L’intrusion magmatique sous la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The magma intrusion beneath the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la géologie savent que l’Islande se trouve dans une zone d’accrétion, autrement dit sur un point de l’écorce terrestre où les plaques tectoniques Eurasiatique et Américaine s’écartent l’une de l’autre à raison de quelques centimètres chaque année. Cette situation géologique particulière induit une sismicité relativement élevée, mais les derniers événements observés sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, interpellent les scientifiques. Ils se demandent quelle peut être la cause de l’activité sismique intense et ils se posent une foule de question. Est-elle d’origine purement tectonique ? Pourquoi observe-t-on un soulèvement du sol ? S’agit-il d’une intrusion, magmatique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éruption ? Comme il n’y a ni morts, ni dégâts matériels majeurs, les médias ne s’intéressent pas à l’Islande en ce moment. L’épidémie de COVID-19 a accaparé tous les regards. Pourtant, la situation sur la Péninsule de Reykjanes est fort intéressante.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises ces dernières semaines, la sismicité est toujours intense dans la Péninsule de Reykjanes. Plus de 6 000 événements ont été enregistrés depuis le début de l’année 2020. J’ai indiqué que, selon l’Icelandic Met Office (IMO), il s’agit de l’activité la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Cette sismicité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes.
Outre l’activité sismique intense, les mesures GPS confirment qu’une intrusion magmatique a eu lieu dans la partie ouest de la Péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell, entre la mi-février et la première semaine de mars. Une modélisation situe l’intrusion à une profondeur de 8 à 13 km, probablement dans la partie inférieure de la croûte terrestre, à une plus grande profondeur que les deux intrusions magmatiques observées au niveau du Mt Thorbjörn.
Lors du premier épisode d’inflation en janvier-février, la déformation atteignait environ 3 à 4 mm par jour avec un soulèvement total de 6 cm pendant toute la période.
Dans l’épisode d’inflation actuel, la déformation semble beaucoup plus lente. Elle a atteint environ 7 à 8 cm depuis la fin janvier.
Le Conseil consultatif scientifique – Scientific Advisory Board (SAB) – islandais estime que l’explication la plus probable de l’inflation est une intrusion magmatique au cours de laquelle le magma force le passage horizontalement. Cette intrusion provoque une forte sismicité dans la zone au nord de Grindavík. Une modélisation montre que des fractures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte, à 1 ou 2 km de profondeur, en raison des contraintes générées par l’intrusion proprement dite. Cette situation est susceptible de générer de nouveaux épisodes de sismicité dans la région.
Le 28 mars 2020, un essaim sismique a été enregistré à Eldey, ce qui prouve que l’activité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes qui se trouvent en limite dee plaques tectoniques mentionnées précédemment. Il convient de noter que les systèmes volcaniques d’Eldey, Reykjanes, Svartsengi et Krýsuvík se trouvent à cheval sur ces limites de plaques. Le SAB estime qu’il est essentiel de surveiller l’activité en cours dans la Péninsule de Reykjanes dans son ensemble et non par secteur, et de comparer cette activité avec des événements plus anciens dans la région. On pourra ainsi essayer de comprendre la cause des phénomènes actuels et tenter de prévoir l’évolution possible de la situation.
Sources: OMI, SAB, The Watchers.

———————————————

Those who are interested in geology know that Iceland is in an accretion zone, a spot of the Earth’s crust where the Eurasian and American tectonic plates move away from one another at the rate of a few centimeters each year. This particular geological situation induces a relatively high seismicity, but the latest events observed on the Reykjanes Peninsula, in the southwest of the country, call out to scientists. They wonder what may be the cause of the intense seismic activity and they ask themselves a lot of questions. Is it of purely tectonic origin? Why do we observe an uplift from the ground? Is this a magma intrusion? Why is there no eruption? As there are no deaths or major material damage, the media is not interested in Iceland at this time. The COVID-19 epidemic has taken everyone’s attention. However, the situation on the Reykjanes Peninsula is very interesting.

As I put it several times before, seismicity is still intense at the Reykjanes Peninsula. More than 6 000 events have been recorded since the beginning of 2020. I have explained that, according to the Icelandic Met Office (IMO), it is the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991. It is affecting all volcanic systems in the Reykjanes Peninsula and Reykjanes Ridge

Beside the intense seismic activity, GPS measurements give evidence of a new magma intrusion west of the Reykjanes Peninsula under Rauðhólar and Sýrfell, from mid-February until the first week of March.  A model places the intrusion at a depth of about 8 – 13 km, which is probably at the bottom of the Earth’s crust, at considerably more depth than the two magma intrusions at Thorbjörn.

During the first inflation episode in January-February, the deformation rate was about 3 – 4 mm per day with a total of 6 cm uplift during the whole period.

In the inflation episode that is ongoing now, the deformation rate looks much slower. In total, it has been about 7 – 8 cm since the end of January.

The Icelandic Scientific Advisory Board (SAB) believes that the most likely explanation of the inflation is a magma intrusion, with magma forcing its way horizontally. The magma intrusion causes a considerable amount of earthquakes in the area north of Grindavík. A model of the ongoing magma intrusion shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1 – 2 km, because of the stress induced by the uplift itself. This might lead to more earthquakes in the area.

On March 28th, 2020, an earthquake swarm occurred in Eldey, indicating that the activity is affecting all volcanic systems in the peninsula and the ridge.The Reykjanes Peninsula and the Reykjanes Ridge are composed of plate boundaries. It should be noted that the Eldey, Reykjanes, Svartsengi and Krýsuvík volcanic systems lie right across the boundaries. The SAB believes that it is extremely important to monitor and investigate the ongoing activity in the Reykjanes Peninsula as a whole, and compare this activity with older events in the area to try to decipher the reasons and identify possible developments.

Sources: IMO, SAB, The Watchers.

L’activité sismique en 2020 sur le Péninsule de Reykjanes (Source: The Watchers)

On observe également plusieurs sites hydrothermaux sur la péninsule (Photo: C. Grandpey)

Blanchissement catastrophique de la Grande Barrière de Corail (Australie) // Disastrous bleaching of the Great Barrier Reef (Australia)

L’une des conséquences majeures du changement et du réchauffement climatiques est le blanchissement des récifs coralliens. La situation devient de plus en plus préoccupante sur la Grande Barrière de Corail en Australie. De nouvelles données publiées début avril montrent les effets du réchauffement climatique sur cette merveille naturelle de 2400 kilomètres de long.
Le blanchissement à grande échelle prouve que les coraux sont soumis à un stress intense car les eaux qui les entourent deviennent de plus en plus chaudes. Les océans du monde absorbent 93% de la chaleur générée dans l’atmosphère  par les gaz à effet de serre d’origine anthropique. En conséquence, ils se réchauffent en moyenne à une vitesse 40% plus importante que le pensaient les scientifiques il y a six ans.
Selon une étude récente, 2019 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée pour les océans du monde. Le stress causé par le réchauffement des eaux entraîne généralement la mort des coraux. Dans le passé, ils avaient une chance de se régénérer pendant la phase de refroidissement de l’eau, un processus qui pouvait prendre de 10 à 15 ans. Aujourd’hui, de nombreuses espèces de récifs coralliens dans le monde connaissent une mort à grande échelle. Environ 30% des coraux de la Grande Barrière sont morts après le blanchissement de 2016 qui a été le pire depuis 1998.
Le blanchissement de 2020 semble se classer au deuxième rang, juste après celui de 2016. Les scientifiques ont remarqué une accélération du phénomène au cours des dernières années. Il y avait un écart de 14 ans entre le blanchissement de 2002 et celui de 2016, alors que trois épisodes sévères se sont produits au cours des cinq dernières années.
La Grande Barrière de Corail n’est pas entièrement morte, mais dans de nombreuses sections du récif sont affectées. Sur des centaines de kilomètres, les coraux qui avaient autrefois de belles couleurs sont maintenant blancs, ou gris ; ils se cassent et se couvrent de bactéries.
Les coraux sont des créatures très sensibles. Ce sont de minuscules polypes qui recueillent des algues qui convertissent la lumière du soleil en nourriture. Ils forment des colonies colorées qui construisent une structure calcaire – le récif – sur laquelle elles se développent. Les coraux prospèrent dans l’eau chaude, mais seulement jusqu’à une certaine température. Un excès de deux ou trois degrés peut les tuer.
Les températures de février, pendant l’été dans l’hémisphère sud, étaient bien au-dessus de la limite acceptable pour les coraux. Ce fut le mois le plus chaud jamais enregistré pour la température de l’eau à proximité du récif. Elle était de 0,5 à 1,5°C supérieure à ce qu’elle est habituellement en mars. Dans la partie sud de la Grande Barrière, près du rivage, la température de l’océan était de 2 à 3°C supérieure à la moyenne. Elle était parfois supérieure de plus de 3 degrés Celsius é la moyenne pour cette période de l’année.
Les espèces les plus susceptibles de blanchir et de mourir sont le corail vinaigrier – ou corne de cerf – et d’autres coraux digitiformes, avec des racines et ramifications dont les espaces permettent à de nombreux types de poissons de nager et d’obtenir une protection. Les espèces qui semblent les plus résistantes sont les coraux en forme de dôme, connus sous le nom de coraux cerveaux, qui jouent un rôle important dans la protection contre l’érosion côtière, mais sont moins recherchés par les poissons et autres animaux sauvages.
La hausse de la température de l’eau et ses conséquences pour les coraux pourrait avoir un sérieux effet domino à plus grande échelle. Des centaines de millions de personnes tirent l’essentiel de leurs protéines des poissons des récifs, comme la truite de corail qui est déjà affectée par le blanchissement de la Grande Barrière. De nombreux scientifiques craignent que la perte de cet approvisionnement alimentaire ne devienne une crise humanitaire.
Les coraux ont commencé à montrer des signes de stress en janvier, au moment où les incendies de végétation en Australie étaient les plus intenses. Après une période de temps plus frais en février, la hausse des températures s’est poursuivie de fin février à mars. Les scientifiques ont découvert des coraux morts dans des récifs peu profonds, mais aussi dans des sites plus profonds où ils étaient censés être mieux protégés.
Il convient de rappeler que les scientifiques avaient affirmé il ​​y a 20 ans que les récifs coralliens seraient menacés si les humains ne s’attaquaient pas au changement climatique. Des actions significatives ont été mises sur pied par le gouvernement australien pour protéger la Grande Barrière de Corail. Les travaux déjà entrepris pour améliorer la résilience du récif vont se poursuivre. Le gouvernement investit 1,9 milliard de dollars dans la protection de la Grande Barrière de Corail grâce à des techniques scientifiques et environnementales de pointe. Des investissements supplémentaires pour protéger la couverture corallienne grâce aux étoiles de mer couronnes d’épines (Acanthaster planci), aux programmes de qualité de l’eau, à la surveillance de pointe des environnements récifaux jouent également un rôle clé dans le la protection de la Grande Barrière. Reste à savoir si ces efforts seront suffisants pour freiner le blanchissement galopant des récifs coralliens. .
Source: Presse internationale.

————————————————–

One major consequence of climate change and global warming is the bleaching of coral reefs. The situation is getting more and more worrying on the Great Barrier Reef in Australia. New data released in early April shows example the effects of the phenomenon on this 2,400-kilomere natural wonder.

The mass bleaching indicates that corals are under intense stress from the waters around them, which are getting hotter and hotter. The world’s oceans absorb 93 percent of the heat trapped by the human-made greenhouse gases into the atmosphere. As a result, they are warming up 40 percent faster on average than scientists estimated six years ago.

According to one recent study, 2019 was the hottest year on record for the world’s oceans. For corals, the stress caused by the warming waters usually leads to death. In the past, they might have recovered after the water cooled, a process that could take 10 to 15 years. Now, a wide range of species of coral reefs all over the world are experiencing mass die-offs. Roughly 30 % of the corals on the Great Barrier Reef died after the 2016 bleaching, which was the worst event since 1998.

The 2020 bleaching appears to rank second only to 2016. Scientists have noticed an acceleration in bleaching during the past years. There was a 14-year gap between 2002 and 2016, whereas three severe events occurred during the past five years.

The Great Barrier Reef is not entirely dead, but in many areas of the reef, hundreds of kilometres, corals that were once colourful are now white, brittle and broken, or grey and covered with bacteria.

Corals are very sensitive creatures. They are tiny polyps that gather algae that convert sunlight into food, forming colourful colonies that build a limestone structure – the reef – on which to live. They thrive in warm water, but only up to a point: Just two or three degrees of excess warming can kill them.

Temperatures in February, during the Southern Hemisphere summer, were far above the acceptable limit for corals. It was the warmest month on record for water temperatures near the reef. They were 0.5 to 1.5°C higher than what they usually are in March. In the southern parts of the marine park close to shore, ocean temperatures were 2 to 3°C above average. with readings in some places peaking at more than 3 degrees Celsius above average for the time of year.

The species most likely to bleach and die are staghorn coral and other root and branch corals with spaces that allow many kinds of fish to swim and gain protection. The species that seem hearty enough to survive tend to be dome-like corals, known as brain corals, which play a role in protecting against coastal erosion but are less valuable to fish and other wildlife.

The ripple effect of warmer water temperatures on corals could be significant. Hundreds of millions of people get their protein primarily from reef fish like the coral trout, which is already being affected by the bleaching events on the Great Barrier Reef. Many scientists worry that the loss of that food supply could become a humanitarian crisis.

The corals started to show signs of stress in January, around the same time that Australia’s bush-fire crisis reached its apex. After a stretch of cooler weather in February, the overheating continued from late February through March, with scientists finding dead corals in shallow reef habitats, and bleaching in deeper reef slopes that were believed to be better protected.

It should be remembered that scientists had warned 20 years ago that coral reefs would be at risk if humans did not address climate change. Actions to support the resilience of the Great Barrier Reef are now more important than ever. The Australian government is ready to continue to deliver the work already being undertaken to enhance the resilience of the reef. It is investing $1.9 billion in protecting the Great Barrier Reef through world-leading science and practical environmental outcomes. Additional investments to protect coral cover through crown-of-thorns starfish control (Acanthaster planci), water quality programs, state-of-the-art monitoring of reef environments and reef adaptation are also playing key roles in supporting the Reef. But will all these efforts be enough to slow down the very rapid bleaching of coral reefs?

Source: International press.

Image satellite de la Grande Barrière de Corail (Source : NASA)

 
 

Photos: C. Grandpey

Piton de la Fournaise : Cheveux de Pélé = Danger ! // Pele’s hair = A major hazard !

L’éruption du Piton de la Fournaise est terminée et c’est tant mieux pour les communes autour du volcan. Comme je l’indiquais dans ma note d’hier matin, le vent rabattait le panache de gaz sur la région sommitale où l’on observe une abondance de cheveux de Pélé. Il s’agit de longs filaments de lave très fluides et leur légèreté leur permet d’être transportés par le vent. Ils sont appelés ainsi, par référence à Pélé, la déesse du feu et des volcans dans la mythologie hawaïenne.

En dehors du sommet du Piton de la Fournaise, ces cheveux de Pélé sont aussi observés dans la région du Tampon et dans la Plaine des Cafres, ce qui suscite l’inquiétude des éleveurs. En effet, ces très fins filaments de lave, fins d’un demi millimètre, se déposent dans les pâturages et font courir un risque mortel au bétail. Ils sont également dangereux pour la population. Leur inhalation ou leur ingestion revient à faire pénétrer de fines aiguilles tranchantes dans les poumons et le système digestif.

Source : Presse réunionnaise.

D’un point de vue historique, il semblerait que l’appellation « cheveux de Pélé » remonte au 19ème siècle où le phénomène a été observé pour la première fois à Hawaii.

En fonction de la viscosité de la lave et de la force du vent, les cheveux de Pélé peuvent ne pas s’étirer complètement en filaments. Ces derniers se terminent alors par une goutte plus ou moins grosse, appelée « larme de Pélé »  En fonction de la finesse des filaments et de la force du vent, les cheveux de Pélé peuvent être transportés à des kilomètres du lieu de leur formation, comme c’est le cas en ce moment sur l’île de la Réunion.

Les cheveux de Pélé se présentent parfois sous forme de tignasses, voire de tapis, comme ce fut le cas sur le Kilauea (Hawaii) à l’époque où un lac de lave s’agitait dans le cratère de l’Halemaumau.

———————————————–

The eruption of Piton de la Fournaise is over and it is a good thing for the municipalities around the volcano. I indicated in yesterday’s post that the wind was pushingg the gas plume over the summit area where there was also an abundance of Pele’s hair. They are long, very fluid lava filaments and their lightness allows them to be carried away by the wind. They are so called, by reference to Pele, the goddess of fire and volcanoes in Hawaiian mythology.
Beside the summit of Piton de la Fournaise, Pele’s hair is also observed in Le Tampon region and in the Plaine des Cafres, which raises the concern of breeders. Indeed, these very thin filaments of lava, half a millimetre fine, are deposited in pastures and pose a deadly risk to the cattle. They are also dangerous to the population. Inhaling or ingesting them amounts to introducing fine, sharp needles into the lungs and digestive system.
Source: Local press.

From a historical point of view, it seems that the name « Pele’s hair » dates back to the 19th century when the phenomenon was first observed in Hawaii.
Depending on the viscosity of the lava and the strength of the wind, Pélé’s hair may not stretch completely into filaments. The latter then end in more or less large drops, called « Pele’s tears » Depending on the fineness of the filaments and the strength of the wind, Pele’s hair can be carried away over kilometres by the wind, as this is currently happening on Reunion Island.
Pele’s hair sometimes appears in the form of mops, or even carpets, as was the case on Kilauea Volcano (Hawaii) when a lava lake ould be observed in Halemaumau Crater.

La déesse Pélé dans la Volcano House du Kilauea (Hawaii) [Photo: C. Grandpey]

Cheveux de Pélé  en paillettes, brillant comme de l’or à la surface de coulées de lave sur le Kilauea (Photo: C. Grandpey)

On observe parfois des tignasses de cheveux de Pélé en bordure des bouches éruptives (Photo: C. Grandpey)

(Photo: C. Grandpey)

Tapis de cheveux de Pélé à proximité du cratère du Pu’uO’o à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Accumulation de cheveux de Pélé aux abords du cratère de l’Halema’uma’u à Hawaii (Photo: USGS / HVO)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Fin de l’éruption ? // End of the eruption ?

13h30 (heure métropole) : L’Observatoire vient d’indiquer qu’une forte chute de l’intensité du tremor a été observée aujourd’hui vers 13h30 (heure locale), annonçant la fin de l’éruption.

Aucune hypothèse n’est écartée quant à l’évolution de la situation à venir : arrêt définitif ? Reprise de l’activité ?  On note toutefois une forte chute de l’activité sismique depuis la fin de l’éruption. (NDLR : Cette dernière sismicité peut avoir marqué la vidange définitive de la chambre magmatique superficielle, avec des effondrements accompagnant le phénomène. Le comportement éruptif du volcan pendant les mois à venir confirmera ou infirmera cette hypothèse).

Un vol de reconnaissance de la SAG et du PGHM réalisé le 6 avril au matin a permis de se rendre compte que front de coulée actif se situait à 360 m d’altitude soit à environ 2 km de la RN 2.

De fortes quantités de cheveux de Pelé ont été observées dans les secteurs situés au nord du volcan, notamment dans le secteur de La Plaine des Cafres où ils ont formé des pelotes de plusieurs dizaines de centimètres.

Une note spéciale sera consacrée aux cheveux de Pélé sur ce blog demain matin.

Source : OVPF.

——————————————–

1:30 p.m. (Paris time): The Observatory has just indicated that a sharp drop in the intensity of the tremor was observed today around 1:30 p.m. (local time), announcing the end of the eruption.
No hypothesis is ruled out as for the evolution of the situation : final stop? Resumption of activity? However, there has also been a sharp drop in seismic activity since the end of the eruption. (Editor’s note: This last seismicity may have marked the final emptying of the shallow magma chamber, with collapses accompanying the phenomenon. The eruptive behaviour of the volcano during the coming months will confirm or invalidate this hypothesis).
An overflight by the SAG and the PGHM carried out on the morning of April 6th revealed that the active flow front was at an altitude of 360 m, approximately 2 km from the RN 2.
Large quantities of Pele’s hair have been observed in the areas north of the volcano, especially in the Plaine des Cafres area where they formed balls of several tens of centimetres.
A special post will be devoted to Pele’s hair on this blog tomorrow morning.
Source: OVPF.

La chute brutale du tremor marque probablement la fin de l’éruption (Source: OVPF)

Voici trois photos souvenirs de cette éruption. Elles sont signées Jean-Luc Allègre, photographe professionnel, que je salue très amicalement.

Crédit photo : Jean-Luc Allègre