Éruption de White Island en 2019 (suite)// 2019 White Island eruption (continued)

Souvenez-vous : 47 personnes se trouvaient sur White Island (Nouvelle-Zélande) lorsqu’une violente et soudaine éruption s’est produite en décembre 2019. La plupart des touristes étaient des passagers de navires de croisière américains et australiens. Il s’agissait d’une excursion à pied dans le cratère du volcan avec l’accompagnement de guides locaux. 22 personnes sont mortes lors de l’éruption et une vingtaine d’autres ont été gravement brûlées.
La société Whakaari Management, gérée par trois frères propriétaires du volcan actif, a été initialement reconnue coupable, lors d’un procès en 2023, d’avoir enfreint la loi néo-zélandaise sur la santé et la sécurité au travail en ne garantissant pas la sécurité des visiteurs.
Les frères ont fait appel de leur condamnation lors d’une audience en octobre 2024 à la Haute Cour de Justice d’Auckland. Il s’agissait de savoir si la société était responsable des pratiques de sécurité sur l’île en vertu des lois néo-zélandaises sur la santé et la sécurité. Les lois stipulent que toute personne responsable d’un lieu de travail doit assurer la gestion des dangers et la sécurité de tous, y compris aux points d’entrée et de sortie du site.
Au cours du procès de 2023, les survivants ont affirmé qu’on ne leur avait pas dit que le volcan actif était dangereux lorsqu’ils ont payé pour le visiter. Ils ont également déclaré qu’ils n’avaient pas reçu d’équipement de protection et que beaucoup portaient des vêtements qui ont aggravé leurs brûlures.
Le 28 février 2025, un juge néo-zélandais a annulé la condamnation pénale des propriétaires de White Island. Il a statué que la société n’avait pas l’obligation, en vertu de la loi applicable, de garantir que le lieu des visites guidées à pied ne présentait aucun risque pour la santé et la sécurité.
Cette décision aura de profondes conséquences et modifiera les lois régissant l’industrie du tourisme d’aventure en Nouvelle-Zélande.
Source : New Zealand News media.

White Island quelques heures après l’éruption (Source: journaux néo-zélandais)

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Remember : 47 people were on White Island (New Zealand) when it suddenly and violently erupted in December 2019. Most were passengers from US and Australian cruise ships on a walking tour, along with their local guides. 22 people died in the eruption and two dozen others were severely burnt.

Whakaari Management, a company run by three brothers who own the active volcano, was initially found guilty in a 2023 trial of breaching New Zealand’s workplace health and safety law by failing to keep visitors safe.

The brothers appealed their convictions in a hearing last October at the High Court in Auckland. The case centred around whether the company should have been in charge of safety practices on the island under health and safety laws.The laws state that anyone in charge of a workplace must ensure the management of hazards and the safety of all there, including at entry and exit points.

During the 2023 trial, survivors testified that they had not been told the active volcano was dangerous when they paid to visit it. They also stated that they were not supplied with protective equipment, and many were wearing clothing that made their burns worse.

On February 28th, 2025, a New Zealand judge overturned the criminal conviction of the owners of the White Island volcano. He ruled that the company did not have a duty under the relevant law to ensure that the walking tour workplace was without risks to health and safety.

The case will have far-reaching implications and change the laws governing New Zealand’s adventure tourism industry.

Source : New Zealand News media.

Histoire d’algues glaciaires

Les médias français (radio et télévision réunies) ont le don d’ouvrir les portes ouvertes et de relater des faits connus depuis pas mal de temps. Ce qui a l’air d’un scoop n’est en fait que du réchauffé !

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises sur ce blog, les algues qui se trouvent à la surface des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique se développent au printemps et assombrissent certaines parties du paysage qui est habituellement d’un blanc immaculé. Les teintes plus foncées des algues réduisent l’albédo, autrement dit le réfléchissement de la lumière du soleil, et accélèrent la fonte de la glace. Voici une vidéo diffusée ces derniers jours par France 2 pour expliquer ce phénomène :

https://www.francetvinfo.fr/environnement/meteo/neige/arctique-des-algues-rechauffent-les-glaciers-du-groenland_7096275.html

Le reportage explique que depuis le ciel, on aperçoit des taches sombres à perte de vue et de plus en plus nombreuses sur la glace du Groenland. Il s’agit de microalgues qui se développent facilement sur des zones glacées sans neige et n’ont besoin que de très peu de ressources.

Image extraite du documentaire (Crédit photo: James Bradley)

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Dans une note publiée le 7 juillet 2024, je fais référence à un article paru sur le site Live Science dans lequel des chercheurs de l’Université d’Aarhus au Danemark ont détecté des signes de virus géants sur la calotte glaciaire du Groenland qui pourraient contribuer à réduire certains impacts du réchauffement climatique. Ces virus, qui peuvent être jusqu’à 1 500 fois plus volumineux que les virus ordinaires, sont susceptibles d’attaquer les algues microscopiques qui assombrissent la glace du Groenland et la font fondre plus rapidement. Les auteurs de la nouvelle étude, publiée en mai 2024 dans la revue Microbiome, espèrent que la compréhension de ces virus pourra ouvrir la voie à un contrôle naturel de la croissance des algues et, par conséquent, réduire la fonte de la glace. Voici le lien vers ma note :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/07/07/groenland-des-virus-pour-blanchir-la-glace-et-la-neige-greenland-virus-to-whiten-ice-and-snow/

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S’agissant de la contribution du Groenland au réchauffement climatique, il faudrait aussi prendre en compte la présence de nouvelle végétation sur les zones délaissées par la glace et la neige. Une note intitulée « Le verdissement du Groenland » parue sur ce blog le 6 mars 2024, développe ce sujet :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/03/06/le-verdissement-du-groenland-the-greening-of-greenland/

À noter qu’un ‘verdissement’ identique affecte également l’Antarctique et nos Alpes.

 

Vue du glacier Russell (ouest du Groenland). Sa fonte a permis à des praires humides et des arbustes de s’installer là où il y avait autrefois de la glace et de la neige (Crédit photo : Université de Leeds)

Île de la Réunion : Cyclone Garance et réchauffement climatique

Les participants à la prochaine COP 30 de Belem en Amazonie tireront-ils une leçon des cyclones de plus en plus puissants qui s’abattent sur les régions tropicales ? Helen Milton, Chido et Garance ont laissé dans leur sillage destructions, meurtrissures et des pertes humaines. Dans le futur, les climatologues nous préviennent que le réchauffement climatique va modifier les tempêtes tropicales, en raison de la hausse de la température des océans et de l’affaiblissement des courants atmosphériques.

Avant l’arrivée de Garance en février 2025, l’île de la Réunion avait déjà été placée en alerte violette, niveau ultime, en janvier 2024 à l’approche du cyclone Belal qui a provoqué sur l’île la mort de quatre personnes et des dégâts matériels estimés à 100 millions d’euros par les assureurs.

Dans le futur, il faut s’attendre à encore pire car le réchauffement climatique va modifier ces événements déjà extrêmes. Le scientifiques expliquent régulièrement que la clé pour qu’une tempête se forme, c’est la température de l’eau ; elle doit dépasser précisément 26,5°C. Plus l’eau est chaude, plus elle s’évapore dans l’atmosphère, et c’est cette vapeur d’eau qui est le carburant des ouragans dans l’Atlantique et le Pacifique nord-est, et des cyclones dans l’Océan indien et le Pacifique sud, ou encore des typhons (dans le Pacifique nord-ouest. Des mots différents pour aboutir à des catastrophes identiques.

Depuis le début du 20ème siècle, la température moyenne des océans a augmenté de 0,8°C. Cette eau plus chaude émet plus de vapeur et donc plus de carburant pour les ouragans, qui deviennent plus puissants. Par exemple, en ce mois de février 2025, la température moyenne de l’océan Indien autour de l’île de la Réunion oscille entre 28°2 et 28°5, donc bien au-dessus des 26,5° fatidiques..

La hausse de puissance des ouragans a été observée à plusieurs reprises. En 2017, l’ouragan Harvey a dévasté le Texas, avec des précipitations records. Des scientifiques ont prouvé que ces pluies ont été amplifiées d’environ 15% à cause du réchauffement du climat.

Le réchauffement de notre planète a un autre effet sur les ouragans et cyclones: il les ralentit et ils se déplaceront moins vite à l’avenir. Le cyclone Garance a déjà présenté cette caractéristique. Ce ralentissement est dû à un ralentissement des courants atmosphériques qui leur servent de moteur. Au niveau mondial, des études ont montré que la vitesse des cyclones a déjà diminué de 10% entre 1949 et 2016.

En résumé, les scientifiques ne pensent pas que les ouragans et cyclones seront plus nombreux dans les prochaines années. En revanche , ils vont devenir plus puissants, donc plus destructeurs, avec une tendance à s’attarder sur les régions impactées.

Source : Médias nationaux.

Le cyclone Garance sur l’île de la Réunion (Source: Météo France)

Vent d’inquiétude sur les Champs Phlégréens (Campanie / Italie)

À la mi-février, plus de 500 séismes ont été enregistrés en trois jours dans les Champs Phlégréens. Il n’est donc pas surprenant que la population de la région se soit rendue en grand nombre à Monteruscello pour la réunion organisée par la Protection civile et à laquelle ont participé les maires de Naples, Pouzzoles et Bacoli, mais aussi le préfet. Il y avait tellement de monde au siège de la Protection civile qu’un écran géant a dû être installé à l’extérieur pour permettre à chacun de suivre les débats.

Le ton est vite monté et l’ambiance de la réunion a été ‘à la napolitaine’ ! Les citoyens ont exprimé leur inquiétude et leur méfiance à l’égard des institutions, dont les réponses n’ont pas toujours semblé à la hauteur des événements. Il a été reproché aux autorités d’avoir fait passer l’alerte du Jaune à l’Orange alors qu’aucun changement significatif n’est apparu, et il n’y a pas non plus d’éruption imminente. Dixit un participant à la réunion : « Bien sûr, il y a eu une augmentation des secousses, certaines même fortes, mais c’est la nature même du territoire. Ceux qui ne veulent pas de secousses doivent aller vivre ailleurs, car c’est comme ça depuis des millénaires et cela continuera d’être comme ça pendant des millénaires ».
Certains citoyens ont accusé le maire de Pouzzoles de dépenser trop d’argent dans les festivals et les fêtes de rue et pas assez dans la prévention des risques sismiques. Il y a aussi ceux qui se sont plaints de la mauvaise communication des autorités ; à cet effet, Mauro Di Vito, de l’Osservatorio Vesuviano, a invité tout le monde à consulter le site iononrischio.it.

Il a été répondu à ceux qui soulignaient le manque de voies d’évacuation qu’il faudrait quelques années pour les construire.

L’évacuation de Pouzzoles et des autres localités des Champs Phlégréens, avec leurs rues étroites, ne sera pas chose facile (Photo: C. Grandpey)

Ensuite, il y a ceux qui ont demandé des nouvelles concernant les remboursements suite aux dommages à leurs maisons lors des séismes de mai 2024.

Dans la confusion générale, Mauro Di Vito a tenté d’expliquer ce qui se passe, avec le soulèvement du sol qui provoque la sismicité. Il a ajouté que la zone est surveillée 24 heures sur 24. Cependant, plusieurs citoyens qui habitent dans le secteur entre Naples et Pouzzoles, se sont plaints de l’abandon des institutions.
Un fait inquiétant ressort de la réunion. Au-delà des activités institutionnelles et de quelques communications éparses, l’impression est que trop peu est encore fait et que la population des Campi Flegrei est encore mal informée pour faire face à tout type de crise.

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S’agissant de l’activité observée sur le terrain dans les Champs Phlégréens, les autorités s’inquiètent des effets possibles sur la santé humaine des énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) émises quotidiennement, à raison d’environ 5 000 tonnes par jour. Une réunion s’est tenue à la préfecture de Naples, à laquelle ont participé les autorités sanitaires locales, les services de prévention, les maires de la zone phlégréenne, la Protection civile et les responsables de l’Observatoire du Vésuve, sous la coordination du préfet. La réunion a permis d’élaborer des stratégies d’intervention pour éviter les risques pour la population.

Dans les Champs Phlégréens, depuis le début de la crise bradysismique des dernières années, on a observé une augmentation de certains paramètres dans les gaz émis, notamment dans les zones d’Agnano-Pisciarelli et de la Solfatara. Au cours des sept dernières années, les émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été multipliées par cinq, tandis que le CO2 a atteint en moyenne 5 000 tonnes par jour.

Fumerolle de Pisciarelli (Crédit photo: INGV)

L’alerte concernant les concentrations de CO2 dans certaines zones des Champs Phlégréens a été donnée en temps réel par l’Observatoire du Vésuve après que la détection de concentrations de dioxyde de carbone bien supérieures à la moyenne dans certaines zones. La réunion en Préfecture a décidé d’adopter des mesures pour protéger la santé des habitants. Comme on le sait, le CO2 a tendance à se concentrer dans les espaces clos, particulièrement les sous-sols et en général les endroits mal ventilés. Suite à cette réunion, le commandement des pompiers effectuera des inspections immédiates dans les bâtiments publics (écoles, hôpitaux et maisons de retraite) pour évaluer la présence éventuelle de dioxyde de carbone. Les maires concernés adopteront rapidement les ordonnances qui prévoient les exigences de sécurité pour les bâtiments publics et les habitations privées de la zone concernée. La table préfectorale se réunira régulièrement pour suivre chaque évolution du dossier.

Source : presse italienne.