Sacrés réseaux sociaux ! // Bloody social networks !

Les réseaux sociaux son terribles et ils ont le don de raconter tout et n’importe quoi. Beaucoup d’articles nous apprennent qu’une éruption serait « imminente » en Islande alors que personne ne sait si la lave percera la surface. Il y a effectivement les signes avant-coureurs d’une éruption (sismicité et déformation du sol) qui ont entraîné, par précaution, l’évacuation de Grindavik, mais la prévision éruptive s’arrête là. On ne sait pas ce que nous réserve la Nature pour les prochains jours. C’est elle, et pas les réseaux sociaux, qui commande l’actualité volcanique !

A côté de cela, la situation en Islande est une aubaine pour certains climato-sceptiques qui s’enfoncent dans la brèche pour affirmer que les volcans sont de plus grands pollueurs que les hommes et que les quantités de CO2 qu’ils libèrent sont bien supérieures aux émissions anthropiques.

Une telle affirmation est totalement fausse ! Si éruption il y a en Islande, elle n’émettra pas «plus de dioxyde de carbone que l’ensemble des émissions mondiales pendant plusieurs années, » comme on a pu le lire sur le réseau X. Un volcan n’émet pas « en deux semaines plus de Co2 que l’homme en un siècle, » comme on a pu le lire sur ce même réseau.

La vérité réside dans une étude américaine récente, publiée dans les Actes (Proceedings) de l’Académie nationale des Sciences. Elle explique que l’activité humaine émet chaque année environ 100 fois plus de CO2 que l’ensemble des volcans de la planète. En effet, les volcans rejettent chaque année autour de 280 à 360 millions de tonnes de CO2, ce qui est bien en-deça des émissions liées à l’activité humaine qui sont estimées, rien que pour l’année 2022, à plus de 40 milliards de tonnes.

Il faut tout de même noter que lors des éruptions majeures, les volcans peuvent avoir un impact sur le climat. Les aérosols émis en très grandes quantités peuvent faire chuter la température globales de quelques dixièmes de degré pendant des périodes relativement courtes. Là encore, cet effet sur la température globale n’a rien à voir avec l’impact des activités humaines qui contribue largement au réchauffement climatique que nous connaissons aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce que confirment les rapports du GIEC qui estiment que les causes naturelles, comme l’activité volcanique, ont très peu contribué au réchauffement climatique : moins de 0,1°C depuis plus de cent ans, alors que le réchauffement d’origine anthropique entraîne une hausse des températures de 0,2 °C par décennie.

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Social networks are terrible and they have the gift of talking about anything and everything. Many posts tell us that an eruption is “imminent” in Iceland while no one knows if lava will break through the surface. It’s true there are warning signs of an eruption (seismicity and ground deformation) which led, as a precaution, to the evacuation of Grindavik, but eruptive prediction does not go any further. We don’t know what Nature has in store for us in the coming days. It is Nature, and not social networks, that controls the news about volcanoes!
The situation in Iceland is also a godsend for certain climate skeptics who are asserting that volcanoes are greater polluters than humans and that the quantities of CO2 they release are much greater. to anthropogenic emissions.
Such a statement is completely false! If an eruption occurs in Iceland, it will not emit « more carbon dioxide than the total global emissions for several years, » as we can read on the X network. A volcano does not emit « in two weeks more CO2 than man in a century,” as we can read on this same network.
The truth lies in a recent American study, published in the Proceedings of the National Academy of Sciences. It explains that human activity emits around 100 times more CO2 each year than all the planet’s volcanoes. In fact, volcanoes release around 280 to 360 million tonnes of CO2 each year, which is well below the emissions linked to human activity which are estimated, for the year 2022 alone, at more than 40 billion tonnes.
ItHowever, it should be noted that during major eruptions, volcanoes can have an impact on the climate. Aerosols emitted in very large quantities can cause global temperatures to drop by a few tenths of a degree for relatively short periods. Here again, this effect on global temperature has nothing to do with the impact of human activities which largely contribute to the global warming that we experience today. This is also confirmed by the IPCC reports which estimate that natural causes, such as volcanic activity, have contributed very little to global warming: less than 0.1°C for more than a hundred years, while anthropogenic warming causes temperatures to rise by 0.2°C per decade.

En dépit des énormes quantités de gaz qu’ils libèrent, surtout lors des éruptions, les volcans émettent moins de CO2 que les activités humaines (Photo: C. Grandpey)

L’inquiétant réchauffement climatique en Europe en 2022 // Europe’s alarming global warming in 2022

Le rapport « The State of the Climate in Europe 2022 », publié conjointement par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et l’agence Copernicus, met en évidence des tendances alarmantes concernant le réchauffement climatique en Europe et ses conséquences sur la société et les écosystèmes.

Le rapport confirme que l’Europe connaît un réchauffement climatique deux fois plus rapide que la moyenne mondiale depuis les années 1980. En 2022, la température moyenne en Europe a été d’environ 2,3°C au-dessus de la moyenne de l’ère pré-industrielle (1850-1900). La température moyenne annuelle en Europe en 2022 se situe entre la deuxième et la quatrième plus élevée jamais enregistrée. Les années 2015 à 2022 ont été les huit années les plus chaudes jamais enregistrées dans tous les ensembles de données.

Sur la planète dans son ensemble, la température moyenne annuelle de surface en 2022 a été de 1,15°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle de 1850-1900. Ce chiffre est à comparer aux 2,3°C au niveau européen.

L’été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. L’Espagne a enregistré son quatrième été consécutif de sécheresse, affectant ses réserves d’eau qui sont descendues à 41,9 % de leur capacité totale. La France a connu sa période de janvier à septembre la plus sèche, et le Royaume-Uni et la Belgique leur période de janvier à août la plus sèche depuis 1976.

L’Europe a été frappée par plusieurs vagues de chaleur en 2022. L’une des plus sévères a eu lieu à la mi-juillet, avec des températures exceptionnelles dans de nombreux endroits. De nombreux records ont été battus par plus de 3°C, en particulier dans le nord de l’Angleterre et l’ouest de la France.

Au Royaume-Uni, la barre des 40°C a été franchie pour la première fois, avec une température de 40,3°C à Coningsby le 19 juillet 2022.

La France a été particulièrement touchée pendant la saison estivale avec trois vagues de chaleur. Une vague de chaleur anormalement précoce a débuté le mercredi 15 juin. Le 17 juin, des pointes ont été relevées à 41-42°C. Le 18 juin, des records absolus sont tombés. Biarritz, avec 42.9°C, a battu son record de chaleur tous mois confondus. L’indicateur thermique national a atteint la valeur la plus élevée jamais observée lors d’une mi-juin.

La France a traversé un nouvel épisode caniculaire entre le 12 et le 25 juillet, touchant particulièrement la façade ouest.

Une troisième vague de chaleur a commencé le 31 juillet en France. Le thermomètre a grimpé jusqu’à 41.8°C dans l’Aude le 12 août et a dépassé les 40°C sur de nombreuses stations.

Au final, la France a connu en 2022 son année la plus chaude depuis le début des relevés.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stockholm, publiée en novembre 2022, suggère qu’en plus des émissions de gaz à effet de serre, une part substantielle de la hausse des températures est liée à la diminution des aérosols en Europe. A cause des gaz à effet de serre, le climat est aussi devenu plus sec à travers le continent, en particulier dans le sud de l’Europe.

Les aérosols anthropiques sur de grandes parties de l’Europe auraient temporairement masqué, jusque 1980 environ, une partie du réchauffement dû à l’augmentation des gaz à effet de serre. Un renversement de tendance, avec diminution des aérosols au cours de la période 1979-2020, a entraîné une augmentation du rayonnement solaire atteignant la surface du continent européen.

Il faut dire également que les terres ont une capacité thermique inférieure à celle de l’eau, ce qui signifie qu’elles ont besoin de moins de chaleur pour élever leur température.

Parallèlement à la diminution des aérosols, la température en Europe s’est élevée considérablement au cours de la période 1991-2021, à un taux moyen d’environ +0,5 °C par décennie.

Source : global-climat.

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Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, on vient d’apprendre que le mois de juin 2023 a débuté par des températures planétaires élevées. La première moitié du mois a été la plus chaude depuis le début des mesures. Nous avons momentanément dépassé le seuil de 1.5°C, et la chaleur continuera probablement dans les semaines suivantes. Cette probabilité est d’ores et déjà confirmée par la chaleur exceptionnelle enregistrée en Corse le 20 juin 2023. Le thermomètre indiquait 40,2°C dans la ville de Sartène, un record absolu pour un mois de juin sur l’île. Une masse d’air très chaude provenant directement d’Afrique du Nord et la présence du sirocco ont contribué à cette élévation drastique de la température.

La limite de sécurité de 1.5°C établie par le GIEC est une moyenne décennale. Elle a déjà été franchie quelques fois de façon ponctuelle. L’agence Copernicus  cite notamment le mois de décembre 2015 ainsi qu’en février et mars 2016,  qui étaient une période de super-El Nino.

Autres fait particulièrement inquiétant, l’OMM indique qu’au mois de mai, la surface des océans a atteint des températures record. Cette surface réchauffe directement l’air au-dessus de l’eau, ce qui explique les températures élevées que la Terre subit actuellement.

Source : global-climat.

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The report « State of the Climate in Europe 2022 », published jointly by the World Meteorological Organization (WMO) and the Copernicus agency, highlights alarming trends in global warming in Europe and its consequences for society and ecosystems.
The report confirms that Europe’s climate has been warming twice as fast as the global average since the 1980s. In 2022, the average temperature in Europe was around 2.3°C above the average for the pre-industrial era (1850-1900). The average annual temperature in Europe in 2022 was between the second and fourth highest on record. The years 2015 to 2022 were the eight warmest on record in all data sets.
On the planet as a whole, the average annual surface temperature in 2022 was 1.15°C above the pre-industrial average of 1850-1900. This compares with 2.3°C at the European level.
The summer of 2022 was the hottest on record in Europe. Spain recorded its fourth consecutive summer of drought, affecting its water reserves, which fell to 41.9% of their total capacity. France experienced its driest January-September period, and the UK and Belgium their driest January-August period since 1976.
Europe was hit by several heat waves in 2022. One of the most severe occurred in mid-July, with exceptional temperatures in many places. Many records were broken by temperatures in excess of 3°C, particularly in northern England and western France.
In the UK, the 40°C mark was broken for the first time, with a temperature of 40.3°C in Coningsby on July 19th, 2022.
France was particularly hard hit during the summer season, with three heat waves. An unusually early heat wave began on Wednesday June 15th. On June 17th, highs of 41-42°C were recorded. On June 18th, absolute records were set. Biarritz, at 42.9°C, broke its all-month heat record. The national heat indicator reached its highest ever value for mid-June.
France experienced another heatwave between July 12th and 25th, particularly affecting the western seaboard.
A third heat wave began in France on July 31st. The thermometer climbed to 41.8°C in the Aude region on August 12th, and exceeded 40°C at many stations.
All in all, 2022 was France’s hottest year since records began.

A study by researchers at Stockholm University, published in November 2022, suggests that, in addition to greenhouse gas emissions, a substantial proportion of the rise in temperatures is linked to the depletion of aerosols in Europe. Because of greenhouse gases, the climate has also become drier across the continent, particularly in southern Europe.
Anthropogenic aerosols over large parts of Europe would have temporarily masked, until around 1980, part of the warming due to the increase in greenhouse gases. A reversal of this trend, with a decrease in aerosols over the period 1979-2020, has led to an increase in solar radiation reaching the surface of the European continent.
It should also be noted that land has a lower heat capacity than water, which means it needs less heat to raise its temperature.
In parallel with the decrease in aerosols, temperatures in Europe have risen considerably over the period 1991-2021, at an average rate of around +0.5°C per decade.
Source: global-climat.

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As bad news never comes alone, we’ve just learned that the month of June 2023 began with high planetary temperatures. The first half of the month was the hottest since measurements began. Our planet momentarily exceeded the 1.5°C threshold, and the heat is likely to continue in the weeks ahead. This probability is already confirmed by the exceptional heat recorded in Corsica on June 20th, 2023. The thermometer read 40.2°C in the town of Sartène, an absolute record for a month of June on the island. A very hot air mass coming directly from North Africa and the presence of the sirocco contributed to this drastic rise in temperature.
The IPCC safety limit of 1.5°C is a ten-year average. It has already been exceeded on a few occasions. The Copernicus agency cites December 2015 as well as February and March 2016, which were periods of super-El Nino.
In another particularly worrying development, the WMO reports that in May, the surface of the oceans reached record temperatures. This surface directly warms the air above the water, which explains the high temperatures the Earth is currently experiencing.
Source : global-climat.

 

Anomalie thermique pour l’Europe lors de l’été 2022 (Source : Copernicus)

Charles III : un vrai défenseur du climat? // Is Charles III a true climate advocate?

Lorsqu’il était Prince de Galles, le nouveau roi Charles III avait alerté à plusieurs reprises sur la menace que fait peser le réchauffement climatique. Dans son premier discours en tant que monarque, son plaidoyer pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre semble avoir pris du plomb dans l’aile : « Il ne sera plus possible de consacrer autant de mon temps et de mon énergie aux œuvres de bienfaisance et aux problèmes auxquels je tenais si profondément. » Il n’a pas mentionné les mots « changement climatique ». Cela fait la différence entre un activiste et un monarque.
Pendant plus de 40 ans, Charles a défendu des causes environnementales, y compris la nécessité d’abandonner les combustibles fossiles afin d’éviter une catastrophe climatique. En novembre, au début de la COP 26 à Glasgow, il a appelé les gouvernements du monde à commencer à « transformer radicalement notre économie actuelle basée sur les combustibles fossiles en une économie véritablement renouvelable et durable ».
Trois mois plus tard, la Russie lançait son offensive contre l’Ukraine, ce qui a profondément perturbé l’approvisionnement en pétrole et en gaz en Europe et au Royaume-Uni. Cela a remis en question l’engagement du gouvernement britannique d’atteindre zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Alors que la Russie interrompt les livraisons de gaz naturel, le continent européen se prépare à une crise qui fera monter en flèche les prix de l’énergie pendant les mois d’hiver et obligera les gouvernements à reprendre l’exploration pétrolière et à utiliser le charbon à un moment où les climatologues insistent pour que l’humanité passe immédiatement à des sources d’énergie renouvelables ; sinon, elle sera confrontée à des conséquences désastreuses comme celles observées cet été au Pakistan, en Europe et dans l’Ouest américain.
Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique vient d’annoncer des mesures pour tenter d’atténuer l’impact de la flambée des prix de l’énergie au cours des prochains mois. Elle a notamment suggéré de lever l’interdiction de la fracturation hydraulique et de donner le feu vert à de nouveaux forages pétroliers et gaziers en mer du Nord. Elle a également nommé Jacob Rees-Mogg, que les militants écologistes appellent un négationniste de la climatologie, pour superviser le secteur énergétique du pays. Madame Truss a également nommé Ranil Jayawardena au poste de secrétaire à l’environnement. Or, cet homme s’est prononcé contre l’installation de fermes solaires sur les terres agricoles.
Au fil des ans, Charles a été un champion de l’énergie solaire. En 2021, il a obtenu l’autorisation d’installer des panneaux au sommet de Clarence House, son ancienne résidence à Londres. Il a aussi encouragé l’expansion de la capacité solaire de l’Inde.

Reste à savoir si sa nouvelle fonction de roi – aux pouvoirs très limités en Grande Bretagne – lui permettra de reprendre son bâton de pèlerin environnemental.

Source : presse internationale.

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Outspoken about the threat posed by climate change when he was Prince of Wales, Charles III seemed to signal the end to his public advocacy for lowering greenhouse gas emissions in his first speech as king. He said: « It will no longer be possible to give so much of my time and energies to the charities and issues for which I cared so deeply. »

For more than 40 years, Charles had championed environmental causes, including the need to transition the global economy off of fossil fuels so as to avert a climate catastrophe. In November, at the start of COP 26 in Glasgow, he called on world governments to begin « radically transforming our current fossil fuel based economy to one that is genuinely renewable and sustainable. »

Three months later, however, Russia launched its war on Ukraine, disrupting oil and gas supplies for Europe and the U.K. in the process and throwing into doubt the British government’s pledge of reaching net zero greenhouse-gas emissions by 2050.

With Russia cutting off deliveries of natural gas, the continent is bracing for an energy crisis that will send energy prices skyrocketing during the cold winter months and cause governments to resume oil exploration and using coal at a time when climate scientists have warned that mankind needs to immediately transition to renewable sources of energy or face dire consequences such as those witnessed this summer in places like Pakistan, Europe and the American West.

The newly appointed Prime Minister Liz Truss has just announced measures to try to blunt the impact of skyrocketing energy prices over the coming months, including lifting a ban on hydraulic fracking and green-lighting new oil and gas drilling in the North Sea. She has also appointed Jacob Rees-Mogg, who environmental activists call a climate science denier, to oversee the country’s energy sector. Truss also named Ranil Jayawardena, who has spoken out against the installation of solar farms on agricultural land, as environment secretary.

Over the years, Charles has been a champion of solar power, winning approval in 2021 to install panels atop London’s Clarence House, his former residence, and praising India’s expansion of solar capacity. He has also delivered countless speeches on addressing climate change and written books on the topic.

In his first speech as King Charles III, he did not mention the words « climate change. » This makes the difference between being an activist and a monarch. It will be interesting to see if Charles’ new jog will allow fhim to go on fighting agains the warming of our planet.

Photo: C. Grandpey

Jour de la Terre : les volcans et notre environnement // Earth Day : volcanoes and our environment

Ces derniers jours en France, tous les bulletins d’information étaient focalisés sur l’élection présidentielle. Les médias ont laissé de côté la pandémie de Covid-19, et pas un mot n’a été prononcé sur le Jour de la Terre – Earth Day – le 22 avril. Comme je l’ai écrit précédemment, personne ne se soucie du sort de notre planète. Le Jour de la Terre a été créé le 22 avril 1970 pour sensibiliser le public aux effets nocifs de l’industrialisation sur l’environnement.
Dans son dernier article Volcano Watch, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) explique que la participation au Jour de la Terre peut se limiter à une démarche très simple comme éteindre la lumière en sortant d’une pièce. Pour nombreuses personnes – au moins aux Etats Unis – c’est une occasion de se renseigner sa propre empreinte carbone. C’est également le bon moment pour réfléchir à l’influence des événements naturels sur notre environnement.
Par exemple, on sait que la végétation disparaît sur les pentes d’un volcan juste après une éruption. Lors d’une puissante éruption, la flore et la faune sont détruites par la cendre, les gaz volcaniques, la lave ou même les lahars. Le paysage ainsi bouleversé semble inhospitalier au début, mais au bout d’un certain temps, les dépôts volcaniques se décomposent et libèrent des nutriments sur lesquels les plantes se développent. Dans la partie orientale de l’île d’Hawaii, exposée au vent et à l’humidité, les importantes précipitations accélèrent la croissance des plantes. En conséquence, la région peut passer d’une coulée de lave stérile à une forêt tropicale florissante en moins de 150 ans.
L’influence volcanique ne se limite pas à la surface du sol à proximité du volcan. Les panaches de cendres provenant de grandes éruptions peuvent bloquer temporairement le soleil, transformant le jour le plus clair en nuit la plus sombre. L’obscurité peut durer de quelques heures à quelques jours, jusqu’au moment où les particules de cendres sont redescendues à la surface de la Terre. Cependant, les plus petites particules restent en suspension dans la haute atmosphère et sont transportées par les vents sur des milliers de kilomètres. Ces particules sont des milliards de minuscules miroirs qui renvoient le rayonnement solaire dans l’espace. De la même façon, le SO2 se mélange aux gouttelettes d’eau dans l’atmosphère et bloque lui aussi le rayonnement solaire.

De grandes éruptions volcaniques peuvent bloquer le rayonnement solaire au point d’affecter brièvement le climat. Par exemple, l’éruption du Krakatau en Indonésie en 1883 a plongé la région dans l’obscurité totale pendant deux jours et demi et a fait baisser la température de la planète pendant cinq ans. L’éruption encore plus importante du Tambora en 1815 a provoqué «l’année sans été» en Europe et l’Amérique du Nord. Cependant, le refroidissement global généré par les éruptions volcaniques n’est que temporaire et n’est pas une solution à la crise du réchauffement climatique que connaît notre planète.
Les volcans émettent également des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais une seule éruption n’entraîne pas une hausse significative des températures à l’échelle de la planète. Une telle hausse a été observée il y a des millions d’années lorsque des événements volcaniques à grande échelle comme les Trapps de Sibérie ont duré des millions d’années et ont produit d’énormes quantités de lave à travers cette région. Ces éruptions ont produit des champs de lave constitués de nombreuses et vastes coulées de lave qui se sont empilées les unes sur les autres. L’éruption desTrapps de Sibérie a provoqué le plus grand événement d’extinction de masse jamais observé sur Terre. Les gaz volcaniques ont largement contribué à l’événement d’extinction, mais le magma a également mis le feu à d’énormes gisements de charbon souterrains qui ont libéré de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre.
Aujourd’hui, les activités humaines produisent chaque année 100 fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que les volcans de la planète. En d’autres termes, le Mont St. Helens devrait entrer en éruption plus de 3 500 fois par an pour atteindre les émissions anthropiques de CO2. Les volcans influencent notre environnement local et le climat mondial, mais il ne faut pas compter sur eux pour résoudre nos problèmes climatiques actuels.
Source : Surveillance des volcans, USGS, HVO.

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These last days in France , all the news bulletins were focused on the presidential election. The media left aside the Covid-19 pandemic, and not a word was pronounced about Earth Day which as supposed to be celebrated on April 22nd. As I put id before, nobody cares about the fate of our planet. Earth Day was first established on April 22, 1970, to raise awareness of some of the harmful effects industrialization was having on the environment.

In its latest Volcano Watch article, HVO explains that participating in Earth Day can be as simple as remembering to turn off the light when you leave a room. Many people use Earth Day as an opportunity to educate themselves on their own personal carbon footprint It is also the right moment to think about how natural events influence environmental change.

For example, vegetation disappears on the slopes of a volcano, following an eruption. Depending on the scale of the eruption, the surrounding flora and fauna have probably been devastated by some combination of ash, volcanic gas, lava, or lahars. The resulting landscape seems inhospitable at first, but over time the volcanic deposits break down and release nutrients on which plants thrive. On the windward and wet east side of the Island of Hawaii, the substantial rainfall drives faster rates of plant growth, meaning the region can go from a barren and young lava flow to a thriving rainforest in under 150 years!

Volcanic influence is not limited to the nearby ground surface. Ash plumes from large explosive eruptions can temporarily block out the sun, turning the clearest day into the darkest night. The darkness can last from hours to days, or until most of the ash particles make their way back down to Earth’s surface. However, the smallest particles remain suspended high in the atmosphere, carried by wind currents for thousands of kilometers. These particles are trillions of tiny mirrors reflecting solar radiation back into space. SO2 combines with water droplets in the atmosphere and blocks solar radiation in the same way. Large volcanic eruptions can block so much solar radiation in this way that they briefly impact the climate. For instance, the 1883 eruption of Krakatoa in Indonesia plunged the region into total darkness for two and a half days and lowered global temperature for five years. An even larger eruption from Mount Tambora in 1815 resulted in “the year without summer” across Europe and North America. However, global cooling brought on by volcanic eruptions is only temporary and is not a solution to the current climate change crisis our planet is currently experiencing.

Volcanoes also regularly emit greenhouse gases into the atmosphere, but we will not notice any significant rise in global temperatures due to a single volcanic eruption. For that, have to look back millions of years ago when volcanic events occurred, creating the Siberian Traps, for example. These were large-scale eruptions that spanned millions of years and spewed enormous amounts of lava across Siberia. They produced lava fields made up of numerous and extensive lava flows stacked on one another. The Siberian Traps eruption caused the largest identified mass extinction event on Earth. Emissions of volcanic gases were a major contribution to the extinction event, but the magma also ignited huge underground coal deposits that released vast amounts of carbon dioxide (CO2) and other greenhouse gases.

Today, human activities annually produce more than 100 times the greenhouse gas emissions than global volcanism. In other words, Mount St. Helens would have to erupt over 3,500 times a year to match human CO2 emissions. Volcanoes influence our local environment and global climate, but we should not rely on them to solve our current climate woes.

Source: Volcano Watch, USGS, HVO.

 

Les sabres d’argent dans le cratère Haleakala (Maui), les épilobes sur les flancs du Mont St. Helens (Etat de Washington) ; les arbustes d’‘ŏhi‘a lehua sur la lave du Kīlauea (Hawaii) sont des exemples de la rapidité avec laquelle la végétation réapparaît après une éruption volcanique (Photos : C. Grandpey) .