Forte hausse des émissions de CO2 en 2021 // Sharp rise of CO2 emissions in 2021

L’information n’est pas une surprise : un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indique que les émissions globales de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint des niveaux historiques en 2021, après la baisse induite par la pandémie de Covid-19 en 2020.
En 2021, les émissions de CO2 ont augmenté de 6 %, une hausse largement due à une augmentation spectaculaire de l’utilisation du charbon, en grande en partie à cause des prix record atteints par le gaz naturel.
Le rapport de l’AIE, qui ne prend pas en compte l’impact sur les prix de l’énergie provoqué par l’invasion russe de l’Ukraine, souligne l’équilibre délicat auquel sont confrontées les économies mondiales pour faire face à une pénurie d’approvisionnement, tout en continuant à investir dans les énergies renouvelables pour répondre à des ambitions climatiques plus larges.
Le 8 mars 2022, le prix du pétrole a atteint des sommets jamais observés depuis près de 14 ans. C’est le jour où les États-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé un arrêt des importations de pétrole et de gaz russes. L’Union européenne, qui dépend de la Russie pour environ 45% de ses besoins en gaz naturel, a déclaré qu’elle réduirait ses importations de deux tiers d’ici la fin de l’année. Selon les responsables de l’AIE, il existe de nombreux domaines où nous pouvons prendre des mesures qui permettent de réduire le pétrole et le gaz russes et, en même temps, nous rapprocher de notre trajectoire climatique.
Le charbon entre pour plus de 40% dans la hausse des émissions de CO2, en grande partie parce que le coût d’exploitation des centrales au charbon a été « considérablement inférieur » à celui des centrales au gaz pendant une grande partie de l’année 2021. Le passage du gaz au charbon a fait grimper de plus de 100 millions de tonnes les émissions de CO2 pour la production d’électricité, notamment aux États-Unis et en Europe où la concurrence entre les centrales à gaz et à charbon est la plus forte.
La Chine arrive en tête en matière de hausse des émissions de CO2, tirée vers le haut par une forte augmentation de la demande en électricité qui dépend fortement du charbon dans ce pays. La demande en électricité en Chine a atteint des records, avec une augmenté de 10 % en 2021.
Le rapport de l’AIE intervient quelques mois seulement après la COP 26 de Glasgow où les participants se sont engagés à réduire les émissions nocives afin de maintenir l’objectif climatique de la COP 21 qui s’engageait à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius d’ici le milieu du siècle. Rappelons que la Conférence de Paris n’avait pu aboutir à l’arrêt définitif de l’utilisation du charbon, mais seulement à une « réduction progressive », sous la pression de l’Inde et de la Chine qui sont les plus gros utilisateurs.
Malgré le fort rebond de l’utilisation des combustibles fossiles en 2021, l’AIE a déclaré que les énergies propres continuaient de gagner du terrain. Les sources d’énergie renouvelables et l’énergie nucléaire ont dépassé le charbon dans la production d’électricité à l’échelle de la planète.
Source : Yahoo Finances.

Parallèlement à cette hausse des ĖMISSIONS de CO2 en 2021, les CONCENTRATIONS de ce gaz dans l’atmosphère n’ont cessé de progresser elles aussi pour atteindre des niveaux record. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, même si les émissions baissent un jour, il faudra plusieurs décennies pour que les CONCENTRATIONS baissent et pour que l’atmosphère retrouve une propreté acceptable.

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The piece of news comes as no surprise : a new report by the International Energy Agency (IEA) indicates that global carbon dioxide emissions spiked to historic levels in 2021, offsetting the pandemic-induced decline from its previous year.

The 6% growth in CO2 emissions output was largely driven by a dramatic increase in coal usage brought on in part by record high natural gas prices.

The report, which does not include the impact from a rise in energy prices triggered by the Russian invasion of Ukraine highlights the delicate balance global economies must now face, in addressing a global supply shortage, while pushing for investments in renewable energy to stay in line with broader climate ambitions.

Oil prices climbed to near 14 years-highs on March 8th, 2022, as the U.S. and UK announced a ban on Russian oil and gas imports. The European Union, which relies on Russia for roughly 45% of its natural gas needs, said it would reduce imports by two-thirds by the end of the year. According to the IEA officials, “there are many areas [where] we can take steps which can help to reduce the Russian oil and gas, but at the same time bring us closer to our climate course.”

Coal accounted for more than 40% of the growth in CO2 emissions, largely because the cost of operating coal power plants were « considerably lower » that those of gas power plants for much of 2021. Gas-to-coal switching pushed up global CO2 emissions from electricity generation by well over 100 million tonnes, notably in the United States and Europe where competition between gas and coal power plants is tightest.

China led all nations in CO2 emissions growth, led by a sharp increase in electricity demand that relied heavily on coal power. Electricity demand in China grew by 10% in 2021, the largest ever experienced in China.

The IEA report comes just months after world leaders gathered in Glasgow to reaffirm their commitment to curb harmful emissions to maintain the Paris climate goal of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius by the middle of the century. While the pact stopped short of calls to eliminate the use of coal altogether, it called for a “phase down,” under pressure from India and China.

Even with a rebound in fossil fuel usage, the IEA said clean energy continued to gain market share. Renewable energy sources and nuclear power contributed to a higher share of global electricity generation than coal.

Source: Yahoo Finance.

In parallel with this increase in CO2 EMISSIONS in 2021, the CONCENTRATIONS of this gas in the atmosphere have also continued to increase to reach record levels. As I have repeatedly stated, even if emissions ever drop, it will take several decades for CONCENTRATIONS to decrease and for the atmosphere to return to acceptable cleanliness.

Concentrations de CO2 sur une année traduites par la Courbe de Keeling

L’île de Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) à nouveau accessible aux touristes

La nouvelle n’est pas vraiment surprenante. A l’approche de la saison touristique et sous la pression des commerces et hôtels locaux, le maire de Lipari a publié une ordonnance rouvrant l’accès à Vulcano aux non-résidents. Suite à une hausse de l’activité volcanique dans le cratère de La Fossa et à des émissions significatives de CO2 sur l’île proprement dite, les touristes n’étaient plus autorisés à débarquer à Vulcano.

La nouvelle ordonnance publiée le 1er février 2022 précise qu' »à la suite des valeurs de gaz enregistrées au cours des 15 derniers jours qui n’ont pas dépassé les niveaux d’alerte (tout en restant élevées) l’interdiction d’accès aux non-résidents est levée, mais certaines restrictions de précaution resteront en vigueur pour les personnes souffrant de maladies respiratoires auxquelles il est conseillé de ne pas séjourner dans la zone Rouge. Dans les maisons qui n’en disposent pas, des bouches d’aération devront être créées dans un délai d’un mois en raison de la nécessité de soumettre le territoire à des contrôles ultérieurs « Au cours d’une réunion, les insulaires ont également demandé l’organisation d’un plan d’évacuation simulé pour être bien préparés en cas de hausse brutale de l’activité au niveau du cratère.

Source: Giornale delle Eolie.

Remarque : Si le débarquement à Vulcano est autorisé, l’ordonnance ne précise pas les conditions d’accès au cratère qui reste probablement interdit. Rien n’est dit, non plus à propos de la zone Rouge autour de Porto Levante.

Par ailleurs, l’accès au Stromboli semble toujours limité à l’altitude 400 mètres. Le volcan n’est pas suffisamment stable pour pouvoir aller plus haut.

Cratère de La Fossa (Photo: C. Grandpey)

Bilan climatique 2021 (suite) // Climate assessment 2021 (continued)

Après le bilan ERA5, voici les données Copernicus, système satellitaire de l’UE, pour 2021. Les données de l’agence proviennent d’une constellation de satellites Sentinel en orbite autour de la Terre, ainsi que des mesures prises au niveau du sol. Selon Copernicus, 2021 a été la cinquième année la plus chaude, avec une chaleur record dans certaines régions. La quantité de gaz à effet de serre dans notre atmosphère a continué d’augmenter. 2021 a été la cinquième année la plus chaude jamais enregistrée, légèrement plus chaude que 2015 et 2018. Considérées ensemble, les sept dernières années ont été les sept plus chaudes jamais enregistrées.
L’Europe a vécu son été le plus chaud et des records de température ont été battus dans l’ouest des États-Unis et du Canada. Des incendies de forêt extrêmement violents en juillet et août ont réduit en cendres des villes presque entières et ont tué des centaines de personnes.
La température moyenne de 2021 a été de 1,1 à 1,2 °C au-dessus du niveau préindustriel, il y a environ 150 ans
L’agence Copernicus explique que le début de l’année a vu des températures relativement basses par rapport aux dernières années, mais qu’en juin les températures ont été parmi les quatre plus chaudes jamais enregistrées.
La Niña a contribué à générer des températures inférieures à la moyenne en Sibérie occidentale et orientale, en Alaska et dans le Pacifique central et oriental au début et à la fin de 2021.

En revanche, une vague de chaleur a balayé la Méditerranée en juillet et août, touchant particulièrement la Grèce, l’Espagne et l’Italie. En Sicile, 48,8 °C ont été signalés, battant le record d’Europe de température la plus élevée de 0,8 °C. Les températures élevées en Méditerranée orientale et centrale ont déclenché de violents incendies de forêt dans plusieurs pays.
Les deux principaux gaz à effet de serre ont encore atteint des niveaux impressionnants en 2021. Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint 414,3 parties par million l’année dernière, avec une progression semblable à celle de 2020. Les niveaux de méthane (CH4) dans l’atmosphère ont augmenté pour atteindre environ 1876 parties par milliard, un niveau jamais vu auparavant. La croissance du méthane a également été plus élevé qu’en 2020.
D’autres données sur les températures de 2021 seront publiées dans les prochains jours par d’autres agences, notamment la NASA et le Met Office britannique.
Source : Copernicus.

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After the ERA5 assessment, here is the 2021 Copernicus data from the EU’s satellite system.The Copernicus data comes from a constellation of Sentinel satellites that monitor the Earth from orbit, as well as measurements taken at ground level. According to this agency, 2021 was the fifth-warmest year, with record-breaking heat in some regions. The amount of warming gases in our atmosphere continued to increase. Copernicus data show that 2021 was the fifth-hottest on record, marginally warmer than 2015 and 2018. Taken together, the past seven years were the hottest seven years on record by a clear margin.

Europe lived through its warmest summer, and temperature records in western US and Canada were broken by several degrees. Extreme wildfires in July and August burnt almost entire towns to the ground and killed hundreds.

The 2021 average temperature was 1.1-1.2°C above the pre-industrial level around 150 years ago

The Copernicus agency explains that the start of the year saw relatively low temperatures compared to recent years, but that by June monthly temperatures were at least among the warmest four recorded.

La Niña contributed to below-average temperatures in western and eastern Siberia, Alaska, and the central and eastern Pacific during the start and end of 2021.

A heatwave swept through Mediterranean in July and August, particularly affecting Greece, Spain and Italy. In Sicily, 48.8C degrees was reported, breaking Europe’s record for highest temperature by 0.8°C. The hot temperatures in the eastern and central Mediterranean triggered intense wildfires in several countries.

The two main greehouse gases still reached impressive levels in 2021. Carbon dioxide concentrations reached 414.3 parts per million last year, growing at a similar rate to 2020. Methane levels in the atmosphere increased to reach about 1,876 parts per billion, a level never seen before. The growth rate of methane was also higher than in 2020.

More data about 2021’s temperatures will be released in the coming days from other agencies including from Nasa and the UK’s Met Office.

Source: Copernicus.

La courbe de Keeling montre l’évolution des concentrations de CO2 en un an. On est passé de 415 ppm à plus de 417 ppm (Source: Scripps Institution)

Vulcano (Iles Eoliennes)

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’ordonnance qui interdit à certains habitants de Vulcano de dormir dans leurs maisons situées dans la zone rouge a été prolongée jusqu’au vendredi 24 décembre 2021. L’objectif est de procéder à d’autres contrôles dans au moins une dizaine de maisons à l’aide de nouveaux instruments arrivés sur l’île. Il sera alors décidé s’il faut prolonger l’interdiction de dormir dans les maisons de cette zone, ou si les habitants seront autorisés à rentrer chez eux avec des restrictions, à l’exception des personnes fragiles.
Selon les volcanologues de l’INGV de Catane, la situation reste préoccupante sur l’île de Vulcano. Une nouvelle augmentation du dégazage au niveau des fumerolles peut encore être enregistrée, ainsi qu’une hausse de la température des gaz et de leur débit. Il peut aussi se produire une augmentation de la sismicité liée à l’activité hydrothermale et l’apparition de sismicité volcano-tectonique ainsi que des déformations du sol. Des phénomènes explosifs soudains tels que des explosions phréatiques peuvent également se produire. Beaucoup de questions restent sans réponse!
L’INGV ajoute qu’ il convient de surveiller en particulier la persistance du danger lié à la diffusion du CO2 depuis le sol et l’accumulation qui en résulte à proximité des zones d’émission vers la mer, dans les zones sous le vent, de bas niveau, et surtout dans les lieux fermés. L’atteinte de ces niveaux semble dépendre de l’intensité des émanations de gaz au sol et des conditions météorologiques, toutes deux très variables dans l’espace et dans le temps, rendant ainsi extrêmement difficile la prévisibilité des conditions localement dangereuses.

Au vu de ces déclarations, on se rend compte de l’aspect très aléatoire de la situation à Vulcano. Les nouvelles mesures permettront-elles d’en savoir plus sur l’évolution potentielle de cette situation? Pas sûr. Il ne serait pas surprenant que les scientifiques de l’INGV jouent la prudence et fassent valoir le principe de précaution. Il est fort probable que les mesures restrictives ne seront pas levées dans leur totalité.

Photo: C. Grandpey