Les risques d’une vie sur les pentes du Mayon (Philippines) // The hazards of life on the slopes of Mt Mayon (Philippines)

Un article publié dans plusieurs journaux anglo-saxons décrit des scènes observées aux philippines sur le volcan Mayon. Elles sont très semblables à celles qui ont déjà été décrites lors de l’éruption du volcan Merapi en Indonésie en 2010.
Au début de l’article, la police locale interpelle une femme dont le village se trouve dans la zone de danger permanent et fait partie de ceux qui ont été évacués en raison du risque d’une violente éruption du Mayon. La femme explique qu’elle connaît les risques mais demande de rester quelques minutes de plus pour récupérer l’uniforme scolaire de sa fille et pour nourrir les cochons. Elle dit prier pour que l’éruption ne s’aggrave pas, car sa famille vit ici. Il leur est difficile de rester dans le camp d’évacuation où il y a trop peu de toilettes pour tant de monde et où il fait chaud. « Les enfants tombent malades. »
Son village, Calbayog, se trouve sur les pentes nord-est du Mayon et se situe bien à l’intérieur de la zone de danger permanent d’un rayon de 6 kilomètres. L’accès y est interdit, mais des milliers de villageois pauvres font fi des restrictions et continuent à y vivre depuis des générations. Des activités permettant de gagner un peu d’argent, comme l’extraction de sable et de gravier ; les visites touristiques se sont développées malgré l’interdiction et les fréquentes éruptions du Mayon, 53 depuis 1616.
Le clocher de pierre de l’église franciscaine de Cagsawa, qui date du 16ème siècle, dépasse du sol. Il représente un symbole de la fureur mortelle du Mayon. Le clocher est la seule chose qui reste de l’église qui a été ensevelie lors d’une éruption en 1814. Elle a tué quelque 1 200 personnes, dont beaucoup s’étaient réfugiées dans l’église située à environ 13 kilomètres du volcan.
Les milliers de villageois qui vivent dans la zone de danger du Mayon reflètent la situation critique de nombreux Philippins pauvres qui sont contraints de vivre dans des endroits dangereux à travers l’archipel, que ce soit près de volcans actifs comme le Mayon, sur des flancs de montagne exposés aux glissements de terrain, le long de côtes vulnérables, sur des failles sismiques, et dans des villages exposés à des crues soudaines. De plus, chaque année, une vingtaine de typhons et de tempêtes s’abattent sur les Philippines.
La plupart des habitants de Calbayog ont été évacués lorsque le Mayon a commencé à expulser doucement de la lave après plusieurs jours d’activité. Des journalistes ont été autorisés par la police à participer brièvement à une patrouille de contrôle maison par maison dans un quartier de Calbayog. Ils ont pu constater que certains habitants faisaient fi de l’interdiction et persistaient à vivre dans leurs maisons. Un villageois a expliqué à la police qu’il devait rester parce que les 40 coqs de combat qu’il élevait risquaient d’être volés s’il partait. Dans deux autres maisons, on pouvait entendre de la musique ou des émissions d’information à la radio, et dans au moins trois autres, du linge était suspendu au soleil.
À Mi-isi, un autre village situé bien à l’intérieur de la zone de danger permanent, un habitant se moque des mises en garde des autorités et des volcanologues. Il a déclaré : « Moi, je n’ai pas peur, mais les étrangers auront probablement une crise cardiaque s’ils vivent ici ». Il a ajouté qu’il ne savait plus combien de fois il avait été témoin de la fureur du Mayon. Il a survécu pendant des décennies grâce à sa ferme maraîchère, sa porcherie, sa cocoteraie et un travail intermittent pour le compte d’une carrière de gravier et de sable située à proximité.
En dépit de ces exceptions, le gouvernement philippin prend des mesures pour protéger la population. Depuis que le volcan a commencé à émettre de la lave, l’armée, la police et les autorités locales ont déplacé plus de 20 000 villageois de la zone de danger. Ces personnes ont été transférées vers 28 abris temporaires, principalement des écoles. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, la plupart des salles de classe étant désormais occupées par des foules de personnes évacuées et leurs effets personnels, les enseignants sont contraints de faire cours dans les couloirs, dans les chapelles et sous les arbres.
La crise éruptive du Mayon est un défi supplémentaire pour le président Ferdinand Marcos Jr, qui a pris ses fonctions en juin 2022. Il a hérité d’une économie mise à mal par la pandémie de coronavirus qui a aggravé la pauvreté, le chômage et la dette dans pays. Il s’est rendu à Albay pour distribuer des paquets de nourriture et rassurer les personnes évacuées sur l’aide du gouvernement. Il a aussi averti que l’éruption du Mayon pourrait se prolonger pendant des mois. Le nombre de villageois déplacés pourrait plus que doubler si l’éruption du Mayon devenait violente et mettait des vies en danger.
Par le passé, on a relogé des milliers de villageois dans des maisons loin du Mayon, mais beaucoup sont retournés sur ses pentes fertiles du volcan en raison de l’insuffisance des moyens de subsistance dans les sites de réinstallation établis par le gouvernement. Le manque d’emplois et d’opportunités ailleurs oblige les gens à continuer à risquer leur vie en cultivant des légumes et en cherchant d’autres sources de revenus sur les pentes du volcan. Ils sont confrontés à une sorte de roulette russe qui oscille entre la vie et la mort.
Sources : ABC News, The Independent, BBC World.

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Dernière minute : Environ 18 999 personnes issues de 5 466 familles sont actuellement hébergées dans 28 centres d’hébergement provisoire établis, généralement dans des salles de classe de la province d’Albay, en raison de l’éruption du Mayon. Cependant, le nombre total de personnes déplacées est plus élevé, car beaucoup ont trouvé refuge auprès d’amis et de parents.
On apprend aujourd’hui qu’au moins 628 personnes déplacées, âgées de 2 à 64 ans, sont tombées malades dans les centres d’hébergement. C’est ce qu’indique un rapport publié par le Conseil national de gestion des catastrophes. Ces personnes ont contracté diverses affections comme la fièvre, la toux, la gastro-entérite, les infections respiratoires aiguës et les maladies de peau.
Le gouvernement provincial, qui a déclaré l’état de catastrophe naturelle, a apporté une aide importante aux localités touchées. Environ 1,47 million de dollars d’aide ont été distribués. Cette aide comprend des produits de première nécessité tels que de l’eau distillée, des kits d’hygiène, des tentes et des matériaux pour les abris, des paquets de nourriture pour les familles, des kits de couchage et du combustible.
Le niveau d’alerte du Mayon est maintenu à 3. Le passage au niveau d’alerte 4, qui suppose une éruption potentiellement explosive dans les heures ou les jours à venir, n’est pas à l’ordre du jour pour le moment
Source : Médias philippins.

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An article publisehed in several Anglo-saxon newspapers describes scenes on Mount Mayon (Philippines) very similar to those that had already been described during the 2010 eruption of Mount Merapi in Indonesia.

At the beginning of the article, the local police spots a woman whose village lies within the danger zone and is among those that have been evacuated beccause of the risk of a violent eruption of Mt Mayon. The woman said she knew the risks but begged to stay a few minutes more to get her daughter’s school uniform from their shack and feed her pigs. She sys she is praying this eruption won’t get worse because the livelihood of her family is here and it’s difficult to stay in the evacuation camp with few toilets for so many, and the heat. ” Children are getting sick there.”

Her village, Calbayog, lies in Mayon’s northeastern foothills and is well within the 6-kilometer radius permanent danger zone. Entry is prohibited, but thousands of poor villagers have flouted the restrictions and made it their home for generations. Lucrative businesses such as sand and gravel quarrying and sightseeing tours have also thrived openly despite the ban and the mountain’s frequent eruptions which amount to 53 since 1616.

A terrifying symbol of Mayon’s deadly fury is the belfry of the 16th-century Franciscan stone church of Cagsawa which protrudes from the ground. It’s all that’s left of the church that was buried in an 1814 eruption which killed about 1,200 people, including many who sought refuge in the church, about 13 kilometers from the volcano.

The thousands of villagers who live within Mayon’s danger zone reflect the plight of many impoverished Filipinos who are forced to live in dangerous places across the archipelago, near active volcanoes like Mayon, on landslide-prone mountainsides, along vulnerable coastlines, atop earthquake fault lines, and in low-lying villages often engulfed by flash floods. Each year, about 20 typhoons and storms lash the Philippines.

Most residents were evacuated from Calbayog when Mayon started to gently expel lava after days of unrest. Journalists were allowed by police to briefly join a house-to-house patrol of a Calbayog neighborhood and saw a few defiant residents still in their houses. One villager insisted to police that he had to remain because the 40 roosters he had bred for cockfights might be stolen if he left. Dance music or radio news broadcasts could be heard at two houses, and at least three others had laundry hanging on clotheslines in the sun.

At Mi-isi, another village well inside the permanent danger zone, one resident laughed off warnings from authorities and volcano scientists. He said : « I’m not scared, but outsiders will probably have a heart attack if they live here.” He added that he had lost count of the times he had witnessed Mayon’s fury. He has survived for decades thanks to his vegetable farm, piggery, coconut grove and on-and-off work as caretaker of a nearby gravel and sand quarry.

Despite these exceptions, the Philippine government is taking mrasures to protect the population. Since the volcano began expelling lava, soldiers, police and local officials have moved more than 20,000 villagers from the danger zone in forced evacuations to 28 temporary shelters, mostly schools. As I put it in a previous post, with most classrooms now crammed with impoverished evacuees and their belongings, teachers have been forced to hold classes in school corridors, in chapels and under trees.

The crisis is an additional challenge for President Ferdinand Marcos Jr., who took office in June 2022 and inherited an economy battered by the coronavirus pandemic, which deepened poverty, unemployment, hunger and the country’s debt. He has flown to Albay to hand out food packs and reassure the evacuees of government help, but warned that Mayon’s gentle eruption may drag on for months, keeping them away from their homes. Indeed, the number of displaced villagers could more than double if Mayon’s eruption turns violent and life-threatening.

Thousands of villagers have been given homes away from Mayon in the past, but many returned to its fertile slopes because of inadequate livelihood options in government-established relocation sites. The lack of jobs and opportunities elsewhere forces people to continue risking their lives farming vegetables and scrounging for other sources of income at the foot of the volcano. It’s a kind of Russian roulette.You either get lucky or you get killed.

Sources : ABC News, The Independent, BBC World.

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Latest : Around 18 999 individuals from 5 466 families are currently being housed in 28 established evacuation centers, typically in school classrooms, throughout Albay province, because of the Mayon eruption. However, the total number of displaced persons is higher, with many seeking refuge with friends and relatives.

We learn today that at least 628 displaced persons, aged between 2 to 64 years old, have fallen ill in evacuation centers, according to a report released by the National Disaster Risk Reduction and Management Council. These persons have contracted various illnesses, including fever, coughs, colds, gastroenteritis, acute respiratory infection, and skin disease.

The provincial government, which has declared a state of calamity, has extended significant assistance to the affected communities. About 1.47 million dollars of aid have been dispensed. This assistance includes necessities such as distilled water, hygiene kits, tents and shelter materials, family food packs, sleeping kits, and fuel.

The alert level for Mayon is kept at 3. A rise to Alert Level 4, suggesting a potentially explosive eruption within hours to days, is not anticipated at present.

Source : Philippine news media.

Crédit photo: Wikipedia

Crédit photo: Phivolcs

Arrêt (momentané?) de l’éruption du Kilauea (Hawaii)) // The Kilauea eruption has (momentarily?) paused

11 heures : La nouvelle est vraiment surprenante. Le HVO vient de m’envoyer un message indiquant que  » l’éruption sommitale du Kīlauea s’est interrompue. L’activité éruptive, qui restait confinée au cratère de l’Halemaʻumaʻu, a rapidement diminué dans l’après-midi du 19 juin 2023 « . J’ai regardé les images de la webcam hier soir avant d’aller me coucher et la bouche dans la partie sud-ouest du cratère était encore très active.
La circulation de la lave dans le lac de lave sud-ouest a ralenti suite à cet événement et la surface du lac a baissé de plusieurs mètres. Simultanément à la chute d’activité, le tremor éruptif a également commencé à diminuer. De plus, les tiltmètres de la région sommitale ont montré une inflation rapide après avoir connu une déflation régulière depuis le 17 juin au matin
Aucune activité particulière n’a été observée sur les zones de rift Est et Sud-Ouest ;
Source : HVO.
Bien entendu, personne ne sait ce qui va se passer maintenant. La pause actuelle pourrait être de courte durée et l’activité éruptive pourrait reprendre dans quelques heures. Une autre hypothèse est qu’il pourrait y avoir un blocage dans le système d’alimentation du volcan et le magma pourrait alors suivre une autre trajectoire sous le volcan, avec migration de l’éruption vers un autre secteur. Seule Madame Pelé a la réponse aux questions que nous nous posons…

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20 heures : L’éruption sommitale Kīlauea est toujours à l’aeeêt, après le déclin rapide de l’activité de la bouche SO et du lac de lave le 19 juin 2023. Au cours des dernières heures, les images des webcams ont montré des points d’incandescence de la lave sur le plancher du cratère. L’activité sismique dans la région sommitale est actuellement faible. Le tilt montre toujours une tendance inflationniste dans la région sommitale. Le HVO s’efforce de déterminer si des changements sont intervenus dans les émissions de gaz volcaniques pendant la phase d’arrêt de l’éruption. Les émissions de SO2 atteignaient environ 6 300 tonnes par jour le 16 juin, alors que l’activité éruptive était encore intense. Aucune activité particulière n’a été observée le long de la zone de rift Est ou de la zone de rift Sud-Ouest ; les deux zones présentent des niveaux réguliers mais faibles de déformation du sol et de sismicité.
Source : HVO.

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11:00 a.m. : The piece of news comes as a surprise. HVO has just sent me a message saying that « the summit eruption at Kīlauea volcano has paused. Eruptive activity, which has been confined to Halemaʻumaʻu crater, rapidly declined in the afternoon of June 19th, 2023 ». I had a look at the webcam images last night before going to bed and the vent in the southwestern part of the crater was still very active.

Circulation of the southwestern lava lake slowed thereafter, and the lake’s surface dropped by several meters. Simultaneous with the decline in vent activity, the seismic tremor started dropping too. Also, tiltmeters in the summit region detected a quick transition to inflationary tilt after tracking steady deflationary since the morning of June 17th.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone;

Source : HVO.

Of course, nobody knows what will happen next. The current pause might be short-lived and eruptive activity might start again in a few hours. Another hypothesis is that there might be a plug in the volcano’s feeding system and magma might follow another track beneath the volcano, with the eruption migtating somewhere else. Let’s wait what Madame Pele has decided…

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8:00 pm : The summit eruption at Kīlauea volcano is still paused, following yesterday’s rapid decline in vent and lava lake activity. During the past hours, webcam images showed some previously erupted lava still glowing on the crater floor. Seismic activity in the summit region is currently low. Gradual inflationary tilt continues at this time in the summit area. HVO is working to determine if there have been any changes in volcanic gas emissions associated with the pause; an SO2 emission rate of about 6,300 tonnes per day was measured on June 16th, when eruptive activity was vigorous. No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone; both zones show steady but low rates of ground deformation and seismicity.

Source : HVO.

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A 15h52, la bouche dans la partie SO du cratère était encore très active….

A 16h07, elle l’était déjà moins…

Et à 17h54, l’éruption avait cessé.

Ce soir (heure française), le plancher de l’Halama’uma’u montre un immense enchevêtrement de laves cordées.

Captures images webcam HVO

Le refuge du Goûter (Massif du Mont Blanc) : une erreur collective ?

Dans le massif du Mont-Blanc, à 3 835 mètres d’altitude, le refuge du Goûter est l’un des plus hauts refuges gardés d’Europe de l’Ouest. Il permet aux alpinistes d’accéder au sommet du mont Blanc par la voie normale. Le nouveau refuge de 120 places, à la conception futuriste, est entré en service en 2013. Il bénéficie de nombreuses innovations en matières architecturale et environnementale. Sa construction a coûté 7,5 millions d’euros, financés à 51 % par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) et à 49 % par des collectivités publiques et des mécènes.

Lors de l’ouverture du refuge aux alpinistes, ses concepteurs ont fait remarquer que la chaleur dégagée par les alpinistes occupant le refuge chaque soir est susceptible de faire monter la température intérieure à 35 °C pour une température extérieure à −20 °C. L’air est renouvelé par une ventilation double flux qui permet de chauffer l’air neuf par l’air vicié au moyen d’un échangeur de chaleur. Le surplus de chaleur est en partie utilisé pour faire fondre la neige grâce à un système de circulation d’eau. L’assainissement des eaux usées se fait par filtration et stérilisation avant qu’elles soient rejetées dans l’environnement. L’électricité est produite par 95 m2 de capteurs solaires photovoltaïques placés sur le toit et en façade.

Malgré ces innovations, des critiques ont été émises concernant des acheminements d’eau par hélicoptère, nécessaires à cause de problèmes de réglage du fondoir, la saturation des toilettes, l’utilisation massive de fioul pour éviter les coupures d’électricité ou les pannes du système de régulation de la chaleur. Ces dysfonctionnements ont, semble-t-il, été aggravés par le comportement de certains alpinistes.

Les critiques continuent aujourd’hui. En décembre 2022, le maire de Saint-Gervais Mont-Blanc Jean-Marc Peillex a parlé, à propos du refuge du Goûter, d’une « une véritable erreur collective » par rapport à certains choix techniques pris dans la construction de ce refuge. Selon lui, « on ne peut pas commander depuis Grenoble un refuge qui est à Saint Gervais. C’est le refuge le plus polluant alors que ceux qui l’ont conçu prétendaient qu’il était le plus environnementalement correct. » Pour la maire de St Gervais, c’est la FFCAM qui est responsable des défauts d’entretien. Elle a fait mettre un système d’épuration qui est le même que dans les sous-marins, et qui consiste à filtrer l’eau et à la réutiliser. Sauf que quand on n’entretient pas, qu’on ne nettoie pas les filtres, la situation devient catastrophique. En 2021, un hélicoptère était utilisé pour évacuer les boues compactées d’excréments, Le coût était de 100.000 euros pour trois mois, Pour J-M. Peillex, c’est une situation intolérable. Il ajoute qu’on ne peut pas dire qu’on fait un refuge propre sur le plan environnemental, alors qu’on brûle 8000 litres de fioul par saison, à 3.800 mètres d’altitude, pour se fournir en électricité et qu’on a une station d’épuration qui ne marche pas depuis le début. C’est une erreur collective d’avoir accepté le projet de la FFCAM présenté comme le symbole d’une démarche écologique et durable, en pointe en matière de production et d’économie d’énergie. Dans les faits, rien ne fonctionne. Quand il y a un incident, il y a une omerta !

A noter que dans la nuit du 29 au 30 mai 2023 un incendie s’est déclaré dans un local technique du refuge. Toutes les installations électriques ont alors été coupées, et le pire a pu être évité. Le refuge n’a pas été évacué.

Si vous désirez faire l’ascension du Mont Blanc avec une halte au refuge du Goûter, il vous en coûtera 65 euros pour une nuitée, 19 euros pour le petit déjeuner et 47,20 euros pour le repas du soir…si le mal des montagnes ne vous a pas coupé l’appétit! J’ai eu l’occasion de grimper à plus de 5000 mètres d’altitude en Amérique du Sud et la vue des files de randonneurs qui se dirigent vers le toit de l’Europe m’a coupé toute envie de me joindre à elles…

Le refuge du Goûter (Crédit photo: Wikipedia)

Réchauffement climatique : records en pagaille // Global warming : loads of records

Nous ne sommes qu’à la moitié de l’année 2023 et de nombreux records climatiques sont en train d’être battus, avec des températures en hausse, des océans exceptionnellement chauds, des niveaux record de pollution par le carbone dans l’atmosphère et des niveaux record de manque de glace en Antarctique. Certains scientifiques tirent la sonnette d’alarme, craignant que cette situation soit le signe d’un réchauffement de la planète beaucoup plus rapide que prévu. Ces mêmes scientifiques disent que même si les records sont alarmants, ils ne sont pas surprenants en raison à la fois de l’augmentation continue des gaz à effet de serre et de l’arrivée d’El Niño, qui a un effet de réchauffement global.

Voici cinq preuves montrant à quel point l’année 2023 a déjà battu des records, en sachant que les mois les plus chauds sont à venir.

Températures globales.
Notre planète est déjà plus chaude de 1,2°C qu’à l’époque préindustrielle, et les cinq prochaines années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées. 2023 s’annonce comme l’une des plus chaudes à ce jour, et toutes les données montrent que les températures atteignent des niveaux inhabituellement élevés.
Le service européen Copernicus indique que les onze premiers jours de juin 2023 ont vu les températures les plus hautes jamais enregistrées pour cette période de l’année, avec une marge substantielle. C’est également la première fois que la température globale de l’air en juin dépasse les niveaux préindustriels de plus de 1,5 °C.

Des records de chaleur sont battus à travers le monde.
Au Canada, où une vague de chaleur particulièrement sévère a touché une grande partie du pays, les températures ont battu plusieurs records. La chaleur a favorisé le départ des premiers incendies de forêt qui ont brûlé une zone 15 fois plus grande que la moyenne à cette période de l’année, avec des fumées qui ont atteint les États-Unis.
Plusieurs records de chaleur absolus ont également été battus début juin 2023 en Sibérie (voir mes notes précédentes). Certaines parties de l’Amérique centrale, ainsi que du Texas et de la Louisiane sont également confrontées à des températures très élevées. Porto Rico a connu une chaleur extrême en juin, avec des températures de plus de 48 degrés Celsius.
Des régions entières de l’Asie du Sud-Est ont connu leur plus forte vague de chaleur jamais enregistrée, tandis que des températures record en Chine ont anéanti des animaux et des cultures et suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire.

Les températures des océans battent également des records.
Les océans se réchauffent à des niveaux record et rien ne montre que cette tendance va s’arrêter. La hausse des températures à la surface de l’océan a commencé à inquiéter les scientifiques en mars lorsqu’elles ont commencé à grimper, avec une accélération et des niveaux records en avril.
Selon la NOAA, mai 2023 a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur les océans de la planète. C’est un schéma de réchauffement qui dure depuis des années. En 2022, les océans avaient déjà battu des records de chaleur pour la quatrième année consécutive.
Le réchauffement des océans a des conséquences désastreuses, avec notamment le blanchissement des coraux, la mort de la vie marine et l’élévation du niveau de la mer.

La glace de mer antarctique à des niveaux record de faiblesse.
La glace de mer de l’Antarctique est actuellement à son niveau le plus bas jamais enregistré pour cette période de l’année. Certains scientifiques craignent que ce soit un signe supplémentaire que la crise climatique a atteint cette région isolée de la planète.
Fin février 2023, la glace de mer antarctique a atteint sa plus faible étendue depuis le début des relevés dans les années 1970, ce qui confirme une tendance à la baisse très prononcée.
Alors que l’Antarctique est entré dans son hiver et que la glace de mer a recommencé à se former, la surface occupée reste à un niveau record pour cette période de l’année.
Il convient de noter qu’il existe un lien entre ce déclin de la glace de mer antarctique et les eaux chaudes des océans Indien, Pacifique et Atlantique. Un dixième de degré de réchauffement de la température de l’océan suffit à inhiber la croissance de la glace de mer.
La réduction de la glace de mer cause également de graves dégâts aux espèces qui vivent sur ce continent, comme les manchots qui dépendent de la glace de mer pour se nourrir et pour l’éclosion de leurs œufs.

Niveaux record de dioxyde de carbone.
Le niveau de dioxyde de carbone dans l’air, généré par la combustion des combustibles fossiles, a atteint un record en mai, avec 424 parties par million (ppm), avec une avec une hausse constante qui n’avait jamais été observée il y a des millions d’années. Les niveaux de pollution par le carbone, qui alimentent la crise climatique, sont désormais supérieurs de 50 % à ce qu’ils étaient avant le début de la révolution industrielle.
Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

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We are only halfway through 2023 and many climate records are being broken, with soaring temperatures, unusually hot oceans, record high levels of carbon pollution in the atmosphere and record low levels of Antarctic ice. Some scientists are sounding the alarm, fearing it could be a sign of a planet warming much more rapidly than expected. They say that while the records are alarming, they are not unexpected due to both the continued rise of planet-heating pollution and the arrival of El Niño, which has a global heating effect.

Here are five bodies of evidence showing just how record-breaking this year has already been, with the hottest months still to come.

Global temperatures.

The world is already 1.2 degrees Celsius warmer than it was in preindustrial times, and the next five years are predicted to be the hottest on record. 2023 is shaping up to be one of the hottest yet, with global data showing temperatures spiking to unusually high levels.

The Copernicus Climate Change Service indicates that the first eleven days of June 2023saw the highest temperatures on record for this time of year by a substantial margin. It is also the first time global air temperatures during June exceeded preindustrial levels by more than 1.5 °C.

Heat records are being broken across the world.

In Canada, where an unusually severe heatwave has been blanketing much of the country, temperatures have broken multiple records. The heat has helped set the stage for early wildfires burning an area about 15 times bigger than average for this time of the year, with smokes drifting into the United States.

Several all-time heat records were also broken in early June 2023 in Siberia (see my previous posts). Parts of Central America, as well as Texas and Louisiana are also facing very high temperatures. And Puerto Rico experienced extreme heat this June, with temperatures feeling like more than 48 degrees Celsiust.

Swaths of Southeast Asia have experienced their harshest heatwave on record, while record temperatures in China have killed animals and crops and sparked concerns about food security.

Ocean temperatures are breaking records too.

Oceans are heating up to record levels and show no sign of stopping. Rising ocean surface temperatures began alarming scientists in March when they started to climb and then skyrocketed to reach record levels in April.

According to NOAA, May 2023 was the hottest May on record for the world’s oceans. It’s a pattern of warming that has been going on for years. In 2022, the world’s oceans broke heat records for the fourth year in a row.

Ocean warming poses dire consequences, including coral bleaching, the die-off of marine life and rising sea levels.

Antarctic sea ice at record lows.

Antarctica’s sea ice is currently at record lows for this time of year, with some scientists concerned it is a further sign the climate crisis has arrived in this isolated region.

In late February 2023, Antarctic sea ice reached its lowest extent since records began in the 1970s, confirming a very steep downward trend.

As the Antarctic has moved into its winter, and the sea ice has started to grow again, levels are still tracking at record low levels for this time of year.

It should be noted that there is a link between this decline os Antarctic sea ice and the warm waters off the Indian, Pacific and Atlantic Oceans. Even a tenth of a degree of warming is enough to inhibit sea ice growth.

The decline in sea ice also poses severe harm to the continent’s species, including penguins who rely on sea ice for feeding and hatching eggs.

Record carbon dioxide levels.

The levels of carbon dioxide in the air, released from the burning of fossil fuels, hit a record in May, with 424 parts per million, a steady climb further into territory not seen for millions of years.. Carbon pollution levels, which fuel the climate crisis, are now more than 50% higher than they were before the Industrial Revolution began..

Source : NOAA, NASA, Copernicus, British Antarctic Survey.

Concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa (Hawaii) le 16 juin 2023 (Source : NOAA)

 

Images montrant l’impact de la vague de chaleur sur un réservoir de Catalogne entre le 21 mars 2021 et le 12 avril 2023.