Effondrement et fonte des Alpes

On l’a dit et redit: la montagne souffre et s’écroule avec le dégel du permafrost. Les glaciers souffrent eux aussi par manque ne neige dans leur zone d’accumulation. Ils reculent et s’amincissent. Tous les phénomènes liés au réchauffement climatique posent de plus en plus de problèmes aux alpinistes et à tous ceux qui fréquentent la haute montagne.

Début septembre, je me suis rendu dans le Pré de Madame Carle dans le Parc National des Ecrins. J’avais envie d’aller rendre visite au Glacier Blanc. Il faut compter aujourd’hui une bonne heure et demie de grimpette pour atteindre le point de vue sur son front.

Photo: C. Grandpey

Au cours des dernières décennies, le glacier descendait beaucoup plus bas et on voit sur la roche les traces laissées par son abrasion.

Source: Parc des Ecrins

Au cours de la montée vers le Glacier Blanc, on aperçoit à main gauche le front du Glacier Noir dont la masse disparaît sous une épaisse couche de matériaux qui a au moins le mérite de le protéger des rayons du soleil. Sans cette protection, le glacier n’existerait plus depuis longtemps. La superbe moraine qui s’étire le long de la vallée nous montre le niveau qu’atteignait la glace il n’y a pas si longtemps.

Photos: C. Grandpey

Je ne reviendrai pas sur la Mer de Glace qui, à elle seule, symbolise la catastrophe glaciaire.

Comme je l’ai écrit plus haut, le dégel du permafrost et la fonte des glaciers posent des problèmes aux alpinistes. Pour mieux vous en rendre compte, je vous conseille de consulter le blog de Manu Ibarra qui détaille, avec une foule de belles photos, les obstacles que l’on rencontre en haute montagne :

https://www.manu-ibarra-alpineguide.com/

L’auteur du blog a rédigé un article très intéressant intitulé « Futur de l’alpinisme estival dans les Alpes ». Il fait référence au compte rendu de La Chamoniarde du lundi 25 juillet 2022 qui dresse un tableau dramatique de l’état de la haute montagne. Le constat est alarmant et sans appel. En fondant, les glaciers perdent une grande partie de leur couverture neigeuse et offrent  une vision claire sur leurs crevasses. Plus en amont, leur manque d’alimentation ouvre de nouvelles crevasses inconnues et cachées sous des ponts de neige de plus en plus précaires. C’est ce que j’ai pu observer sur le glacier de la Girose où les guides locaux hésitent à s’aventurer.

Photo: C. Grandpey

On apprend grâce à ce blog que les secours en montagne ont opéré cet été plus du double de sauvetages en crevasses que l’an passé, avec de nombreux accidents mortels ou très graves.

Manu Ibarra explique que « les couloirs classiques disparaissent et deviennent de sordides déversoirs aux pierriers qui souvent les composent. » Des projets estivaux ont ainsi disparu tels que les couloirs du cirque glaciaire du glacier Noir.

Ce n’est malheureusement qu’un début. Le processus d’effondrement et de fonte de la haute montagne semble irréversible.

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La presse allemande vient d’apporter de l’eau à mon moulin en faisant état d’une nouvelle conséquence de l’accélération du réchauffement climatique dans les Alpes. La partie sud du glacier Schneeferner, dans les Alpes bavaroises a fondu pendant l’été 2022 et a perdu définitivement son statut de glacier. L’épaisseur de la glace n’atteint même plus 2 mètres à de nombreux endroits, et moins de 6 mètres aux endroits les plus profonds. C’est ce qu’ont révélé les mesures des radars à pénétration de sol réalisées en septembre. En 2018, cette épaisseur était encore de dix mètres. Parallèlement, la surface du glacier s’est réduite à moins de 1 hectare, soit environ moitié moins qu’en 2018.

Il ne reste plus que quatre glaciers dignes de ce nom en Bavière : la partie nord du Schneeferner, le Höllentalferner, sur le massif de la Zugspitze, ainsi que les glaciers de Watzmann et de Blaueis sur le massif de Berchtesgaden.

Un rapport publié il y a deux ans par le gouvernement bavarois avait mis en garde contre une fonte plus rapide que prévu des glaciers, dont le dernier pourrait disparaître complètement d’ici une décennie.

Source: Presse bavaroise.

Crédit photo: Wikipedia

 

 

 

Le point sur l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // Update on the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island)

Il aura fallu attendre 6 jours pour voir la couverture nuageuse se dissiper et obtenir enfin une vue de l’éruption du Piton de la Fournaise. Ce sont malheureusement les heures les plus spectaculaires qui sont restées invisibles. La webcam du Piton de Bert permet aujourd’hui de voir seulement un panache de gaz qui s’échappe d’une bouche éruptive.

Selon les dernières informations fournies par l’OVPF, l’amplitude du trémor éruptif est stable et se situe à environ 20% de son niveau initial. Les fontaines ont disparu et l’écoulement de la lave se fait principalement en tunnel, avec deux axes d’écoulement. Le front de lave actif se situe dans le secteur du cratère Château-Fort, vers 2 000 m d’altitude. On estime que depuis le début de l’éruption, le 19 septembre, le volume de lave émis est de l’ordre de 1,2 à 2,6 millions de mètres cubes. Le débit actuel est assez faible, entre 1 et 3 mètres cubes par seconde.

L’accès à l’Enclos reste interdit. L’éruption est visible depuis le Piton de Bert que l’on atteint à partir du parking Foc-Foc. Comme je l’ai écrit précédemment, un plan de circulation est mis en place depuis le 23 septembre afin d’éviter les embouteillages.

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It took the clouds 6 days to dissipate and finally offer a view of the eruption of Piton de la Fournaise. Unfortunately, the most spectacular hours could not be seen. Today, the Piton de Bert webcam allows to see a gas plume coming out of an eruptive vent.
According to the latest information provided by OVPF, the amplitude of the eruptive tremor is stable at about 20% of its initial level. The fountains have disappeared and the flow of the lava is mainly in tunnels, with two axes. The active lava front is located in the area of the Château-Fort crater, around 2,000 m above sea level. It is estimated that since the start of the eruption on September 19th, the volume of lava emitted has been about 1.2 to 2.6 million cubic meters. The current lava output is low, between 1 and 3 cubic meters per second.
Access to the Enclos remains prohibited. The eruption can be observed from Piton de Bert, which can be reached from the Foc-Foc car park. As I wrote previously, a traffic plan has been in place since September 23rd to avoid traffic jams.

Vue de l’éruption grâce à la webcam du Piton de Bert

Ça se bouscule sur les écrans autour des Krafft !

Le 6 juillet dernier, j’annonçais la sortie sur les écrans de « Fire of Love« , un documentaire de 93 minutes illustrant la vie de Katia et Maurice Krafft. Composé d’images spectaculaires capturées par le couple pour tenter de comprendre le mystère des volcans, et narré en off par la cinéaste et artiste américaine Miranda July, Fire of Love est un film d’aventure sur le temps, l’inconnu et le sens de l’existence humaine.

Vous accéderez à la bande-annonce en cliquant sur ce lien:

https://www.cineserie.com/movies/4842988/video/5149935/

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Aujourd’hui, c’est un nouveau documentaire qui est proposé par la chaîne ARTE. Intitulé « Au coeur des volcans, Requiem pour Katia et Maurice Krafft« , d’une durée de 81 minutes, il ne s’agit pas d’une nouvellee biographie, mais d’un hommage rendu au célèbre couple. On peut lire sur le site d’ARTE que Werner Herzog, le réalisateur, à l’aide « des captivantes archives cinématographiques des volcanologues, célèbre avec poésie la vie, brutalement interrompue en 1991, de deux chercheurs et preneurs d’images à l’oeuvre unique. »

Le film est disponible du 24/09/2022 au 29/11/2022. Vous pourrez d’ores et déjà le regarder en cliquant sur ce lien:

https://www.arte.tv/fr/videos/092967-000-A/au-coeur-des-volcans/

J’ai bien aimé ce documentaire, en dépit de longueurs et d’une musique parfois pénible dans la première partie. Certaines séquences, sur le Nevado del Ruiz et sur le Mont Unzen, par exemple, sont exceptionnelles et émouvantes. A noter que le geyser auprès duquel se trouve Katia ne se trouve pas dans le Parc de Yosemite; il s’agit du Lone Star Geyser à Yellowstone, mais c’est juste un détail.

Crédit photo: Wikipedia

Effets d’un séisme au Mexique sur la Vallée de la Mort (Californie) // Repercussions of a Mexican earthquake on Death Valley (California)

Ce n’est pas de la volcanologie, mais il s’agit d’un phénomène très surprenant qui a été observé dans la Vallée de la Mort suite au puissant séisme de M 7,6 qui a secoué la côte Pacifique du Mexique le 19 septembre 2022, tuant au moins deux personnes.
Les vibrations générées par le séisme ont été ressenties jusqu’à 2 400 kilomètres au nord, où des vagues de 1,20 mètre de haut ont commencé à s’agiter fortement à l’intérieur de Devils Hole, une cavité dans le Parc national de la Vallée de la Mort.
Une séquence vidéo du phénomène montre une vue d’en haut de la cavité au moment où l’eau, initialement calme, produit une série de vagues qui viennent s’écraser par intermittence sur les parois de la cavité pendant plusieurs minutes. D’un point de vue technique, il s’agit d’une seiche, une oscillation de l’eau que l’on observe lorsque des changements soudains se produisent dans un lac ou un plan d’eau partiellement fermé sous l’effet de petites secousses telluriques.
Devils Hole est une pièce d’eau géothermale au fond d’une cavité creusée dans le calcaire, dans une partie de la Vallée de la Mort près de la frontière entre le Nevada et la Californie. La cavité proprement dite a plusieurs dizaines de mètres de profondeur et la pièce d’eau relativement peu profonde sert de lieu de vie à une espèce marine en voie de disparition appelée Cyprinodontidae

(Cyprinodon salinus) et pupfish en anglais . Les poissons, dont la population s’élevait à seulement 175 individus début 2022, se nourrissent d’algues qui poussent sur une saillie rocheuse peu profonde et ensoleillée dans Devils Hole. La seiche déclenchée par le séisme a arraché les algues qui poussaient dans la grotte, ce qui réduit la nourriture des poissons à court terme. Cependant, un biologiste marin du National Park Service estime que les poissons seront probablement suffisamment résistants pour faire face au changement temporaire de leur environnement. En effet, ils ont survécu à plusieurs événements semblables ces dernières années, et aucun poisson mort n’a été retrouvé après l’arrêt de la dernière seiche.
Le séisme ressenti dans la Vallée de la Mort est le premier de deux événements puissants qui ont secoué le Mexique. Un deuxième séisme a été enregistré plus à l’intérieur des terres, près de la ville de Mexico, en début de journée le 22 septembre. Il avait une magnitude préliminaire de M 6,8, a fait osciller des bâtiments et a tué au moins une personne.
Source : Service des Parcs Nationaux.

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This is not volcanology, but a very surprising phenomeneon was observed in Death Valley following the M 7.6 earthquake tat shook Mexico’s Pacific coast on September 19th, 2022 and killed at least two people.

Repercussions of the earthquake extended as far as 2,400 kilometers north, where 1.20 meter-tall waves began churning inside Devils Hole, a cave in a Death Valley National Park.

Video footage of the phenomenon – technically called a seiche, when sudden changes are observed in a lake or partially enclosed body of water – shows a view of the cave from above as the initially still water erupts into a series of waves that roil and crash intermittently over the course of several minutes.

Devils Hole is a geothermal pool within a limestone cave, located in a section of Death Valley near the border of Nevada and California. The cave itself is several tens of meters deep, and its relatively shallow water level is crucial for an endangered marine species called pupfish that live there. The fish, whose naturally-occurring population totaled just 175 earlier this year, feed on algae that grows on a shallow, sunlit shelf in Devils Hole. Because the seiche triggered by the earthquake removed algae that had been growing in the cave, it will reduce the pupfish’s food supply in the short term. However, an aquatic ecologist with the National park Service, believes that the creatures may be resilient enough to withstand the temporary shift in their environment. Indeed, the pupfish have survived several of these events in recent years, and no dead fish was found after the waves stopped.

The Mexican earthquake was the first of two powerful events that shook the country. A second quake happened further inland near Mexico City, early on September 22nd. It was given a preliminary magnitude of M 6.8, and killed at least one person while causing buildings to sway.

Source: National Park Service.

Cette image fournie par le National Park Service montre les vagues provoquées par la seiche à l’intérieur de Devils Hole après le séisme au Mexique.

Cyprinodontidae male (à droite) et femelle (à gauche) – Source : Wikipedia