Islande : quelques nouvelles de l’éruption // Iceland : some news of the eruption

Le Met Office indique qu’il n’y a aucun signe indiquant que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes touche à sa fin. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas de déformation ou d’inflation dans le secteur de Svartsengi, comme ce fut le cas lors des trois éruptions précédentes. Le flux de magma en provenance de la chambre profonde, probablement à 15 kilomètres de profondeur, est stable et aucun magma ne s’accumule dans la chambre superficielle. Le magma semble s’écouler directement par la fracture éruptive. Il sera intéressant d’avoir les résultats de l’analyse de la chimie de la lave pour avoir confirmation de cette situation.
Les scientifiques du Met Office affirment qu’il faut être prudent en matière de prévisions. L’éruption peut durer encore un certain temps, mais elle peut également s’arrêter avec peu ou pas de préavis.
Il s’agit de la quatrième éruption sur la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar en moins de quatre mois. Les trois premières n’ont duré que quelques jours tandis que l’événement actuel dure beaucoup plus longtemps. Personne ne sait pourquoi cette éruption se comporte différemment. Il y a des désaccords entre les scientifiques. L’un d’eux a déclaré fort justement : « Des circonstances complexes dans la croûte régissent le déroulement de cette éruption. Nous ne disposons probablement d’aucune mesure permettant de dire exactement ce qui se passe. » Une fois de plus, on se rend compte que c’est la Nature qui commande et que l’être humain doit faire preuve d’humilité.
Source : Iceland Monitor.

Image webcam de l’éruptionle 3 avril 2024 au soir. En ce moment, le site éruptif est dans le brouillard

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The Met Office indicates that there are no signs that the eruption on the Reykjanes Peninsulais coming to an end. What is interesting is that there is no deformation or inflation in the Svartsengi area, as this was the case with the previous three eruptions. The flow of magma from the deep chamber, probably 15 kilometers deep, is stable and there is no magma accumulating in the shallow chamber, rather it flows directly out through the fissure. It will be interesting to have the results of the lava analysis to have a confirmation of this situation.

Scientists at the Met Office say one should be careful about making predictions. The eruption may last some time more, but it could also stop with little or no notice.

This is the fourth eruption in the Sundhnúkagígar crater row in less than four months. The first three lasted only a few days while the current one is lasting much longer. Nobody knows why this eruption is behaving differently. There are disagreements in the points of view. One scientist aptly said : « There are some complicated circumstances in the crust that govern how this eruption has panned out. We may not have any measurements that can tell us exactly what is going on. » Once again, we realize that Nature is in charge and that human beings should demonstrate humility.

Source : Iceland Monitor.

Les survivants de l’éruption du Vésuve (octobre 79)

L’éruption du Vésuve en l’an 79 de notre ère est l’une des plus célèbres de l’histoire. On sait depuis peu, grâce à un graffiti et des restes de récoltes découverts par les archéologues, qu’elle a eu lieu au mois d’octobre, et non au mois d’août, comme on le pensait initialement.

Photo: C. Grandpey

On s’est longuement intéressé aux victimes de la colère du volcan, dont certaines ont pu être conservées dans des moulages en plâtre grâce à une technique mise au point au 19ème siècle par l’archéologue napolitain Giuseppe Fiorelli. Il constata que la cendre solidifiée du volcan avait permis de conserver l’empreinte des corps. Il eut alors l’idée d’injecter du plâtre dans ces cavités. Le résultat est saisissant. A Pompéi, dans le Jardin des Fugitifs, les malheureuses victimes de l’éruption apparaissent dans la position dans laquelle la mort les a figées.Toutes se protégeaient les voies respiratoires pour ne pas être asphyxiés par les nuages de cendres et les gaz émanant du Vésuve.

 

Photo: C.Grandpey

Pourtant, si Pompéi est considérée comme une ville figée dans le temps, tout le monde n’a pas péri dans la catastrophe. Les chercheurs ont trouvé des preuves que des survivants étaient parvenus à quitter Pompéi et à reconstruire leur vie dans des localités voisines.

Les historiens estiment que Pompéi abritait entre 6 400 et 30 000 habitants. La ville avait déjà été confrontée à des catastrophes naturelles, comme le séisme qui la détruisit en l’an 62 et dont elle se relevait péniblement au moment de l’éruption de 79. Aussi, lorsque le sol se mit à trembler à plusieurs reprises à la fin du mois d’octobre, la plupart des citoyens ne s’inquiétèrent pas immédiatement.

 

Photo: C. Grandpey

Les Pompéiens qui fuirent immédiatement au début de l’éruption avaient encore une chance de survivre. Pour ceux qui hésitèrent ou restèrent en arrière, la mort était assurée. Pline le Jeune – alors âgé de 18 ans – et sa mère firent partie de ceux qui fuirent vers la baie de Naples. Il raconta le chaos qui régnait alors que l’obscurité et la cendre s’installaient sur les survivants.

On estime que l’éruption a fait 2 000 morts à Pompéi. Les autres villes de Campanie constituaient des destinations évidentes pour les survivants. Ils y retrouvaient des amis et des membres de leur famille qui pouvaient les héberger. Neapolis, l’actuelle Naples, était probablement l’une d’entre elles. L’une des preuves venant appuyer cette hypothèse est un ancien autel commémoratif situé en actuelle Roumanie, qui rend hommage aux soldats tombés au combat. Un officier militaire dont le nom a été perdu y figure. Il est identifié comme ayant vécu à Pompéi et à Naples, ce qui peut laisser supposer qu’il s’est installé dans la ville après la catastrophe.

Ces dernières années, un historien a découvert qu’au moins cinq familles de Pompéi s’étaient installées à Neapolis après l’éruption. Il a minutieusement retracé la migration des potentiels survivants grâce à leurs noms de famille, propres à Pompéi. Ces noms figuraient également sur des inscriptions de tombes à divers endroits de la Campanie après l’an 79 de notre ère. Cumes et Pouzolles font partie des communautés ayant accueilli des survivants de Pompéi. On a aussi trouvé des preuves que des familles de Pompéi sans lien de parenté s’étaient mariées après l’éruption.

Les historiens ont également découvert que le gouvernement romain a fourni de l’aide aux survivants de Pompéi. Quand la nouvelle de l’éruption du Vésuve atteignit Rome, Titus, empereur de 79 à 81, a adressé « sa sympathie ainsi que toute l’aide financière possible aux victimes. » Titus a également apporté son soutien à des projets de reconstruction permettant d’accueillir l’afflux de survivants partout en Campanie. Parmi ces projets, l’édification d’un temple dédié à des dieux comme Vulcain et Isis, que les citoyens de Pompéi avaient l’habitude de vénérer.

 

Photo: C. Grandpey

On parle beaucoup de Pompéi à propos de l’éruption du Vésuve en octobre 79, mais Herculanum montre également des preuves du comportement de ses habitants au moment de l’événement. L’un des site les plus émouvants se trouve sur l’ancien littoral – les matériaux émis par l’éruption de 79 l’ont fait reculer d’environ 400 mètres – à l’intérieur de la douzaine de voûtes qui servaient d’abris à bateaux. C’est là que s’était regroupée une partie de la population, espérant échapper aux coulées pyroclastiques à très haute température et aux dégâts causés par les fortes secousses sismiques.

Photo: C. Grandpey

En dégageant l’intérieur des voûtes, les archéologues ont découvert 270 squelettes humains, un nombre qui en fait une découverte exceptionnelle sur un site antique. Le dégagement complet et l’examen de la position des ossements montrent que les victimes n’ont pas été précipitées en vrac par la vague volcanique, mais ont trouvé la mort en position allongée, réfugiées à l’abri au fond des salles voûtées ouvertes sur le rivage. Les moulages en résine des squelettes offrent aux visiteurs une image impressionnante de la catastrophe.

Photo: C. Grandpey

Texte inspiré de plusieurs articles parus sur le site du National Geographic.

Islande : l’heure des pronostics ! // Iceland : time for predictions !

Les scientifiques islandais du Met Office et de l’Université d’Islande adorent faire des pronostics et des prévisions éruptives. Lorsque l’activité a commencé sur le Fagradalsfjall en 2021, ils ont affirmé que l’éruption était le début d’un nouveau cycle éruptif qui pourrait durer des mois, des années, voire plus. En fait, l’événement a duré six mois (19 mars – 18 septembre 2021). Une nouvelle éruption a débuté le 3 août 2022, et une autre, plus courte, a commencé le 10 juillet 2023 et s’est arrêtée le 5 août de cette même année.
Cette fois, en 2024, le Met Office est persuadé que l’éruption actuelle à Sundhnúkagígar marque probablement la fin d’une série dans la zone proche de Grindavík, même si elle est entrée dans sa troisième semaine et se poursuit au moment où j’écris ces lignes.
L’éruption a commencé le 16 mars 2024. L’activité reste confinée dans deux cratères, avec une émission de lave constante et aucun signe montrant que l’éruption est sur le point de se terminer. La majeure partie de l’activité se déroule dans le plus grand des deux cratères. Une certaine pollution par les gaz est parfois observée à Grindavík et Hafnir.
Selon un professeur de volcanologie de l’Université d’Islande, certains signes laissent supposer qu’il s’agit de la dernière éruption d’un cycle qui a débuté en décembre 2023. La chambre magmatique la moins profonde, située sous Svartsengi, n’est plus alimentée. Cela signifie que le magma en provenance de la chambre magmatique profonde monte directement vers vers la surface. L’éruption pourrait prendre fin dans les prochains jours.
Source  : Iceland Review.

Image webcam de l’éruption le 1er avril 2024

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Icelandic scientists at the Met office and the University of Icelad love making predictions. When activity started at Fagradalsfjall in 2021, they said the eruption was the start of a new eruptive cycle which might last for months, years or even more. Actually the event lasted six months (19 March – 18 September, 2021). A new eruption started aon August 3rd, 2022, and another short one began on July 10th, 2023 and stopped on Augsu 5th. .

This time, in 2024, the Met Office is persuaded that the current eruption in Sundhnúkagígar could mark the end of a string of eruptions in the area near Grindavík, although it is in its third week and still continuing.

The eruption began on March 16th 2024.Activity remains in two craters in the area, with steady lava flow and no immediate signs of the eruption ending. Most of the activity is ongoing in the larger of the two craters. Some gas pollution is sometimes detected in Grindavík and Hafnir.

According to a professor of volcanology at the University of Iceland, there are signs that this might be the final eruption in the cycle of volcanic activity which began in December 2023. The shallower magma chamber in the area, situated under Svartsengi, is no longer receiving magma from the eruption. Therefore, magma from the deeper magma chamber in the area is flowing to the surface and the eruption might come to an end in the next few days.

Source : Iceland Review.

Recherche de sources géothermiques en région parisienne

La géothermie est une source d’énergie propre particulièrement intéressante. Elle est utilisée à grande échelle dans des pays comme l’Islande ou la Nouvelle Zélande.

Géothermie en Islande

 Géothermie en Nouvelle Zélande (Photos: C. Grandpey)

 Cette émergie existe dans notre pays mais elle est beaucoup plus localisée. Dans le Cantal, Chaudes-Aigues est un des berceaux de la géothermie. Les eaux chaudes chauffent les habitations et alimentent les thermes depuis le 16ème siècle.

 

La source du Par à Chaudes-Aigues a un débit de 18 m3/heure. L’eau sort à une température de 81 à 82,5°C. C’est la plus chaude de France métropolitaine. (Photo : C. Grandpey)

La géothermie représente un moyen efficace pour se chauffer l’hiver tout en réduisant notre dépendance au gaz ou à l’électricité. Mais cette ressource reste encore peu exploitée en France.

Pour favoriser le développement de nouveaux projets, trois camions vibreurs sillonnent les routes d’Île-de-France pendant la nuit, depuis plusieurs semaines. Leur mission est de cartographier le sous-sol pour identifier les réserves d’eau chaude dans le cadre de l’opération « Geoscan ».

Camio-vibreur en Ile-de-France (Crédit photo: Boris Hallier / Radio France)

Concrètement, le camion s’installe sur sa plaque vibrante et la met en action pendant huit heures. Des vibrations se produisent tous les dix mètres pendant 40 secondes, jusqu’au bout de la nuit.

En un mois, les opérateurs sont en mesure de collecter des données sur plus de 280 km, dans une centaine de communes. Un géophysicien explique que « les vibrations qui sont émises par ce camion vont se propager dans le sous-sol et chaque fois qu’on a un changement de roche, il y a une partie de cette vibration qui va remonter à la surface comme un écho. C’est un peu comme une échographie.» Cet écho est enregistré par les capteurs placés en surface et les données permettent ensuite d’obtenir des images du sous-sol.

Avec cette opération, les géologues espèrent identifier de nouvelles sources géothermiques dans l’ouest et le sud de l’Île-de-France. Elles se trouvent à différentes profondeurs, entre 500 mètres et 3 000 mètres de profondeur pendant la dernière campagne de recherche.

L’enjeu est important à l’heure de la décarbonation et de la souveraineté énergétique. En effet, il est intéressant de tirer le maximum d’énergie d’une nappe d’eau à 1 500 mètres de profondeur, avec une température entre 50 et 65 degrés.

En France, 59 réseaux de chaleur urbains sont alimentés par la géothermie profonde. L’Île-de-France reste la principale région où la géothermie profonde est utilisée avec 54 installations et près d’un million de Franciliens qui en bénéficient. Cela permet d’éviter l’émission de 400 000 tonnes de CO2 par an par rapport à une chaufferie au gaz. L’objectif est maintenant de doubler voire tripler le nombre de projets.

Source : France Info.

Ce n’est pas la première fois que des camions vibreurs sont utilisés à des fins géologiques. Dans une note publiée le 23 avril 2023, j’expliquais qu’à Hawaii, dans le cadre d’un projet d’imagerie du sommet du Kilauea, des ondes sismiques envoyées à travers le sol sont utilisées pour générer des images du sous-sol. Ces minuscules signaux sismiques sont générés par un véhicule, appelé Vibroseis. Des nodes captent les signaux ainsi créés. Le temps mis par les signaux pour les atteindre , ainsi que leur comportement, sont des paramètres importants car les ondes sismiques se déplacent différemment selon que les matériaux qu’elles traversent sont solides ou semi-solides, ou du magma en fusion.

Vous trouverez l’article dans son intégralité en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/04/23/campagne-dimagerie-au-sommet-du-kilauea-hawaii-imagery-campaign-at-the-summit-of-kilauea-hawaii/

 

Camion-vibreur à Hawaii (Crédit photo: USGS)