Un été chaud, trop chaud, beaucoup trop chaud! // This summer is hot, too hot, much too hot !

Les conséquences du changement climatique sont parfaitement visibles en ce moment à travers le monde. Au cours des dernières semaines, plusieurs pays ont connu des températures très élevées alors que d’autres ont subi des déluges qui ont provoqué des inondations catastrophiques. Les incendies de forêt ont réduit en cendres des villes grecques et sont en train de détruire de vastes zones habitées en Californie. Les inondations ont envahi des parties du Laos et des vagues de chaleur submergent la Scandinavie et le Japon. Ce ne sont que quelques exemples du changement climatique dans ses formes les plus extrêmes.
En Grèce, les gens ont parfois dû sauter dans la mer Egée pour échapper aux flammes. Plus de 70 personnes sont mortes à ce jour, et certaines scènes de dévastation sont horribles. Les autorités ont déclaré trois jours de deuil national.
Nous sommes seulement en juillet et 2018 est déjà l’année la plus chaude que la Grèce n’ait jamais connue. Bien que les dernières semaines aient été moins chaudes et plus humides, il est presque certain que le temps chaud a contribué au dessèchement des forêts en Europe où le nombre de feu de forêts est de 43% supérieur à la normale. Des étés plus longs, une sécheresse plus intense et des températures plus élevées ne font qu’accroître le risque d’incendie.
On dispose de nombreuses preuves confirmant le lien entre l’intensification des incendies et l’activité humaine. La Grèce et une grande partie de la région méditerranéenne vont probablement se transformer en zones désertiques au cours des prochaines décennies, et certains signes indiquent que ce changement a déjà commencé. Au fur et à mesure que les arbres indigènes de la région disparaissent et que les zones urbaines s’étendent dans les forêts mal entretenues, le risque de voir se développer des feux de forêt augmente. Quelle qu’en soit la cause (incendies criminels, foudre ou négligence humaine), les incendies à grande échelle deviendront monnaie courante à mesure que les sécheresses s’intensifieront et que les vagues de chaleur deviendront plus fréquentes. Les vents tempétueux, comme ceux que l’on accuse d’avoir attisé les flammes en Grèce cette année et lors des énormes incendies au Portugal l’année dernière, peuvent rendre une situation déjà compromise tout à fait incontrôlable.
Dans l’ouest des États-Unis, 50 feux de forêt gigantesques – favorisés par une grave sécheresse – sont en train de brûler la végétation dans 14 États, en menaçant des zones habitées. Ils ont entraîné la fermeture d’une grande partie du Parc de Yosemite. Les feux de forêt qui ont ravagé la Sibérie au début du mois de juillet ont envoyé des panaches de fumée de l’autre côté de l’Arctique jusqu’en Nouvelle-Angleterre, à 6 500 kilomètres de distance. L’année dernière, les feux de forêt ont affecté le Groenland pour la première fois de son histoire.
Aux sécheresses viennent s’ajouter les pluies. Au Laos, après des jours de précipitations intenses, un barrage hydroélectrique en construction a cédé le 24 juillet. Des centaines de personnes sont portées disparues. Les températures globales plus élevées augmentent le taux d’évaporation et envoient donc plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère, ce qui rend les précipitations intenses plus fréquentes.
Au cours des dernières semaines, des records de température ont été enregistrés sur presque tous les continents. Le Japon a enregistré sa température la plus chaude de l’histoire – 41,1 degrés Celsius – quelques jours seulement après l’une des pires inondations jamais vécues par le pays.
En ce qui concerne les records, l’Algérie a enregistré la température la plus élevée jamais enregistrée en Afrique avec 51,1 ° C. Comme je l’ai déjà dit, à la fin du mois de juin, la température n’a jamais été inférieure à 42,2 ° C dans le Sultanat d’Oman, un record pour la température nocturne.
On respire mal, même dans des endroits normalement tempérés. Des températures avoisinant 37,7 ° C ont frappé des régions du Canada, entraînant une surpopulation dans les hôpitaux de Montréal où une nouvelle vague de chaleur est prévue cette semaine.
Selon les projections des climatologues, 2018 devrait être la quatrième année la plus chaude de l’histoire, après 2015, 2016 et 2017. Un nouvel épisode El Niño se profile à l’horizon si bien que l’année 2019 pourrait être encore plus chaude.

Source : Médias internationaux.

Nicolas Hulot vient d’appeler les partis politiques à mettre de côté leurs divisions pour « une union sacrée » en matière de lutte contre le changement climatique. Il a déclaré : « Nous venons de vivre une semaine d’extrêmes climatiques : incendies en Grèce et en Suède, record de température en France, inondation puis canicule au Japon. Les scientifiques nous préviennent : ‘ce n’est qu’une bande-annonce’. Pendant ce temps, nous regardons ailleurs. »

De belles paroles, mais qui ont peu de chances d’être suivies d’actes concrets. Pour preuve la réaction de  la secrétaire d’État auprès du ministre qui botte gentiment en touche quand on aborde avec elle la fin des investissements de la société Naval Energies dans l’hydrolien, un mois et demi seulement après avoir inauguré sa première usine de fabrication d’hydroliennes à Cherbourg.

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The consequences of climate change can clearly be seen around the world. In recent weeks, several countries have been affected by searing hot temperatures while others had to suffer downpours that caused disastrous flooding. Wildfires have ripped through towns in Greece and are destroying huge areas in California. Floods have submerged parts of Laos, and heat waves are overwhelming Scandinavia and Japan. These are striking examples of climate change in its deadliest forms.

People in Greece had to jump into the Aegean Sea to escape the flames. More than 70 persons have died so far, and some scenes are horrific. Authorities declared three days of national mourning.

We are only in July and it is already Greece’s hottest year on record Although the last few weeks have been mild and wet, it is nearly certain that the warm weather has played a role in drying out forests throughout Europe, where the number of fires this year is 43 percent above normal. Longer summers, more intense drought, and higher temperatures are all linked to greater fire risk.

Ample evidence links worsening fires with human activity. Greece and much of the Mediterranean region is projected to turn into desert over the next several decades, and there are signs that this shift has already begun. As the region’s native trees die off and urban areas expand into neglected forests, the risk of seeing wildfires develop is increasing. Whatever the ignition source (arson or lightning or human carelessness) massive wildfires will become more and more widespread as droughts intensify and heat waves get more common. Extreme winds, like those blamed for fanning the flames in Greece this year and during the huge fires in Portugal last year, can make an already disastrous situation uncontrollable.

Across western USA, 50 major wildfires are burning in parts of 14 states, favoured by a severe drought. The wildfires burning in Siberia earlier this month sent smoke plumes from across the Arctic all the way to New England, 6,500 kilometres away. Last year, wildfires burned in Greenland for the first time in recorded history.

And then there are the rains. In Laos, after days of downpours, a hydropower dam that was under construction collapsed on July 24th. Hundreds of people are reported missing. Higher global temperatures increase the evaporation rate, putting more water vapour in the atmosphere and making extreme downpours more common.

In recent weeks, high temperature records have been set on nearly every continent. Japan had its hottest temperature in recorded history – 41.1 degrees Celsius – just days after one of the worst flooding disasters the country has ever seen.

As far as rtecords are concerned, Algeria has registered the highest reliably measured temperature in Africa, 51.1°C. As I put it before, in late June, the temperature never dropped below 42.2°C in Oman, the highest night low temperature anywhere in the world.

Even in normally temperate places the air has been sweltering: Temperatures approaching 37.7°C hit parts of Canada, overwhelming hospitals in Montreal where another heat wave is imminent this week.

According to calculations from climate scientists this year is likely to become the world’s fourth warmest year on record globally, behind 2015, 2016, and 2017. With another El Niño on the way, next year could be even hotter.

Source : International news media.

Nicolas Hulot has just called on political parties to put aside their divisions for « a sacred union » in the fight against climate change. He said: « We have just experienced a week of climatic extremes: wildfires in Greece and Sweden, record temperatures in France, floods and heatwaves in Japan. Scientists warn us: ‘this is just gthe trailer of a major disaster.’Meanwhile, we are looking elsewhere. »
Nice words, but which are unlikely to be followed by concrete actions. Just observe the reaction of the Minister’s Secretary of State who gently refuses to answer when journalists tell her about the end of the investments of Naval Energies in the tidal turbines, a month and a half only after inaugurating its first manufacturing plant of tidal turbines at Cherbourg.

Les incendies de Californie vus depuis l’espace le 21 juillet 2018

(Crédit photo : NASA)

Fonte de la glace de mer arctique et la sécheresse en Californie // The melting of Arctic sea ice and droughts in California

Au début du mois de décembre 2017, des dizaines de milliers d’habitants ont été contraints de quitter leurs maisons menacées par des feux de forêts dans le sud de la Californie. Ils ont causé la mort d’au moins une personne et des pannes de courant dans toute la région. Ces feux de forêts interviennent après plusieurs autres qui ont détruit des parties entières de la  Napa Valley. Et ce n’est peut-être qu’un début.
En effet, les dernières recherches conduites par des scientifiques du Lawrence Livermore National Laboratory montrent que la Californie pourrait être touchée par des sécheresses beaucoup plus sévères et plus fréquentes dans un proche avenir.

À l’aide d’une nouvelle modélisation, les scientifiques ont découvert que la fonte rapide de la glace de mer dans l’Arctique pourrait entraîner une réduction de 15% des précipitations en Californie au cours des 20 ou 30 prochaines années. Une telle situation aurait de profondes répercussions dans un État où la sécheresse la plus récente a fait perdre plusieurs milliards de dollars à l’économie.
La dernière étude ajoute une dimension inquiétante à la situation difficile à laquelle la Californie est déjà confrontée pour s’adapter au changement climatique. Elle met l’accent sur la fonte de la glace dans les régions polaires, phénomène dont on a récemment découvert qu’il avait un impact direct et potentiellement dangereux sur la côte ouest des Etats Unis. Alors que les climatologues sont généralement d’accord sur le fait que l’augmentation des températures provoquée par le changement climatique a sérieusement accentué la sécheresse en Californie, des chercheurs se sont demandés si le réchauffement climatique était susceptible d’affecter également la quantité de précipitations dans cet Etat.
L’étude, publiée dans la revue Nature Communications, fournit des preuves convaincantes que c’est la réalité. Le modèle utilisé par les scientifiques se base sur le lien entre la disparition de la glace de mer dans l’Arctique et la formation de dorsales de hautes pressions au-dessus de l’Océan Pacifique. Ces dorsales repoussent les tempêtes hivernales loin de la Californie, ce qui provoque des sécheresses. Les scientifiques ont constaté que lorsque la glace de mer disparaît, il y a formation d’un plus grand nombre de dorsales.
Le modèle mis au point par les scientifiques révèle que, dans un tel contexte, les précipitations en Californie chuteraient en moyenne de 10 à 15% dans les décennies à venir, mais le déclin se manifesterait sporadiquement, en augmentant le risque de sécheresse. Certaines années, la diminution des précipitations provoquée par la diminution de la glace de mer dans l’Arctique dépasserait largement les 15%. Les autres années seraient plus humides que la normale.

L’étude conclut que l’incapacité à réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre pourrait avoir un impact sérieux sur la Californie et d’autres parties des Etats Unis. Cette conclusion contraste fortement avec la politique de l’administration Trump sur le réchauffement climatique, et sa volonté d’ignorer le consensus scientifique qui affirme que les activités humaines sont responsables.
Les mises en garde sur l’impact de la fonte de la glace de mer sur la Californie sont cautionnées par plusieurs éminents climatologues. Ils disent que si l’étude n’est qu’un des multiples modèles utilisés pour expliquer les impacts du réchauffement climatique, elle est confirmée par d’autres études qui ont signalé le lien entre la fonte de la glace de mer dans l’Arctique et la formation de dorsales atmosphériques susceptibles d’affecter la Californie.
Les auteurs de la nouvelle étude sont persuadés que le fait de pouvoir isoler l’effet de la fonte de la glace de mer sur l’atmosphère et ses conséquences sur le comportement de l’océan – avec les répercussions sur les précipitations en Californie – représente un grand pas en avant dans la recherche sur le climat.
Source: The Los Angeles Times.

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Early in December 2017, tens of thousands of residents were forced to flee their homes as a wildfire ripped through southern California. The fast moving fire caused at least one death and power outages throughout the area. This wildfire came after several more that destroyed parts of the Napa Valley in the State. And this might just be the beginning.

Indeed, California could be hit with significantly more dangerous and more frequent droughts in the near future as changes in weather patterns triggered by global warming block rainfall from reaching the state, according to new research led by scientists at Lawrence Livermore National Laboratory.

Using complex new modeling, the scientists have found that rapidly melting Arctic sea ice now threatens to diminish precipitation over California by as much as 15% within 20 to 30 years. Such a change would have profound economic impacts in a state where the most recent drought drained several billion dollars out of the economy.

The latest study adds a worrying dimension to the challenge California is already facing in adapting to climate change, and shifts focus to melting polar ice that only recently has been discovered to have such a direct, potentially dramatic impact on the West Coast. While climate scientists generally agree that the increased temperatures already resulting from climate change have seriously exacerbated drought in California, there has been debate over whether global warming would affect the amount of precipitation that comes to California.

The study, published in the journal Nature Communications, provides compelling evidence that it would. The model the scientists used homed in on the link between the disappearance of sea ice in the Arctic and the buildup of high ridges of atmospheric pressure over the Pacific Ocean. Those ridges push winter storms away from the state, causing drought. The scientists found that as the sea ice goes away, there is an increase in the formation of ridges.

Rainfall in California would drop, on average, 10% to 15% in the coming decades under the scientists’ model, but the decline would present itself sporadically, exacerbating the potential for drought. Some years the decline in rainfall because of diminished Arctic ice would be much steeper than 15%. Other years would be wetter than they otherwise would be.

The study finds that the failure to more rapidly diminish greenhouse gas emissions could have a serious impact on California and other parts of the country. The findings contrast starkly with Trump administration policy on warming, which ignores the mainstream scientific consensus that human activity is driving it.

The warnings about the impact of melting sea ice on California are being embraced by some prominent climate scientists. They say that while the study is just one of multiple models being used to project global warming impacts, it is bolstered by other studies that have signalled a connection between the ice melt in the Arctic and the buildup of atmospheric ridges affecting California.

The researchers are sure that being able to isolate the effect of melting sea ice on the atmosphere and the ocean’s response — and how it impacts precipitation in California — is a big step forward.

Source : The Los Angeles Times.

Effets des dorsales de hautes pressions sur le climat de la Californie (Source : Lawrence Livermore National Laboratory)

La montée des océans en Californie // Ocean rise in California

De nouvelles études sur le changement climatique révèlent que le niveau de l’Océan Pacifique au large de la Californie pourrait s’élever plus vite que prévu, avec des tempêtes et des marées hautes de plus en plus dévastatrices.
Le 26 avril 2017, le Conseil de la Protection de l’Océan a revu à la hausse ses prévisions sur la montée des eaux au large de la Californie, suite au réchauffement climatique. Ces prévisions permettent aux agences de l’État le plus peuplé des Etats Unis de prendre des mesures pour faire face aux conséquences du changement climatique. En effet, l’eau gagne de plus en plus de terrain et pourrait menacer les aéroports, les autoroutes et infrastructures situées au niveau de la mer, en particulier dans la Baie de San Francisco.
La découverte que la glace fond de plus en plus vite en Antarctique – région qui détient près de 90 pour cent de la glace de la planète – a largement motivé le changement de politique en Californie. Alors que les émissions de combustibles fossiles ne cessent de réchauffer l’atmosphère terrestre, la fonte de la glace en Antarctique devrait faire s’élever le niveau de  l’eau au large des côtes californiennes encore plus que dans le reste du monde. Les agences de l’État ont été invitées à tenir compte du changement climatique dans leur planification et la budgétisation.
Selon le Conseil de la Protection de l’Océan, dans le meilleur des cas, les eaux de la Baie de San Francisco pourraient monter de 30 à  70 centimètres à la fin de ce siècle. Ces chiffres supposent que le monde prenne des mesures plus drastiques qu’aujourd’hui pour réduire les émissions de combustibles fossiles.
Le scénario le plus pessimiste prévoit une fonte encore plus rapide de la glace antarctique, ce qui pourrait entraîner une hausse des eaux océaniques de la Californie de 3 mètres d’ici la fin de ce siècle. C’est 30 fois plus vite qu’au cours du siècle écoulé.
Les scientifiques expliquent que le changement climatique joue déjà un rôle dans des hivers extrêmes comme le dernier hiver en Californie, ce qui contribue à l’inondation de certaines autoroutes ainsi qu’à l’effondrement des falaises sous certaines maisons en bord de mer.
Source: Agences de presse.

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New climate-change findings have revealed that the Pacific Ocean off California may rise higher, and storms and high tides hit harder, than previously thought.

California’s Ocean Protection Council on April 26th 2017 revised upward its predictions for how much water off California will rise as the climate warms. The forecast helps agencies in the nation’s most populous state adapt to climate change as rising water seeps toward low-lying airports, highways and communities, especially in the San Francisco Bay Area.

Discoveries that ice sheets are melting increasingly fast in Antarctica, which holds nearly 90 percent of the world’s ice, largely spurred the change. As fossil-fuel emissions warm the Earth’s atmosphere, melting Antarctic ice is expected to raise the water off California’s coastline even more than for the world as a whole. State agencies have been asked to take climate change into account in planning and budgeting.

According to the Ocean Protection Council, in the best-case scenario, waters in the vulnerable San Francisco Bay likely would rise between 30 centimetres and 70 centimetres by the end of this century. However, that’s only if the world takes measures to reduce fossil-fuel emissions far more than it does now.

The worst-case scenario entails an even faster melting of Antarctic ice, which could raise ocean levels off California by 3 metres by the end of this century. That’s at least 30 times faster than the rate over the last 100 years.

Scientists say that climate change is already playing a role in extreme winters such as the past one in California, contributing to flooding of some highways and helping crumble cliffs beneath some oceanfront homes.

Source: Press agencies.

La Baie de San Francisco un jour sous les eaux?

Certains semblent avoir déjà anticipé le phénomène à Sausalito….

(Photos: C. Grandpey)

Activité sismique à grande profondeur en Californie // Deep seismicity in California

drapeau-francaisUne nouvelle étude publiée début octobre dans la revue Science nous apprend que des sismologues qui travaillaient sur le terrain en Californie du Sud ont détecté une activité sismique à une profondeur surprenante.

L’activité sismique profonde ou faible est souvent très difficile à contrôler, en particulier dans les zones urbaines, en raison de la distance entre les capteurs et du bruit causé par la circulation et les activités industrielles. Afin de mieux étudier ces micro signaux, un groupe de chercheurs a installé des détecteurs le long de la faille Newport-Inglewood (NIF), qui s’étire sur près de 80 kilomètres entre Culver City et Newport Beach, en Californie du Sud *.
On sait que la plupart des dégâts sont infligés par les séismes les plus puissants, mais les petits séismes comme ceux observés le long de la NIF se produisent beaucoup plus fréquemment, et leur localisation peut être utilisée pour mettre en évidence des failles actives et leur profondeur.
En filtrant le bruit, les chercheurs ont constaté que l’activité le long de la NIF était extrêmement profonde et fréquente comparée à des failles semblables dans la région. Ils se sont donc concentrés sur ce qui semble être le prolongement profond de la faille Newport-Inglewood dans le manteau supérieur. Les chercheurs pensent que ces signaux pourraient conduire à une meilleure compréhension de la profondeur à laquelle les séismes se produisent, et pourraient permettre de mieux comprendre la structure de la faille.
La profondeur surprenante de ces séismes soulève des questions sur la surveillance sismique. Les scientifiques ne savent pas si ces petites secousses se produisent à grande échelle et si on ne les a pas détectées sur d’autres failles en raison de la difficulté à contrôler les petits séismes profonds, ou si la NIF est unique avec une sismicité profonde qui s’étend jusqu’au manteau supérieur.
La faille Newport-Inglewood est également remarquable pour la fréquence de ses séismes. Ces derniers suivent d’habitude une loi d’échelle qui prédit le rapport entre le nombre de petits et grands séismes qui se produisent sur un segment spécifique d’une faille. Ce rapport est généralement constant. Cependant, les sismologues présents sur la FNI ont constaté que dans les parties les plus profondes de la faille le nombre de petits séismes est beaucoup plus important que le nombre de grands séismes. Ils pensent que ce rapport différent le long de la NIF est peut-être dû à des changements de température, de pression ou à la minéralogie des roches à ces profondeurs. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour en déterminer la véritable cause.
La fréquence et la profondeur différentes des séismes sur la NIF pourraient également signifier que la profondeur maximale de l’activité sismique est peut être beaucoup plus grande qu’on le pensait jusqu’à présent. Par exemple, le séisme de 2012 à Sumatra (Indonésie) a eu lieu sous l’Océan Indien à une bien plus grande profondeur que celle à laquelle les sismologues s’attendaient sur la base des mesures précédentes de sismicité. Depuis cet événement, les chercheurs se demandent si la même chose pourrait se produire sur des failles continentales, comme en Californie.
Jusqu’à présent, les recherches ne montrent pas que ces régions de failles profondes produisent des séismes plus puissants. Le dernier événement majeur le long de la faille Newport-Inglewood  a été le séisme de Long Beach, d’une magnitude de M 6.4, qui s’est produit au sud de Los Angeles le 10 mars 1933.
Source: Live Science

* En 2015, des scientifiques ont découvert une fuite d’hélium naturel en Californie du Sud. Ce phénomène a prouvé que la faille Newport-Inglewood était plus profonde qu’on le pensait, avec une connexion directe entre la surface de la Terre et le manteau. Les chercheurs ont trouvé des niveaux élevés de l’hélium-3 dans des puits de pétrole jusqu’à 3 kilomètres de profondeur dans le comté d’Orange, le long d’un tronçon de 48 kilomètres entre le Westside de Los Angeles et Newport Beach.

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drapeau-anglaisA new study published early in October in the journal Science informs us that seismologists working on the field in Southern California found seismic activity at deeper-than-expected levels.

Deeper or smaller seismic activity can be very difficult to monitor, especially in urban areas, due to the distance between seismicity monitors and the noise caused by traffic and industrial activities. In order to better see these so-called micro signals, a group of researchers deployed detectors along the Newport-Inglewood Fault (NIF), which stretches over nearly 80 kilometers, from Culver City to Newport Beach, in Southern California*.

Most of the damage is inflicted by large earthquakes, but these small earthquakes like the ones we observe at NIF occur much more frequently, and their location can be used to highlight active faults and their depth.

By filtering out the noise, the researchers found that activity along the NIF was unusually deep and frequent compared to similar faults in the region. They are concentrated in what appears to be the deep continuation of the Newport-Inglewood fault down into the upper mantle. The researchers said these signals could lead to a better understanding of the depths at which earthquakes can occur, and could further illuminate the structure of the fault.

The unexpected depths of these earthquakes raise questions about quake monitoring. Scientists don’t know whether these temblors are widespread and have simply been missed at other faults because of the difficulty in monitoring small, deep quakes, or, if the NIF is unique and somehow the fault has deep seismicity that extends to the upper mantle.

The Newport-Inglewood Fault is also remarkable in another way: the frequency of its quakes. Earthquakes statistically follow a scaling law that predicts the ratio between the number of small and large earthquakes that will occur on a specific fault segment. That ratio is generally constant. However, on the NIF seismologists found that for the deeper sections of the fault, the number of the small earthquakes is much larger than the number of large earthquakes. They suggested that the different ratio along the NIF could be due to changes in temperature, pressure or the mineralogy of the rocks at those depths, but said that further research is needed to determine the root cause.

The NIF’s unique frequency and depth of earthquakes could also mean that the maximum depth of seismic activity may be much deeper than was previously thought. For example, the 2012 Sumatra earthquake in Indonesia occurred deep beneath the Indian Ocean, penetrating much deeper than expected based on previous measures of seismicity. Since then, researchers have been wondering if something similar could happen on continental faults like in California

Fortunately, this research thus far does not show that these deep fault regions will produce larger earthquakes. The last major earthquake along the NIF was the M 6.4 Long Beach earthquake that struck south of Los Angeles on March 10th, 1933.

Source : Live Science.

*In 2015, scientists discovered a natural helium leak in Southern California. It revealed that the Newport-Inglewood fault was deeper than once thought, with a direct connection from the Earth’s surface to the mantle. They found high levels of helium-3 in oil wells up to 3 kilometers deep in Orange County, along a 48-kilometer stretch from Los Angeles’ Westside to Newport Beach.

nif

Faille Newport-Inglewood (Mine-engineer.com)

Suite à la diffusion de cette article, des précisions ont été apportées par l’ancien Directeur de l’Observatoire des Sciences de l’

Univers de Grenoble.  Je vous invite à les lire attentivement:

« Je voudrais apporter quelques précisions sur les magnitudes et les intensités. La magnitude est liée à l’énergie libérée sous forme d’ondes sismiques enregistrées par les capteurs. . L’énergie libérée totale comprend aussi l’énergie de déformation des roches et la chaleur libérée. Le rapport entre l’énergie sismique et l’énergie totale est appelé rendement sismique. On l’estime souvent (mais arbitrairement) à la valeur 0.1 .
La région épicentrale n’est pas obligatoirement la zone de plus forte intensité. Cette définition est purement théorique en supposant le séisme réduit à un point. On ne l’utilise que pour la détermination spatiale des séismes historiques. Dans la réalité, un séisme est une rupture qui se propage à quelques km/s le long d’une faille horizontalement et en profondeur d’où la notion de surface de la faille (déterminée à partir des répliques) qui intervient dans le calcul du moment sismique. On appelle foyer du séisme le lieu du départ de la rupture. L’épicentre est placé à la verticale du foyer. Si on regarde les isoséistes du séisme de Provence de 1909, les intensités maximales VIII et IX ont une enveloppe de forme elliptique allongée quasiment E-W de 25 x 10 km. L’épicentre se trouverait au centre de cette surface (entre Rognes et Lambesc). D’autre part, il existe des effets de site qui augmente le déplacement du sol donc l’intensité associée, et des effets de propagation des ondes sismiques comme par exemple en 1985 au Mexique, où les dégâts les plus importants ont été observés à Mexico située à 400 km de l’épicentre du séisme ».