravant au passage l’appauvrissement de la couche d’ozone et augmentant les températures de surface. L’eau pourrait même rester pendant des décennies, sans avoir toutefois d’effets permanents.
On pense que la caldeira du volcan sous-marin, une dépression d’environ 150 mètres de profondeur, est à l’origine de ce phénomène exceptionnel. Si la caldeira avait été moins profonde, l’eau de mer n’aurait pas été assez chaude pour expliquer une telle quantité de vapeur d’eau; si elle avait été plus profonde, la trop grande pression exercée par l’eau de mer aurait atténué le souffle de l’explosion.
Source : CBS News.

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When the Hunga Tonga-Hunga Ha‘apai volcano (Tonga archipelago) erupted on January 15th, 2022, it sent atmospheric shock waves and tsunami waves around the world. Studies have shown that he effects of the eruption also reached space, causing a major space weather event.

NASA scientists now inform us that the volcano spewed an unprecedented amount of water vapour into the atmosphere, and this will likely have noticeable effects on Earth’s temperatures.

The January 15th eruption sent not only ash into the stratosphere, but also enough water vapor to fill 58,000 Olympic-sized swimming pools, according to NASA. Scientists explain it broke « all records » for the injection of water vapour since satellites began recording such data.

The Microwave Limb Sounder instrument on NASA’s Aura satellite, which measures atmospheric gases, found the blast delivered roughly 146 teragrams of water to the stratosphere, between about 13 and 53 kilometers above the planet’s surface. One teragram equals a trillion grams, and that extreme quantity increased the total amount of water in the stratosphere by about 10% . This is nearly four times the amount of water vapour estimated to enter the stratosphere from the 1991 Mount Pinatubo eruption in the Philippines. Scientists say that the unprecedented plume, which dwarfed the power of the Hiroshima atomic bomb, could temporarily affect Earth’s global average temperature.

Since NASA began taking measurements 18 years ago, only two other eruptions, the 2008 Kasatochi eruption in Alaska and the 2015 Calbuco eruption in Chile, sent substantial amounts of water vapour to such high altitudes. Both dissipated quickly; neither of those events compare to the huge amount of water released by the Tonga event.

Powerful volcanic eruptions usually cool surface temperatures on Earth because the resulting ash reflects sunlight. However, the Tonga eruption marks a stark contrast, because the water vapour it released can trap heat. According to the researchers, it may be the first volcanic eruption observed to impact climate not through surface cooling caused by volcanic sulfate aerosols, but rather through surface warming.

Experts say this water vapour could remain in the stratosphere for several years, potentially temporarily worsening the depletion of the ozone layer and increasing surface temperatures. The water could even remain for decades, but it should not have permanent effects.

Experts point to the underwater volcano’s caldera, a basin-shaped depression that is about 150 meters deep, as the reason for the record-breaking eruption. If the caldera was shallower, the seawater would not have been hot enough to account for the water vapour measurements, and if it was any deeper, intense pressures could have muted the blast.

Source: CBS News.

Image satellite de l’énorme panache généré par l’éruption du 15 janvier 2022 (Source: NASA)

Eruption dans la Meradalir (Islande) : parking et nouvelles recommandations // Eruption in Meradalir (Iceland): parking and new recommendations

L’éruption dans la Meradalir semble avoir adopté un rythme de croisière. Le Met Office islandais indique que l’éruption dans la Meradalir n’a pas montré de changements significatifs au cours des dernières heures. Le débit de la lave a diminué de près de moitié entre le 3 et le 4 août 2022. Dans les premières heures de l’éruption, il était de 32 mètres cubes par seconde, soit quatre à cinq fois plus qu’au début de l’éruption de 2021. Une autre mesure effectuée le 4 août a révélé que le débit de lave avait chuté à 18 mètres cubes par seconde. A noter que l’année dernière, le début de la rupture s’est produit à partir de plusieurs fissures qui se sont ouvertes jour après jour, alors qu’en 2022 une seule fissure s’est ouverte, du moins pour le moment.
La fissure éruptive active présente toujours une longueur d’une centaine de mètres et la quantité de gaz émise par l’éruption est stable depuis son début. Il y a peu d’activité sismique dans la région.

Bien que les autorités conseillent toujours à ceux qui ne sont pas des randonneurs expérimentés de ne pas se rendre sur le site de l’éruption, un nombre de plus en plus important de touristes ignorent ces recommandations. Beaucoup sont surpris de découvrir que le stationnement n’est pas gratuit et qu’une amende sera infligée à quiconque ne met pas la main au portefeuille
Lors de l’éruption du Fagradalsfjall l’année dernière, il y avait déjà un parking payant quotidien de 1000 ISK (environ 7,00 €) payable via le site Web ou l’application parka.is. Ceux qui ne paient pas sont passibles d’une amende de 4 750 ISK (environ 34,00 €).
Des panneaux sont apposés dans les deux parkings; ils indiquent qu’il y a un tarif journalier pour le stationnement. Un effort est fait actuellement pour améliorer la signalisation. Des caméras et horodateurs vont être installés sur les parkings, similaires à ceux que l’on trouve dans les parkings de la capitale.

L’éruption a lieu dans la vallée de Meradalir, plus à l’intérieur des terres que l’éruption de Fagradalsfjall l’année dernière. Le parcours vers le site est d’environ 17 kilomètres aller-retour et comprend un important dénivelé. Plusieurs personnes ont été blessées ces derniers jours; l’une a dû être évacué par hélicoptère avec une cheville cassée.
La police rappelle au public que le parcours est difficile et pas pour tout le monde. Les secouristes regrettent que de nombreux visiteurs n’apportent pas de lampes de poche.
Ceux qui visitent l’éruption doivent également être particulièrement conscients du risque lié aux gaz. Comme je l’ai déjà écrit, les autorités conseillent aux visiteurs d’éviter d’amener des enfants, qui sont plus sensibles aux gaz toxiques et risquent d’être incommodés car les gaz toxiques lourds s’accumulent près du sol.
La police rappelle également au public que la conduite hors piste est interdite sur le site, comme partout ailleurs en Islande. Plusieurs personnes ont été verbalisées pour ne pas avoir respecté l’interdiction en début de semaine.
Source : Iceland Review.

A titre personnel, j’ajouterai qu’il faut prendre en compte la météo très changeante en Islande. De bons vêtements de pluie sont fortement recommandés.

Les informations sur l’accès au site éruptif se trouvent à cette adresse :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/08/05/islande-comment-acceder-a-leruption-iceland-how-to-reach-the-eruption/

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The eruption in Meradalir seems to have adopted a cruising speed. The Icelandic Met Office indicates that there have been no changes in the lava flow in the eruption at Meradalir in the past hours. The lava flow decreased by almost half between August 3rd and 4th. The average lava flow in the first hours of the eruption was 32 cubic metres per second, which is four to five times more than at the beginning of the eruption last year. Another measurement on August 4th showed lava flow had dropped to 18 cubic metres per second. It should be noted that last year, the start of the ruption occurred from several fissures which opened day after day, whereas in 2022 only one fissure has opened, at least for the moment.

The active eruptive fissure still appears to be about one hundred meters long and the amount of gas from the eruption remains the same from when it first started. There has been little seismic activity in the area recently.

Although authorities are still advising those who are not experienced hikers to refrain from visiting the eruption, an increasing number of tourists are making their way there. However, many may be surprised to discover that parking is not free and that a fine will be levied against anyone who doesn’t pay for it.

During last year’s Fagradalsfjall eruption, there was aleady a daily parking fee of ISK 1,000 (about €7,00) payable through the parka.is website or app. Those who don’t pay the fee are charged a fine of ISK 4,750 (about €34.00).

Signs are posted in the two parking lots indicating that there is a daily charge for parking. Work is underway to improve the posted signage. Cameras and automated charging systems are expected at the parking lots, similar to those found in capital-area parking garages.

The eruption is located in Meradalir valley, further inland from the Fagradalsfjall eruption that occurred on the Reykjanes peninsula last year. The hike to the site is around 17 kilometres long return and includes considerable elevation. Several people were injured while hiking there in the past days; one had to be evacuated by helicopter with a broken ankle.

The police reminds the public that the hike is difficult and not for everyone. Many visitors are not carrying flashlights.

Those who do visit the eruption also need to be particularly aware of the risk of gas poisoning. As I put it before, authorities advise visitors to avoid bringing children, who are more sensitive to toxic gases and more prone to poisoning, as heavy toxic gases collect closer to the ground.

The police also reminds the public that off-road driving is banned at the site, as everywhere else in Iceland. Several individuals were fined for off-road driving near the eruption earlier this week.

Source: Iceland Review.

I would add that visitors need to take into account the very changeable weather conditions in Iceland. Good rain gear is highly recommended.

Information about access to the eruptive site can be dound at this address:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2022/08/05/islande-comment-acceder-a-leruption-iceland-how-to-reach-the-eruption/

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