Volcan de boue au Guatemala // Mud volcano in Guatemala

On peut regarder sur YouTube un clip réalisé le 13 janvier 2019 à Santa Rosa, dans le sud du Guatemala. On y voit un cratère renfermant une mare de boue très active. Il est apparu dans un lagon très fréquenté par les touristes. La vidéo montre plusieurs personnes autour du cratère d’où s’échappe également du gaz. Les autorités étudient actuellement le cratère pour savoir s’il fait partie d’une nouvelle activité volcanique susceptible d’affecter le tourisme dans la région.
Les volcans de boue – parfois appelés marmites du diable – sont assez répandus dans les régions volcaniques. La boue se forme principalement lorsque l’eau, qui a été chauffée sous terre, commence à se mélanger avec des matériaux. Ces derniers sont ensuite poussés vers la surface par la pression de gaz en empruntant généralement une faille ou une fracture géologique. La température de la boue atteint généralement une centaine de degrés. C’est la température que j’avais mesurée dans des volcans de boue en aval de la Dragon’s Mouth à Yellowstone il y a quelques années. Le gaz émis est principalement du méthane, ce qui explique les explosions qui peuvent se produire sur les sites. De telles explosions ont été observées le 11 août 2008 dans les Maccalube di Aragona en Sicile. Elles ont tué deux enfants en septembre 2014.
Voici une vidéo du volcan de boue au Guatemala:

https://www.msn.com/en-au/video/lifestyle/guatemalan-authorities-investigate-new-volcanic-crater-in-tourist-hot-spot-lagoon/vp-BBSdrVk?fbclid=IwAR3ei6yX5dqcxEQToZ44Vm0Qb9SGVd36eJ9abbMlAFLOpk9VGMvQssvU3Ro

————————————————–

One can watch on YouTube a clip that was captured on January 13th, 2019 in Santa Rosa, southern Guatemala. It shows a crater with a very active mud pool that has appeared in a lagoon popular for tourists. The footage shows a crowd watching the crater spewing mud and gas up into the air. Authorities are investigating if the crater could be part of a new volcano activity that could affect tourism in the area.

Mud volcanoes – sometimes called devil’s caldron – are fairly common in volcanic areas. The mud is mostly formed as hot water, which has been heated deep below the Earth’s surface, begins to mix and blend with subterranean mineral deposits. This material is then forced upwards under the pressure of gases through a geological fault or fissure. The temperature of the mud usually reaches about 100°C. This was the temperature I measured near Dragon’s Mouth at Yellowstone a few years ago. Most of the gas released from mud cauldrons is methane, which accounts for the explosions that may occur on the sites. Such explosions were observed on August 11th, 2008 at the Maccalube di Aragona in Sicily. They killed two children in September 2014.

Here is a video of the mud caldron in Guatemala:

https://www.msn.com/en-au/video/lifestyle/guatemalan-authorities-investigate-new-volcanic-crater-in-tourist-hot-spot-lagoon/vp-BBSdrVk?fbclid=IwAR3ei6yX5dqcxEQToZ44Vm0Qb9SGVd36eJ9abbMlAFLOpk9VGMvQssvU3Ro

Volcan de boue sur le site des Maccalube di Aragona (Sicile)

« Marmite du diable » à Namaskard (Islande)

[Photos: C. Grandpey]

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska) // Cleveland (Aleutians / Alaska)

L’Observatoire volcanologique de l’Alaska (AVO) vient de m’adresser un message indiquant qu’au cours des cinq derniers jours, un nouveau dôme de lave s’est développé dans le cratère sommital du Cleveland.

Selon l’AVO, la présence du dôme de lave risque de déboucher sur une activité explosive. Les explosions du Cleveland se produisent généralement sans prévenir, avec des nuages de cendre pas très importants qui se dissipent en quelques heures; cependant, des émissions de cendre plus importantes sont toujours possibles.

En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique à Vigilance.
Source: AVO.

—————————————————–

The Alaska Volcano Observatory (AVO) has just sent me a message indicating that over the past five days a new and growing lava dome is present in Cleveland’s summit crater. According to AVO, the presence of the lava dome may increase the likelihood of explosive activity. Explosions at Cleveland usually occur without warning and typically produce relatively small volcanic ash clouds that dissipate within hours; however, more significant ash emissions are possible.

As a consequence, the aviation colour code has been raised to ORANGE and the Volcano Alert Level to WATCH.
Source: AVO.

Situation géographique du Cleveland au coeur des Iles Aléoutiennes

Cratère sommital du Cleveland

(Source: AVO)

Le nouveau périmètre de sécurité de La Soufrière (Guadeloupe)

Comme je l’indiquais précédemment, le préfet de la Guadeloupe a pris un nouvel arrêté de délimitation du périmètre de sécurité au sommet de la Soufrière. Comme il fallait s’y attendre, l’accès est très sensiblement restreint.

Le nouvel arrêté fait suite aux recommandations de l’Observatoire qui a constaté au cours des derniers mois une augmentation de l’activité sismique et fumerollienne sur le volcan. Il n’y a pas de risque d’éruption à très court terme, mais la déformation du dôme due à des phénomènes hydrothermaux en profondeur provoque des événements à la surface. L’activité des fumerolles est plus importante sur une zone élargie avec l’apparition de nouveaux centres d’émission, avec risque de projections de boues brûlantes et acides. De plus, toujours selon l’Observatoire, les zones d’instabilité avec des risques d’effondrement augmentent ainsi que les risques d’émanations toxiques.

Après concertation avec la mairie de Saint-Claude, l’OVSG, le Parc national, Routes de Guadeloupe, la DEAL et les services de sécurité et de secours, un nouveau périmètre a été défini. Il s’étend sur le territoire des communes de Saint-Claude et de Capesterre-Belle-Eau. Il sera rapidement matérialisé par le Parc National de la Guadeloupe, par la pose de barrières et l’affichage de l’arrêté.

L’arrêté est censé concilier des exigences de sécurité et celles résultant de l’intérêt scientifique et touristique du volcan. Son élaboration a donné lieu à des échanges, notamment avec les accompagnateurs en moyenne montagne et le Parc national. Il ressort que l’accès au périmètre demeure possible pour tout agent public ou professionnel exerçant une mission d’intérêt général, à condition qu’il ait à franchir le périmètre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions. Même chose  pour les accompagnateurs en moyenne montagne et leurs groupes, sous réserve du respect strict de plusieurs conditions.

Malgré ces nouvelles restrictions d’accès, le touriste lambda pourra tout de même accéder au point culminant du volcan. Ouf ! En fait, c’est tout le périmètre des gouffres (Dupuy et Tarissan en particulier), autrement dit la zone la plus susceptible d’engendrer des projections, qui est interdit.

S’agissant des accompagnateurs en moyenne montagne, ils devront  détenir le diplôme d’État d’alpinisme accompagnateur en moyenne montagne, option « moyenne montagne tropicale et équatoriale » à jour de l’obligation de recyclage. Ils devront disposer d’équipements individuels de protection respiratoire. Ils doivent être assurés pour l’ensemble du groupe et laisser visible un système d’identification visuelle (étiquette, badge…) identique pour chaque membre du groupe.

Source : France Antilles.

Reste à savoir comment réagiront lesdits accompagnateurs si une brutale éruption phréatique semblable à celle qui a surpris Tazieff ; Le Guern et Allègre en 1976 se produit au moment d’une visite de La Soufrière. Pas sûr que les équipements mentionnés ci-dessus soient d’une grande utilité dans le cas d’une douche de boue bien chaude…. ! J’avais formulé une remarque semblable à propos du Stromboli. Je ne suis pas certain que la présence d’un guide auprès d’un groupe d’une vingtaine de personnes ou plus empêche un mouvement de panique si une forte explosion envoie des matériaux incandescents sur la Cima ! Je suis conscient que mes remarques ne feront pas plaisir aux autorités (qui seront moins responsables en cas de pépin !), mais mon expérience du milieu volcanique me conduit à les formuler…

Vue du nouveau périmètre de sécurité

Mt Shindake (Japon / Japan)

Selon une dépêche de l’agence Associated Press, le volcan Shindake sur l’île de Kuchinoerabu est entré en éruption le 17 janvier 2019, avec des projections de blocs et de cendre, sans toutefois causer de dégâts ou de blessures.
L’Agence météorologique japonaise a déclaré que les matériaux éjectés n’avaient pas atteint la zone habitée située à 2 kilomètres du volcan. Environ 80 habitants sont allés immédiatement se réfugier dans un abri sur l’île et sont ensuite rentrés chez eux après la levée de l’avis d’évacuation moins de deux heures après l’éruption.
La dernière éruption majeure du Shindake, en mai 2015, avait déplacé temporairement toute la population de l’île, soit environ 150 personnes. Les habitants ont été évacués vers l’île de Yakushima, à environ 12 kilomètres à l’est. Seuls les deux tiers environ d’entre eux sont depuis rentrés à Kuchinoerabu qui se trouve au sud de Kyushu.
Source: The Seattle Times, Associated Press. .
NDLR: Une autre éruption, moins puissante, a également été observée dans l’après-midi du 18 décembre 2018, avec des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 2 000 mètres au-dessus du cratère (voir article sur ce blog  le 18 décembre 2018). Une coulée pyroclastique avait dévalé sur environ 1 km sur le flanc ouest du volcan. Il s’agissait de la première coulée de ce type depuis mai 2015.

————————————————-

According to an Associated Press report, Shindake volcano on Kuchinoerabu Island erupted on January 17th, 2019, blasting rocks and ash into the air but causing no damage or injuries.

The Japan Meteorological Agency said the ejected materials have not reached the residential area 2 kilometres away. About 80 residents initially took refuge at a shelter on the island but have since started to return home after an evacuation advisory was lifted less than two hours after the eruption.

Shindake’s last major eruption in May 2015 had temporarily displaced the island’s entire population of about 150. The residents were evacuated to Yakushima Island, about 12 kilometres to the east. Only about two thirds of them had since returned to Kuchinoerabu, south of Kyushu.

Source: The Seattle Times, Associated Press. .

Personal note: Another, less powerful, eruption was also observed during the afternoon of December 18th, 2018, with ash plumes rising up to 2 000 metres above the crater (see post on this blog). A pyroclastic flow had reached a distance of about 1 km down the western slope of the volcano. It was the first such flow to be observed since May 2015.

En rouge l’île Kuchinoerabu, au sud de Kyushu, où se dresse le Mt Shindake (Google Maps)