Rapport annuel sur l’Arctique // Arctic Report Card

Alors que la planète se réchauffe à la vitesse V, ce qui se passe dans l’Arctique, où les températures augmentent deux fois plus vite que dans le reste du monde, affecte de plus en plus les modes de vie dans l’ensemble de la planète.
Le 14 décembre 2021, une équipe de 111 scientifiques de 12 pays a publié le 16ème Rapport annuel sur l’Arctique. Vous verrez un résumé du Rapport dans l’excellente vidéo ci-dessous. Vous trouverez le Rapport dans son intégralité en cliquant sur ce lien:

https://www.arctic.noaa.gov/Report-card

Comme un contrôle de santé annuel chez un médecin, le Rapport fait le point sur les signes vitaux de l’Arctique : températures de l’air, températures de surface de la mer, glace de mer, couverture neigeuse, calotte glaciaire du Groenland, verdissement de la toundra et niveaux de photosynthèse des algues océaniques, tout en prenant en compte d’autres indicateurs de santé et facteurs émergents qui apportent une lumière sur les changements intervenus dans l’Arctique.
Comme le précise le Rapport, le réchauffement rapide d’origine anthropique continue d’être à l’origine de la plupart des changements et, en fin de compte, ouvre la voie à des perturbations qui affectent les écosystèmes et les communautés dans leur globalité.
La banquise arctique, indicateur majeur du changement climatique dans le monde, continue de rétrécir sous l’effet de la hausse des températures. En prenant en compte les données de 2021, les 15 plus faibles étendues de glace de mer pendant l’été se sont toutes produites au cours des 15 dernières années.
La banquise s’amincit également à un rythme alarmant en même temps que la glace pluriannuelle la plus ancienne et la plus épaisse de l’Arctique disparaît. Cette perte de glace de mer diminue la capacité de l’Arctique à refroidir le climat de la planète. Le phénomène peut également avoir un impact sur les systèmes météorologiques de basse latitude, avec une probabilité accrue de sécheresses, vagues de chaleur et tempêtes hivernales extrêmes.
De même, la fonte persistante de la calotte glaciaire du Groenland entraîne une hausse du niveau des mers dans le monde entier, avec un risque de plus en plus important d’inondations et d’érosion côtières pour un plus grand nombre de communautés.
Ce passage de la glace à l’eau a des conséquences évidentes dans tout le système arctique. Les huit principaux fleuves de la région déversent davantage d’eau douce dans l’océan Arctique. Fait remarquable et très inquiétant, le sommet de la calotte glaciaire du Groenland a connu ses toutes premières précipitations sous forme de pluie au cours de l’été 2021.

Ces évolutions ont profondément modifié l’Arctique aujourd’hui. Elles donnent également du crédit à de nouvelles modélisations qui montrent le risque pour l’Arctique de passer d’un système dominé par la neige à un autre dominé par la pluie en été et en automne au moment où la température de la planète se situera à seulement 1,5°C au-dessus de l’époque préindustrielle.
Cette hausse de température atteint actuellement 1,2°C. Cette évolution vers davantage de pluie et moins de neige transformera forcément les paysages, tout en favorisant un recul encore plus rapide des glaciers et le dégel du pergélisol. Le dégel du pergélisol affecte les écosystèmes mais contribue également au réchauffement climatique en permettant aux restes de plantes et d’animaux auparavant gelés de se décomposer en libérant de nouveaux gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Le dernier Rapport annuel sur l’Arctique souligne à quel point le recul des glaciers et la détérioration du pergélisol constituent des menaces réelles pour la vie humaine en raison des inondations et des glissements de terrain soudains qu’ils peuvent engendrer. Le Rapport appelle à des efforts internationaux coordonnés pour identifier ces dangers. Une intensification de la pluie dans l’Arctique ne fera que multiplier ces menaces.
Source : La Conversation.

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As the planet rapidly warms, what happens in the Arctic, where temperatures are rising twice as fast as the rest of the globe, increasingly affects lives around the world.

On December 14th, 2021, a team of 111 scientists from 12 countries released the 16th annual Arctic Report Card, a yearly update on the state of the Arctic system. You will see a summary of the Report in the excellent video below. You’ll find the whole report by clicking on this link :

https://www.arctic.noaa.gov/Report-card

Like an annual checkup with a physician, the Report assesses the Arctic’s vital signs, including surface air temperatures, sea surface temperatures, sea ice, snow cover, the Greenland ice sheet, greening of the tundra, and photosynthesis rates by ocean algae, while inquiring into other indicators of health and emerging factors that shed light on the trajectory of Arctic changes.

As the Report describes, rapid and pronounced human-caused warming continues to drive most of the changes, and ultimately is paving the way for disruptions that affect ecosystems and communities far and wide.

Arctic Sea ice, a central vital sign of global climate change, is continuing to shrink under warming temperatures. Including data from 2021, 15 of the lowest summer sea ice extents have all occurred in the last 15 years.

The sea ice is also thinning at an alarming rate as the Arctic’s oldest and thickest multi-year ice disappears. This loss of sea ice diminishes the Arctic’s ability to cool the global climate. It can also alter lower latitude weather systems to an extent that makes droughts, heat waves and extreme winter storms, more likely.

Similarly, the persistent melting of the Greenland ice sheet is raising seas worldwide, exacerbating the severity and exposure to coastal flooding and coastal erosion for more communities around the planet.

This transition from ice to water and its effects are evident across the Arctic system. The eight major Arctic rivers are discharging more freshwater into the Arctic Ocean. Remarkably, the summit of the Greenland ice sheet experienced its first-ever observed rainfall during summer 2021.

These developments point to a changed and more variable Arctic today. They also give credence to new modeling studies that show the potential for the Arctic to transition from a snow-dominated to rain-dominated system in summer and autumn by the time global temperatures rise to only 1.5 degrees Celsius above pre-industrial times.

The world has already warmed by 1.2°C. Such a shift to more rain and less snow will further transform landscapes, fueling faster glacier retreat and permafrost loss. The thaw of permafrost not only affects ecosystems but also further adds to climate warming by allowing previously once-frozen plant and animal remains to decompose, releasing additional greenhouse gases to the atmosphere.

This year’s report highlights how retreating glaciers and deteriorating permafrost are also posing growing threats to human life through abrupt and localized flooding and landslides. It urges coordinated international efforts to identify these hazards. More rain in the Arctic will further multiply these threats.

Source: The Conversation.

Eruption islandaise: des changements d’activité, mais toute prévision reste impossible ! // Icelandic eruption: changes in activity but no volcanic prediction !

Le Met Office islandais indique que l’éruption de Fagradalsfjall se poursuit au niveau de l’un des principaux cratères. Le cratère actif en ce moment est le cinquième à s’être ouvert sur la fracture le 13 avril 2021. Depuis le 27 avril, l’activité volcanique a été marquée par des fontaines de lave ininterrompues. Toutefois, cette activité s’est modifiée vers minuit le 2 mai ; depuis ce moment, l’éruption procède par impulsions. On observe des périodes d’intense activité d’une durée de 8 à 12 minutes et alternant avec des périodes de calme de 1 à 2 minutes. Les périodes intenses commencent par une forte activité, avec des fontaines de lave atteignant le plus souvent 100-150 m de hauteur, mais parfois 200 ou 300 mètres (voir la vidéo ci-dessous). Ces séquences d’activité intense sont parfaitement visibles sur le tremor dans les stations sismiques réparties autour du site éruptif. Hier soir, le cratère principal avait un comportement qui me rappelait celui d’un geyser, avec de brèves phases actives alternant avec des périodes de repos.

https://youtu.be/JX-H_sRMSUY

Les volcanologues islandais disent qu’il est difficile de déterminer la cause de ces changements intervenus dans l’activité volcanique. Il se pourrait qu’ils soient dus à des modifications dans le flux du magma, sa composition chimique ou celle des gaz, ou éventuellement des changements dans le conduit d’alimentation.

Páll Einarsson pense que les raisons peuvent être multiples et qu’il est trop tôt pour dire exactement ce qui explique ces changements. Il fait remarquer que vers la fin des dernières éruptions de l’Hekla, une activité similaire a été observée, même si les pauses et les séquences éruptives ont duré plus longtemps. Cependant, ces éruptions étaient différentes de l’événement actuel à Fagradalsfjall et elles mettaient en œuvre un type de magma différent. Il est donc difficile de faire une comparaison.

Un autre géophysicien pense que ce changement pourrait indiquer une baisse de l’activité volcanique. Il ajoute que l’éruption pourrait aussi réapparaître sur un autre site.

Un professeur de volcanologie à l’Université d’Islande a remarqué qu’à l’heure actuelle, l’éruption semble être beaucoup plus explosive qu’auparavant. Il explique que des explosions de lave comme celles observées ces dernières heures coïncident généralement avec une diminution de l’activité volcanique, mais il n’a pas précisé si l’éruption était en déclin ou en hausse.

En d’autres termes, personne ne sait ce qui va se passer maintenant… . !

 Compte tenu de ces changements d’activité, la taille de la zone de sécurité sur le site éruptif est en cours de réévaluation. Elle devrait désormais avoir un rayon de 500 mètres autour de l’éruption.

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The Icelandic Met Office indicates that the eruption in Fagradalsfjall continues through one main crater. The active crater is the fifth fissure opening that opened in the area on April 13th, 2021. Since April 27th, the volcanic activity was characterized by continuous lava fountains, but activity changed at around midnight on May 2nd, and has since  been showing pulsating behaviour. These pulses have intermittent active periods of 8-12 minutes, with 1-2 minutes of rest periods in between. The active pulses start with a strong fountain activity, with fountains reaching up to 100-150 m above ground level, and some even higher (see video below). These pulses are very apparent in the seismic tremor at seismic stations in a wide area around the eruption site. Last night, the main crater had a behaviour that looked like a geyser, with brief active phases, alternating with quiet periods.

https://youtu.be/JX-H_sRMSUY

Local volcanologists say it is not clear what is causing these changes in volcanic activity, but changes in magma flow, the chemical composition of magma/gas, or possibly changes in the volcanic conduit cannot be ruled out.

Páll Einarsson  states that the reasons for this can be many, and that it’s too early to tell what exactly is causing this transformation. He states that toward the end of the most recent eruptions at Hekla, a similar activity was seen, although the pauses and the bursts of eruption there lasted longer. However, those eruptions were different from the one by Fagradalsfjall mountain and involved a different kind of magma, making it hard to draw any conclusions.

Another geophysicist thinks that this change in the activity could indicate a reduced volcanic activity, but he adds that the eruption may possibly be looking for another place to reach the surface.

A professor of volcanology at the University of Iceland has noticed that at the moment the eruption seems to be much more explosive than before. He explains that explosive high lava jets such as this usually coincide with a decrease in volcanic activity, but did not state whether as a whole, the eruption is declining or increasing.

In other words, nobody knows…..

Considering these changes in activity, the size of the hazard area at the eruption site is being re-evaluated. It should be extended to a 500 metre radius from the eruption, due to a change in the volcanic activity.

Les changements au sommet du Kilauea (Hawaii) vus depuis l’espace // The changes at the Kilauea summit (Hawaii) seen from space

Les images radar d’amplitude (SAR) ci-dessous ont été acquises par le système satellitaire Cosmo-SkyMed de l’Agence Spatiale Italienne et montrent les changements intervenus dans la caldeira du Kilauea entre le 5 mai à 6h12 (heure locale) – au-dessus – et le 17 mai à 6h12  – au-dessous.
Le satellite envoie un signal radar à la surface du sol et mesure la force de la réflexion. Les zones claires indiquent une forte réflexion et les zones sombres une faible réflexion. Les fortes réflexions proviennent de surfaces irrégulières ou de reliefs qui pointent en direction du radar, alors que les réflexions faibles proviennent de surfaces lisses ou de pentes inclinées à l’opposé du radar.

L’image du 17 mai a été acquise après deux petites explosions de la bouche éruptive (i.e. l’Overlook Crater) au sommet du volcan. Les principaux changements par rapport à l’image du 5 mai comprennent: (1) un assombrissement de la zone au sud de l’Halema’uma’u, qui peut correspondre à l’accumulation de cendre sur la période de 12 jours entre les images; (2) un agrandissement de la bouche éruptive sur le plancher de Halema’uma’u ; sa superficie est passée d’environ 48 500 mètres carrés le 5 mai à environ 137 000 mètres carrés le 17 mai; et (3) le creusement d’une petite dépression (d’environ 60 000 mètres carrés) au niveau de la lèvre est de l’Halema’uma’u qui traduit l’affaissement d’une partie de la lèvre vers le puits d’effondrement en train de s’agrandir sur le plancher du cratère.
Source: HVO.

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The radar amplitude images below were acquired by the Italian Space Agency’s Cosmo-SkyMed satellite system and show changes to the caldera area of Kilauea Volcano that occurred between May 5th at 6:12 a.m. (local time) – above – and May 17th at 6:12 a.m. – below.

The satellite transmits a radar signal at the surface and measures the strength of the reflection, with bright areas indicating a strong reflection and dark areas a weak reflection. Strong reflections indicate rough surfaces or slopes that point back at the radar, while weak reflections come from smooth surfaces or slopes angled away from the radar.

The May 17th image was acquired after two small explosions from the summit eruptive vent. Major changes with respect to the May 5th image include: (1) a darkening of the terrain south of Halema‘uma‘u, which may reflect accumulation of ash over the 12-day period between the images; (2) enlargement of the summit eruptive vent on the floor of Halema‘uma‘u, from about 48 500 square metres on May 5th to about 137 000 square metres on May 17th; and (3) the development of a small depression (area of about 60 000 square metres) on the east rim of Halema‘uma‘u that reflects slumping of a portion of the rim towards the growing collapse pit on the crater floor.

Source: HVO.

Source: Agence Spatiale Italienne

Bogoslof Island et les caprices du volcan // Bogoslof Island and the volcano’s whims

drapeau-francaisAvec les nombreuses éruptions qui ont eu lieu depuis le mois de décembre, la morphologie de Bogoslof Island est en constante évolution. Le 31 janvier 2017, sa superficie était d’un peu plus d’un kilomètre carré, soit environ trois fois sa taille en décembre 2016. Cependant, cette nouvelle terre est fragile et pourrait bien être éphémère. Elle est très sensible aux assauts des vagues, et le littoral continuera probablement se modifier dans les prochains mois. Parfois, ces changements sont rapides. L’AVO propose une série d’images montrant à quel point l’île s’est transformée entre mars 2015 et janvier 2017.

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drapeau-anglaisWith the numerous eruptions that occurred during the past months, the shape of Bogoslof Island is constantly changing. As of January 31st 2017, it was just over 1 square kilometre, about three times its size in December 2016. However, this new land is fragile and may be short-lived. It is highly susceptible to wave erosion, and the shoreline will likely continue to change. Sometimes those changes are quick. A composite image shows how much the island morphed just between January 16th and 18th.

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Source: USGS / AVO.