Islande : Le Katla s’agite un peu // Iceland : Slight unrest at Katla Volcano

Dès qu’une hausse de la sismicité est enregistrée dans la région de Myrdalsjökull, dans le sud de l’Islande, toute l’attention se concentre sur le volcan Katla, partiellement recouvert de glace, qui a été très actif à l’Holocène avec au moins 21 éruptions au cours des 11 derniers siècles. La dernière éruption a eu lieu en 1918 .

Le Met Office islandais (IMO) explique que le système volcanique du Katla mesure environ 80 km de long. Il se compose d’un volcan central culminant à 1490 m d’altitude et d’un ensemble de fissures actives s’étirant vers le nord-est. Le volcan central est partiellement recouvert de glace d’une épaisseur pouvant atteindre jusqu’à 700 m et on observe une caldeira remplie de glace de 9 X 14 km.

L’activité éruptive est majoritairement explosive, avec des volumes de tephra émis allant de 0,02 à plus de 2 km3, accompagnés de crues glaciaires (jökulhlaup en islandais) avec un débit maximal pouvant atteindre 300 000 m3/sec.

À 19 h 10 le 2 février 2022, un séisme de M 4,0 a été enregistré sur la lèvre nord-est de la caldeira du Katla. C’est le séisme le plus significatif sur le Katla depuis 2017. Auparavant, une activité sismique comparable s’était produite dans la région en 2012 et 2016. Plusieurs répliques ont suivi, dont la plus importante mesurait M3,4.

Il est probable que cette dernière sismicité superficielle (0,1 km de profondeur) était probablement provoquée par des mouvements au sein du glacier ou une activité hydrothermale au sein du système volcanique. Selon le Met Office islandais, aucun épisode de tremor n’est apparu, mais l’eau de fonte du glacier est surveillée. Aucune augmentation de la conductivité électrique n’a été détectée dans l’eau de fonte et il est donc peu probable que l’on assiste à un jökulhlaup.

Source Iceland Review, IMO.

Dernière minute : Le Met Office indique que l’activité sismique a cessé sous le Katla.

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As soon as some increase in seismicity is recorded in the Myrdalsjökull area in South Iceland all attention gets focused at the partly ice covered Katla volcano that has been highly active in the Holocene with at least 21 eruption in the last 11 centuries. The last eruption to break through the ice took place in 1918 .

The Icelandic Met Office (IMO) explains that the Katla system is about 80 km long, consisting of a central volcano rising to 1490 m a.s.l. and an active fissure swarm extending towards northeast. The central volcano is partly covered by up to 700 m thick ice and has an 9 X 14 km ice-filled caldera. The characteristic activity is mostly explosive, with tephra volumes ranging from 0.02 to over 2 km3, accompanied by glacial flooding (jökulhlaup in Icelandic) with maximum discharge of up to 300,000 m3/sec.

At 7:10 pm on February 2nd, 2022, an M 4.0 earthquake hit the northeast rim of the Katla caldera. It was the largest earthquake to hit Katla since 2017. Prior to that, comparable seismic activity occurred in the area in 2012 and 2016. Several aftershocks followed, the largest of which measured M3.4. It is likely that the latest shallow seismicity (0,1 km deep) was probably dur to movements within the glacier or hydrothermal activity within the volcanic sysmtem.

According to the Icelandic Met Office, there are no signs of volcanic tremor, but meltwater from the glacier is being monitored. No increase in electrical conductivity has been detected in meltwater from the glacier, and, therefore, a. jökulhlaup, is not considered likely.

Source: Iceland Review, IMO.

Last minute : The Met Office indicates that seimicity beneath Katla has now stopped.

Myrdalsjökull (Google Maps)

Hawaii : Au revoir Lōʻihi, bienvenue Kamaʻehuakanaloa! // Hawaii : Bye bye Lōʻihi, welcome Kamaʻehuakanaloa!

Kamaʻehuakanaloa : le nom ne vous dit probablement rien. C’est normal car il est apparu en juillet 2021. C’est le nouveau nom que vient de donner au volcan sous-marin Lōʻihi le Hawaii Board on Geographic Names.
Le Kamaʻehuakanaloa (dont l’activité la plus récente a été observée en 1996) est l’un des six volcans surveillés par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO. L’ancien nom  – Lōʻihi – remonte à 1955, année où le volcan avait été baptisé ainsi par le Dr Kenneth O. Emery, à la suite d’un levé bathymétrique de 4 jours en 1954 au large de la côte sud de l’île d’Hawai’i. Cinq édifices sous-marins avaient été identifiés au cours de l’expédition.
Le Dr Emery, professeur à l’Université de Californie du Sud, a demandé aux membres du Bishop Museum et au directeur du HVO de donner un nom aux édifices sous-marins. Ils ont choisi des noms basés sur l’aspect physique des reliefs. C’est ainsi que la structure sous-marine située à environ 19 km au sud de la côte du Kilauea et s’élevant à 975 m sous le niveau de la mer a reçu le nom de Lōʻihi – « long » en hawaiien – parce qu’elle était plus longue que ses voisines.
Au cours de l’expédition, les scientifiques ont indiqué qu’il y avait une forte probabilité pour que les édifices sous-marins soient d’origine volcanique. Les différences qui existaient entre eux pouvaient correspondre aux premiers stades d’un volcan en formation sous le niveau de la mer. Si cette hypothèse était correcte, alors les deux édifices sous-marins les moins profonds (Papa’u et Lo’ihi) devaient être considérés comme des volcans parasites (au sens topographique et non au vu de l’activité) sur le flanc du Kilauea.
En d’autres termes, le Dr Emery a considéré que le « Loihi » était un cône volcanique entré en éruption à côté du Kilauea. Cependant, ce n’est que dans les années 1970, au moment où se sont produits des essaims sismiques, que l’édifice sous-marin a été reconnu comme un volcan actif et comme le plus jeune volcan de la chaîne Hawaii-Empereur. On pense que l’éruption la plus récente du Kamaʻehuakanaloa remonte à 1996, lorsque le HVO a détecté 4 377 séismes entre la mi-juillet et la mi-août. Des études océanographiques récentes ont également révélé que Papa’u est un bloc de faille soulevé sur la marge de l’effondrement de Hilina, et n’est pas un volcan.
Loi’hi, l’ancien nom du Kamaʻehuakanaloa, était certes descriptif mais il ne reflétait pas la culture hawaïenne. Plusieurs chants, transmis oralement et documentés par écrit bien avant l’expédition de 1954 décrivent déjà le Kamaʻehuakanaloa comme un volcan sous-marin. Pour les autochtones, Kamaʻehuakanaloa est un nom puissant qui évoque le nom de Pelehonuamea et sa naissance dans Kanaloa [l’océan]. Le nouveau nom a été adopté à l’unanimité en juillet 2021 par le Hawaiʻi Board on Geographic Names.
La récente activité explosive violente du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) a conduit certains Hawaiiens à se demander si le Kamaʻehuakanaloa pouvait entrer en éruption de la même façon. Les volcans hawaïens dont le sommet se trouve près de la surface peuvent émerger un jour et montrer une activité explosive par le contact du magma avec l’eau de l’océan, mais le Kamaʻehuakanaloa est actuellement trop profond pour être aussi explosif que le volcan des Tonga. De plus, comme les volcans hawaïens ont un magma plus fluide que celui du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, leurs éruptions devraient être moins violentes que celle du 15 janvier 2022.
Il faudra des millénaires avant que le Kamaʻehuakanaloa émerge de l’océan Pacifique. Le volcan fait connaître sa présence par des secousses qui sont parfois ressenties jusque sur l’île d’Hawai’i. Récemment, le matin du 24 décembre 2021, un séisme de M 4,9 sous le Kamaʻehuakanaloa a été ressenti par au moins 29 personnes entre Nāʻālehu et Kailua Kona et Honomū. Au cours des 2 semaines qui ont précédé ce séisme, plus de 50 secousses de moindre intensité avaient été détectées par le réseau de surveillance du HVO.
Bien qu’on ne le voie pas, le Kamaʻehuakanaloa n’est pas oublié. Il est honoré dans les chants et il continue de nous rappeler occasionnellement sa présence par des séismes ressentis sur la Grande Ile d’Hawaii. Dans des milliers d’années, on verra peut-être le Kamaʻehuakanalo, «l’enfant rougeâtre de Kanaloa», émerger enfin et former une nouvelle île…
Source : HVO.

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Kamaʻehuakanaloa : the name may not ring you a bell. This is fairly normal as it was updated: in July 2021, Lōʻihi Seamount was renamed Kamaʻehuakanaloa by the Hawaii Board on Geographic Names.

Kamaʻehuakanaloa (whose most recent activity occurred in 1996) is one of the six volcanoes monitoted by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). The former name was introduced in 1955 by Dr. Kenneth O. Emery, following a 4-day bathymetric survey in 1954 off the south coast of the Island of Hawai’i. Five seamounts were identified during the survey.

Dr. Emery, a professor at the University of Southern California, asked members of the Bishop Museum and the HVO Director to name the seamounts. They selected names based on a short physical description. For the seamount located about 19 km south of the Kīlauea coastline and rising to 975 m below sea level, the name Lōʻihi was assigned, meaning « long »; indeed, this seamount is longer than its neighbours.

During the survey, the scientists speculated thaat there was a high degree of probability that the seamounts were of volcanic origin, and correspondingly that the differences which existed might be indications of the nature of the early stages of a volcano forming below sea level. If this conclusion was correct then the two shallowest seamounts (Papa’u and Loihi) should be considered parasitic (in the sense of topography not activity) volcanoes on the flank of Kilauea.

In other words, Dr. Emery interpreted “Loihi” to be a volcanic cone erupted by Kilauea. However, the seamount was recognized to be an active submarine volcano, and the youngest volcano in the long line of the Hawaiian-Emperor chain, because of earthquake swarms in the 1970s. Kamaʻehuakanaloa’s most recent eruption is thought to have been in 1996, when HVO detected 4,377 earthquakes between mid-July and mid-August. Recent oceanographic surveys have also determined that Papa’u is an uplifted fault block on the margin of the Hilina slump, not a volcano

Kamaʻehuakanaloa’s previous name was descriptive but failed to reflect Hawaiian cultural knowledge. Several chants, orally passed down and documented in writing decades before the 1954 expedition, describe Kamaʻehuakanaloa, an undersea volcano. For local Hawaiians, Kamaʻehuakanaloa is a powerful name that invokes the name of Pelehonuamea and her birth out of Kanaloa [the ocean]. The new name was unanimously adopted in July 2021 by the Hawaiʻi Board on Geographic Names.

The recent violent explosive activity at Hunga Tonga-Hunga Ha’apai volcano (Tonga archipelago) has some residents wondering if Kamaʻehuakanaloa has a potential for similar eruptions. Hawaiian volcanoes near the surface may emerge some day and evince explosive interactions with ocean water, but Kamaʻehuakanaloa is currently too deep underwater to become as explosive as th Tongan volcano. Additionally, because Hawaiian volcanoes have more fluid magma than Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, their eruptions should be smaller than the January 15th, 2022 catastrophic blast.

It will be a millennia before Kamaʻehuakanaloa emerges from the Pacific Ocean. The volcano makes its presence known with earthquakes that are occasionally felt on the island of Hawai’i. Most recently, just before Christmas in the early morning of December 24th, 2021, an M 4.9 earthquake under Kamaʻehuakanaloa caused weak to light shaking felt by at least 29 people from Nāʻālehu to as far north as Kailua Kona and Honomū. In the 2 weeks leading up to this earthquake, over 50 smaller earthquakes had been detected by HVO’s monitoring network.

Kamaʻehuakanaloa may be out of sight, but it is not out of mind. It is honored in chants and though it remains under the ocean surface, it continues to occasionally remind us of its presence with earthquakes we can feel on land. In thousands of generations, perhaps our descendants will witness Kamaʻehuakanalo, the “reddish child of Kanaloa,” finally emerging and forming a new island.

Source: HVO.

 

Séquence sismique sur le Lō‘ihi en mai 2020, quelques mois avant que le volcan reçoive son nouveau nom (Source: USGS)

Islande : le calme avant la tempête? // Iceland : the calm before the storm?

La sismicité a fortement chuté sur la Péninsule de Reykjanes suite à l’essaim intense enregistré les semaines précédentes. Seuls quelques événements mineurs sont enregistrés ces jours-ci, dépassant rarement la magnitude M 3,0. La sismicité du début décembre s’était accompagnée d’une inflation du sol, probablement causée par une intrusion magmatique. Tout laissait croire qu’une nouvelle éruption était sur le point de démarrer. Quelle est la signification de l’activité sismique remarquablement faible observée actuellement?

Personne ne le sait vraiment. Les scientifiques islandais nous rappellent qu’une période calme semblable avait suivi la sismicité élevée avant l’éruption dans la Geldingadalir en mars 2021. Cependant, ils ajoutent que la puissance libérée ces derniers jours était bien inférieure à celle de mars 2021. S’il devait y avoir une autre éruption, elle se produirait probablement dans un secteur proche de la précédente, mais il se pourrait aussi qu’elle se produise dans une zone où se trouvent des infrastructures et des habitations. Mais ce ne sont là que des supputations. Il faut juste…attendre et voir!

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Seismicity has sharply dropped on the Reykjanes Peninsula following the intense swarm recorded in the previous weeks. Only a few mild events are recorded these days, rarely exceeding M 3.0. The sismicity of early December was accompanied by ground inflation, likely caused by magma intrusion. It looked as if another eruption was about to start again.

What’s the meaning of the remarkably low seismic activity that is currently observed.? Nobody really knows. Icelandic scientists remind us that a similar quiet period had folloed the elevated seismicity that preceded the eruption in Geldingadalir in March 2021. However, they add that the power being released in the past days was far less than what it was in March 2021. If there was to be another eruption it is expected to be in a location very close to the original volcano, but there is a chance that it could take place in an area that is much more concerning to infrastructure and personal property. Whoio knows? Wait and see!

Source: IMO

Fagradalsfjall & Hekla (Islande / Iceland)

L’essaim sismique qui a débuté dans la Péninsule de Reykjanes le 21 décembre 2021 a ralenti ces dernières heures. Cependant, les scientifiques pensent qu’une éruption reste possible, vraisemblablement près de Fagradalsfjall, là où a eu lieu la dernière.
La Protection civile et la Police du sud de l’Islande ont décidé le 27 décembre de préparer des textos qui seront envoyés aux personnes qui pénètrent dans une zone prédéfinie autour de l’Hekla. Le volcan fait partie d’un autre système volcanique, mais la Protection civile indique que les mesures révèlent des signes de pression dans la chambre magmatique sous le volcan depuis la dernière éruption. Le volcan est entré en éruption tous les dix ans entre 1970 et 2000. Les volcanologues islandais disent qu’il est en retard si l’on prend en compte ce rythme éruptif. Cependant, si l’on regarde l’histoire éruptive complète du volcan, on se rend compte que la notion de cycle volcanique n’a pas toujours existé.
Le risque pour les touristes est que les éruptions de l’Hekla se produisent généralement sans prévenir, ce qui signifie que l’évacuation de la zone avant un tel événement est problématique, voire impossible. C’est pourquoi les scientifiques mettent depuis longtemps en garde contre les déplacements inutiles dans la région.
Source : Revue d’Islande.

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The seismic swarm that began in Reykjanes peninsula on December 21st, 2021 has slowed down for the past hours. However, scientists believe that there is still a chance of eruption, presumably near Fagradalsfjall where the last one took place.

The Civil Protection Department and the Police in South Iceland decided on December 27th to activate text messages that will be sent to those who enter a pre-defined area around Mt. Hekla. The volcano is part of another volcanic system, but the Civil Protection Department indicates that measurements show high levels of magmatic pressure in the magma chamber underneath the volcano.The volcano erupted in every decade from 1970 to 2000. Icelandic volcanologists say an unusually long time has passed since the last eruption. However, if one looks at the complete eruptive history of the volcano, one realises that the notion of volcanic cycle has not always existed.

The risk for tourists is that Mt. Hekla’s eruptions usually happen without a warning, which means that evacuating the area before the event is problematic, if not impossible. This is why scientists have warned against unnecessary travel in the area for a long time.

Source: Iceland Review.

Vue de l’Hekla (Crédit photo : Wikipedia)