La fonte du permafrost libérerait du protoxyde d’azote // It is feared the melting of permafrost may release nitrous oxide

Selon le site web de la chaîne d’information France Info, une quantité toujours plus importante de protoxyde d’azote – un gaz hilarant – risque d’être relâchée dans l’atmosphère de l’Arctique sous l’effet du réchauffement climatique. C’est ce que révèle une étude parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences . Ce protoxyde d’azote (N20) est enfermé dans le permafrost qui est en train de fondre à une vitesse impressionnante dans cette région du monde

Les chercheurs ont réalisé seize prélèvements de pergélisol en Laponie finlandaise, qu’ils ont congelés puis réchauffés. Selon leurs travaux, les émissions de protoxyde d’azote sont d’autant plus probables que la surface de la tourbe est vierge en végétation. En effet, les plantes absorbent l’azote du sol et réduisent le stock disponible pour la production de protoxyde d’azote. Les plantes sont donc très efficaces pour réduire les émissions de protoxyde d’azote.

Selon les auteurs de l’étude, les régions à forte probabilité d’émission de N2O couvrent un quart de l’Arctique. Ils ajoutent que ce gaz possède un pouvoir de réchauffement 300 fois plus important à celui du dioxyde de carbone. Pour l’heure, ce gaz n’est pas pris en compte dans les modèles des climatologues, car les quantités d’émission sont jugées négligeables, contrairement au méthane, qui inquiète beaucoup les scientifiques. Toutefois, le dégel croissant du permafrost pourrait changer la donne.

Un autre chercheur précise que cette étude ne peut livrer que des informations partielles à la compréhension du phénomène car les échantillons de pergélisol ont été congelés et réchauffés en laboratoire. Il existe donc une incertitude en raison des différences selon les spécificités du terrain, notamment l’étendue des tourbières.

De mon point de vue, cette émission de protoxyde d’azote ne viendra pas bouleverser la situation car elle est probablement minime est n’est pas généralisée. De toute façon, elle ne devrait pas avoir de conséquence pour la population locale qui est très disséminée. Les gaz les plus préoccupants sont le CO2 et surtout le méthane dont on connaît les effets extrêmement négatifs.

S’il y a quelqu’un que le protoxyde d’azote laisse indifférent, c’est bien le président des Etats-Unis qui vient d’annoncer que son pays sort de l’Accord de Paris sur le climat. La raison est que l’accord est mauvais pour les Etats-Unis et nuit à l’économie du pays. Une fois encore, on apprécie l’intelligence du personnage. La décision de Donald Trump sera approuvée par un grand nombre d’Américains qui ont été conditionnés à l’idée que le réchauffement climatique appartient à un cycle naturel et n’a rien à voir avec leurs activités industrielles. J’ai encore pu m’en rendre compte le mois dernier lors de discussions avec les personnes que j’ai rencontrées.

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According to the website of the France Info news channel, an increasing amount of nitrous oxide – a laughing gas – is likely to be released into the atmosphere of the Arctic as a result of global warming. This was revealed by a study published in the Proceedings of the National Academy of Sciences. Nitrous oxide (N20) is enclosed in the permafrost which is melting at an impressive speed in this region of the world
The researchers carried out sixteen permafrost samples in Finnish Lapland, which they froze and then heated. According to their work, emissions of nitrous oxide are all the more likely as the surface of the peat is devoid of vegetation. In fact, plants absorb nitrogen from the soil and reduce the stock available for the production of nitrous oxide. Plants are therefore very effective in reducing emissions of nitrous oxide.
According to the authors of the study, regions with a high probability of N2O emissions cover a quarter of the Arctic. They add that this gas has a heating capacity 300 times greater than that of carbon dioxide. For the time being, this gas is not taken into account in climate models, because the emission quantities are considered negligible, unlike methane, which worries scientists a lot. However, the increasing melting of permafrost could change the situation.
Another researcher says that this study can provide only partial information to understand the phenomenon because permafrost samples have been frozen and heated in a laboratory. There is therefore uncertainty due to differences with the characteristics on the field, particularly the extent of the peatlands.
From my point of view, this emission of nitrous oxide will not upset the situation because it is probably minimal and is not generalized. In any case, it should not have any consequences for the local population, which is very sparse. The gases of greatest concern are CO2 and especially methane whose effects are extremely negative.

The U.S. president is not preoccupied with the nitrous oxide emissions. He has just announced that his country would withdraw from the Paris climate Agreement. The reason is that the Agreement is bad for the United States and detrimental to its economy. Once again, one can admire the intelligence of this man. Donald Trump’s decision will be approved by a great number of Americans who have beeen conditioned to the idea that climate change belongs to a natural cycle and has nothing to do with their industrial activities. This was confirmed by talks with people I met in May during my journey across American West.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Une éruption à court terme? // An eruption in the short term?

Dans son dernier bulletin du 31 mai 2017, l’OVPF indique que l’on observe actuellement une mise en pression du réservoir superficiel (à environ 2  km de profondeur sous le cratère Dolomieu) par une recharge de magma profond. La recharge étant rapide et déjà importante, toute évolution et départ de magma vers la surface peut être rapide comme l’ont montré les dernières crises sismiques de 2016-2017.

Il faut toutefois faire preuve de prudence et que l’éruption annoncée dans la soirée du 17 mai a finalement avorté et n’a donné lieu à aucune sortie de magma. Malgré tout, des fractures se sont ouvertes, ce qui devrait faciliter l’ascension du magma si  un nouvel épisode éruptif devait se produire.

Pour le moment, la sismicité, qui avait progressivement diminué entre le 18 et le 29 mai, connaît en ce moment une nouvelle hausse, avec 8 événements volcano-tectoniques le 30 mai.

Par ailleurs, l’inflation de l’édifice volcanique a repris, à un taux nettement supérieur à ceux observés avant le 17 mai, ce qui confirme la mise en pression d’une source superficielle mais également d’une source profonde.

Du point de vue géochimique, on observe une baisse des concentrations de CO2.

Une éruption semble donc se profiler à l’horizon, mais avec le Piton, on ne sait jamais. Le niveau d’alerte actuel est « Sauvegarde ».

Source : OVPF.

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In its latest update of May 31st, 2017, OVPF indicates that pressure is currently increasing in the shallow magma storage system ( about 2 km beneath the Dolomieu Crater), through a reloading of the deep magma storage. Since the recharge is rapid and already isignificant, any evolution and ascent of magma towards the surface can be rapid, as shown by the last seismic crises of 2016-2017.
However, caution must be exercised and the eruption announced on the evening of May 17th was finally aborted as no magma was emitted. Nevertheless, fractures opened, which should facilitate the rise of magma if a new eruptive episode should occur.
For the time being, seismicity, which had gradually decreased between 18 and 29 May, is currently experiencing a further increase, with 8 volcano-tectonic events on 30 May.
Moreover, the inflation of the volcanic edifice has resumed, at a rate that is significantly higher than before May 17th, which confirms the pressure of a superficial source but also of a deep source.
From a geochemical point of view, CO2 concentrations are decreasing.
An eruption might happen in the short term, but with the Piton, one never knows. The current alert level is « Sauvegarde ».
Source: OVPF.

Crédit photo: Wikipedia.

Les caprices du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // The whims of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

J’ai bien failli rater une éruption du Piton de la Fournaise ! Pendant que j’étais aux Etats-Unis, le volcan réunionnais a fait semblant de vouloir entrer en éruption…mais il n’y a pas eu d’éruption…pour le moment ! Avec le Piton, on ne sait jamais !

Au vu des bulletins diffusés par l’Observatoire, l’histoire commence le 17 mai 2017. Depuis 13h40 (heure locale) une crise sismique est enregistrée sur les instruments d l’OVPF. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide, signifiant que le magma a commencé sa propagation vers la surface. »

A 21 heures ce même jour, on peut lire : « Suite à la crise sismique débutée à 13h40, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré très progressivement depuis 20h10 environ heure locale. D’après les enregistrements de l’OVPF, l’éruption est localisée sur le flanc nord-est du cône terminal. Aucune confirmation visuelle n’a pu être confirmée pour l’instant sur les webcams du fait des mauvaises conditions météorologiques. »

3 bulletins sont diffusés le 18 mai. Ils nous apprennent que « la phase de tremor éruptif débutée le 17 Mai 2017 à 20h10 (heure locale) s’est arrêtée le 18 Mai 2017 à 01:00 (heure locale). L’arrêt de ce signal indique la fin de l’alimentation en magma en surface. Néanmoins la sismicité volcano-tectonique se poursuit. Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution dans les heures à venir. » L’origine du signal semble se situer dans le secteur nord-est de l’Enclos Fouqué. Des séismes volcano-tectoniques sont localisés sous la zone sommitale et sous le secteur nord-est de l’Enclos Fouqué. La reconnaissance aérienne effectuée ce même jour «n’a détecté aucune activité de surface au pied du rempart de Nez Coupé de Sainte Rose ni à l’extérieur de l’Enclos. Ceci suggère que le magma est passé à proximité de la surface générant des fractures « sèches » non émissives de lave en surface, et ne produisant qu’un dégazage à l’origine du trémor. » Autrement dit, on aurait affaire à une éruption avortée.

Le bulletin du 19 mai confirme la sismicité élevée dans la zone sommitale. Les déformations de l’édifice volcanique ont ralenti. Les concentrations de CO2 restent élevées mais ont cessé d’augmenter.

Le 20 mai, la sismicité se poursuit sous la zone sommitale. Aucune évolution des autres paramètres.

Le 21 mai, la sismicité sommitale semble marquer le pas.

22 mai : Confirmation de la baisse de la sismicité sommitale.

Le 23 mai, la sismicité reste faible, mais il semble que l’i=on assiste à une reprise de l’inflation. Tendance à confirmer.

« Les différentes mesures réalisées sur le terrain ces derniers jours ont permis de mettre en évidence deux nouvelles zones de fumerolles (l’une sur la coulée de Septembre 2016 et l’autre sur une coulée plus ancienne. Ces zones se situent sur le trajet pris par le magma en profondeur, confirmant l’arrivée du magma proche de la surface et son dégazage en surface via des fractures dites « sèches », et à l’origine du tremor enregistré le 17 Mai dernier. Ces zones de fumerolles, ainsi que les cartes de déformation et de sismicité montrent que le magma s’est propagé assez loin, jusqu’en bordure de l’Enclos. »

L’OVPF n’a pas diffusé de nouveau bulletin depuis le 23 mai. La situation reste sous haute surveillance. Les dernières mesures confirment qu’il y a bien eu une éruption avortée. Toutefois, on sait que des reprises d’activité éruptive ne sauraient être exclues sur le Piton de la Fournaise qui aime bien jouer avec les nerfs des scientifiques en poste à l’Observatoire !

Le niveau d’alerte est à 1 : Eruption probable ou imminente.

Crédit photo: Wikipedia

 

La fonte du permafrost en Sibérie (suite) // The melting of permafrost in Siberia (continued)

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, en Russie les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller des monticules faits de glace et de terre – connus sous le nom de pingos – qui pourraient exploser dans un avenir très proche. Un pingo peut atteindre 70 mètres de hauteur, avec un diamètre 600 mètres (voir photo ci-dessous).
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la Péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.

Un article paru dans le Siberian Times nous apprend que des scientifiques ont découvert jusqu’à 7 000 «bulles» remplies de gaz et prêtes à exploser en Sibérie arctique au cours d’un exercice impliquant des équipes sur le terrain et la surveillance par satellite. Un certain nombre de cratères, comme celui de la photo ci-dessous, sont apparus au nord de la Sibérie ces dernières années et ils sont étudiés avec soin par les scientifiques qui sont persuadés qu’ils se sont formés quand des pingos ont explosé.
Le chiffre de 7 000 « bulles » dont fait état l’agence TASS est nettement plus élevé que précédemment. La région a connu plusieurs exemples récents d’ouvertures de tels cratères provoquées par l’explosion du méthane suite au dégel du pergélisol provoqué par le changement climatique.
La branche Oural de l’Académie des Sciences de Russie est persuadée que la fonte du permafrost est la cause de la formation des bulles de gaz. Cependant, en certains endroits, le phénomène est quelque peu différent et ne se traduit pas par l’explosion de pingos. On assiste à la formation de bulles baptisées «toundra tremblante». Néanmoins, leur apparition à des latitudes aussi élevées est probablement liée, comme pour les pingos, à la fonte du permafrost liée elle-même à l’élévation globale de la température au nord de l’Eurasie au cours des dernières décennies.
Le méthane a montré des taux de concentration 1000 fois supérieurs à la normale, tandis que le dioxyde de carbone était 25 fois supérieur à la normale. Les premières mesures avaient montré des concentrations de méthane 200 fois supérieures aux niveaux habituels. On a recensé une quinzaine d’exemples de terrain sibérien instable en juillet dernier sur l’île Bely, un lieu fréquenté par les ours polaire, à environ 750 km au nord du cercle polaire arctique dans la mer de Kara. Un chercheur qui se trouvait sur le terrain a déclaré: «Chaque fois que nous retirions une touffe d’herbe et de terre, un jet de gaz jaillissait.».
Le dernier été a été anormalement chaud sur la Péninsule de Yamal, avec la température de l’air qui atteignait 35°C. Cette chaleur a eu un impact sur le pergélisol qui a fondu sur une surface plus vaste et une plus grande profondeur que par le passé. Cela a provoqué la formation de nouveaux lacs et des changements significatifs dans le paysage de la toundra.
Source: The Siberian Times.

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As I put it in several posts, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor ice and soil humps – known as a pingos – which they fear can soon erupt. A pingo can be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter (see photo below)
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.

An article in the Siberian Times informs us that scientists have discovered as many as 7,000 gas-filled ‘bubbles’ expected to explode in Actic regions of Siberia after an exercise involving field expeditions and satellite surveillance. A number of large craters, like the one in the photo below, have appeared in northern Siberia in recent years and they are being carefully studied by scientists who believe they were formed when pingos exploded.

The total of 7,000 “bubbles” reported by the TASS news agency is startlingly more than previously known. The region has seen several recent examples of sudden ‘craters’ caused by eruptions from methane gas released by the thawing of permafrost which is triggered by climate change.

The Ural branch of Russian Academy of Science says that thawing permafrost is a suspected reason for the cause of underground gas bubble formation. However, on some occasions, the phenomenon appears different from the exploding pingo events. These bubbles have been called ‘trembling tundra’. Nevertheless, their appearance at such high latitudes is most likely linked, like the pingos, to thawing permafrost which in is in turn linked to overall rise of temperature on the north of Eurasia during last several decades.

Methane has exceeded the norm 1,000 times, while carbon dioxide was 25 times above the norm. Initial measurements suggested methane levels 200 times above usual levels. Some 15 examples of this swaying Siberian ground were revealed last July on Bely Island, a polar bear outpost some 750 km north of the Arctic Circle in the Kara Sea. One research team account at the scene said: ‘As we took off a layer of grass and soil, a fountain of gas erupted.’

The last summer was abnormally hot for the Yamal peninsula, with the air temperature reaching 35°C. This heat impacted on the depth of seasonal thawing which grew deeper and spread wider than in the past, so causing the formation of new lakes and a noticeable change in the regional tundra landscape.

Source : The Siberian Times.

Exemple de pingo en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Cratère d’explosion de méthane en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Exemple de fonte de la toundra (Photo: C. Grandpey)