Nouvelles de Mayotte // News of Mayotte

Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) vient de publier son dernier bulletin concernant l’activité à Mayotte pendant la deuxième quinzaine du mois de février 2020.

Entre le 16 et le 29 février, 592 séismes volcano-tectoniques, 288séismes Longue Période (LP) et 16 séismes Très Longue Période (VLP) ont été détectés par le REVOSIMA.

Les signaux LP ont déjà été observés depuis le début de la crise mais ils n’étaient jusqu’alors pas classifiés. Cette nouvelle catégorie a été mise en place suite à l’amélioration graphique de la représentation des signaux sismiques. La majorité des séismes LP a lieu en essaim de quelques dizaines de minutes, et sont souvent associés à des signaux VLP. Les signaux VLP sont habituellement associés à des résonances et des mouvements de fluides.

L’activité sismique principale est toujours concentrée à 5-15km de Petite-Terre, à des profondeurs de 20-45 km.

Une sismicité plus faible en nombre et en énergie (entre M 1 et 2,5), déjà visible sur les enregistrements fond de mer en février 2019, est également toujours enregistrée proche de Petite-Terre à environ 5 km à l’est (à des profondeurs de 25-40 km) voire sous Petite Terre.

A noter qu’avec le recrutement de nouveaux personnels (voir ma dernière note à propos de Mayotte), des ressources humaines supplémentaires sont désormais dédiées au dépouillement sismique, ce qui a permis d’abaisser la magnitude minimale des séismes identifiés. Il est désormais possible de mieux identifier les séismes de plus petites magnitudes (< M1,5), ce qui explique l’augmentation du nombre total de séismes identifiés par rapport aux mois précédents.

Les déplacements de surface mesurés depuis le début de la crise par les stations GPS de Mayotte indiquent: a) un déplacement d’ensemble des stations GPS de Mayotte vers l’est d’environ 20 à 22cm; b) un affaissement d’environ 9 à 17 cm selon leur localisation sur l’île. Un ralentissement des déplacements est observé depuis avril-mai 2019.

Le REVOSIMA indique que l’éruption se poursuit probablement au fond de ma mer à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Mayotte, avec sismicité et déformations associées. Toutefois, en l’absence de campagne en mer depuis le 20 août 2019, il est à l’heure actuelle impossible d’avoir une idée de l’évolution de l’activité éruptive.

Source : REVOSIMA.

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The volcanological and seismological monitoring network of Mayotte (REVOSIMA) has just released its latest bulletin concerning activity in Mayotte during the second half of February 2020.
Between February 16th and 29th, 592 volcano-tectonic earthquakes, 288 Long Period earthquakes (LP) and 16 Very Long Period earthquakes (VLP) have been recorded by REVOSIMA.
LP signals had already been observed since the start of the crisis, but they had not yet been classified. This new category was implemented following the graphic improvement of the representation of seismic signals. The majority of LP earthquakes occur in swarms of a few tens of minutes, and are often associated with VLP signals. VLP signals are usually associated with resonances and fluid movements.
The main seismic activity is still concentrated 5-15 km from Petite-Terre, at depths of 20-45 km.
A lower seismicity in number and in energy ( between M 1 and M 2.5), already visible on the sea bottom records in February 2019, is still recorded near Petite-Terre about 5 km to the east (at depths of 25-40 km) or even under Petite Terre.
Note that with the recruitment of new staff (see my last note about Mayotte), additional human resources are now dedicated to seismic analysis, which has made it possible to lower the minimum magnitude of the identified earthquakes. It is now possible to better identify earthquakes of smaller magnitudes (<M1.5), which explains the increase in the total number of earthquakes compared to previous months.
The surface displacements measured since the beginning of the crisis by the Mayotte GPS stations indicate: a) an overall displacement of the Mayotte GPS stations towards the east by about 20 to 22 cm; b) a subsidence of about 9 to 17 cm depending on their location on the island. A slowdown in the displacements has been observed since April-May 2019.
REVOSIMA indicates that the eruption probably continues at the bottom of my sea about fifty kilometers east of Mayotte, with seismicity and associated deformation. However, in the absence of a campaign at sea since August 20th, 2019, it is currently impossible to have an idea of ​​the evolution of the eruptive activity.
Source: REVOSIMA.

Tweet imbécile sur les volcans et le changement climatique // Stupid tweet about volcanoes and climate change

Dans le monde d’aujourd’hui, les fausses informations (les fameuses «fake news») sont légion sur les réseaux sociaux. Le changement climatique est souvent au cœur du problème, encore plus aux États-Unis où le président Donald Trump donne l’exemple.
Cette semaine, une fausse information sur les volcans publiée sur Twitter a fait le tour des réseaux sociaux. Le tweet affirmait que l’éruption du Merapi (Indonésie) le 3 mars 2020 (voir ma dernière note « Volcans du monde ») « a émis plus de CO2 que toutes les voitures depuis qu’elles existent. Le changement climatique est naturel. » Le tweet a été écrit par un homme qui envisage de se présenter au poste de gouverneur de Californie en 2022. Il a déclenché une foule de réactions, avec plus de 100 000 ‘like’ et la vidéo qui accompagnait le tweet a été visionnée des millions de fois. Les scientifiques ont réagi rapidement et affirmé que le tweet était archi faux. Cette réaction est parfaitement justifiée.
Un professeur de Sciences de la Terre à l’Université de Stanford a expliqué qu ‘ »il y a un milliard de voitures sur la planète aujourd’hui, et les émissions de ce volcan sont infimes par rapport à la pollution qu’elles génèrent ».
En effet, l’éruption du 3 mars 2020 était relativement mineure par rapport à d’autres sur le Merapi et sur d’autres volcans de la planète. Le nuage de cendre et de gaz généré par l’éruption a atteint une hauteur de 6 000 mètres, ce qui n’est pas exceptionnel et relativement habituel pour ce volcan. À titre de comparaison, l’éruption du Pinatubo en 1991 a émis un panache de cendre et de gaz qui a atteint 35 km de hauteur.
Selon l’USGS, au cours d’une année, l’activité volcanique mondiale dans son ensemble génère entre 0,13 et 0,44 gigatonnes de CO2. Dans les seuls États-Unis en 2017, les émissions en provenance du transport routier (tous véhicules confondus) ont atteint 1,56 gigatonnes d’équivalent CO2. Ainsi, aux États-Unis en une seule année, les émissions des véhicules sont cinq fois plus importantes que tous les volcans de la planète.
L’ensemble des émissions de gaz à effet de serre par les véhicules routiers dans le monde est supérieur à 3,0 gigatonnes par an, ce qui représente plus de 10 fois la production annuelle du volcan. Par rapport aux 42 gigatonnes d’émissions générées par les activités humaines (production d’énergie, agriculture, industrie, etc.) en un an, la contribution des volcans semble relativement minime, environ 150 fois moins.
Le tweet californien ne faisait pas référence à un an seulement, mais à « plus de CO2 que toutes les voitures depuis qu’elles existent. ». Donc, l’affirmation est définitivement fausse.
De telles allégations erronées concernant les volcans, les émissions de dioxyde de carbone et le climat ne sont pas nouvelles; elles existent depuis des décennies. Ce sont des affirmations toutes faites, qui ne s’appuient sur aucune donnée fiable, mais qui engendrent de regrettables confusions.
Source: CBS News.

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In today’s world, misinformation (the famous ‘fake news’) runs rampant on social media. Climate change is often at the core of the problem, even more in the U.S. where President Donald Trump sets the example.

This week, a false claim about volcanoes posted on Twitter went viral. The tweet claimed that the eruption of Mt. Merapi (Indonesia) on March 3rd, 2020 (see my note in the last “Volcanoes of the World”) « spewed more CO2 than every car driven in history. Climate change is natural. » The tweet was written by a man who says he is running for governor of California in 2022. It generated tremendous interest and engagement, with over 100,000 likes and millions of video views. But scientists say the claim is blatantly false, and they are right to do so.

A professor of Earth System Science at Stanford University explained that « there are a billion cars on the planet today, and this volcano’s emissions are tiny compared to their pollution. »

Indeed, the eruption referred to is fairly small compared to others at that volcano and around the world. The ash and gas cloud generated by Mt Merapi’s eruption rose to 6,000 metres high, which is fairly small, and usual for this volcano. As a comparison, the Mt. Pinatubo eruption of 1991 emitted an ash and gas cloud that rose 35 km high.

According to USGS, in an average year all global volcanic activity releases a total of 0.13 to 0.44 gigatons of CO2 emissions. In the U.S. alone, in 2017, emissions from transportation from all on-road vehicles reached 1.56 gigatons of CO2 equivalent. So, just in the U.S. in a single year, emissions from vehicles are five times greater than all global volcanoes.
The total greenhouse gas emissions from on-road vehicles worldwide are greater than 3.0 gigatons per year, which is more than 10 times the yearly volcano output. When compared to the 42 gigatons of emissions produced by all human contributions per year (from energy production, agriculture, industry, etc.), the contribution from volcanoes appears relatively tiny, about 150 times less.

The tweet’s claim was not referring to just one year, but « more CO2 than every car driven in history. » So the claim is not just wrong, it’s wrong my multiple orders of magnitude.

Erroneous claims regarding volcanoes and carbon dioxide emissions are nothing new; they have existed for decades. They are ready-made statements, not based on data, and they breed misunderstanding.

Source : CBS News.

Eruption du Merapi le 3 mars 2020 (source : CVGHM)

Alaska : Départ de l’Iditarod !

En ce moment se déroule en Alaska l’Iditarod qui est, avec la Yukon Quest, la plus célèbre des courses de traîneaux. Les mushers et leurs attelages de 16 chiens doivent parcourir les 1 757 km entre Anchorage et Nome sur la côte ouest. L’événement dure entre 8 et 15 jours, selon la météo et les conditions sur le terrain. Le départ officiel est donné aujourd’hui 8 mars 2020.

Cette compétition commémore un exploit. Pendant l’hiver 1925, une épidémie de diphtérie a frappé la ville de Nome. La glace et le blizzard empêchaient tout envoi de sérum par avion ou bateau. C’est finalement un traîneau tiré par des chiens qui parvint à rejoindre Nome avec le sérum salvateur. Le dernier musher du relais s’appelait Gunnar Kaasen et le leader des chiens, Balto, qui est devenu un héros national. Il possède d’ailleurs sa statue  dans le centre d’Anchorage.

Au moment des courses de chiens de traîneaux dans l’Arctique, on retrouve l’atmosphère des livres de Jack London. A Nenana, au cœur de l’Alaska, j’ai eu le privilège de filer à bord d’un traîneau piloté par Bill Cotter, un ancien musher vainqueur d’une Yukon Quest et 3ème d’une Iditarod. Un grand moment !

Hier soir, on pouvait suivre en direct la cérémonie de départ de l’Iditarod sur le site dédié à cette course mythique et passionnante.

https://iditarod.com/

« Ceremonial start » hier dans la 4ème Avenue d’Anchorage (Alaskan TV)

Les chiens sont impatients de prendre le départ (Photo: C. Grandpey)

Un hiver chaud! // A hot winter!

Selon les données Copernicus publiées le 4 mars, l’hiver météorologique (décembre, janvier et février) 2019-2020 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe, avec une température supérieure de 3,4°C à la moyenne. Le précédent record (2015-2016) est donc battu de près de 1,5°C. Le mois de février 2020 a été le deuxième plus doux en Europe depuis le début des relevés météorologiques, derrière février 1990. Le mois dernier, la température a été de 3,9°C supérieure à la moyenne.

Le mois de février 2020 a également été le 2ème mois de février le plus doux en France, avec une anomalie de +3,6°C, derrière les +4,4°C de février 1990.

Source : France Info.

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Le centre de prévisions météorologiques de Russie confirme ce que j’ai écrit il y a quelques semaines: le dernier hiver (2019-2020) a également été le plus chaud observé à Moscou depuis le début des relevés de températures il y a 140 ans. Ce fut aussi le premier hiver avec une moyenne égale ou supérieure à 0°C. La température moyenne en Russie de décembre à février a été supérieure de 2,5°C au précédent record de -2,8°C au cours de l’hiver 1960-1961. C’est 6,3°C de plus que la moyenne 1981-2010!
La Russie dans son ensemble devrait également connaître l’hiver le plus chaud de son histoire. 2019 avait déjà été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le pays. Cela a entraîné un tel déficit de chutes de neige que les autorités ont dû importer de la neige artificielle pour les festivités du Nouvel An.
Bien que le gouvernement russe ait approuvé un plan national d’adaptation au changement climatique au début de l’année 2020, le président Vladimir Poutine a déclaré que personne ne connaît les origines du changement climatique dans le monde! Il a déclaré: « Nous savons que dans l’histoire de notre Terre, il y a eu des périodes de réchauffement et de refroidissement et cela pourrait dépendre de processus dans l’univers. Un petit changement d’angle de l’axe de rotation de la Terre ou de son orbite autour du Soleil peut entraîner de profonds changements climatiques. » Bien sûr, il a oublié de mentionner le rôle joué par les gaz à effet de serre et de dire que son pays est l’un des principaux pollueurs !
Pendant ce temps, d’autres parties de l’Europe ont également connu des conditions hivernales exceptionnelles. Par exemple, Helsinki, la capitale de la Finlande, n’a enregistré pratiquement aucune chute de neige en janvier ou février, avec seulement 20 centimètres pendant tout l’hiver. La France et l’Allemagne ont également connu leur hiver le plus doux, avec les problèmes que l’on sait pour les stations de ski de basse et moyenne altitude.
Source: The Watchers.

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La Haute-Vienne où j’habite n’a pas échappé à l’hiver extrêmement doux. Selon Météo France, c’est le plus chaud du département depuis 1950. Les températures de l’hiver sont de 2,9°C au-dessus de la normale, qui s’élève à 4,6°C. Jusqu’à présent, 2016 était l’hiver record. En février 2020, on a enregistré 3,4°C de plus que la normale qui est de 4,9°C. Le 16 février on a enregistré des pointes de 15°C et 19°C. Preuve supplémentaire de cette douceur, la quasi-absence de gelées. Le mois de février 2020 n’a toutefois pas été le plus doux de l’histoire, se classant en quatrième position des mois de février les plus doux depuis 1950 dans le département, juste devant celui de 2019.

J’entends tous les jours les gens se plaindre de la pluie. Ils ont tort : Février 2020 est déficitaire de 14 %. La pluie est tombée de manière disparate sur le département de la Haute-Vienne. Grâce à ces pluies, l’hiver 2019-2020 dans sa globalité (entre décembre et février) se conclut en Haute-Vienne avec un excédent de 7 % de précipitations. Comme le fait remarquer un météorologue, « c’est plutôt rassurant, mais il ne faudrait pas un printemps sec car les réserves d’eau ne sont pas encore au top.»

Source : La Populaire du Centre.

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According to Copernicus data released on March 4th, the 2019-2020 meteorological winter (December, January and February) was the warmest on record in Europe, with temperatures 3.4°C above average. The previous record (2015-2016) was beaten by almost 1.5°C. February 2020 was the second warmest in Europe since the start of the weather reports, after February 1990. Last month, the temperature was + 3.9°C compared to the average.

February 2020 was also the 2nd mildest February in France, with an anomaly of + 3.6°C, behind + 4.4°C in February 1990.

Source: France Info.

Russia’s weather forecasting centre confirms what I wrote a few weeks ago : The past winter season (2019-2020) was Moscow’s warmest winter season since record-keeping started 140 years ago. This was also the first winter averaging at or above 0°C. Russia’s average temperature from December to February has been 2.5 °C warmer than the previous record of -2.8 °C during the winter of 1960/61. This is 6.3 °C warmer than the 1981-2010 average!

Russia as a whole is also likely to set a record for the warmest winter. In addition to the extremes, 2019 was also the hottest year ever recorded in the country. This resulted in a severe lack of seasonal snowfall to the point where officials had to import artificial snow for New Year’s festivities.

Although the Russian government approved their national plan for the adaptation to climate change earlier this year, President Vladimir Putin said nobody knows the origins of global climate change! He declared: « We know that in the history of our Earth there have been periods of warming and cooling and it could depend on processes in the universe. A small angle in the axis in the rotation of the Earth or its orbit around the Sun could push the planet into serious climate changes. » Of course, he forgot to mention the part played by greenhouse gases and say that his country is one of the major polluters.

Meanwhile, other parts of Europe also faced extremely weak winter conditions. For instance, Finland‘s Helsinki had almost no snowfall in January or February, with only 20 centimetres during the entire winter season. France and Germany had their warmest winter as well.

Source: The Watchers.