Nouvelles restrictions d’accès au Stromboli (Sicile) // New access restrictions to Stromboli (Sicily)

Au vu de l’intensification de l’éruption du Stromboli (Sicile) ces deniers jours, et afin d’assurer la sécurité des visiteurs, le maire de Lipari vient de publier une nouvelle ordonnance modifiant les conditions d’accès au volcan. Ces dernières ont été décidées en concertation avec la protection Civile et les responsables scientifiques. Elles sont mises en application dès le 13 octobre 2022.

Côté Stromboli, l’accès aux visiteurs est interdit à partir de l’altitude de 290 mètres jusqu’à la zone sommitale du volcan. Jusqu’à la cote 290, il sera possible de grimper sur le volcan uniquement avec l’accompagnement de guides de montagne et / ou volcanologiques autorisés, par le sentier « Via Salvatore Di Losa – strada vicinale Parroco – Sentiero Naturalistico – Salita al Vulcano ».

Côté Ginostra, interdiction similaire pour le sentier Punta Corvi, depuis altitude 130 m jusqu’à la zone sommitale. Jusqu’à 130 m, l’accès n’est autorisé qu’accompagné de guides autorisés.

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In view of the intensification of the eruption at Stromboli (Sicily) in recent days, and in order to ensure the safety of visitors, the mayor of Lipari has just published a new ordinance modifying the conditions of access to the volcano. These were decided in consultation with Civil Protection and scientific officials. They are implemented from October 13th, 2022.

On the Stromboli side, access to visitors is prohibited from an altitude of 290 meters up to the summit area of ​​the volcano. Up to 290 m, it will be possible to climb the volcano only with the accompaniment of authorized mountain and / or volcanological guides, using the footpath « Via Salvatore Di Losa – strada vicinale Parroco – Sentiero Naturalistico – Salita al Vulcano » .
On the Ginostra side, there is a similar prohibition for the Punta Corvi trail, from 130 m a.s.l. to the summit area. Up to 130 m, access is only permitted with authorized guides.

La montagne infidèle…

On peut lire dans le journal La Sicilia un très intéressant article qui raconte une histoire cinématographique autour de l’éruption de l’Etna en 1923…

Au mois de juin 1923, deux cratères s’ouvrent sur l’Etna au pied du Monte di Ferro, du côté de Linguaglossa, et des torrents de lave menacent la ville. Le front de lave de 150 mètres de large avance à une vitesse comprise entre 2 et 6 kilomètres à l’heure. Avec une rare témérité, Jean Epstein, un documentariste français d’origine polonaise connu pour une réalisation sur Louis Pasteur, et son opérateur Paul Guichard, ont suivi presque pas à pas la coulée de lave et ont observé les phénomènes de dévastation qui l’accompagnent.
Produit par Pathé Consortium Cinema, le documentaire muet de 33 minutes « La montagne infidèle », tourné en 35 mm et en noir et blanc, a été présenté aux Journées du film muet de Pordenone. On y voit la rivière de lave qui, issue d’une fracture sur le flanc nord-est de l’Etna entre 2500 et 2000 mètres d’altitude, détruit les vignobles et les noiseraies, la gare de Castiglione di Sicilia, les routes entre Linguaglossa et Randazzo, ainsi que des maisons de Contrada Cerro et Catena. Espérant arrêter la rivière incandescente, les habitants de Linguaglossa portent le bâton du saint patron Sant’Egidio jusqu’à Catena et après quelques jours, la lave s’arrête.

On a longtemps cru que le film d’Epstein avait été perdu. En fait, retrouvé et restauré par la Filmoteca de Catalunya, il a été présenté le 3 octobre en avant-première à Pordenone lors de la 41ème édition des Journées du Cinéma Muet, un festival dirigé par Jay Weissberg.
L’éruption de 1923 a été immédiatement considérée comme une grande éruption car elle a causé beaucoup de dégâts. Vittorio Emanuele III et Benito Mussolini, qui étaient au gouvernement depuis un an, ont visité les lieux détruits par la lave.
Le documentaire « La Montagne Infidèle » est intéressant car il montre le ressenti du cinéaste devant la force de l’éruption et la furie destructrice de la lave. Dans une séquence tournée face à un balcon, on peut voir les gardes fascistes, garants de l’ordre du nouveau régime qui vient d’arriver au pouvoir. Une telle image introduit dans le film un élément historique intéressant.

Dans le catalogue de cette 41ème édition, on peut lire : « Dans la nuit du 16 juin 1923, l’Etna a commencé à entrer en éruption du côté nord. Quatre jours plus tard, le Pathé-Consortium-Cinéma s’est arrangé pour envoyer Jean Epstein et les opérateurs Paul Guichard et Léon Donnot en Sicile avec 5000 mètres de film et une caméra Caméréclair à quatre objectifs. Une fois arrivés sur l’île, le 24 juin, ils obtiennent de la préfecture de Catane l’autorisation d’escalader le volcan. L’éruption avait déjà été filmée par des opérateurs d’actualités. Bien qu’elle fût dans sa phase terminale (elle a cessé le 18 juillet), la lave continuait de descendre de la montagne. Epstein rappelle que le voyage a duré une quinzaine de jours. Le film commence par présenter la Sicile comme un paysage rural, fertile et idyllique, avec le volcan menaçant, que les habitants de l’île tentent de combattre avec l’aide des saints patrons. Les images montrent la destruction causée par l’éruption près de la ville de Linguaglossa. On y voit les maisons ensevelies par la lave et, garantes de l’ordre public, les chemises noires fascistes. La Montagne infidèle est projetée pour la presse le 22 août 1923 et en octobre de la même année, elle sera diffusée dans le cadre d’un programme Pathé distribué à l’international. Parmi les lieux de Sicile également représentés, il y a Syracuse, avec l’Orecchio di Dionisio. Selon le rapport de l’époque Epstein, Guichard et Donnot ont tourné à Linguaglossa et sur le Monte Rosso voisin, près du cratère actif et dans la région de Syracuse, avec une halte également à Taormine, Catane et Messine. La Montagne infidèle est le quatrième film d’Epstein, alors âgé de 26 ans ».

Voici un bref extrait de La montagne infidèle :

https://video.meride.tv/lasicilia/video/folder2/1664966169etna_lasicilia.mp4

Source: La Sicilia.

Les éruptions de l’Etna peuvent être destructrices, comme celle de 1928 qui a détruit la bourgade de Mascali (Source: Wikipedia)

Une crue glaciaire sur le Grimsvötn (Islande)? // A glacial flood at Grimsvötn (Iceland)?

Un article paru sur le site de l’Iceland Monitor nous informe qu’une crue glaciaire est peut-être en cours sur le volcan Grimsvötn, au coeur du Vatnajökull. Le Met Office islandais explique qu' »il est difficile de dire si une crue glaciaire a commencé et les détecteurs ne donneront probablement pas la réponse avant demain quand la crue aura atteint son maximum ».
La police a déclaré l’état d’Incertitude le 10 octobre 2022. Le niveau de la glace (qui surmonte le lac sous-glaciaire) a baissé et l’eau de crue apparaîtra probablement à Gígjukvísl. Le niveau du lac sous-glaciaire du Grímsvötn est actuellement bas, de sorte qu’il ne devrait pas y avoir une crue majeure susceptible d’endommager des structures.
Le niveau d’alerte du Grímsvötn a été élevé au Jaune car l’activité est supérieure à la normale et la chute de pression (suite à l’évacuation de l’eau du lac sous-glaciaire) pourrait éventuellement déclencher une activité volcanique. Cependant, le Met Office ajoute: « C’est une possibilité, mais il est probable que cela ne se produira pas. » En d’autres termes, personne ne sait ce qui va se passer ! Vous avez dit prévision éruptive…?
Source : Iceland Monitor.

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An article in the Iceland Monitor informs us that a glacial flood may be underway at Grimsvötn volcan in Vatnajökull; The Icelandic Met Office explains that « it is hard to say whether a glacial flood has started and detectors will probably not show definitive signs until tomorrow when it is estimated that the possible flood has reached its maximum. »

The Police declared an uncertainty level alert on October 10th, 2022. The glacial ice has dropped and the water expected to burst from underneath it will probably show up in Gígjukvísl. The water is Grímsvötn is currently low so a glacial flood is not expected to cause damage to structures.

The alert for Grímsvötn has been changed to Yellow showing more activity than normal because the drop in pressure could possibly result in volcanic activity. However, the Met Office adds: « It is a possibility, but it is more likely that it doesn’t happen. » In other words, nobody knows what will happen next!

Source: Iceland Monitor.

Exemple d’affaissement sur le Grimsvötn (Crédit photo: IMO)

2000 ans avant Pompéi…. // 2,000 years before Pompeii…

Une éruption du Vésuve il y a environ 4 000 ans – 2 000 ans avant celle qui a enseveli Pompéi – a remarquablement préservé la vie d’un village du début de l’âge du bronze en Campanie. La conservation remarquable d’Afragola est unique en Europe. Le village était situé près de la ville de Naples actuelle, à environ 15 kilomètres du Vésuve.
Les chercheurs étaient impatients de voir s’ils pourraient déterminer la période de l’année à laquelle l’éruption s’est produite grâce au niveau de préservation et à la variété des plantes sur le site. Les fouilles à Afragola couvrent une superficie de 5 000 mètres carrés. C’est l’un des sites du début de l’âge du bronze les plus étudiés en Italie.
Dans une étude publiée le 29 septembre 2022 dans le Journal of Archaeological Science: Reports, des chercheurs de l’Université du Connecticut expliquent que l’éruption s’est déroulée en plusieurs phases, avec au début une très forte explosion qui a principalement transporté des débris vers le nord-est.

Comme Pompéi, le village d’Afragola a été recouvert par plusieurs mètres de cendres, de boue et de sédiments. De nombreux restes de végétaux ont été préservés, ce qui a permis aux scientifiques d’identifier à quel moment l’éruption s’est produite, et même à quelle période de l’année.

Ils ont ainsi pu retracer le déroulement de l’éruption. Tout d’abord, une énorme explosion du Vésuve a, semble-t-il, envoyé des débris vers le nord-est du volcan. Les habitants d’Afragola qui se trouvaient le plus à l’ouest auraient ainsi eu le temps de fuir, ce qui explique pourquoi, contrairement à Pompéi, aucune trace de restes humains n’a été retrouvée. Puis la direction du vent aurait changée, entraînant d’importantes retombées de cendres sur le village déserté.

Puis, le Vésuve a émis des les coulées pyroclastiques jusqu’à environ 25 kilomètres de distance, ensevelissant totalement le village. C’est ce qui a permis à ce dernier de résister à la dégradation, même après plusieurs millénaires. Une chercheuse explique que « l’épaisse couche de matériaux volcaniques a remplacé les molécules des macro-restes végétaux et a produit des moulages parfaits dans la cinérite. »

Le village d’Afragola ainsi figé offre un rare aperçu de la façon dont les gens vivaient en Italie durant l’âge du bronze. Ils évoluaient probablement dans des groupes de huttes. L’effondrement du bâtiment de stockage sous le poids de la cendre a entraîné la carbonisation indirecte des matières végétales qui y étaient entreposées. C’est pourquoi les archéologues ont pu y identifier des céréales comme de l’orge, des noisettes, des glands, des pommes sauvages, des fruits de cornouiller et du matériel agricole extraordinairement bien conservés. Tous ces biens étaient probablement partagés avec la communauté.

En plus de ces fruits, de nombreuses empreintes de feuilles ont été préservées dans la cinérite. Elles ont permis aux scientifiques de conclure que l’éruption s’était déroulée en automne, comme celle de Pompéi qui a eu lieu en Octobre 79.

Source: presse internationale.

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An eruption of Vesuvius around 4,000 years ago – 2,000 years before the one that buried Pompeii – remarkably preserved early Bronze Age village life in Campania. Afragola’s remarkable preservation is unique in Europe. The village was located near the current city of Naples, about 15 kilometers from Vesuvius.
The researchers were eager to see if they could determine the time of year the eruption occurred based on the level of preservation and variety of plants at the site. The excavations at Afragola cover an area of ​​5,000 square meters. It is one of the most studied Early Bronze Age sites in Italy.
In a study published on September 29th, 2022 in the Journal of Archaeological Science: Reports, researchers from the University of Connecticut explain that the eruption took place in several phases, with at the beginning a very strong explosion which mainly transported debris to the northeast.
Like Pompeii, the village of Afragola was covered by several meters of ash, mud and sediment. Many plant remains have been preserved, allowing scientists to identify when the eruption occurred, and even at what time of year.
They were thus able to retrace the course of the eruption. First, a huge explosion from Vesuvius reportedly sent debris northeast of the volcano. The inhabitants of Afragola who were further west thus had time to flee, which explains why, unlike Pompeii, no trace of human remains has been found. Then the wind shifted, resulting in significant ashfall on the deserted village.
Then, Vesuvius emitted pyroclastic flows as long as about 25 kilometers, completely burying the village. This is what has allowed the village to resist degradation, even after several millennia. A researcher explains that « the thick layer of volcanic material replaced the molecules of the plant macro-remains and produced perfect casts in the cinerite. »
The frozen village of Afragola offers a rare glimpse into how people lived in Italy during the Bronze Age. They probably lived in groups of huts. The collapse of the storage building under the weight of the ash led to the indirect carbonization of the vegetable matter stored there. This is why archaeologists have been able to identify cereals such as barley, hazelnuts, acorns, wild apples, dogwood fruits and agricultural equipment that are extraordinarily well preserved. All of these goods were probably shared amidst the community.
In addition to these fruits, numerous leaf imprints have been preserved in the cinerite. They allowed scientists to conclude that the eruption had taken place in autumn, like that of Pompeii which took place in October 79.
Source: international press.

Le Vésuve, une menace permanente pour la Campanie (Photos: C. Grandpey)