Le Krakatau et les cactus // Krakatau volcano and the cacti

drapeau-francaisIl y a 133 ans, en 1883, le Krakatau entrait en éruption, avec pour conséquences une baisse des températures et des perturbations météorologiques dans le monde entier. De l’autre côté de la planète, dans le sillage de l’éruption, une prolifération de cactus saguaro était observée dans le Désert de Sonora, la plus grande zone désertique d’Amérique du Nord, au coeur de l’Etat d’Arizona.
Une biogéographe américaine pense que les perturbations météorologiques subies par une grande partie de l’hémisphère nord suite à l’éruption du Krakatau ont généré des conditions idéales dans le désert de Sonora pour le développement des jeunes cactus.
Le saguaro est essentiel à la survie de nombreuses espèces dans le désert. Presque tous les animaux du Sonora les utilisent d’une façon ou d’une autre, comme site de nidification ou comme nourriture, ou comme refuge de fraîcheur dans ce lieu où les températures peuvent facilement dépasser 40°C pendant des semaines en été, époque où les plantules de saguaro viennent de germer.
Clé de voûte de l’écosystème du désert de Sonora, le saguaro (Carnegiea gigantea) est robuste à l’âge adulte, mais très fragile dans les premières années de sa vie. Alors que les adultes peuvent atteindre une hauteur de 12 mètres, les jeunes grandissent de quelques millimètres la première année. Ils sont sensibles à la chaleur et au froid, vulnérables à la sécheresse et au gel, dans leur environnement désertique. Les deux ou trois ans premières années sont les plus importantes ; les jeunes plantes exigent alors des étés frais, des hivers doux et des pluies suffisantes. La plupart du temps, tous les très jeunes saguaros meurent. Cependant, l’année qui a suivi l’éruption du Krakatau, les températures estivales dans l’hémisphère nord se sont situées 1,2°C en dessous de la moyenne. Pour le saguaro, ces perturbations climatiques semblent avoir constitué des conditions favorables à une nouvelle croissance.
Pour réaliser l’étude, la biogéographe s’est rendue dans la réserve naturelle de Kofa (Kofa National Wildlife Refuge) près de Yuma, en Arizona – où la rareté de l’eau repousse les limites physiologiques du saguaro – afin d’y prélever des échantillons montrant l’âge des cactus locaux. La scientifique a calculé l’âge de 250 individus et ajouté des données obtenues à partir de 30 sites dans le désert du nord de Sonora. Elle a ensuite comparé plusieurs générations de cactus aux données climatiques pour la région, ainsi qu’au Weighted Historical Dust Veil Index, un bon indicateur de la poussière générée par le volcanisme. Les années de prolifération des saguaros ont suivi les pics présents sur l’Index, en particulier dans l’environnement marginal de la réserve de Kofa. Les niveaux élevés de poussière volcanique correspondaient aux hivers plus chauds et plus humides de la région, et à la pluie plus abondante à la fin du printemps.
Il sera maintenant intéressant d’étudier la façon dont les cactus réagissent au changement climatique et au réchauffement planétaire. De l’avis de la chercheuse, les cactus saguaro ne sont pas menacés pour le moment, mais la nature imprévisible de leur reproduction inquiète certains scientifiques qui se demandent comment les cactus réagiront aux modifications climatiques. Le fait qu’un volcan comme le Krakatau, situé sur un autre continent, puisse profondément influencer une population de cactus en Arizona souligne l’interdépendance entre les écosystèmes et le climat de notre planète.
Source: Environmental News Network (ENN).

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drapeau-anglais133 years ago, in 1883, Krakatoa erupted, unleashing years of cool temperatures and weather disruptions around the world. On the far side of the planet, a bumper crop of saguaro cacti were getting their start in life in Arizona’s Sonoran Desert, in the wake of the Krakatoa eruption.

An American biogeographer believes that the volcanic climate perturbations that delivered disastrously cold and stormy weather to much of the Northern Hemisphere generated a combination of conditions in the Sonoran Desert that were just right for the delicate young cacti.

The saguaro is key to the survival of many species. Almost every animal in the Sonoran uses them in some way, as a nest site, or food, or a cool refuge in this desert where temperatures can easily exceed 40°C every day for weeks in summer, when saguaro seedlings have just germinated.

A keystone species of the Sonoran ecosystem, the saguaro (Carnegiea gigantea) is sturdy in maturity but delicate in the early years of its life. Though mature individuals can top 12 metres, new cacti grow only a few millimetres in the first year. Tiny young saguaros are susceptible to heat and cold, vulnerable to drying out or freezing in their desert environment. For a critical two to three years, until they grow large enough to withstand cold and drought, they demand cool summers, mild winters, and sufficient rain. In most years, all the baby saguaros die. However, in the year after the Krakatoa eruption, summer temperatures in the Northern Hemisphere fell 1.2°C below average. For the saguaro, the perturbations appear to have amounted to a collection of just right conditions for new growth.

In order to perform the study, the researcher went to Kofa National Wildlife Refuge near Yuma, Arizona, where limited water pushes the physiological limits of the saguaro, to sample the age structure of the local cacti. The scientist estimated the ages of 250 cacti, added data from 30 locations in the Northern Sonoran Desert and compared the generational cohorts of the cacti to climate datasets for the region and the annual Weighted Historical Dust Veil Index, an indicator of volcanism. Saguaro boom years tracked the peaks in the dust index, particularly in the marginal environment at Kofa. High volcanic dust levels also correlated with warmer, wetter, local winters, and more rain in late spring.

It will now be interesting to study how cacti react to climate change and global warming. In the researcher’s opinion, the saguaro cacti are not currently threatened, but the unpredictable nature of their reproduction makes some conservators nervous about how the giants will respond to a changing climate. That a volcano elsewhere on the continent, or even the other side of the world, can so profoundly influence a local population underscores interconnectedness of ecosystems and our global climate.

Source: Environmental News Network (ENN).

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Krakatau blog

Photos: C. Grandpey

Eruption surprise du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) // Surprise eruption at the Piton de la Fournaise (Reunion Island)

drapeau-francaisAprès une crise sismique qui a débuté à 7h35 (heure locale), une nouvelle éruption a débuté à 8h41 (heure locale). Plusieurs fissures éruptives se sont ouvertes sur le flanc nord du volcan entre le secteur Puy mi-côte, et le site éruptif de Juillet 2015 (situé sur le plancher de l’Enclos Fouqué). A 11h15, les observations faites sur le terrain font état d’une dizaine de fontaines de lave de 15-30m de hauteur, se répartissant sur plusieurs centaines de mètres. Les coulées se dirigent actuellement vers les Grandes Pentes
Source: OVPF.

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drapeau-anglaisAfter a seismic crisis that started at 7:35 (local time), a new eruption started at 8:41. Several fractures opened on the N flank, between the Puy mi-côte and the eruptive site of July 2015 (on the floor of the Enclos Fouqué). At 11:15, on-the-field observations revealed about ten lava fountains 15-30 metres high, over several tens of metres. The lava flows are currently travelling down the Grandes Pentes.
Source: OVPF.

Le mystère des cratères de Cérès // The mystery of Ceres’craters

drapeau-francaisUne nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications explique que les volcans de glace sur Cérès pourraient aider à résoudre le mystère de l’absence de grands cratères à la surface de cette planète naine
Avec un diamètre d’environ 940 km, Cérès est le plus grand élément de la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Une grande partie de la surface de Cérès est parsemée de cratères qui ont environ 60 kilomètres de large ou moins. Ils ont probablement été créés par des météorites qui se sont écrasées dans la surface de la planète. Le plus grand cratère d’impact connu sur Cérès a seulement 280 km de large.
Des travaux sur la surface recouverte de cratères de Vesta, le deuxième plus gros astéroïde de la ceinture, ont conclu que Cérès devrait avoir au moins six à sept cratères d’au moins 400 km de diamètre. Une autre recherche a affirmé que 10 à 15 cratères de plus de 400 km de large auraient dû se former à la surface de Cérès pendant sa durée de vie d’environ 4,55 milliards années. L’absence de grands cratères sur Cérès est donc un mystère.
Pour essayer de résoudre le mystère des cratères manquants, les chercheurs ont utilisé les données fournies par la sonde Dawn de la NASA, dont la mise en orbite autour de Cérès a eu lieu en avril 2015. Ils ont utilisé ces données pour modéliser l’évolution de l’astéroïde (qui est en fait assez volumineux pour être considéré comme une planète naine) au fil du temps et ils ont estimé que Cérès s’était formée entre 1 et 10 millions d’années après la naissance du système solaire.
Les scientifiques ont été surpris de constater que Cérès ne possédait pas de cratères géants, mais ne présentait pas non plus de cratères légèrement plus petits. Il ressort de leurs simulations que Cérès devrait avoir 90 à 180 cratères d’environ 100 km de diamètre chacun, alors que la planète semble posséder seulement 40 de ces cratères. Par ailleurs, les simulations indiquent que Cérès aurait dû avoir 40 à 70 cratères d’environ 150 km de diamètre, alors qu’elle ne présente que 20 ces cratères. Ce manque de grands cratères contraste fortement avec d’autres astéroïdes tels que Vesta.
Les chercheurs ont proposé plusieurs explications possibles. Par exemple, la surface de Cérès peut s’être tout simplement relâchée au fil du temps et est devenue plus lisse. Une autre explication concerne les volcans de glace. Des travaux récents suggèrent que l’intérieur de Cérès contient probablement jusqu’à 25% de glace d’eau, ce qui expliquerait l’existence d’une activité cryovolcanique. Certains scientifiques pensent que les éruptions cryovolcaniques ont pu radicalement transformer la surface de Cérès en effaçant de nombreux cratères. Ainsi, les chercheurs ont trouvé des traces d’un, ou peut-être deux, cratères d’environ 800 km de diamètre. Le cryovolcanisme a pu se produire sur Cérès au cours de ses premières années d’existence, quand son intérieur était plus chaud, et les volcans ont pu faire disparaître plusieurs grands cratères. Lorsque le cryovolcanisme a cessé sur Cérès, de plus en plus de cratères ont survécu, de petite taille pour la plupart.
Source: Space.com.

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drapeau-anglaisA new study published in the journal Nature Communications explains that ice volcanoes on Ceres might help solve the mystery of why large craters seem to be missing on the dwarf planet’s surface

With a diameter of about 940 kilometres, Ceres is largest member of the asteroid belt located between Mars and Jupiter. Large portions of Ceres’ surface are saturated in craters that are about 60 kilometres wide or smaller, likely created by meteorites crashing into the dwarf planet’s surface. However, the largest confirmed impact crater on Ceres is only about 280 km wide.

Prior work that analyzed pockmarked Vesta, the second largest asteroid in the asteroid belt, suggested that Ceres should have at least six to seven craters that are 400 km in diameter or larger. Another research suggested that 10 to 15 craters greater than 400 km wide should have formed on Ceres during its lifetime of about 4.55 billion years. The absence of large craters on Ceres was a mystery.

To help solve the puzzle of Ceres’ missing craters, the researchers used data from the NASA Dawn mission, which began orbiting Ceres in April 2015. They used the data to model how the asteroid (which is actually large enough to be considered a dwarf planet) might have evolved over time and they estimated that Ceres formed within 1 million to 10 million years after the solar system was born.

Unexpectedly, the scientists found that Ceres not only lacks giant craters, but is also missing craters that are only slightly smaller. Their simulations predicted that Ceres should have 90 to 180 craters that are each more than about 100 km wide, but Ceres appears to only have about 40 such craters. In addition, the simulations predicted that Ceres should have 40 to 70 craters that are each more than about 150 km across, but Ceres has only about 20 such craters. This lack of large craters was in stark contrast with other asteroids like Vesta.

The researchers had several potential explanations for how this could have happened; for instance, the surface of Ceres may have simply relaxed over time and become less crinkly. Another explanation may be ice volcanoes. Recent work suggests that Ceres may consist of up to 25 percent water- ice in its interior, and so may experience cryovolcanic activity. The scientists proposed that cryovolcanic eruptions might have dramatically transformed the surface of Ceres, erasing many craters. For instance, the researchers found faded evidence of one or possibly two craters about 800 km in diameter. Cryovolcanism may have been more common on Ceres during its earlier years, when its interior was warmer, and the volcanoes may have eliminated many of the larger craters. As cryovolcanism on Ceres died down, more and more craters would have survived, leaving behind mostly smaller ones.

Source : Space.com.

Ceres

Vue d’un cratère sur Cérès, extraite d’une vidéo réalisée à partir de la sonde Dawn en orbite autour de cette planète naine (Source: NASA).

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau-francaisAprès être montée jusqu’à 8 mètres sous le plancher de l’Halema’uma’u, la surface du lac de lave est redescendue à une vingtaine de mètres sous la lèvre, suite à un épisode de déflation enregistré par les tiltmètres au sommet du Kilauea. Il n’y a donc pas de risque de débordement du lac, du moins pour le moment.

Dans le même temps, la coulée de lave 61g continue à entrer dans l’océan sur le site de Kamokuna. Le weekend dernier, les scientifiques du HVO ont fait état de gaz toxiques sur le site, nécessitant une assistance respiratoire. Le 5 septembre, une partie de la banquette littorale s’est effondrée dans sa partie ouest, provoquant une explosion. Dans toutes ses mises à jour, le HVO rappelle les dangers liés à l’arrivée de la lave dans l’océan.

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drapeau-anglaisAfter rising up to 8 metres below the Halema’uma’u crater floor on Wednesday night, the surface of the lava lake dropped slightly since that time and was about 20 metres below the floor on Thursday morning. The drop coincided with deflationary tilt recorded by summit tiltmeters. Thus, there is no risk of an overflow, at least for the moment.

The 61g lava flow continues to supply lava to the ocean near Kamokuna. Last weekend, HVO observers found that persistent noxious volcanic fumes downwind from the ocean entry area necessitated the use of respirators. On September 5th, a large section of the western ocean entry delta collapsed into the ocean, triggering a small explosion. In all its updates, HVO reminds visitors of all the dangers that accompany the lava entry.