Février 2021 un peu moins chaud // February 2021 sljghtly cooler

Selon la NASA et la NOAA, la température de surface à l’échelle de la planète en février 2021 a été de 0,65°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (12,1°C). En classement, ce fut le 16ème mois de février le plus chaud des 142 dernières années.

Février 2021 a été le 45ème mois de février consécutif et le 434ème mois avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle. En particulier, l’Amérique du Nord a connu son mois de février le plus froid depuis 1994.

L’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique en février 2021 a été de 5,9% inférieure à la moyenne de 1981-2010 et à égalité avec 2019 comme septième plus petite étendue en février sur 43 années de relevés L’étendue de la glace de mer en février a été proche de la moyenne dans la plupart des régions de l’Arctique.

En Antarctique, l’étendue de glace de mer en 2021 a été la 11ème plus faible pour un mois de février depuis le début des relevés satellitaires en 1979.

Globalement, février 2021 a marqué une légère pause dans la hausse des températures dans le monde. Deux phénomènes doivent être pris en compte pour expliquer cette pause. D’une part, l’effet de refroidissement de La Niña dans le Pacifique équatorial a atteint son maximum en octobre-novembre 2020, mais ce refroidissement s’est encore fait sentir en février. D’autre part, un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) a provoqué la rupture du vortex polaire qui s’est brisé en plusieurs morceaux. L’un de ces segments a atteint le continent nord américain, ce qui explique les basses températures et les tempêtes de neige dans plusieurs états des Etats-Unis.

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According to NASA and NOAA, the February 2021 global surface temperature was 0.65°C above the 20th century average of 12.1°C. This was the 16th highest for February in the 142-year record.

February 2021 marked the 45th consecutive February and the 434th consecutive month with temperatures above the 20th century average. In particular, North America had its coldest February since 1994.

The February average Arctic sea ice extent was 5.9 percent below the 1981-2010 average and tied with 2019 as the seventh-smallest February extent in the 43-year record.  February sea ice extent was near average across most regions in the Arctic.

The Antarctic sea ice extent was the 11th smallest for February since satellite records began in 1979

 February 2021 marked a slight pause in temperature rise around the world. Two phenomena should be taken into account to explain this pause. On the one hand, the cooling influence of La Niña in the Equatorial Pacific reached its peak in October-November 2020 but could still be felt in February.  On the other hand, a sudden stratospheric warming (SSW) caused the polar vortex to break into pieces. One of the segments reached the North American continent, which accounts for low temperatures and snowstorms in several states of the United States.

Source : NOAA

La disparition de la glace // Ice disappearance

Une étude réalisée par des glaciologues de l’Université de Leeds en Grande-Bretagne et publiée le 25 janvier 2021 dans la revue The Cryosphere confirme la fonte rapide de la glace dans le monde. Les auteurs de l’étude expliquent que la glace terrestre fond plus rapidement aujourd’hui qu’au milieu des années 1990. Au final, on estime que la glace de mer, les calottes glaciaires et les glaciers dans le monde ont perdu dans leur ensemble 28 000 milliards de tonnes de glace depuis le milieu des années 1990. La vitesse de fonte annuelle de la glace est actuellement environ 57% plus rapide qu’il y a trois décennies.

La fonte de la glace terrestre sur les glaciers de l’Antarctique, du Groenland et des montagnes en général a ajouté suffisamment d’eau aux océans au cours des trois dernières décennies pour faire monter leur niveau moyen de 3,5 centimètres dans le monde. La perte de glace sur les glaciers des montagnes a représenté 22 pour cent de la perte totale annuelle de glace. Ce chiffre est remarquable quand on sait que cette fonte ne représente qu’environ 1 pour cent de toute la glace à la surface des terres.

Dans l’ensemble de l’Arctique, la surface occupée par la glace de mer rétrécit à une vitesse incroyable. 2020 a connu la deuxième plus faible étendue de glace de mer depuis l’apparition des données satellitaires il y  40 ans. En disparaissant, la glace de mer expose des zones présentant une eau sombre qui absorbe le rayonnement solaire au lieu de le renvoyer vers l’espace. Cette «amplification arctique» accélère la hausse des températures dans la région.

La température atmosphérique dans le monde a augmenté d’environ 1,1 degré Celsius depuis l’époque préindustrielle. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que dans l’Arctique, la vitesse de réchauffement a été plus du double de la moyenne mondiale au cours des 30 dernières années.

À l’aide de données satellitaires couvrant la période 1994 – 2017, des mesures sur sites et des simulations informatiques, les scientifiques britanniques qui ont rédigé l’étude ont calculé que le monde perdait en moyenne 0,8 billion de tonnes métriques de glace par an dans les années 1990. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 1,2 billion de tonnes métriques par an. [1 billion = 1012]

Source: Reuters, Yahoo News.

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 A study made by glaciologists at Leeds University in Britain and published on January 25th, 2021 in the journal The Cryosphere confirms tha fast melting of ice around the world. The authors of the study explain that Earth’s ice is melting faster today than in the mid-1990s. Altogether, an estimated 28 trillion metric tons of ice have melted away from the world’s sea ice, ice sheets and glaciers since the mid-1990s. Annually, the melt rate is now about 57 percent faster than it was three decades ago.

The melting of land ice on Antarctica, Greenland and mountain glaciers has added enough water to the ocean during the last three decades to raise the average global sea level by 3.5 centimetres. Ice loss from mountain glaciers accounted for 22 percent of the annual total ice loss, which is noteworthy considering it accounts for only about 1 percent of all land ice atop land.

Across the Arctic, sea ice is also shrinking at an incredible speed. 2020 was the second-lowest sea ice extent in more than 40 years of satellite monitoring. As sea ice vanishes, it exposes dark water which absorbs solar radiation, rather than reflecting it back out of the atmosphere. This ‘Arctic amplification’ boosts regional temperatures even further.

The global atmospheric temperature has risen by about 1.1 degrees Celsius since pre-industrial times. But in the Arctic, the warming rate has been more than twice the global average in the last 30 years.

Using 1994–2017 satellite data, site measurements and some computer simulations, the British scientists who wrote the study calculated that the world was losing an average of 0.8 trillion metric tons of ice per year in the 1990s, but about 1.2 trillion metric tons annually in recent years.

Source : Reuters, Yahoo News.

Photo : C. Grandpey

Peu de glace de mer en Arctique…et en Antarctique ! // Little sea ice in the Arctic and in Antarctica !

drapeau-francaisAlors que les températures extrêmement élevées continuent à être enregistrées dans l’Arctique (voir ma dernière note sur cette région), la glace de mer, un indicateur clé de l’état général de l’Arctique, réagit à cette hausse du thermomètre. Les glaciologues n’en croient pas leurs yeux: selon les données du National Snow and Ice Data Center, le 19 novembre 2016 l’étendue de la glace de mer dans l’Arctique était inférieure de presque un million de kilomètres carrés à ce qu’elle était ce même jour en 2012, année du précédent record. Le phénomène se passe dans une période de l’année où la glace est censée envahir l’Océan Arctique. Au lieu de cela, la glace n’avance pas et elle avait même tendance à reculer ces derniers temps. La glace de mer est arrivée très tard à Barrow, sur la côte nord de l’Alaska, et la mer est loin d’être complètement recouverte (voir capture d’écran de la webcam ci-dessous).
Comme si les données de l’Arctique ne suffisaient pas, dans le même temps, la glace autour de l’Antarctique bat elle aussi des records de faiblesse. Son étendue le 19 novembre 2016 a également représenté un record pour cette période de l’année, en prenant en compte des relevés qui remontent à 1979.
Le recul de la glace de mer en Antarctique est particulièrement déconcertant ; en effet, il y a seulement quelques années, on se demandait pourquoi la glace antarctique atteignait des records d’étendue, et non des creux historiques comme dans l’Arctique, et pourquoi cela se produisait alors que les glaciers du continent antarctique perdaient une masse considérable.
Alors que les scientifiques tentent toujours de comprendre le système de glace de mer de l’Antarctique, une étude assez déconcertante, publiée au début de l’année 2016, liait l’expansion récente de la glace de mer dans la région au comportement de l’Océan Pacifique tropical. L’étude s’attardait sur un cycle du système climatique appelé Oscillation Décennale du Pacifique qui serait lié à une pause ou un ralentissement du réchauffement climatique au milieu des années 2000. Cependant, cette configuration du Pacifique tropical s’est modifiée depuis, ce qui peut expliquer la perte de glace de mer autour de l’Antarctique.
Les scientifiques ont du mal à comprendre ce qui se passe actuellement dans l’Arctique ou l’Antarctique. Il est possible que le niveau actuel de la glace de mer ait atteint son point le plus cas, peut-être dans le sillage du phénomène El Niño de 2015-2016, et que les conditions redeviennent normales quand l’effet El Niño s’estompera. .
Cependant, il est clair que notre planète subit des changements spectaculaires et que si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, il faudra s’attendre à de nouveaux changements en Arctique et Antarctique, avec le risque de rupture du bel équilibre qui existait jusqu’à présent sur notre planète.
Adapté de l’Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAs extraordinarily warm temperatures continue in the Arctic (see my previous post about the region), Arctic sea ice, a key indicator of the overall state of this system, seems to be responding in kind. Glaciologists say it is kind of unbelievable: According to data from the National Snow and Ice Data Center, on November 19th, the extent of Arctic sea ice was nearly one million square kilometres lower than it was on that date during the prior record low year of 2012.This is happening in a time of year when ice is supposed to be spreading across the polar ocean; yet instead, it is flat or even declining a little lately. Sea ice arrived very late in Barrow, on the northern shore of Alaska and, even so, the sea is far from completely frozen (see screenshot of the webcam below).

As if the Arctic data isn’t enough, at the very same time, ice around Antarctica is also pushing surprising new lows. Antarctic sea ice extent on November19th also represented a record low for this time of year, taking into account date that goes back to 1979.

The Antarctic sea ice decline is particularly bewildering because just a few years ago, the debate was instead over why floating Antarctic sea ice was pushing record highs, not record lows – and why this was happening even as the continent’s glaciers were losing considerable mass.

While scientists are still trying to understand all aspects of the Antarctic sea ice system, one intriguing study published earlier this year linked a recent sea ice expansion in the region to behaviour in the tropical Pacific Ocean. It focused specifically on a cycle in the climate system called the Interdecadal Pacific Oscillation or IPO, that was also connected to a global warming « pause » or slowdown in the mid-2000s. However, that tropical Pacific pattern has since shifted, which may be contributing to sea ice losses around the Antarctic.

We don’t know all the causes of what’s currently happening in either the Arctic or Antarctic. It’s certainly possible that the lows we’re seeing now are an extreme, perhaps tied to the aftermath of the powerful 2015-2016 El Nino, and conditions will soon push more back towards the range of what’s normal as that event continues to fade.

However, it is clear our planet is undergoing dramatic changes and that if nothing is done to curb the emissions of greenhouse gases we should expect more changes at the poles which are likely to break the balance that has existed up to now.

Adapted from Alaska Dispatch News.

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Hier vers midi, la webcam montrait très peu de glace de mer à Barrow (Alaska)