Les tsunamis de l’Augustine (Alaska)

drapeau francaisSurplombant Kamishak Bay dans le sud de Cook Inlet, à environ 290 km au SO d’Anchorage, l’Augustine est le volcan le plus actif de la partie orientale de l’arc des Aléoutiennes. En 2006, sa dernière éruption a généré un nuage de cendres trois kilomètres de hauteur et émis suffisamment de lave pour créer un nouveau sommet. Ce sommet consiste actuellement en un complexe de dômes qui se chevauchent avec, en aval, sur 360°, de vastes pentes qui descendent vers la mer. Elles sont principalement recouvertes de dépôts de débris d’avalanche et de coulées pyroclastiques formés par des épisodes à répétition d’effondrement et de croissance du sommet du volcan.
Le dernier effondrement s’est produit en 1883 quand toute une partie de l’édifice volcanique a glissé dans la mer et a provoqué un tsunami qui a traversé Cook Inlet avant de rebondir sur la côte et prendre le chemin inverse. Comme le tsunami s’est propagé à marée basse dans une zone où l’amplitude des marées figure parmi les plus importantes sur Terre, le niveau de la mer s’est élevé d’environ 6 mètres, comme si la marée haute avait eu lieu plus tôt que prévu. Les chercheurs pensent que les dégâts se sont limités à l’inondation de quelques baraques sur le rivage.
Cependant, l’histoire des tsunamis provoqués par l’Augustine remonte à plus longtemps que quelques siècles. Un scientifique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks a récemment découvert des preuves d’un tsunami déclenché par l’Augustine il y a 4200 ans. Dans le secteur de Nanwalek, un village situé dans la partie sud de la péninsule du Kenai et à 80 km à l’est de l’Augustine, il a découvert de petits morceaux de bois et d’autres débris du tsunami dans une paroi de tourbe à 6 mètres au dessus d’une ligne correspondant au niveau de la mer à marée haute. Il a également observé au moins une douzaine de couches de cendre en provenance de l’Augustine ainsi que des volcans Katmai et Spurr. La datation des dépôts de tsunami a révélé plus de 4000 années, ce qui repousse les dernières dates connues d’environ 2000 ans.
Comme l’Augustine est entourée de pentes qui se déploient longuement vers la mer, il faut un énorme glissement de terrain  pour envoyer un raz-de-marée en direction de Nanwalek et ses 177 habitants. Bien que la majeure partie du village soit construite sur une haute terrasse au-dessus de la plage, un tsunami en provenance de l’Augustine à marée haute pourrait inonder la piste d’atterrissage et les zones le long de la plage. En se déplaçant,  la vague du tsunami inonderait probablement à marée haute les régions côtières de la partie sud de Cook Inlet jusqu’à plusieurs mètres au-dessus de la ligne de marée. En revanche, si le tsunami se déclenchait à marée basse, un tsunami en provenance de l’Augustine pourrait ne pas affecter véritablement les côtes.

Au vu de ce qui vient d’être écrit, on se rend compte de l’importance de l’amplitude des marées dans une zone exposée aux tsunamis.
Les scientifiques de l’Alaska Volcano Observatory contrôlent étroitement l’Augustine et les autres volcans de l’Alaska. Ils guettent les moindres signes d’éruption, tels que les déformations de l’édifice volcanique qu’ils peuvent détecter grâce aux récepteurs GPS installés sur leurs flancs.
Un modèle informatique a calculé qu’un tsunami généré par l’Augustine atteindrait Homer en  75 minutes environ. Il mettrait quatre heures pour arriver à Anchorage. En outre, en raison des caractéristiques des fonds marins, les tsunamis pourraient remonter plus loin le long de la côte. Selon l’état de la marée – haute ou basse – dans Cook Inlet, un tsunami déclenché par l’Augustine serait soit catastrophique, soit sans conséquences majeures. S’il se produisait à marée basse, il se pourrait même que les gens ne le remarquent pas.

Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisRising above Kamishak Bay in the southern Cook Inlet ,about 290 km SW of Anchorage, Augustine is the most active volcano of the eastern Aleutian arc. It last erupted in 2006, sending an ash cloud 3 km high and oozing enough lava to create a new summit. This summit is a complex of overlapping summit lava domes surrounded by an apron of debris that descends to the sea on all sides. The flanks consist mainly of debris-avalanche and pyroclastic-flow deposits formed by repeated collapse and regrowth of the volcano’s summit.

 The latest episode of edifice collapse occurred in 1883 when a part of the mountain tumbled into the sea and caused a tsunami that crossed Cook Inlet and bounced back again. Because the tsunami happened at low tide in an area with some of the largest tidal ranges on Earth, the sea rising 6 metres was almost the same as if high tide returned early. Researchers think the damage was limited to the flooding some low-lying shelters.

However, the history of Augustine tsunamis is more than a few centuries old.  A scientist at the University of Alaska Fairbanks recently found new evidence of an Augustine-generated tsunami dating back to 4,200 years ago. .

In Nanwalek, a village on the southern flank of the Kenai Peninsula and 80 km east of Augustine, the researcher found small pieces of wood and other tsunami debris in an eroded face of peat 6 metres above high-tide level today. He also discovered more than a dozen ash layers that came from Augustine as well as Katmai and Spurr mountains. The dating of tsunami deposits from more than 4,000 years ago extends the Augustine tsunami record by about 2,000 years.

Because Augustine is surrounded by wide apron, it takes a tremendous landslide to send a wave in the direction of Nanwalek (pop.177). Most of the village is built on a high terrace above the beach, but an Augustine-generated tsunami at high tide could inundate the airstrip and low-lying areas along the beach today. As the tsunami wave progressed, it would flood coastal areas around southern Cook Inlet to several metres above the tideline. Or, if it happened at dead low tide, another Augustine tsunami might not wet anything.

Scientists at the Alaska Volcano Observatory now watch Augustine and other Alaska volcanoes for signs of an eruption, such as changes in shape of the mountain they can detect with GPS receivers set up on their flanks.

A computer model calculated that an Augustine-generated tsunami would reach Homer in about 75 minutes. The travel time to Anchorage would be around four hours. Besides, because of sea floor characteristics, tsunamis could run up farther on the coastline. Depending on the state of the daily tides in Cook Inlet, a tsunami from Augustine would either be catastrophic or nothing to worry about. If it happened at low tide, people might not notice it.

Source: Alaska Dispatch News.

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Vues de l’Augustine, de ses vastes pentes, des dépôts pyroclastiques et de son sommet.

(Photos:  C.  Grandpey

Courses de traîneaux en Alaska et dans le Yukon

Février-mars en Alaska et dans le Yukon, c’est l’époque des courses de traîneaux. Pourtant, cette année, les conditions météo viennent perturber leur déroulement. L’Iditarod qui, normalement, établit un lien entre Willow (à côté d’Anchorage) et Nome (sur la côte ouest de l’Alaska) vient de voir son départ du 7 mars transféré à Fairbanks pour cause de manque de neige. C’est la deuxième fois en 43 ans qu’un tel événement se produit.

Dans le même temps, la Yukon Quest qui conduit en ce moment les mushers de Whitehorse à Fairbanks sur un parcours de 1600 kilomètres est soumise à des températures extrêmes, avec le thermomètre qui flirte en permanence avec les -40°C. On déplore plusieurs abandons – même parmi les concurrents les plus aguerris – et plusieurs attelages n’ont plus les 14 chiens du départ. La France est représentée par Nicolas Vanier qui a été contraint de laisser au repos cinq de ses chiens à l’occasion de l’étape à Pelly Crossing, un endroit superbe sur la Klondike Highway. Il va bientôt (dans quelque 280 km!) arriver à Dawson City, point milieu de la course. Dawson a connu une gloire incroyable au moment de la ruée vers l’or. C’est en souvenir de cette époque que le premier concurrent qui arrive à Dawson reçoit 4 onces (environ 120 grammes) de ce métal précieux.

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Attelage et parcours de la Yukon Quest (Source: Wikipedia).

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Dawson City, un village au milieu de nulle part  (Photo:  C. Grandpey)

Dans les pas de l’ours !

2015 devrait être pour moi l’année de l’ours, sans pour autant négliger le monde des volcans. C’est d’ailleurs en visitant le Parc du Katmai et la Vallée des 10 000 Fumées en Alaska que j’ai vraiment pénétré le monde des grizzlis.

Un livre intitulé « Dans les Pas de l’Ours« , écrit conjointement avec l’ami Jacques Drouin, vient de paraître. Il est disponible dans toutes les bonnes librairies et nous le proposerons lors de différentes manifestations auxquelles nous participerons.

Publié aux Editions Sequoia, l’ouvrage vous fera voyager des Pyrénées à l’Alaska en vous entraînant dans le monde passionnant de l’ours. Tantôt vénéré, tantôt haï, le nounours de notre enfance ne saurait laisser indifférent.

Voici une vue de la jaquette, histoire de vous mettre en appétit…

Couv-ours-corrigee

 

Une menace pour l’Arctique // A threat to the Arctic Ocean

drapeau francaisComme je l’ai écrit à plusieurs reprises, l’une des conséquences du réchauffement climatique sera la facilité d’accès aux ressources naturelles de l’Arctique, comme le gaz et le pétrole, qui étaient protégées jusqu’à présent par une épaisse couche de glace. Un événement récent a confirmé toutes mes craintes.
La compagnie pétrolière Shell affirme qu’elle prévoit de forer dans les eaux au large des côtes arctiques de l’Alaska en 2015, même si la récente chute des prix du pétrole l’a fait douter sur la nécessité de poursuivre ses prospections dans cette région de l’Arctique. Si Shell entreprend effectivement un forage dans la Mer des Tchouktches (voir carte ci-dessous) – qui dépendra de l’obtention des permis nécessaires et d’un été sans trop de glace – la compagnie prévoit d’investir plus d’un milliard de dollars dans ce projet.
Shell a dû affronter de nombreux obstacles avant de prévoir un forage dans la Mer des Tchouktches. La compagnie pétrolière a abandonné des projets de forage en 2014 à cause d’une baisse de ses revenus et d’un procès qui mettaient en doute la validité des concessions qu’elle détenait dans la région. En outre, des affaires comme la condamnation en justice de l’un de ses sous-traitants pour non respect de l’environnement et des mesures de sécurité, ont déjà frappé la compagnie.
Dans un communiqué, le directeur exécutif de Greenpeace Etats-Unis a déclaré: «La décision irresponsable de Shell de revenir sur le site des méfaits commis en 2012 dans l’Arctique dépasse l’entendement. Non seulement le géant mondial du pétrole veut continuer à forer dans l’Arctique avec Noble Drilling, une entreprise coupable de huit délits lors de sa dernière campagne de forage, mais également en sachant parfaitement que l’administration Obama prévoit à 75% un risque de marée noire catastrophique si les concessions dans la Mer des Tchouktches reçoivent le feu vert. »
Greenpeace demande à l’administration Obama – qui a récemment publié un nouveau plan de 5 ans interdisant les forages dans d’autres secteurs des mers des Tchouktches et de Beaufort – de mettre un terme à la concession accordée à Shell. Greenpeace a été rejoint par d’autres groupes environnementaux pour condamner le nouveau projet de forage. Le responsable américain des programmes de l’Arctique pour le compte du World Wildlife Fund a déclaré: «Le risque d’une marée noire à cause de forages d’exploration à risques est une menace pour les mers arctiques de l’Alaska et les personnes qui en dépendent. Après la série d’accidents et des erreurs lors de sa première campagne d’exploration de l’Arctique, la dernière initiative de Shell soulève de graves préoccupations. Aucune compagnie pétrolière ne devrait être autorisée à forer dans l’Océan Arctique quand elle ne dispose pas de moyens permettant de le faire en toute sécurité ni de solutions efficaces pour faire face à d’éventuelles marées noires. »
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs I put it several times, one of the consequences of global warming will be the easy access to Arctic natural resources like gas and oil that were once protected by a thick layer of ice. A recent event has confirmed all my fears.

The Shell oil company says it plans to drill in offshore waters in Alaska’s Arctic in 2015, although the recent steep drop in oil prices has cast doubts about whether the company would continue to pursue its Arctic prospects. If Shell does drill in the Chuckchi Sea (see map below) – which will depend on getting necessary permits and having a reasonably ice free summer – the company expects to spend more than $1 billion on the project.

Shell has faced numerous obstacles in its efforts to drill in the Chukchi Sea. The company scrapped plans to drill in 2014, facing a drop in earnings and a lawsuit that cast uncertainty on the company’s leases in the region. Besides, missteps, including the criminal conviction of one of Shell contractors for environmental and safety violations, have plagued the company so far.

In a statement, the U.S. executive director of Greenpeace said “Shell’s reckless decision to return to the scene of 2012’s Arctic crimes is stunning. Not only does the global oil giant wants to proceed in the Arctic with Noble Drilling, a contractor guilty of eight felonies from its last trip, but also with the knowledge that the Obama administration itself predicts a 75 percent chance of a catastrophic spill if the leases in the Chukchi Sea are developed. »

Greenpeace is calling on the Obama administration – which recently released a new 5-year offshore plan that places additional parts of the Chukchi and Beaufort seas off-limits to drilling – to stop the lease. Greenpeace was joined by other environmental groups in condemning the move. The managing director of U.S. Arctic programs for the World Wildlife Fund said: “The threat of oil spills from risky exploratory drilling threatens Alaska’s Arctic seas and the people who depend on them. After the series of accidents and errors during its first foray of Arctic exploration, today’s news from Shell raises serious concerns. No oil company should be drilling in the Arctic Ocean when there are no proven ways to do it safely and no viable means for cleaning up potential spills. »

Source: Alaska Dispatch News.

Chukchi-Sea-map

Source:  Wikipedia