Les caprices du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // The whims of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

J’ai bien failli rater une éruption du Piton de la Fournaise ! Pendant que j’étais aux Etats-Unis, le volcan réunionnais a fait semblant de vouloir entrer en éruption…mais il n’y a pas eu d’éruption…pour le moment ! Avec le Piton, on ne sait jamais !

Au vu des bulletins diffusés par l’Observatoire, l’histoire commence le 17 mai 2017. Depuis 13h40 (heure locale) une crise sismique est enregistrée sur les instruments d l’OVPF. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide, signifiant que le magma a commencé sa propagation vers la surface. »

A 21 heures ce même jour, on peut lire : « Suite à la crise sismique débutée à 13h40, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré très progressivement depuis 20h10 environ heure locale. D’après les enregistrements de l’OVPF, l’éruption est localisée sur le flanc nord-est du cône terminal. Aucune confirmation visuelle n’a pu être confirmée pour l’instant sur les webcams du fait des mauvaises conditions météorologiques. »

3 bulletins sont diffusés le 18 mai. Ils nous apprennent que « la phase de tremor éruptif débutée le 17 Mai 2017 à 20h10 (heure locale) s’est arrêtée le 18 Mai 2017 à 01:00 (heure locale). L’arrêt de ce signal indique la fin de l’alimentation en magma en surface. Néanmoins la sismicité volcano-tectonique se poursuit. Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution dans les heures à venir. » L’origine du signal semble se situer dans le secteur nord-est de l’Enclos Fouqué. Des séismes volcano-tectoniques sont localisés sous la zone sommitale et sous le secteur nord-est de l’Enclos Fouqué. La reconnaissance aérienne effectuée ce même jour «n’a détecté aucune activité de surface au pied du rempart de Nez Coupé de Sainte Rose ni à l’extérieur de l’Enclos. Ceci suggère que le magma est passé à proximité de la surface générant des fractures « sèches » non émissives de lave en surface, et ne produisant qu’un dégazage à l’origine du trémor. » Autrement dit, on aurait affaire à une éruption avortée.

Le bulletin du 19 mai confirme la sismicité élevée dans la zone sommitale. Les déformations de l’édifice volcanique ont ralenti. Les concentrations de CO2 restent élevées mais ont cessé d’augmenter.

Le 20 mai, la sismicité se poursuit sous la zone sommitale. Aucune évolution des autres paramètres.

Le 21 mai, la sismicité sommitale semble marquer le pas.

22 mai : Confirmation de la baisse de la sismicité sommitale.

Le 23 mai, la sismicité reste faible, mais il semble que l’i=on assiste à une reprise de l’inflation. Tendance à confirmer.

« Les différentes mesures réalisées sur le terrain ces derniers jours ont permis de mettre en évidence deux nouvelles zones de fumerolles (l’une sur la coulée de Septembre 2016 et l’autre sur une coulée plus ancienne. Ces zones se situent sur le trajet pris par le magma en profondeur, confirmant l’arrivée du magma proche de la surface et son dégazage en surface via des fractures dites « sèches », et à l’origine du tremor enregistré le 17 Mai dernier. Ces zones de fumerolles, ainsi que les cartes de déformation et de sismicité montrent que le magma s’est propagé assez loin, jusqu’en bordure de l’Enclos. »

L’OVPF n’a pas diffusé de nouveau bulletin depuis le 23 mai. La situation reste sous haute surveillance. Les dernières mesures confirment qu’il y a bien eu une éruption avortée. Toutefois, on sait que des reprises d’activité éruptive ne sauraient être exclues sur le Piton de la Fournaise qui aime bien jouer avec les nerfs des scientifiques en poste à l’Observatoire !

Le niveau d’alerte est à 1 : Eruption probable ou imminente.

Crédit photo: Wikipedia

 

La fonte du permafrost en Sibérie (suite) // The melting of permafrost in Siberia (continued)

Comme je l’ai indiqué dans plusieurs notes, en Russie les scientifiques mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui pourraient créer de nouveaux cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent les satellites pour surveiller des monticules faits de glace et de terre – connus sous le nom de pingos – qui pourraient exploser dans un avenir très proche. Un pingo peut atteindre 70 mètres de hauteur, avec un diamètre 600 mètres (voir photo ci-dessous).
Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la Péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.

Un article paru dans le Siberian Times nous apprend que des scientifiques ont découvert jusqu’à 7 000 «bulles» remplies de gaz et prêtes à exploser en Sibérie arctique au cours d’un exercice impliquant des équipes sur le terrain et la surveillance par satellite. Un certain nombre de cratères, comme celui de la photo ci-dessous, sont apparus au nord de la Sibérie ces dernières années et ils sont étudiés avec soin par les scientifiques qui sont persuadés qu’ils se sont formés quand des pingos ont explosé.
Le chiffre de 7 000 « bulles » dont fait état l’agence TASS est nettement plus élevé que précédemment. La région a connu plusieurs exemples récents d’ouvertures de tels cratères provoquées par l’explosion du méthane suite au dégel du pergélisol provoqué par le changement climatique.
La branche Oural de l’Académie des Sciences de Russie est persuadée que la fonte du permafrost est la cause de la formation des bulles de gaz. Cependant, en certains endroits, le phénomène est quelque peu différent et ne se traduit pas par l’explosion de pingos. On assiste à la formation de bulles baptisées «toundra tremblante». Néanmoins, leur apparition à des latitudes aussi élevées est probablement liée, comme pour les pingos, à la fonte du permafrost liée elle-même à l’élévation globale de la température au nord de l’Eurasie au cours des dernières décennies.
Le méthane a montré des taux de concentration 1000 fois supérieurs à la normale, tandis que le dioxyde de carbone était 25 fois supérieur à la normale. Les premières mesures avaient montré des concentrations de méthane 200 fois supérieures aux niveaux habituels. On a recensé une quinzaine d’exemples de terrain sibérien instable en juillet dernier sur l’île Bely, un lieu fréquenté par les ours polaire, à environ 750 km au nord du cercle polaire arctique dans la mer de Kara. Un chercheur qui se trouvait sur le terrain a déclaré: «Chaque fois que nous retirions une touffe d’herbe et de terre, un jet de gaz jaillissait.».
Le dernier été a été anormalement chaud sur la Péninsule de Yamal, avec la température de l’air qui atteignait 35°C. Cette chaleur a eu un impact sur le pergélisol qui a fondu sur une surface plus vaste et une plus grande profondeur que par le passé. Cela a provoqué la formation de nouveaux lacs et des changements significatifs dans le paysage de la toundra.
Source: The Siberian Times.

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As I put it in several posts, in Russia, scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor ice and soil humps – known as a pingos – which they fear can soon erupt. A pingo can be as high as 70 metres and up to 600metres in diameter (see photo below)
According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.

An article in the Siberian Times informs us that scientists have discovered as many as 7,000 gas-filled ‘bubbles’ expected to explode in Actic regions of Siberia after an exercise involving field expeditions and satellite surveillance. A number of large craters, like the one in the photo below, have appeared in northern Siberia in recent years and they are being carefully studied by scientists who believe they were formed when pingos exploded.

The total of 7,000 “bubbles” reported by the TASS news agency is startlingly more than previously known. The region has seen several recent examples of sudden ‘craters’ caused by eruptions from methane gas released by the thawing of permafrost which is triggered by climate change.

The Ural branch of Russian Academy of Science says that thawing permafrost is a suspected reason for the cause of underground gas bubble formation. However, on some occasions, the phenomenon appears different from the exploding pingo events. These bubbles have been called ‘trembling tundra’. Nevertheless, their appearance at such high latitudes is most likely linked, like the pingos, to thawing permafrost which in is in turn linked to overall rise of temperature on the north of Eurasia during last several decades.

Methane has exceeded the norm 1,000 times, while carbon dioxide was 25 times above the norm. Initial measurements suggested methane levels 200 times above usual levels. Some 15 examples of this swaying Siberian ground were revealed last July on Bely Island, a polar bear outpost some 750 km north of the Arctic Circle in the Kara Sea. One research team account at the scene said: ‘As we took off a layer of grass and soil, a fountain of gas erupted.’

The last summer was abnormally hot for the Yamal peninsula, with the air temperature reaching 35°C. This heat impacted on the depth of seasonal thawing which grew deeper and spread wider than in the past, so causing the formation of new lakes and a noticeable change in the regional tundra landscape.

Source : The Siberian Times.

Exemple de pingo en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Cratère d’explosion de méthane en Sibérie (Crédit photo: Wikipedia)

Exemple de fonte de la toundra (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion / Reunion Island)

Dans son dernier bulletin diffusé le 18 avril 2017, l’OVPF indique qu’après une accalmie observée depuis le début du mois de mars, l’inflation du Piton de la Fournaise a repris depuis quelques jours, mais à un taux relativement faible par rapport à ceux observés en 2015, 2016 et début 2017. Cette reprise de l’inflation s’accompagne d’une légère sismicité. 22 séismes volcano-tectoniques superficiels ont été enregistrés sous les cratères sommitaux entre le 1er et le 17 Avril 2017, dont 10 pour la seule journée du 14 Avril. Lesconcentrations en CO2 dans le sol mesurées sur le flanc ouest du volcan (au niveau du gîte du volcan et au niveau de la Plaine des Cafres) montrent une tendance à la hausse.

Remarque personnelle : La situation actuelle est celle que l’on rencontre habituellement sur le Piton de la Fournaise. Une éruption est souvent suivie d’une phase calme, puis d’une reprise de l’inflation plus ou moins rapide qui correspond à la recharge du réservoir magmatique. Au vu des paramètres publiés par l’Observatoire, une éruption ne devrait pas avoir lieu dans le court terme.

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In its latest update released on April 18th, 2017, OVPF indicates that after a lull observed since the beginning of March, the inflation at Piton de la Fournaise picked up a few days ago, but at a relatively low rate compared to those observed in 2015, 2016 and early 2017. This resumption of inflation is accompanied by a slight seismicity. 22 superficial volcano-tectonic earthquakes were recorded beneath the summit craters between April 1st and 17th 2017, with 10 of them for the single day of April 14th. CO2 concentrations in the soil measured on the western flank of the volcano (at the level of the Gîte du Volcan and at the Plaine des Cafres) show an upward trend.
Personal remark: The current situation is quite usual for Piton de la Fournaise. An eruption is often followed by a calm phase and then a resumption of a more or less rapid inflation which corresponds to the recharge of the magmatic reservoir. Judging from the parameters published by the Observatory, an eruption should not occur in the short term.

Vue de la dernière éruption (Crédit photo: Thierry Sluys)

Les émissions de gaz du Poás (Costa Rica) // The gas emissions of Poás Volcano (Costa Rica)

Le Poás a connu un nouvel épisode éruptif vendredi matin. Le panache a atteint une altitude de plus d’un kilomètre et pouvait facilement être vu depuis plusieurs localités. La majorité des explosions n’expulsent que la vapeur d’eau, mais certaines projettent aussi des sédiments, des blocs et de petites quantités de cendre.
Selon OVSICORI, les panaches de gaz et de vapeur émis par volcan ont une incidence sur la qualité de l’air dans les zones habitées, avec des niveaux supérieurs aux valeurs autorisées de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Les habitants de San José, Alajuela, Heredia et Cartago inhalent des quantités élevées de dioxyde de soufre, de dioxyde de carbone et parfois des particules de cendre, qui peuvent avoir un effet négatif sur la santé.
La station de surveillance de la qualité de l’air située à Hatillo a enregistré en moyenne une concentration de CO2 de 81 parties par milliard, avec un pic maximum de 99,1, ce qui dépasse les limites de l’OMS de 75 ppb. Les stations de surveillance dans d’autres zones urbaines ont également enregistré de fortes concentrations de gaz. Les fortes émissions de SO2 et de CO2  mesurées près du cratère du volcan sont interprétées par les scientifiques comme un signe de magma juvénile près de la surface. La combinaison de ces gaz et des fortes pluies comme celle des derniers jours produit des pluies acides, qui causent des dégâts aux cultures, à la végétation et même aux structures métalliques.
En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Poás via la caméra thermique, ainsi que son activité le 21 avril 2017.
http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

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Poás Volcano went through another eruption Friday morning. The eruptive plume reached an altitude of over 1 kilometre and could be easily seen from many spots of the metropolitan areas. The majority of the events expel only water vapour but some also carry sediments, small rocks and small quantities of ash.

According to OVSICORI, the vapours of the volcano are affecting the quality of the air in the metropolitan area, shooting up the contamination to levels that exceed the permitted values of the World Health Organization (WHO).

Residents of San José, Alajuela, Heredia and Cartago are breathing high levels of sulphur, carbon dioxide and occasionally ash particles, that can have a negative effect in health.

The air quality monitoring station located in Hatillo, registered in average a concentration of carbon dioxide of 81 parts per billion (ppb), with a maximum peak of 99.1 ppb, which exceeds the WHO limits of 75 ppb. Monitoring stations in other urban areas also marked high concentrations of gases. The high levels of sulfur dioxide and carbon dioxide measured near the crater of the volcano are interpreted by scientists as a sign of fresh magma near the surface. The combination of this gases in the air and heavy rains like the ones experienced in the last few days create  acid rain, which causes damage in crops, vegetation, and even metallic structures.

By clicking on this link, you will see images of the volcano through the thermal camera, as well as its activity on April 21st 2017.

http://news.co.cr/gases-emanating-from-poas-volcano-are-affecting-the-quality-of-air-in-metropolitan-area-of-costa-rica/59712/

Source: The Costa Rica Star.

Incandescence dans le cratère le 22 avril au matin (Source: RSN)

Crédit photo: Wikipedia.