Retour sur les glaciers des Alpes

Profitant des belles journées d’été du début du mois de septembre, je me suis rendu dans les Alpes françaises et suisses, histoire de constater les effets du réchauffement climatique sur quelques uns des glaciers du massif.

Ma première halte s’est faite à Chamonix. Comme les fois précédentes, j’ai pris des photos du Glacier des Bossons depuis le lac des Gaillands, avant de prendre le mythique télésiège biplace qui permet de s’approcher du front du glacier. En comparant mes photos avec celles de 2017, j’ai constaté que la situation était relativement stable. Le profil global du glacier reste le même. A noter peut-être une certaine diminution de sa largeur. Il serait aussi intéressant de savoir si l’épaisseur de la glace s’est modifiée suite à l’épisode de canicule de cet été.

Voici deux photos montrant le Glacier des Bossons en juillet 2017 et septembre 2018 :

Mon étape glaciaire suivante fut le Glacier d’Argentière que l’on atteint par le téléphérique des Grands Montets. Depuis la gare de Lochan, un sentier grimpe vers le front du glacier. Un coup de rein supplémentaire permet d’obtenir un superbe point de vue. En 2017, l’orage menaçait et j’avais dû faire demi-tour sans profiter de la vue globale sur le glacier. En montagne, on ne plaisante pas avec les orages ! Je ne peux donc pas comparer l’état de sa surface en 2018 avec celle de 2017. Une fois arrivé au point de vue, j’ai poursuivi ma randonnée en suivant le sentier qui longe le glacier et qui le traverse par la suite pour atteindre le refuge d’Argentière. Je me suis aventuré un peu sur la glace, histoire de prendre quelques photos des crevasses qui entaillent la partie frontale. Les employés du téléphérique m’ont confirmé qu’il était dangereux de s’aventurer le long des parois de la montagne à cause des risques d’éboulement. Ceux-ci sont en grande partie provoqués par la fonte du permafrost de roche qui ne joue plus son rôle de ciment. Ces employés m’ont également expliqué que le glacier avait moins fondu cette année grâce à l’épaisse couche de neige qui l’avait recouvert pendant l’hiver.

Voici quelques images du Glacier d’Argentière début septembre 2018 :

Après avoir franchi le Col de la Forclaz, je suis entré en Suisse par la superbe vallée du Valais avec ses vignes et ses vergers. La ville de Visp se trouve au carrefour de la route vers Zermatt, localité accessible uniquement par le train après avoir laissé sa voiture à Täsch. C’est un remarquable exemple de protection de l’environnement. A Zermatt, tous les taxis sont à moteur électrique. Inutile de dire que la propreté suisse règne partout, que ce soit dans les gares ou dans les trains. Ici pas de dégradations ou de tags sur les murs ! Au départ de Zermatt, un train à crémaillère permet de prendre de l’altitude, avec le Gornergrat comme gare terminale, à plus de 3100 mètres au-dessus du niveau de la mer. J’avais déjà visité le site en 1981 et sa beauté m’avait donné envie d’y revenir. 37 ans plus tard, ce fut aussi l’occasion de prendre des photos et de les comparer avec les clichés de 1981. A l’époque je n’avais qu’un reflex argentique de marque Zénith et le coût des pellicule poussait à les utiliser avec parcimonie ; on ne « mitraillait » pas à coups de smartphone !

Les sommets autour du Gornergrat dépassent les 4000 mètres, comme le Cervin ou le massif du Mont Rose. On se trouve donc au niveau de la zone d’accumulation des glaciers. C’est que qui explique que leur perte de masse à la source est moins importante qu’à des niveaux plus bas. La comparaison des photos montre toutefois une diminution des glaciers, quel que soit le point de l’horizon observé. Après une alimentation bien fournie au départ, la rivière de glace perd de sa grandeur et surtout de sa longueur, comme le montrent les arabesques tracées par les eaux de fonte. Voici quelques images comparatives entre 1981 et 2018 et quelques autres photos de ce site magnifique :

 

L’an passé, toujours dans le Valais, j’avais visité le Glacier d’Aletsch et constaté à quel point le réchauffement climatique lui avait fait perdre de l’épaisseur.

 Laissant Aletsch sur la gauche de la route au niveau du petit village de Fiesch, j’ai gravi les premières pentes du Col de la Furka pour aller jeter un coup d’œil au Glacier du Rhône qui a été l’objet de mes notes précédentes. Je ne m’y attarderai donc pas, sauf pour rappeler que sa fonte est catastrophique.

 

Au final, cette virée dans les Alpes confirme la fonte des glaciers, avec des variantes en fonction de l’altitude et de l’exposition. Le phénomène n’est pas près de s’arrêter car les températures continuent à grimper. Il est fort à craindre que dans un très court terme cette fonte glaciaire entraîne de sérieux problèmes dans les localités des vallées, ne serait-ce que pour l’alimentation en eau potable. Cet aspect a récemment été abordé par un documentaire diffusé sur ARTE à propos du massif du Saint-Gothard. (Photos: C. Grandpey)

 

 

Le Lac d’Annecy et le réchauffement climatique // The Lake of Annecy and global warming

Autre fait inquiétant: la baisse de niveau du lac d’Annecy où j’ai fait une halte en rentrant de mon équipée glaciaire dans les Alpes. Au cours de l’été 2018, le niveau du lac a chuté d’une soixantaine de centimètres. Une situation semblable avait été observée en 2003, année où la baisse de niveau avait, semble-t-il, été encore plus préoccupante. Le problème, c’est que le phénomène a tendance à se répéter. Il n’y a actuellement aucune difficulté d’alimentation en eau potable, mais les exploitants d’embarcations touristiques comme les bateaux à moteurs sont confrontés à des problèmes de tirant d’eau. En conséquence, il a fallu déplacer des zones d’embarquement et interdire l’accès à certains pontons, faute de profondeur et par mesure de sécurité. Le sable des petites plages a, lui aussi, reculé. Les personnes avec lesquelles j’ai parlé de la chute du niveau du lac ont admis qu’il y avait un problème, mais du bout des lèvres. J’ai bien senti que je dérangeais en abordant le problème du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers. Il ne faut surtout pas effrayer les touristes…!

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Another disturbing fact is the decrease in the level of the Annecy Lake where I stopped on my way back from my trip to the Alpine glaciers. During the summer of 2018, the lake level dropped by about sixty centimetres. A similar situation was observed in 2003, when the decrease was apparently even more worrying. The problem is that the phenomenon tends to repeat itself. There is currently no problem with drinking water supply, but the operators of motor boats are facing problems with their draft. As a result, boarding areas had to be relocated and some pontoons had to be closed for lack of water depth and for security reasons. The sand of the small beaches has, likewise, receded. The people I talked to about the fall of the lake level admitted that there was a problem, but lip service. I really felt that they were reluectant to speak about global warming and the melting of glaciers. Nothing should be done to scare the tourists …!

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La baisse du niveau du lac est visible sur les berges, mais aussi à l’intérieur de la vieille ville où le Thiou, déversoir naturel du lac, montre de gros signes de faiblesse…

Photos: C. Grandpey

Kilauea (Hawaii): Le Musée Jaggar ne rouvrira pas // The Jaggar Museum will not reopen

Alors que les autorités prévoient toujours la réouverture partielle du Parc National des Volcans d’Hawaï pour le 21 septembre 2018, il semble hautement improbable que le Jaggar Museum, l’une des principales attractions du Parc, puisse rouvrir à cause des dégâts subis lors de la dernière éruption du Kilauea. Le bâtiment a été sévèrement secoué par les dizaines de milliers de séismes enregistrés dans la zone sommitale du volcan entre mai et août. Les autorités du parc ont annoncé qu’elles prévoyaient de transférer le Jaggar Museum vers un visitor center situé dans le centre de Paoha et gracieusement mis à la disposition du Parc par une association locale.
Les géologues ont décrété que le site sur lequel est édifié le musée est «extrêmement instable», ce qui exclut toute utilisation future du bâtiment et des terrains annexes. Il faudra probablement des années, plus des fonds supplémentaires, pour rouvrir le musée sur un nouveau site.
En juin 2018, le personnel du Parc avait retiré par sécurité des artefacts et des éléments d’exposition du Musée Jaggar alors que l’activité volcanique et sismique endommageait le bâtiment et ses environs.
Source: Service des Parcs Nationaux.

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While officials are still planning the partial reopening of Hawaiian Volcanoes National Park for September 21st, 2018, it seems highly unlikely that the Jaggar Museum – one of the highlights of the Park – will reopen becase of the damage it sustained during Kilauea’s last eruption, especially the tens of thousands earthquake that shook the volcano’s summit area s from May to Augusst.. Park authorities have announced that they plan to loan some items from Jaggar Museum to a proposed visitor center in downtown Pahoa.
Geomorphologists recently determined the ledge on which the museum sits is “extremely unstable,” preventing future use of the building and grounds. It will probably take years, plus additional funding, to reopen at a new site.
In June 2018, park staff had removed artifacts and some exhibit features from the Jaggar Museum as volcanic and earthquake activity damaged the building and surrounding area.
Source: National Park Service.

On ne pourra plus admirer le cratère de l’Halema’uma’u depuis la terrasse du Jaggar Mudeum (Photo: C. Grandpey)

Réouverture du Parc National du Poás (Costa Rica) // Reopening of Poás Volcano National Park (Costa Rica)

Enfin une bonne nouvelle dans le monde des volcans. Après la plate-forme d’observation qui n’a jamais existé pour admirer l’éruption du Kilauea (Hawaii), le Costa Rica a de nouveau ouvert au public le Parc National du Volcan Poás qui était resté fermé pendant 16 mois en raison de l’activité volcanique. Il y a maintenant un nouveau système de sécurité pour les touristes. Il comprend des abris, des équipements de sécurité tels que des casques et des masques, ainsi que des systèmes de mesure des gaz en temps réel.
Les visiteurs seront autorisés à se rendre au point de vue sur le cratère en groupes, avec un maximum de 50 personnes et pour une durée de 20 minutes.
Source: Inside Costa Rica.

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At last a good piece of news in the world of volcanoes. After the observation platform that never existed to see the eruption of Kilauea (Hawaii), Costa Rica has reopened visits to the Poás  Volcano National Park that was closed for 16 months due to volcanic activity. There is now a new security system for tourists. It includes shelters, safety equipment such as helmets and masks, as well as gas meters in real time.

Visitors will be allowed to go to the crater viewpoint in groups, with of maximum 50 people and for a period of 20 minutes.

Source : Inside Costa Rica.

Crédit photo: Wikipedia