La Montagne Pelée (Martinique) et Soufriere Hills (Montserrat), deux volcans des Caraïbes

Voici un documentaire comme je les aime. Il s’agit en fait d’un double documentaire. La première partie, intitulée « Montagne Pelée, un volcan sous haute surveillance », est consacrée à la Martinique et à l’environnement du volcan suite à l’éruption de 1902.

L’autre partie, intitulée « Montserrat, la Pompéi des Caraïbes » nous explique l’éruption de Soufriere Hills en 1995 et ses conséquences pour la population de l’île.

L’ensemble dure 1 heure 47 minutes, mais on ne s’ennuie jamais. Les témoignages, que ce soit ceux des scientifiques ou de la population, captivent notre attention. Vous découvrirez le film en cliquant sur ce lien :

https://www.france.tv/documentaires/voyages/1073909-montagne-pelee-un-volcan-sous-haute-surveillance.html

La Montagne Pelée et St Pierre (Photo: C. Grandpey)

Soufriere Hills (Crédit photo: Wikipedia)

Hawaii: Le Kilauea Iki de nouveau accessible // Kilauea Iki again accessible

Voici un lot de consolation pour ceux qui iront à Hawaii mais ne verront pas de coulées de lave actives sur la Grande Ile. Le Parc National des Volcans d’Hawaï vient de rouvrir le sentier du Kilauea Iki (Kilauea Iki Trail) dans son intégralité. La moitié du sentier était ouverte depuis avril 2019, mais le reste de la boucle de 6,5 km était resté fermé pour effectuer des réparations

Le sentier du Kilauea Iki et de nombreuses autres zones du Parcs ont été gravement endommagés lors de l’éruption de 2018 qui a provoqué plus de 60 000 secousses sismiques au sommet du Kilauea. Grâce au soutien financier de Friends of Hawai‘i Volcanoes National Park, partenaire du parc, l’équipe d’entretien, épaulée par du personnel en provenance d’autres parcs nationaux, a réussi à réparer les portions du sentier du Kilauea Iki qui ont été endommagées, y compris celle où ont eu lieu d’importantes chutes de pierres le long de Byron Ledge.
Le Kilauea Iki Trail est l’un des sentiers les plus populaires du Parc. Il permet une randonnée sans grosses difficultés qui fait descendre à 120 mètres sous la lèvre du cratère jusqu’à son plancher. On entre alors dans un environnement unique où des nuages de vapeur sortent encore du sol. Le Kilauea Iki est tranquille ces jours-ci, mais en 1959, il hébergeait un lac de lave bouillonnant avec des fontaines de lave atteignant 600 mètres de hauteur.
Le 22 septembre 2019 marquait le premier anniversaire de la réouverture du Parc des Volcans d’Hawaii après une fermeture sans précédent de 134 jours en raison de l’éruption de 2018.
Source: National Park Service.

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Here is a consolation prize to those who go to Hawaii but can no loger see active lava on the Big Island. The Hawaii Volcanoes National Park has reopened the Kilauea Iki Trail in its entirety. About half of the trail had been open since April 2019, but the rest of the 6.5-kilometre loop remained closed for repairs until now.

The Kilauea Iki Trail and many park areas were severely damaged during the 2018 Kilauea eruption, which included more than 60,000 earthquakes at the summit. Thanks to the financial support of the park’s nonprofit partner, the Friends of Hawai‘i Volcanoes National Park, the park’s trail crew, assisted by trail crew members from other national parks, has successfully repaired the damaged sections of the Kilauea Iki Trail including areas of significant rockfall along Byron Ledge.

One of the park’s most popular trails, the Kilauea Iki Trail is a moderately-strenuous hike that drops 120 metres from the summit of the crater to the crater floor. A walk along the crater floor transports hikers to a unique environment. Kilauea Iki looks fairly tranquil these days but, in 1959 it was a seething lava lake, with lava fountains up to 600 metres high.

September 22nd marked the one-year anniversary of the Park reopening following an unprecedented 134-day closure due to the 2018 eruption.

Source: National Park Service.

Vue du cratère du Kilauea Iki (Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile) : La Torre del Filosofo

Mon ami sicilien Santo Scalia a écrit un article très intéressant qui raconte l’histoire de la Torre del Filosofo – la tour du philosophe – un lieu mythique de l’Etna qui a servi de point de repère à des générations de visiteurs du volcan. La Torre fait remonter dans mon esprit les moments merveilleux passés avec les guides de l’Etna : Antonio, Alfio, Beppe, etc. Je les salue tous, avec une pensée particulière pour le regretté Antonio Nicoloso qui a guidé mes premiers pas sur le volcan sicilien.

Aujourd’hui encore, les randonneurs qui gravissent chaque jour les pentes de l’Etna par le versant sud atteignent un espace ouvert appelé Torre del Filosofo, à environ 2900 mètres d’altitude. C’est là que s’arrêtent les bus 4X4 avec, à leur bord, les touristes venus admirer la zone sommitale du volcan. En réalité, la zone où s’arrêtent les bus et au-delà de laquelle l’accès est interdit pour des raisons de sécurité, n’est pas vraiment le lieu historique connu sous le nom de Torre del Filosofo. Autrefois, il se trouvait à une centaine de mètres un peu plus au nord-nord-ouest, à une altitude de 2920 mètres.

Parmi les touristes, certains demandent encore aujourd’hui où se trouve ‘la tour’ et qui était ‘le philosophe’. Selon la légende, le philosophe était Empédocle d’Agrigente (495 – 435 av. J.-C.). Afin de mieux percer les secrets et la nature du volcan, il fit ériger sa résidence près de ce qui était alors le grand cratère de l’Etna. Cette même légende raconte qu’Empédocle, pour se créer une aura de divinité et de surnaturel, s’était finalement jeté dans le cratère, pour disparaître définitivement aux yeux de ses contemporains. Mais le volcan cracha l’une de ses chaussures.

Tommaso Fazello en 1573, dans le deuxième livre de l’ouvrage Le due deche dell’historia di Sicilia, décrit ce qu’il a eu l’occasion d’observer près du sommet de l’Etna: «… nous avons vu au sommet de cette montagne […] un ancien bâtiment en ruine appelé […] la Tour du Philosophe, parce que les gens disent avoir entendu les anciens expliquer qu’Empédocle avait construit cette maison, pour pouvoir mieux philosopher auprès du feu de la montagne… »

Plus récemment, au début des années 1960, un abri en béton a été construit sur la petite colline qui culmine à environ 2 900 mètres d’altitude et qui appartenait jadis à la famille Platania. Son style architectural a été à l’origine de nombreuses discussions. Santo Scalia pense que la structure n’a jamais été utilisée comme abri, mais plutôt comme dépôt et comme refuge en cas d’urgence.

En 1971, à seulement un kilomètre de distance, un nouveau cratère s’est ouvert, le Cratère Sud-Est, qui n’a cessé de grandir depuis 1978, pour devenir ce qui est aujourd’hui le Nouveau Cratère Sud-Est.
L’année 2002 a scellé le sort du Refuge et de la maisonnette où se retrouvaient les guides. Le 26 octobre, deux bouches éruptives se sont ouvertes. Les cônes qui se sont rapidement formés (et qui seront baptisés Cratères Barbagallo) ont émis une énorme quantité de matériaux pyroclastiques qui ont rapidement recouvert toute la zone, y compris la colline sur laquelle se dressait le Refuge. Le 10 décembre 2002, l’I.N.G.V. écrivait: « La Torre del Filosofo est enterrée sous une couche de matériaux pyroclastiques ». Seule une petite partie du toit en béton armé et la partie supérieure d’une petite antenne de télécommunication restaient visibles. Mais l’Etna ne laisse jamais son travail inachevé. Le 26 octobre 2013, le Nouveau Cratère Sud-Est est de nouveau entré en éruption et les coulées de lave ont complètement englouti la zone de la Torre del Filosofo, y compris l’antenne. La Torre n’était plus qu’un souvenir….   .

Vous pourrez lire l’intégralité du texte de Santo Scalia en cliquant sur ce lien. Il est magnifiquement illustré par une gravure de Jean Hiuel.

http://ilvulcanico.it/cera-una-volta-la-torre-del-filosofo-empedocle/?fbclid=IwAR0NHxnzPofbl6Vhqg2p68Tv_Ej9kQjsf_BuKIhPbV03LX8IWNsYeIFy3rA

Le Refuge portait bien son nom. J’ai dormi à plusieurs reprises sur la terrasse et dans la cave, en attendant les meilleurs moment de l’aube et du crépuscule pour photographier les coulées de lave. (Photo: B. Behncke)

Comme il est dit dans mon diaporama « L’Etna de Glace et de Feu », L’Etna en hiver est vraiment un autre monde….

Le Refuge et la maisonnette des guides sous la neige et la glace le 1er janvier 2000!

Le Cratère Sud-Est le 1er janvier 2000!

Naissance du Nouveau Cratère Sud-Est en 1997

(Photos: C. Grandpey)

 

La Vierge au Parasol (Ile de la Réunion) : Toute une histoire…

La Vierge au Parasol est pratiquement une institution sur l’Ile de la Réunion. Autrefois située en pleine nature, cette Vierge tenant un parasol bleu est vénérée par de nombreux catholiques réunionnais car elle est censée les protéger contre les éruptions du Piton de la Fournaise, le volcan actif de l’île. Il faut reconnaître que la statue en a vu de toutes les couleurs.

Son histoire a commencé an 1896, année où deux Réunionnaises font placer une statue de Notre-Dame de Lourdes sur la route du Grand Brûlé. Surmontée d’un parasol (parapluie en créole), cette Vierge est destinée à préserver les habitants de Bois Blanc des colères du volcan et de la lave qui avance parfois jusqu’à la mer. Au début du 20ème siècle, un  propriétaire à Bois-Blanc la place dans ses champs pour protéger ses récoltes..

En dépit de ses qualités de protection, la statue a connu des mésaventures. C’est ainsi qu’en 1961 elle a été ensevelie sous une coulée de lave, avant de faire sa réapparition en 1963. Plus grande que la précédente, peinte en bleue et blanc, elle tenait toujours à la main son éternel parasol. Elle a été réinstallée à quelques kilomètres du premier oratoire, dans un lieu où elle était censée être à l’abri de la lave.

Mauvais calcul, car en janvier 2002 le Piton de la Fournaise menace à nouveau la statue qui est mise en sécurité sur le site de Piton Sainte Rose.

En 2005, elle est à nouveau mise à l’abri lors d’une autre éruption volcanique.

Suite à ces malheurs à répétition, la statue est installée au Grand Brûlé le 15 août 2011. La même année, une réplique de la statue est façonnée pour que la Vierge n’ait pas à être déplacée pour le 15 août, jour de la fête de l’Assomption.

Le 8 janvier 2014, la statue a été décapitée par des inconnus. Une réplique en résine fut alors installée au Grand Brûlé où elle fut vandalisée le 28 avril 2015, taguée à la peinture rouge avec, entre autres, l’inscription « Satan est de retour. »

Depuis cette époque, une reproduction de la Vierge au Parasol trône à l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Laves de Sainte Rose qui fut épargnée de justesse par une coulée de lave en 1977.

Le 15 août 2019, plus de 10 000 fidèles ont assisté à la messe de l’Assomption à Piton Sainte-Rose. On a craint un moment que la messe soit annulée car le Piton de la Fournaise était en éruption quelques jours plus tôt et les coulées qui descendaient les Grandes Pentes menaçaient de couper la RN 2 qui permet d’accéder à Sainte Rose. Heureusement pour les pèlerins, l’église Notre-Dame-des-Laves est restée parfaitement accessible. Comme chaque année, la Vierge au Parasol fut installée sur l’esplanade de Piton Sainte-Rose.

On peut voir une petite stèle avec une minuscule statue de la Vierge au Parasol le long de la RN 2, mais je conseille d’entrer dans l’église de Sainte Rose. En plus de la Vierge au Parasol, on pourra admirer les vitraux qui rappellent le passé tumultueux du site. On pourra aussi feuilleter quelques pages du Journal de l’Ile de la Réunion à propos de l’éruption de 1977.

Source : Guide local, Journal de l’Ile.

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Le long de la RN 2…

L’église Notre-Dame-des Laves, épargnée par une coulée en 1977…

A l’intérieur de l’église…

L’église reste sous la menace de la lave.

Photos: C. Grandpey