Multiplication des catastrophes climatiques // Strong increase in severe weather events

Le dernier rapport de l’ONU indique que le nombre de catastrophes causées par le réchauffement climatique, telles que les inondations, les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies de forêt, a quintuplé au cours des 50 dernières années, tuant plus de 2 millions de personnes. Certes, le nombre de victimes a baissé grâce aux mesures de prévention, mais les pertes économiques sont en nette hausse.
Les feux de forêt les plus préoccupants se situent actuellement aux États-Unis, et plus particulièrement en Californie
Le Caldor Fire, du nom de la route où il a commencé le 14 août 2021, près de la localité de Grizzly Flats, à environ 56 kilomètres du lac Tahoe, a ravagé jusqu’à présent une superficie d’environ 775 kilomètres carrés. Il mobilise plus de 3 900 pompiers venus d’aussi loin que le Wisconsin et la Virginie pour combattre l’incendie. L’armée américaine a également formé quelque 250 soldats pour venir en aide aux pompiers. Ils sillonnent les zones susceptibles d’être brûlées où ils enlèvent des branchages, des broussailles et d’autres matières inflammables à l’aide de pelles et de tronçonneuses.
Au total, 15 000 pompiers sont à l’oeuvre sur des incendies en Californie, y compris le Dixie Fire qui reste très actif. Certains Etats sont à court de ressources, car de nombreux secouristes ont été envoyés pour aider à panser les plaies laissées par l’ouragan Ida.
25 hélicoptères larguent de l’eau et du retardateur sur le Caldor Fire. Des canadairs apportent leur aide lorsque les conditions de fumée leur permettent de voler. Plus de 400 camions de pompiers sont sur place, ainsi qu’une centaine de bulldozers et plus de 70 citernes d’eau.
Au moins 669 structures ont été officiellement détruites, dont 486 maisons; ce nombre doit être réévalué quotidiennement. 40 autres structures ont été endommagées.
Les 22 000 habitants de la ville de South Lake Tahoe, une destination de vacances très populaire, et de la zone tout autour ont reçu un ordre d’évacuation le 30 août 2021.
Comme je l’ai écrit auparavant, le US Forest Service a annoncé la fermeture de toutes les forêts nationales en Californie jusqu’au 17 septembre en raison du risque d’incendie.
Le Caldor Fire est l’un des sept incendies en cours en Californie. Le plus important, le Dixie Fire, a brûlé plus de 3 300 km2 depuis son départ à la mi-juillet. C’est le deuxième plus important de toute l’histoire en Californie.
Source : médias d’information californiens.

Pendant ce temps en France, les médias accordent une place de choix à une information cruciale pour la planète: Messi arrive au Paris St Germain et Mbappé y reste. Les incendies en Californie? C’est loin!

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The latest UN report indicates that the number of disasters caused by global warming, such as floods, heatwaves, drought and wildfires has increased fivefold over the past 50 years, killing more than 2 million people. The number of casualties has decreased thanks to prebetion measures but the economic losses have increased.

Among the wildfires, the most worrying are currently in the United Sates, and more particularly in California

The Caldor Fire, named for the road where it started on August 14th, 2021, near the community of Grizzly Flats, about 56 kilometers from Lake Tahoe, has now ballooned to about 775 square kilometres. There are more than 3,900 firefighters coming from as far away as Wisconsin and West Virginia to fight the fire. The U.S. Army has also trained about 250 soldiers to work as hand crews who hike into wildland fire areas and remove rocks, leaves, bushes and other flammable material using shovels and chainsaws.

In all, 15,000 fire personnel are working on fires in California, including the still-burning Dixie Fire. States across the U.S. are stretched for resources as many rescue personnel have been sent to help with Hurricane Ida recovery.

About 25 helicopters are dropping water and retardant on the Caldor Fire. Numerous airplane tankers are assisting when smoky conditions allow them to fly. More than 400 fire engines are on the fire, nearly 100 bulldozers and over 70 water hauling tenders.

At least 669 structures have been reported as destroyed, including 486 homes, a number that needs to be assessed daily. Another 40 structures have been recorded as damaged.

The 22,000 residents of the city of South Lake Tahoe, a popular holiday destination, and surrounding areas were issued with an evacuation order on August 30th, 2021..

As I put it before, the US Forest Service has also announced the closure of all Californian national forests until September 17th because of the wildfires.

The Caldor Fire is one of seven blazes currently active in California. The largest, the Dixie Fire, has burned more than 3300 km2 since it broke out in mid-July, and is the second-largest in California’s history.

Source: Californian news media.

Meanwhile in France, the media give a priority to a crucial piece of news for the planet: Messi arrives at Paris St Germain and Mbappé stays in the team. The wildfires in California? They are so far!

Progression du Caldor Fire

Ouragans et réchauffement climatique // Hurricanes and global warming

Avec le réchauffement climatique, les climatologues ont remarqué que les ouragans ont tendance à se renforcer et à devenir plus puissants. L’ouragan Ida qui a affecté la Louisiane a confirmé ce constat. Il a atteint la Catégorie 4 en quelques heures seulement. Le réchauffement climatique a très probablement contribué à cette intensification rapide. Plus généralement, cette intensification est observée pour tous les ouragans de l’Océan Atlantique. Les scientifiques expliquent que les températures exceptionnellement chaudes à la surface de l’Atlantique ont contribué à augmenter l’activité des tempêtes.
Le réchauffement climatique modifie le comportement des ouragans. Voici comment:

1. Des vents plus forts.
Il existe un consensus scientifique sur le fait que les ouragans deviennent de plus en plus puissants. L’un des facteurs clés qui détermine la force d’une tempête est la température de surface de l’océan, car une eau plus chaude fournit plus d’énergie et l’intensité potentielle augmente. Les scientifiques ont déjà prédit qu’elle augmenterait il y a 30 ans, et les observations montrent que ce n’est pas fini. Les vents plus forts abattent des lignes électriques, emportent des toitures et, lorsqu’ils sont associés à l’élévation du niveau de la mer, provoquent de graves inondations côtières.

2. Plus de pluie.
Le réchauffement de la surface de l’océan augmente également la quantité de vapeur d’eau que l’atmosphère est capable de contenir. Chaque degré Celsius de réchauffement permet à l’air de retenir environ 7 % d’eau en plus. Cela signifie qu’il faut s’attendre à ce que les futures tempêtes déclenchent des quantités de précipitations plus élevées.

3. Des ouragans plus lents.
Les ouragans se déplacent actuellement plus lentement. Certains scientifiques disent que cela est probablement dû à un ralentissement de la circulation atmosphérique ou des vents à l’échelle de la planète.
Une étude de 2018 a révélé que les ouragans aux États-Unis avaient ralenti de 17% depuis 1947. Combinés à l’augmentation des précipitations, les ouragans et les tempêtes provoquent une augmentation de 25% des précipitations locales aux États-Unis. La conséquence est que des tempêtes plus lentes et plus humides aggravent également les inondations.

4. Des ouragans plus étendus.
Dans la mesure où l’eau plus chaude contribue à alimenter les ouragans, le réchauffement climatique agrandit la zone où les ouragans peuvent se former. Il y a une migration des cyclones tropicaux vers les régions subtropicales et les latitudes moyennes. Dans les prochaines années, cela pourrait signifier qu’il y aura davantage de tempêtes à des latitudes plus élevées, comme aux États-Unis ou au Japon.

5. Plus de volatilité.
À mesure que le climat se réchauffe, les chercheurs s’attendent à ce que les tempêtes et ouragans s’intensifient plus rapidement.
Une étude réalisée en 2017 a révélé que les tempêtes qui s’intensifient rapidement – celles dont la vitesse du vent passe à 110 km/h ou plus dans les 24 heures précédant leur arrivée sur les côtes – étaient rares entre 1976 et 2005. Leur probabilité au cours de ces années était d’environ un événement par siècle. D’ici la fin du 21ème siècle, ces tempêtes pourraient se produire une fois tous les cinq ou dix ans.
Si une tempête tropicale ou un ouragan de catégorie 1 se transforme en un ouragan de catégorie 4 du jour au lendemain, on n’a pas le temps d’évacuer les gens. Cela deviendra un cauchemar pour les responsables de la Protection Civile.

Adapté d’un article du New York Times.

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With global warming, climatologists have noticed that hurricanes are increasing in strength. Hurricane Ida which made landfall in Louisiana confimed this observation. The hurricane became a Category 4 storm over the course of just a few hours. There is little doudt that global warming contributes to this rapid increase in strength. More generally, it is affecting all hurricanes in the Atlantic Ocean. Scientists say that unusually warm Atlantic surface temperatures have helped to increase storm activity.

Climate change is making it more likely for hurricanes to behave in certain ways. Here issually happens:

1. Higher winds

There is a solid scientific consensus that hurricanes are becoming more powerful. One of the key factors that determines how strong a given storm ultimately becomes is ocean surface temperature, because warmer water provides more of the energy that fuels storms. Potential intensity is going up. Scientists predicted it would go up 30 years ago, and the observations show it going up. Stronger winds mean downed power lines, damaged roofs and, when paired with rising sea levels, worse coastal flooding.

2. More rain

Warming also increases the amount of water vapour that the atmosphere can hold. Every degree Celsius of warming allows the air to hold about 7% more water. That means we can expect future storms to unleash higher amounts of rainfall.

3. Slower storms

Storms are currently moving more slowly. Some scientists say a slowdown in global atmospheric circulation, or global winds, could be partly to blame.

A 2018 study revealed that hurricanes over the United States had slowed 17% since 1947.Combined with the increase in rain rates, storms are causing a 25% increase in local rainfall in the United States. As a consequence, slower, wetter storms also worsen flooding.

4. Wider-ranging storms

Because warmer water helps fuel hurricanes, global warming is enlarging the zone where hurricanes can form.There is a migration of tropical cyclones out of the tropics and toward subtropics and middle latitudes. That could mean more storms making landfall in higher latitudes, like in the United States or Japan.

5. More volatility

As the climate warms, researchers also say they expect storms to intensify more rapidly.

A 2017 study based on climate and hurricane models found that storms that intensify rapidly – the ones that increase their wind speed by 110 km per hour or more in the 24 hours before landfall – were rare between 1976 and 2005. Their likelihood in those years was equal to about once per century. By the end of the 21st century, those storms might form once every five or 10 years.

If a tropical storm or Category 1 hurricane develops into a Category 4 hurricane overnight, there is no time to evacuate people. This will become a nightmare to Civil Defense officials.

Adapted from an article in The New York Times.

L’ouragan Ida à l’approche de la Louisiane (Image ISS)

Fonte des petits glaciers (2): le Glacier de St Sorlin (Savoie)

Les petits glaciers des Alpes et des Pyrénées sont ceux qui souffrent le plus du réchauffement climatique. En octobre 2019, France Bleu a diffusé sur son site Web un intéressant reportage sur le Glacier de Sain-Sorlin d’Arves qui appartient à cette catégorie.

Situé dans dans les Grandes Rousses, le glacier de St Sorlin d’Arves est facilement accessible à partir du col de la Croix de Fer, un des grands cols alpins que j’ai grimpé à vélo quand mes jambes avaient quelques décennies de moins. Le problème avec ce glacier, aussi appelé Glacier de l’Etendard, c’est qu’il subit les assauts du réchauffement climatique et connaît une fonte inexorable.

Les glaciologues mesurent avec précision ce déclin depuis plus de 60 ans. Les premières mesures remontent à 1957. Saint-Sorlin fait partie des six glaciers des Alpes françaises placés sous étroite surveillance scientifique depuis plusieurs décennies. C’est le cas d’Argentière et de la Mer de Glace dans le massif du Mont-Blanc, de Gebroulaz en Vanoise, du Glacier Blanc dans les Écrins. Quant au Glacier de Sarenne, à l’Alpe d’Huez, il n’aura bientôt plus besoin d’être étudié. Sa mort est proche car il fond de 4 mètres par an.

Les glaciologues de l’Institut des géosciences de l’environnement de Grenoble (IGE) , sont en charge des mesures de quatre de ces 6 glaciers. Celui de Saint-Sorlin s’étend sur 2,8 km entre 2.600 et 3.400 mètres d’altitude.

Depuis 2003 le glacier de Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an. En octobre 2019, on recensait une ablation de 5,30 mètres en un an. vers 2.750 mètres d’altitude. Le bas du glacier fond plus vite que le haut, mais en moyenne, sur toute sa surface, le Saint-Sorlin perd en moyenne 2,20 mètres d’épaisseur par an depuis 2003. On  observe une accélération dans cette perte de masse depuis les années 2000.

Selon les glaciologues, ce déclin est à mettre en relation avec l’évolution du climat; la hausse des températures rabote peu à peu le glacier. La santé d’un glacier dépend de deux facteurs: l’accumulation de neige pendant l’hiver et le niveau du thermomètre pendant l’été. Or, la zone d’accumulation, là où l’accumulation de neige donne naissance au glacier, est de plus en plus haute avec la hausse des températures.

Selon les données de Météo France, la température à l’Alpe d’Huez à 1.860 mètres d’altitude n’avait jamais atteint les 25 degrés. En 2019, le thermomètre a dépassé cette valeur à 11 reprises! Les glaciers sont particulièrement sensibles à cet emballement. Comme le fait remarquer un glaciologue: « Quand en plaine on est en période de canicule avec des températures de 32 à 35 degrés Celsius, à 2 500 mètres d’altitude on a une fonte de 10 centimètres par jour. »

Il arrive que l’accumulation de neige au cours de l’hiver soit plus favorable pour les glaciers, mais si les températures estivales sont trop chaudes, cette accumulation de neige hivernale ne sert à rien et le glacier fond de plus belle. Au final, pour le glacier Saint-Sorlin, 2019 a été parmi les années les plus déficitaires après 2003 et 2015. À ce rythme, il ne lui reste plus que quelques décennies à vivre. On estime qu’en 2080 il n’y aura plus de glacier de Saint-Sorlin.

Source: France Bleu.

Le Glacier de St Sorlin en août 2019 (Crédit photo: Delphine Six)

Nouvelles alertes climatiques

Si vous avez encore des doutes sur l’existence du réchauffement climatique, voici quelques événements qui devraient vous faire réfléchir.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, des incendies gigantesques continuent à ravager la Californie. Le plus inquiétant en ce moment est le Caldor Fire. Il dévaste la région depuis plus de deux semaines. Le 30 août, les flammes menaçaient la rive sud du lac Tahoe – South Lake Tahoe – une zone très touristique, et des milliers de personnes ont reçu l’ordre d’évacuer. Le feu a déjà parcouru plus de 700 km2, détruisant plusieurs centaines de bâtiments et dégageant d’épaisses

Le Caldor Fire n’est qu’un incendie parmi des dizaines d’autres qui ravagent l’ouest des Etats Unis, en proie à une sécheresse aggravée par les effets du changement climatique. Plus de 7 000 km2 de végétation ont déjà brûlé. Des dizaines de milliers d’habitants ont dû fuir les flammes, souvent sans savoir quand ils pourront revenir ni même s’ils retrouveront leurs habitations.

Les autorités californiennes viennent d’informer le public que toutes les forêts nationales de l’État seront fermées à partir du 1er septembre 2021. Les fermetures resteront en place jusqu’au 17 septembre 2021. Les autorités expliquent qu’elles veulent réduire le nombre de visiteurs de ces forêts pour empêcher quiconque d’être piégé dans un incendie. Le fait d’avoir moins de personnes dans ces lieux diminuera la probabilité de nouveaux incendies et contribuera à assurer la sécurité des pompiers et de la société en général en limitant l’exposition au COVID-19.

L’été 2021 aura été marqué une nouvelle fois par des vagues de chaleur, notamment dans le nord de l’Europe et en Scandinavie où les températures ont flirté avec 35 degrés. En Europe, le record de température a été battu par l’Italie et plus précisément par la Sicile, dans la petite ville de Floridia, à une dizaine de kilomètres de Syracuse, où le mercure a atteint 48,8°C le 11 août 2021. Le record vient d’être officiellement homologué.

Au-delà de cette température extrême, ce qui inquiète les agriculteurs, c’est l’impact de cette chaleur sur les agrumes. Cette partie de la Sicile est une terre d’orangers et de citronniers. Pour que les récoltes soient bonnes, il faut de temps en temps de la pluie et une chaleur qui n’atteint pas un tel niveau. Cette année, les récoltes sont quasiment anéanties.

Ces événements devraient alerter gouvernements et populations, mais on a vraiment l’impression que tout le monde s’en fiche. Ah, j’oubliais, Messi est arrivé au Paris St Germain. Il y a des priorités dans la vie….

Carte montant l’étendue du Caldor Fire en Californie, avec au nord la rive sud du lac Tahoe