La grande casse de l’Antarctique // The great breakup of Antarctica

Un iceberg de la taille des agglomérations de Paris ou Londres est en train de se détacher du continent antarctique, non loin d’une station de recherches du British Antarctic Survey (BAS) qui redoute depuis longtemps des événements de cette nature dans la région. L’iceberg géant présente une superficie de près de 1 270 kilomètres carré. Il s’est détaché du reste de la banquise le 26 février 2021. Un survol effectué le 16 février avait permis d’observer une immense crevasse au cœur de la plateforme glaciaire de Brunt.

https://youtu.be/QZ1URCgIxUM

Aucune vie humaine n’est menacée, puisque les 12 personnes qui travaillaient jusqu’ici dans la station Halley VI, située à moins de 20 kilomètres de la zone de rupture, ont été évacuées mi-février.

Cela faisait plusieurs années que le BAS s’attendait à voir un iceberg se détacher de la plateforme glaciaire de Brunt. Les réseaux GPS avaient montré des fragilités dans la zone. Les données, traitées par l’université de Cambridge, ont permis de donner l’alerte de l’événement le 26 février sans que personne ne soit sur place.

En 2017 déjà, le BAS avait décidé de réduire la présence dans cette station construite en 2012 et de la déplacer de quelques kilomètres sur des skis, craignant qu’elle ne se retrouve sur un iceberg à la dérive, à la suite de la fonte de la glace.

Source : BAS

Plusieurs scénarios sont désormais possibles pour les mois à venir. Il se peut que le nouvel iceberg s’éloigne. Il se peut aussi qu’il s’échoue et reste à proximité de sa ligne de rupture.

Ce détachement d’un iceberg d’une plateforme glaciaire appartient au processus de « vêlage » que l’on observe régulièrement là où des glaciers finissent leur course dans la mer.

La question qui va inévitablement se poser est de savoir si le réchauffement climatique est la cause première de l’événement. Comme je viens de l’écrire, les vêlages glaciaires sont monnaie courante en Antarctique mais ils s’accélèrent avec le réchauffement de la planète. En Antarctique, on a découvert que les plateformes glaciaires et les glaciers étaient rongés par en dessous car la température de l’Océan Austral est en hausse.

La fonte des six plus grands glaciers de l’Ouest Antarctique contribue déjà à la montée des océans. Ils contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de 1,20 mètre et ils fondent plus vite que ne le prévoyaient la plupart des scientifiques.

Le glacier Thwaites, le plus massif de l’Antarctique occidental, présente une largeur de 120 kilomètres. Une modélisation informatique a montré que la désintégration de ce glacier a déjà commencé. Il va probablement disparaître d’ici quelques siècles, faisant monter le niveau des océans de près de 60 centimètres. En janvier 2019, on a découvert sous le glacier une cavité géante représentant en taille les deux tiers de l’île de Manhattan ! Le problème, c’est que si l’un des 6 glaciers côtiers de l’Antarctique occidental disparaît, il est fort probable que les autres feront de même, étant donné que les systèmes glaciaires de l’Ouest Antarctique sont interconnectés.

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An iceberg the size of Paris or Greater London is brealing away from the Antarctic continent, not far from a research station of the British Antarctic Survey (BAS) which has long feared similar events in the region. The giant iceberg covers an area of ​​nearly 1,270 square kilometres. It broke away from the rest of the ice sheet on February 26th, 2021. An overflight on February 16th revealed a huge fissure in the heart of the Brunt Ice Shelf. https://youtu.be/QZ1URCgIxUM

No human life is threatened, since the 12 people who worked so far in the Halley VI station, located less than 20 kilometres from the rupture zone, were evacuated in mid-February. BAS had expected an iceberg to break off from the Brunt Ice Shelf for several years. The GPS networks had shown weaknesses in the area. The data, processed by the University of Cambridge, made it possible to raise the alert for the event on February 26th without anyone being on site.

Already in 2017, the BAS had decided to reduce the presence in this station built in 2012 and to move it a few kilometres on skis, fearing that it would end up on a drifting iceberg, following the melting of the ice.

Several scenarios are now possible for the coming months. The new iceberg may move away. It could also run aground and stay close to its breaking line. This detachment of an iceberg from an ice shelf is part of the “calving” process that is regularly observed where glaciers end their course in the sea.

The question that will inevitably arise is whether global warming is the root cause of the event. As I just wrote, glacial calving is frequent in Antarctica, but it is accelerating with global warming. In Antarctica, ice shelves and glaciers are eaten away from below as the temperature of the Southern Ocean rises. The melting of the six largest glaciers in West Antarctica is already contributing to the rise of the oceans. They contain enough water to cause ocean levels to rise four feet and they are melting faster than most scientists expected. The Thwaites Glacier, the most massive in West Antarctica, is 120 kilometers wide. Computer modeling has shown that the disintegration of this glacier has already started. It will probably disappear within a few centuries, raising the level of the oceans by almost two feet. In January 2019, a giant cavity was discovered under the glacier, representing two-thirds of Manhattan Island in size! The problem is, if one of West Antarctica’s 6 coastal glaciers disappears, it is very likely that the others will too, given that the ice systems of West Antarctica are interconnected.

Plateforme de Brunt avec les 2 lignes de rupture (Chasm 1 and 2) [Source : BAS]

Source : Wikipedia

Accélération de la fonte glaciaire en Antarctique // Glacier melting in Antarctica is speeding up

Comme je l’ai déjà écrit, les glaciers de l’Antarctique vêlent de plus en plus vite à cause d’une eau de mer de plus en plus chaude. Les scientifiques viennent de passer au crible les glaciers qui finissent leur course dans l’océan sur un tronçon de côte de 1000 km dans la région de Getz qui comprend 14 glaciers. Leur fonte est impressionnante : depuis 1994, ils ont perdu 315 gigatonnes de glace.

Si on se place dans le contexte de la contribution du continent antarctique à l’élévation globale du niveau des océans au cours de la même période, on remarque que la région de Getz représente un peu plus de 10% – soit un peu moins d’un millimètre – de l’élévation totale.

Dans leur étude, publiée dans la revue Nature Communications, les chercheurs expliquent qu’ils ont examiné 30 années de données radar satellitaires sur les variations de vitesse et d’épaisseur de la glace. À cette analyse, ils ont ajouté des informations sur les propriétés de l’océan au large de la région de Getz, ainsi que les résultats d’un modèle qui met le climat local en contexte au cours de la période.

Les résultats révèlent une tendance de fonte linéaire sans la moindre ambiguïté. En moyenne, la vitesse des 14 glaciers de la région a augmenté de près de 25% entre 1994 et 2018. La vitesse de trois glaciers centraux a même augmenté de plus de 40%. En 2018, une portion de glace avançait  à une vitesse annuelle supérieure de 391 m à 1994. Cela représente une augmentation de 59% en seulement 30 ans.

La cause probable de cette accélération est l’eau océanique relativement chaude qui pénètre sous la zone de flottaison des glaciers et la fait fondre par en dessous. Les scientifiques savaient déjà que les eaux océaniques plus chaudes érodent de nombreux glaciers de l’Antarctique occidental. Les dernières observations démontrent l’impact sur la région de Getz.

Grâce à la nouvelle étude, les scientifiques ont maintenant des données sur toutes les marges des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. Ils sont en mesure de cartographier desévolutions très détaillées et très localisées.

Source: La BBC.

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As I put it before, glaciers in Antarctica are calving faster and faster as they are being melted by warmer seawater. Scientists have just taken a detailed look at the ice streams flowing into the ocean along a 1,000km-stretch of the Getz region which incorporates 14 glaciers. Their melting is impressive. Since 1994, they have lost 315 gigatonnes of ice.

In the context of the Antarctic continent’s contribution to global sea-level rise over the same period, Getz accounts for just over 10% – a little under a millimetre – of the total  rise.

In their study, published in the journal Nature Communications, the researchers explain that they examined two and a half decades of satellite radar data on ice velocity and thickness. To this analysis, they added information about ocean properties immediately offshore of Getz – along with the outputs of a model that put the local climate in context over the period. The findings reveal an unambiguous linear trend.

On average, the speed of all 14 glaciers in the region increased by almost a quarter between 1994 and 2018, with the velocity of three central glaciers increasing by more than 40%.

One particular ice stream was found to be flowing 391m/year faster in 2018 than it was in 1994 – a 59% increase in just two and a half decades.

The probable cause is the relatively warm deep ocean water which is getting under the glaciers’ floating fronts and melting them from below. The scientists already knew that warmer ocean waters are eroding many of West Antarctica’s glaciers. The latest observations demonstrate the impact this is having on the Getz region.

Thanks to the new study, scientists have observations now around the whole margins of the Greenland and Antarctic ice sheets. They are able to map really detailed, localised patterns of change.

Source : The BBC.

Carte montrant la vitesse de progression des glaciers dans la région de Getz. Plus c’est rouge, plus la progression du glacier et sa fonte sont rapides. (Source : Université de Leeds)

L’ouverture de l’Arctique à la circulation maritime // The opening of the Arctic to maritime traffic

Un méthanier russe, le Christophe de Margerie, vient d’effectuer un voyage aller-retour en empruntant la Route Maritime du Nord (RMN). C’est la première fois que cette voie à travers l’Arctique est empruntée à cette période de l’année. Elle confirme, si besoin était, l’impact du changement climatique dans la région. Le méthanier, qui appartient à la compagnie maritime Sovcomflot, a regagné le terminal gazier russe de Sabetta (Péninsule de Yamal) le 19 février 2021, rapprochant la Russie de son objectif de navigation commerciale toute l’année dans l’Arctique.

Le méthanier était parti du port chinois de Jiangsu le 27 janvier 2021 après avoir livré sa cargaison de gaz naturel liquéfié. Il a ensuite suivi la RMN qui longe la côte nord de la Russie pour atteindre le cap Dezhnev où il a rencontré le brise-glace nucléaire russe 50 Let Pobedy (50 ans de Victoire). Ensemble, les deux navires ont couvert la distance de 2 500 milles marins à travers la glace en 11 jours et 10 heures.

Le méthanier a réussi à terminer la première étape du voyage entre la Russie et la Chine sans brise-glace. Les deux trajets ont battu des records de navigation hivernale grâce à la glace plus mince à cause du réchauffement climatique dans l’Arctique. Le passage par la Route Maritime du Nord permet aux armateurs de Russie et d’autres pays d’éviter un voyage beaucoup plus long par le sud de l’Europe, le Moyen-Orient et toute l’Asie du Sud. Cela permet d’économiser des millions de dollars. La RMN à travers l’Arctique au nord de la Sibérie est donc maintenant ouverte.

La glace la plus épaisse rencontrée par les navires avait une épaisseur d’environ 1,50 mètre. Les navires n’ont rencontré aucune accumulation de vieille glace, ce qui est un indicateur parfait de l’urgence climatique dans la région.

En mai 2020, le Christophe de Margerie était devenu le premier navire de grande capacité à pouvoir effectuer un transit vers l’est via la Route Maritime du Nord deux mois plus tôt dans l’année que précédemment. Selon les dirigeants de Sovcomflot, suite à ce premier voyage et suite au dernier par la RMN, la navigation dans la partie orientale de l’Arctique pourra être pratiquement doublée. Pendant des décennies, le transit le long de ce tronçon de la RMN était généralement fermé par la glace de novembre à juillet.

Novatek, la société qui exploite l’usine de gaz liquéfié de Sabetta, prévoit de poursuivre ses voyages expérimentaux vers l’est en empruntant la Route Maritime du Nord. Le prochain est prévu ce printemps.

L’année dernière, la Russie a transporté près de 33 millions de tonnes de marchandises par la RMN, dont plus de 18 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié. Le trafic de marchandises le long de la RMN a presque quintuplé au cours des cinq dernières années. Le président Poutine a demandé que le trafic de fret le long de la RMN atteigne 80 millions de tonnes par an d’ici 2024.

Pour pouvoir réaliser ses lucratives ambitions dans l’Arctique, la Russie a renouvelé sa flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire. En 2020, le pays a dévoilé le nouveau produit phare de cette flotte, l’Arktika, considéré comme le brise-glace le plus grand et le plus puissant au monde. D’ici la fin de 2022, la Russie prévoit de lancer deux autres navires du même type. En procédant ainsi, la Russie est très en avance sur les États-Unis.

Les écologistes s’inquiètent de la présence de plus en plus importante de l’énergie nucléaire dans la région sensible de l’Arctique qui doit déjà faire face au changement climatique. Selon certaines estimations, l’Arctique détiendrait des réserves de pétrole et de gaz équivalant à 412 milliards de barils de pétrole, soit environ 22% du pétrole et du gaz non encore exploités dans le monde.

Source: CBS News.

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 A Russian natural gas tanker has completed an experimental round trip along the Northern Sea Route. It is the first time the path across the Arctic has been forged at this time of year. The voyage by the Christophe de Margerie tanker through the ice is the latest visual indicator of climate change in the region. The tanker, run by the Sovcomflot shipping company, returned to the remote Russian gas terminal at Sabetta (Yamal Peninsula) on February 19yh, 2021, taking Russia one step closer to its goal of year-round commercial navigation through the Arctic.

The liquefied natural gas (LNG) tanker set out from the Chinese port of Jiangsu on January 27th after delivering its cargo. It entered the Northern Sea Route, which traverses Russia’s north coast, a few days later near Cape Dezhnev, where it was met by the Russian nuclear icebreaker 50 Let Pobedy (50 Years of Victory). Together they completed the 2,500-nautical-mile voyage through the ice in 11 days and 10 hours.

The vessel managed to complete the first leg of the trip from Russia to China without an icebreaker. Both of the journeys broke records for winter navigation due to the changing climate in the Arctic allowing passage through thinner ice. Using the Northern Sea Route enables shippers in Russia and other countries to avoid a much lengthier southern journey around Europe, the Middle East and all of southern Asia, saving millions of dollars.

The Northern Sea Route through the Arctic north of Siberia is now open.

The deepest ice encountered by the ships was about 1.50 metres thick. The vessels encountered no multi-year buildup of old ice on the route, which is a clear indicator of  the climate emergency in the region.

In May 2020, the Christophe de Margerie became the first large-capacity cargo vessel to complete an eastbound transit of the Northern Sea Route NSR), two months earlier in the year than the journey traditionally has been made. According to Sovcomflot officials, as a result of this voyage, as well as the current NSR voyage, the navigation in the Eastern part of the Arctic was practically doubled. For decades the transit route along that segment of the NSR had typically remained closed by ice from November until July.

Novatek, the company that operates the LNG gas plant in Sabetta, plans to continue experimental voyages eastward along the Northern Sea Route, with the next one scheduled this spring.

Last year, Russia moved almost 33 million tons of cargo along the Northern Sea Route, including over 18 million tons of LNG. Cargo traffic along the NSR has grown almost fivefold in the past five years alone. According to a decree issued by President Vladimir Putin, cargo traffic along the NSR should rise to 80 million tons per year by 2024.

To help it achieve its lucrative Arctic ambitions, Russia has been renewing its unique civilian fleet of nuclear-powered icebreakers. Last year Russia unveiled the new flagship of that fleet, the Arktika, said to be the world’s biggest and most powerful. By the end of 2022 Russia plans to launch two more ships in the same series. Doing this, Russia is well ahead of the U.S.

Environmentalists have raised concern over the growing presence of nuclear power in the sensitive Arctic region, which is already plagued by problems linked to climate change.

According to some estimates, the Arctic holds oil and gas reserves equivalent to 412 billion barrels of oil, about 22% of the world’s undiscovered oil and gas.

Source : CBS News.

Vue du Christophe de Margerie, ainsi baptisé en hommage au patron de Total, disparu accidentellement en 2014. Total est bien implanté en Russie, en particulier dans les structures pétrolières et gazières de la Péninsule de Yamal.

Une nouvelle technique d’extraction du lithium ? // A new lithium mining technology ?

Les voitures électriques sont devenues la nouvelle mode, mais les constructeurs ne font jamais allusion aux problèmes qui peuvent survenir pendant les périodes de grand froid. Les défenseurs de la voiture électrique rétorqueront qu’avec le changement climatique, les hivers rigoureux sont de plus en plus rares… mais ils se produisent encore. Il suffit de voir ce qui s’est passé au Texas il y a quelques semaines! Le principal argument des constructeurs automobiles est que la voiture électrique permettra de respecter les échéances climatiques avec pour finalité une économie mondiale zéro carbone.

Comme les smartphones, les voitures et les vélos électriques dépendent du lithium pour la fabrication de leurs batteries. Le lithium est un métal d’aspect argenté, si léger qu’il flotte sur l’eau. Après des décennies d’importations, les pays s’efforcent maintenant de sécuriser leurs propres approvisionnements en lithium. La sécurité de l’approvisionnement en lithium est devenue une priorité aux États-Unis et en Asie. Aux Etats-Unis, le Département de l’Intérieur a classé le lithium comme minéral essentiel en 2018.

Aujourd’hui, l’Amérique du Sud fournit la majeure partie du lithium à l’échelle mondiale (93% des importations américaines proviennent d’Argentine et du Chili). J’ai insisté à plusieurs reprises sur les dégâts causés aux salars sud-américains par l’extraction du lithium. Voici cet article publié le 12 novembre 2018:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/12/le-lithium-une-grave-menace-pour-lenvironnement-en-amerique-du-sud-lithium-a-serious-threat-to-the-environment- en Amérique du Sud/

L’USGS indique que les États-Unis n’ont qu’une seule mine de lithium opérationnelle dans le Nevada, et une seule usine de recyclage des batteries lithium-ion pour véhicules dans l’Ohio. Pourtant, les États-Unis détiennent 10% des 73 millions de tonnes de réserves connues de lithium dans le monde.

La ruée vers le lithium s’intensifie à travers les États-Unis, en particulier dans l’ouest où se trouvent les gisements les plus riches et les plus accessibles. Rien qu’en Californie, quelque 2 000 demandes de concessions ont été déposées sur 120 000 kilomètres carrés de terres fédérales. En janvier, le Bureau of Land Management des États-Unis a approuvé l’exploitation d’une mine à ciel ouvert à Thacker Pass dans le Nevada. Voir ma note du 29 janvier 2021:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/01/29/vers-une-course-au-lithium-aux-etats-unis-a-race-to-lithium-in-the-united-states/

Lorsqu’elle sera en ordre de marche dans quelques années, la mine de Thacker Pass sera la plus grande source d’approvisionnement en lithium aux Etats-Unis. Elle produira  60 000 tonnes de carbonate de lithium de qualité batterie par an. La mine, gérée par la société canadienne Lithium Americas, devrait être opérationnelle pendant au moins 40 ans.

Comme je l’ai expliqué en insistant sur les dégâts causés aux salars sud-américains, l’extraction du lithium consomme d’énormes quantités d’eau. La plus grande exploitation minière de lithium au monde, dans le désert d’Atacama (Chili), pompe des millions de mètres cubes d’eau dans des nappes phréatiques en voie d’épuisement. La saumure s’évapore ensuite dans d’immenses bassins s’étendant sur des kilomètres. Les minéraux récupérés une fois l’évaporation terminée sont ensuite raffinés. Chaque tonne de lithium extraite de cette manière utilise environ 70 mètres cubes d’eau douce.

Il est prévu que la mine de Thacker Pass utilise moins d’eau, mais elle devra tout de même pomper l’eau dans les réservoirs souterrains. Le processus générera chaque jour 5800 tonnes d’acide sulfurique. Il faudra ensuite expédier les produits chimiques caustiques par train et par camion. Jusqu’à 200 chargements par jour devraient traverses les villes de la région, avec les nuisances que cela suppose. Les riverains et les groupes d’écologistes ont poursuivi en justice le gouvernement fédéral dans l’espoir de faire arrêter cette exploitation.

Une technologie récente d’extraction du lithium n’utilise presque pas d’eau. Lilac Solutions, une compagnie soutenue par la société Breakthrough Energy Ventures de Bill Gates, extrait le lithium directement à partir des saumures sous la surface. Avec ce nouveau processus, l’eau est ensuite réinjectée directement dans le réservoir d’origine. Le technologie est actuellement mise en oeuvre dans les mines de lithium du monde entier et pourrait être expérimentée aux États-Unis dans la région de Salton Sea en Californie, où se trouve un site géothermique. La société Controlled Geothermal Resources prévoit de commencer l’exploitation de son projet Hell’s Kitchen Lithium and Power en 2023. Ce sera l’une des premières nouvelles centrales géothermiques américaines depuis près d’une décennie. En cas de succès, la société exploitera le lithium en générant de l’énergie sans carbone et pratiquement sans déchets. On peut voir le processus d’exploitation dans cette animation:

https://youtu.be/SAMZhk34Rvk

Source: Discover, Yahoo News.

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Electric cars have become the new fashion these days, with the manufacturers never mentioning the problems that may happen during periods of very cold weather. The defenders of the electric car will retort that with climate change harsh winters are becoming more and more rare….but they still happen. Just see what happened in Texas a few weeks ago! The car manufacturers’ main argument is that electric cars will contribute to meeting climate deadlines to decarbonize the global economy.

Like smartphone, electric cars and bikes depens on lithium to manufacture their batteries.

Lithium is a silvery metal that is so lightweight it floats on water. After decades relying on imports, countries are now scrambling to secure their own domestic supplies of the precious metal. Lithium supply security has become a top priority for technology companies in the United States and Asia. The US Interior Department listed lithium as a critical mineral in 2018.

Today, South America supplies most of the world’s lithium (93% of US imports come from Argentina and Chile). I have several times insisted on the damage caused to South American salars by lithium mining. Here is one post written on November 12th, 2018:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/12/le-lithium-une-grave-menace-pour-lenvironnement-en-amerique-du-sud-lithium-a-serious-threat-to-the-environment-in-south-america/

USGS indicates that the US has just one operational lithium mine located in Nevada, and a single facility to recycle lithium-ion vehicle batteries in Ohio. But the US has 10% of the world’s estimated 73 million tons of proven reserves, and the lithium rush is spreading across the US, especially the American west where the richest and most accessible deposits are located. Around 2,000 lithium claims have been made on 120,000 square kilometres of federal public land in California alone.

In January, the US Bureau of Land Management approved an open-pit mine known at Thacker Pass in Nevada. See my post of 29 January 2021:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/01/29/vers-une-course-au-lithium-aux-etats-unis-a-race-to-lithium-in-the-united-states/

When it opens for business in a few years, the Thacker Pass mine will be the nation’s largest source of lithium supply generating 60,000 tons of battery-grade lithium carbonate annually. The mine, run by the Canadian company Lithium Americas, is expected to operate for at least 40 years.

As I as explained when insisting on the damage caused to South American salars, lithium mining consumes enormous quantities of water. The world’s largest lithium mining operations in Chile’s Atacama desert pumps millions of gallons of water from dwindling underground reservoirs, then evaporates it in massive ponds stretching over kilometres. The minerals left behind are then collected and refined. Each ton of lithium mined this way uses about 70 cubic metres of freshwater.

Thacker Pass in Nevada claims it will use less water, but will still need to pull from underground reservoirs and generate 5,800 tons of sulphuric acid each day on-site. That means shipping caustic chemicals by rail and trucking as many as 200 loads through local towns a day. Local residents and environmental groups have sued the federal government to halt construction.

One of the newest ways to mine minerals wastes almost no water at all. Lilac Solutions, a firm backed by Bill Gates’ Breakthrough Energy Ventures, extracts dissolved lithium directly from salty mineral brines below the surface. With the new process, the remaining water is then re-injected directly back into the original reservoir. The technology is now being deployed at lithium mines around the world, and may debut in the US around California’s Salton Sea, a geothermal energy hotbed. The energy company Controlled Geothermal Resources plans to start operating its Hell’s Kitchen Lithium and Power project in 2023, one of the first new US geothermal power plants in almost a decade. If successful, it will mine lithium by generating carbon-free energy and almost no waste. One can see the process in this animation:

https://youtu.be/SAMZhk34Rvk

Source: Discover, Yahoo News.

Sites d’extraction du lithium aux Etats Unis (Source : Proactive Investors)