Les légendes du Mont Shasta (Californie) // The legends of Mount Shasta (California)

drapeau-francaisIl y a quelques années, lorsque j’ai parcouru la Chaîne des Cascade, j’ai été frappé par la majesté du Mont Shasta (4322 m), un volcan imposant qui domine le paysage et qui peut être vu de très loin, depuis certains endroits du nord de la Californie et du sud de l’Oregon.
De retour à la maison, j’ai voulu en savoir plus sur ce volcan dont la dernière éruption remonte à 1786.
Le Mont Shasta doit en grande partie sa célébrité à John Muir, un naturaliste écossais-américain, l’un des premiers à avoir milité en faveur de la préservation de la nature sauvage aux Etats-Unis. Il a beaucoup écrit sur le volcan et a donné son nom à plusieurs sites en Amérique du Nord.
John Muir est pas la seule personne à avoir été fascinée par le Mont Shasta. Pendant des siècles, les Indiens des tribus Shasta, Klamath, Pit, Modoc et Wintu ont considéré la montagne comme sacrée, et aujourd’hui encore ils effectuent des rituels en son honneur et de la puissance spirituelle qui est censée en émaner. Le volcan est particulièrement important pour la tribu Wintu dont l’origine serait une source sacrée sur la montagne. Le Mont Shasta est considéré par beaucoup comme l’un des lieux sacrés sur Terre et certains l’ont même baptisé « The Magical Mountain ». Ceux qui croient aux OVNI sont persuadés qu’une base extraterrestre secrète se trouve au plus profond de la montagne. Il a été fait état de lumières clignotantes et d’escadrons de lumières dansantes au cours des 50 dernières années par des témoins très crédibles. Les Amérindiens Hopi ont des légendes à propos d’un vaste réseau de grottes et d’une ville sous le Mt. Shasta où vivent des créatures reptiliennes.
Selon les tribus indiennes locales, le Mont Shasta est habité par Skell, le chef des esprits, qui est descendu du ciel pour s’installer au sommet de la montagne. Skell a combattu Lao, l’Esprit du Monde Inférieur, qui habitait sur le Mont Mazama ; il lui a lancé des pierres très chaudes et de la lave représentant probablement les éruptions volcaniques des deux montagnes. J’ai développé cette légende dans une note publiée en mars 2016: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/13/chaine-des-cascades-etats-unis-crater-lake-cascade-range-united-states-crater-lake/

Le Mont Shasta est également au centre de légendes américaines non indigènes qui font état d’une ville cachée où vivent des êtres supérieurement intelligents en provenance du continent perdu de Lémurie. La légende est partie de l’oeuvre de Frederick Spencer Oliver A Dweller on Two Planets, parue en 1899. L’auteur y raconte que les survivants d’un continent englouti appelé Lémurie vivaient dans ou sur le Mont Shasta. Les Lémuriens vivaient dans un réseau de tunnels sous la montagne et ils apparaissaient parfois à la surface de la montagne, vêtus de robes blanches.
Une autre histoire raconte que Guy Ballard – un ingénieur des mines américain qui est devenu, avec sa femme, le fondateur du mouvement I AM – a rencontré, lors d’une randonnée sur le Mont Shasta, un homme qui se présenta comme étant le Comte de Saint-Germain. Saint Germain aurait conduit Ballard sur la voie des théories qui allaient devenir la clé de voûte du mouvement religieux I AM.
Selon une autre légende, JC Brown, un prospecteur britannique a découvert une ville souterraine perdue sous Mt. Shasta en 1904. Brown avait été engagé par une société minière anglaise pour prospecter de l’or. Il aurait découvert une grotte dont la galerie descendait en pente douce sur 17 kilomètres. A l’intérieur de la grotte, il aurait trouvé un village souterrain rempli d’or, de boucliers et de momies dont certaines avaient jusqu’à 3 mètres de hauteur. Trente ans plus tard, il a raconté son histoire à un certain John C. Root qui a mis sur pied une équipe d’exploration à Stockton, en Californie. 80 personnes ont rejoint l’équipe, mais le jour du départ de l’expédition, Brown ne s’est pas présenté et personne ne l’a jamais revu.
Les adeptes du courant spirituel « New Age » considèrent le Mont Shasta comme l’une des sources d’énergie spirituelle de la Terre. C’est un lieu de brouillard étrange avec des nuages qui apparaissent et disparaissent en quelques instants, en dehors de la notion de temps humain. Les retraites spirituelles sur la montagne sont censées redonner une nouvelle énergie à leurs visiteurs, en particulier ceux qui aspirent à vivre des aventures transrationnelles synergiques.
Beaucoup de gens vivant autour du Mont Shasta racontent des histoires de grands humanoïdes vêtus de robes qui apparaissent de temps en temps dans les petites villes. Ils viennent troquer ou recueillir certains objets avant de disparaître dans la végétation épaisse de la montagne.
Une autre légende parle des Yaktavians, capables de fabriquer des cloches. Grâce à leur connaissance des sons et des vibrations, ils peuvent manipuler de nombreux aspects de la vie et les dimensions de la perception sensorielle.
D’autres histoires font état de créatures naines qui ont été vue assez souvent, depuis les années 1930, par des gens pique-niquant et randonnant sur la montagne. Personnellement, j’ai pique-niqué et randonné sur le Shasta, mais je n’ai jamais rencontré ces créatures… !

————————————-

drapeau-anglaisWhen I travelled down the Cascade Chain a few years ago, I was struck  by the majesty of Mount Shasta (4,322 m), a mighty volcano which dominates the landscape and can be seen from very long distances, as far away as parts of Northern California and southern Oregon.

Once back home, I tried to known more about this volcano whose last eruption occurred in 1786.

Mount Shasta was made popular by John Muir, a Scottish-American naturalist and early advocate of preservation of wilderness in the United States He wrote extensively about the mountain and gave his name to several sites in North America.

Muir isn’t the only person captivated by the mountain. For centuries, American Indians of the Shasta, Klamath, Pit, Modoc and Wintu tribes have honored the mountain as sacred, and today still carry out rituals in honour of the mountain and the spiritual power it’s believed to emanate. It’s especially important to the Wintu tribe, who trace their people’s origin to a sacred spring on the mountain. Mount Shasta is often believed by many to be one of the sacred places found on Earth and it is called by some The Magical Mountain. UFO proponents believe a secret alien base is located deep within the mountain. Many strange pulsating lights and squadrons of dancing lights have been reported over the past 50 decades by some very credible witnesses. The Hopi Native Americans have legends about a vast network of caves and a city under Mt. Shasta where reptilian creatures live.

According to local Indian tribes, Mount Shasta is inhabited by the spirit chief Skell who descended from heaven to the mountain’s summit. Skell fought with Spirit of the Below-World, Llao, who resided at Mount Mazama by throwing hot rocks and lava, probably representing the volcanic eruptions at both mountains. I wrote about this legend in a note released in March 2016: https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/13/chaine-des-cascades-etats-unis-crater-lake-cascade-range-united-states-crater-lake/

Mount Shasta has also been a focus for non-native American legends, centered on a hidden city of advanced beings from the lost continent of Lemuria. The legend grew from an offhand mention of Lemuria in the 1880s. In 1899, Frederick Spencer Oliver published A Dweller on Two Planets, which claimed that survivors from a sunken continent called Lemuria were living in or on Mount Shasta. Oliver’s Lemurians lived in a complex of tunnels beneath the mountain and occasionally were seen walking the surface dressed in white robes.

According to Guy Ballard – an American mining engineer who became, with his wife, the founder of the « I AM » Movement – while hiking on Mount Shasta he encountered a man who introduced himself as Comte de Saint-Germain. Saint Germain is said to have started Ballard on the path to discovering the teachings that would become the « I AM » Activity religious movement.

The centrepiece of another legend is JC Brow According to legend, JC Brown was a British prospector who discovered a lost underground city beneath Mt. Shasta in 1904. Brown had been hired by an English mining company to prospect for gold. He discovered a cave which sloped downward for 17 kilometres. In the cave, he found an underground village filled with gold, shields, and mummies, some being up to 3 metres tall. Thirty years later, he told his story to John C. Root who proceeded to gather an exploration team in Stockton, California. 80 people joined the team, but on the day the team was to set out, Brown did not show up and was not heard from again.

New Age believers see Mt. Shasta as one of the earth’s main spiritual energy vortices. It is a place of strange fog and clouds that appear and disappear within moments, not hours of human time. Spiritual retreats to the mountain energize many visitors, especially seekers open to experiencing synergistic transrational adventures.

Many people living around Mt Shasta tell tales about tall robed humanoid people who appear from time to time in the small towns. They come to barter or gather certain things from various merchants and then vanish into the thick brush of the mountain.

Another legend tells of groups called the Yaktavians, who are reported to be the great bell-makers. Through their use of sound and vibration they can manipulate many aspects of life and dimensions of sensory perception.

Other stories tell of dwarf-like creatures that have been seen quite often, since the 1930’s, by people picnicking and hiking on the mountain. I have picnicked and hiked on Mt Shasta But I have never met these creatures…!

Shasta NASA

Le Mont Shasta vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Shasta 02

Photo: C. Grandpey

Vers un réveil du Mayon (Philippines) ? // Mayon (Philippines) might wake up

drapeau-francaisLe PHILVOCS a élevé à 1 le niveau d’alerte du Mayon suite à l’observation de signes d’activité volcanique. L’édifice a tendance a gonfler et un essaim sismique de 146 événements a été enregistré entre le 3 et le 6 août. Les émissions de SO2 sont en hausse, avec plus de 1000 tonnes par jour contre 500 tonnes habituellement.
Contrairement à ce qu’ont écrit certains journaux à sensations, une éruption ne semble pas imminente, mais il est rappelé à la population de ne pas pénétrer dans la zone de sécurité de 6 km de rayon mise en place autour du Mayon.

———————————–

drapeau-anglaisPHILVOCS has raised Mount Mayon’s alert level to 1 on Thursday morning after it observed abnormalities around the volcano. The volcanc edifice has inflated and 146 earthquakes were also recorded from August 3rd to 6th.SO2 emissions have increased beyond the baseline level of 500 tons/day, exceeding 1 000 tons/day in some days, since July 2016.
While there was no imminent danger of an eruption, residents in towns surrounding the volcano are reminded not to venture into the 6-km permanent danger zone around Mayon.

Les éclairs volcaniques en laboratoire // Volcanic lightning in a lab

drapeau-francaisOn aperçoit souvent des éclairs dans les panaches de cendre au cours des éruptions volcaniques. Des photos spectaculaires montrant ce phénomène naturel ont même été mises en ligne. Les éclairs apparaissent lorsque des particules de cendre se frottent les unes contre les autres à des vitesses élevées.
Des volcanologues allemands de l’Université Ludwig Maximilian de Munich étudient ces éclairs volcaniques. Ils utilisent pour leurs expériences un simulateur de volcan, ou tube à choc, qui permet la décompression rapide d’un mélange de gaz (l’argon) et de particules. Il s’agit d’un tube séparé en deux parties par une membrane. D’un côté se trouve le tube moteur, à pression élevée, et de l’autre côté le tube de travail, à pression plus basse. Lorsqu’à l’instant t=0 le diaphragme est rompu, les pressions tendent à s’égaliser: une onde de compression se propage dans le tube de travail, tandis qu’une onde de détente remonte dans le tube moteur. S’agissant du tube à choc utilisé par les universitaires allemands, il possède une bouche de trois centimètres de diamètre et un réceptacle en métal sous pression qui propulse de la véritable cendre volcanique en provenance de divers volcans comme le Popocatépetl (Mexique) et l’Eyjafjallajökull (Islande).
Le  tube à choc reconstitue la pression que l’on rencontre dans les chambres magmatiques des volcans actifs en accélérant les particules de cendre à des vitesses suffisantes, de sorte que le frottement qui se produit lors de la collision leur permet de se charger.
En cliquant sur le lien suivant, vous verrez une vidéo de la manipulation dans laquelle le panache vire du blanc au noir. De minuscules éclairs commencent à apparaître dans la colonne de cendre volcanique. Le tube à choc génère ainsi des éclairs qui ont jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres de longueur.
https://youtu.be/3QoiTcQcyTY

Vous trouverez également un descriptif détaillé de l’expérience à cette adresse :

http://mavoiescientifique.onisep.fr/les-eclairs-des-eruptions-volcaniques-reconstitues-au-laboratoire/

A partir d’une série d’expériences effectuées en 2013, les scientifiques allemands ont constaté que les petites particules de cendre créent un plus grand nombre d’éclairs. Récemment, l’équipe scientifique a étudié l’activité du Sakurajima (Japon) et constaté que la fréquence des éclairs varie également avec la quantité de cendre propulsée dans l’atmosphère lors de l’éruption.
Les chercheurs sont persuadés qu’ils pourront mieux comprendre les éruptions volcaniques en observant les éclairs volcaniques. En effet, ces derniers peuvent être mesurés à plusieurs kilomètres de distance et même dans des conditions de mauvaise visibilité. Ils peuvent également être utilisés pour estimer la masse totale et la répartition en fonction de leur taille des cendres présentes dans l’atmosphère. Au bout du compte, cela permettrait d’évaluer rapidement la distribution des particules de cendre dans l’atmosphère et, si nécessaire, d’alerter les autorités en charge du trafic aérien.
Source: Atlas Obscura.

———————————–

drapeau-anglaisFlashes of lightning can often be seen in the ash plumes during volcanic eruptions. Dramatic photos have even been posted, showing this dramatic natural phenomenon. Lightning appears when ash particles collide at high speeds.

German volcanologists from Ludwig Maximilian University in Munich study the lightning events that can occur in volcanic plumes. One of the tools they use is a lab volcano simulator, or shock tube, namely a three-centimetre-wide vent and a hot, pressurized metal tub that propels real volcanic ash obtained from various volcanoes, including the active Popocatépetl in Mexico and Eyjafjallajökull in Iceland.

The shock tube mimics the kind of pressure found in magma chambers of active volcanoes by accelerating the ash particles at high enough speeds so that the friction from collision allows them to become charged.

By clicking on the following link, you will see a video in which the plume turns from white to black. Tiny lightning bolts start to flicker and flash in slow-motion in the column of volcanic ash, the shock tube generating lightning up to tens of centimetres in length.

https://youtu.be/3QoiTcQcyTY

From a series of experiments in 2013, the scientists found that smaller particles of ash create a higher number of lightning bolts. Most recently, the team studied the activity at Mount Sakurajima this year and found that the frequency of flashes also varies with the amount of ash spewed into the atmosphere during the eruption.

The researchers believe they can understand more about volcanic eruptions by surveying and monitoring volcanic lighting. Indeed, the lightning is a parameter that can be measured from a distance of several kilometres away and under conditions of poor visibility. It can also be used as a proxy to estimate the total mass and the size distribution of the ash deposited in the atmosphere. Eventually, this would help to rapidly assess the distribution of ash particles in the atmosphere and if necessary alert the aviation authorities.

Source: Atlas Obscura.

Eclair

Orage volcanique sur le Rinjani (Indonédie en 1994).

[Crédit photo : Oliver Spalt / Wikipedia].

La colère du Klyuchevskoy (Kamchatka / Russie) // Klyuchevskoy’s wrath (Kamchatka / Russia)

drapeau-francaisLe Klyuchevskoy a connu un violent épisode éruptif le 6 septembre à 20h30 (TU) avec un panache de cendre qui est monté jusqu’à 11,2 km d’altitude. Le VAAC de Tokyo indique que le panache s’est déplacé vers le SE à une vitesse de 9,3 km/h. De son côté, le KVERT indique que l’éruption explosive et effusive du volcan continue. Les explosions génèrent des panaches de cendre qui montent jusqu’à 7-7,5 km d’altitude avant de s’étirer sur environ 74 km vers le SE.
Suite à cette recrudescence d’activité, la couleur de l’alerte aérienne est passée de l’Orange au Rouge.

————————————

drapeau-anglaisKlyuchevskoy erupted at 20:30 UTC on September 6th, spewing an ash plume up to 11.2 km above sea level. The Tokyo VAAC indicates that the ash cloud was moving to the southeast at 9.3 km/h. KVERT said that explosive-effusive eruption of the volcano continues. Explosions send ash up to 7 – 7.5 km a.s.l. and the ash plume still extends about 74 km to the east-south-east from the volcano.
The observatory raised the Aviation Colour Code from Orange to Red.