Hawaii : l’océan et le volcan // The ocean and the volcano

Des phénomènes de houle sont observés en permanence sur tous les océans du globe. En effectuant des ondulations accompagnées de mouvements ascendants et descendants, les houles agissent sur le plancher océanique et délivrent un signal constant. Ces microséismes océaniques traversent la terre et apparaissent en surface sur les sismomètres. Le HVO a mis en place un certain nombre de sismomètres sur le Kilauea pour contrôler les processus volcaniques et les mouvements de failles actives. Lorsque le magma ne se déplace pas à l’intérieur du Kilauea et lorsque le volcan n’est pas en éruption, les microséismes océaniques apparaissent sur les sismomètres où ils laissent un signal répétitif constant.

Les signaux microsismiques présentent de grandes variations au cours des périodes où le Kilauea  traverse des épisodes d’inflation et déflation en raison du déplacement du magma sous la surface. Des variations similaires se produisent lorsque le volcan est en éruption, comme c’est le cas actuellement. Les scientifiques mesurent les différences entre les microséismes observés pendant les périodes d’activité volcanique et ceux enregistrés pendant les périodes de calme. Le but est d’identifier quand, où et pendant combien de temps le magma a migré et est resté stocké sous le Kilauea.

Les scientifiques du HVO ont récemment utilisé cette technique pour essayer de comprendre les événements qui ont conduit à l’effondrement du sommet du volcan et à l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018. Les données microsismiques associées à des schémas sismiques et de déformation plus traditionnels donnent des indications sur l’augmentation de la pression dans la partie superficielle du réservoir magmatique au sommet du Kilauea. Le sommet et l’East Rift Zone ont immédiatement commencé réagir et à montrer une inflation, signe que le magma se déplaçait dans ces parties du volcan.

Les variations microsismiques ont également révélé qu’un séisme d’une magnitude de M 5,3 un an auparavant avait considérablement affaibli la croûte à la surface du volcan sous le  Pu’uO’o. Les scientifiques du HVO ont émis l’hypothèse que la hausse de pression au sommet du Kilauea s’ajoutant à l’affaiblissement de la croûte peu profonde sous le Pu’uO’o avait créé des conditions favorables au déplacement du magma le long de la zone de rift et le déclenchement de l’éruption en 2018.

Les scientifiques du HVO ont récemment installé huit sismomètres temporaires supplémentaires autour du cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea, pour suivre les mouvements du magma sous le nouveau lac de lave. Ces sismomètres temporaires, en même temps que le réseau sismique permanent, permettent un échantillonnage spatial plus large des microséismes océaniques qui traversent le réservoir magmatique du Kilauea. Cela permet une étude plus précise de l’endroit où des changements physiques se produisent sous le cratère.

Le fait que l’éruption actuelle soit confinée à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea est idéal pour étudier les mécanismes physiques associés à cette éruption. En analysant ces données, les scientifiques du HVO espèrent répondre à plusieurs questions: 1) Où se situent la source magmatique et les conduits empruntés par ce même magma pendant cette éruption ? 2) Cette technique peut-elle aider à comprendre les petites variations de l’activité volcanique observées à certains moments au cours de cette éruption ? 3) Cette technique peut-elle fournir des indices sur la fin de l’éruption ? 4) Dans quelle mesure peut-on appliquer les leçons de cette étude à la compréhension et à la prévision des futures éruptions du Kilauea?

Source: USGS / HVO

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Ocean swells occur continuously around the world. As these swells rise and fall, they couple with the ocean floor below them creating a constant signal. These oceanic microseisms, travel through the solid earth and are observed at the surface using  seismometers.

HVO has a number of seismometers in place across Kilauea Volcano for monitoring volcanic processes and active fault movements. When magma is not moving within or erupting from Kilauea, the oceanic microseisms appear on seismometers as a repeating and unchanged signal.

The microseismic signals display large variations during periods when Kilauea is inflating or deflating due to magma moving beneath its surface. Similar variations occur when the volcano is actively erupting, such as now. Scientists measure differences in these observed microseisms during periods of volcanic activity relative to times of quiet, in an effort to identify when, where, and for how long magma is migrating and being stored within Kilauea.

HVO scientists recently applied this technique to better understand the events leading up to the 2018 Lower East Rift Zone eruption and summit collapse. Microseism data combined with more traditional seismic and deformation patterns document the increase of pressure within the shallow region of the magma storage reservoir at Kilauea’s summit. Both the summit and the East Rift Zone immediately began expanding rapidly, suggesting that magma was moving into these regions.

Variations in microseisms also revealed that an M 5.3 earthquake a year earlier had significantly weakened the volcanic crust directly beneath Pu’uO’o. HVO scientists hypothesized that the combination of increased pressure at Kilauea’s summit and the weakening of the shallow crust beneath Pu’uO’o, created conditions favourable for magma to move downrift and erupt in 2018.

HVO scientists recently deployed eight additional temporary seismometers around Halema’uma’u Crater, at the summit of Kilauea, to track magma movements beneath the new lava lake. These temporary seismometers, along with HVO’s permanent seismic network, allow for a larger spatial sampling of the oceanic microseisms travelling through Kilauea’s magma reservoir. This, in turn, means a denser sampling of where physical changes are occurring beneath the crater.

Confinement of the ongoing eruption within Halema’uma’u Crater at Kilauea’s summit is ideal for surveying the physical mechanisms associated with this eruption. With analysis of these data, scientists at HVO hope to answer several questions: 1) where is the magma source and pathways for this eruption?; 2) can this technique help us understand small increases and decreases in volcanic activity observed at times during this eruption?; 3) can this technique provide clues for when the eruption will end?; and 4) how can we apply what we have learned in this study to assist in better understanding and forecasting volcanic activity associated with future eruptions at Kīlauea?

Source : USGS / HVO

Crédit photo : USGS / HVO

Eruption du Kilauea en 2020 : le déesse Pele a devancé le HVO! // Kilauea’s 2020 eruption : Madame Pele was faster than HVO !

L’Observatoire des Volcans d’Hawaii, le HVO, a eu du mal à prévoir l’éruption actuelle du Kilauea car les instruments n’ont pas fourni d’informations laissant supposer que la lave allait réapparaître si rapidement. Cependant, dans les mois précédant l’éruption, le Kilauea avait émis des signaux discrets montrant que quelque chose allait se produire. Dans un article fort intéressant, l’Observatoire passe en revue ces signes annonciateurs d’une éruption.

Le point de départ exact de l’activité qui a précédé le début de l’éruption du 20 décembre 2020 est difficile à identifier. Une première indication a été une augmentation de l’activité sismique le 22 octobre 2020. Un essaim sismique a été enregistré sous le camping Namakanipaio, à l’ouest du sommet du Kilauea. L’événement a duré environ 48 heures et a produit près de 300 événements ; le plus important avait une magnitude M3,5. Cependant, les essaims autour du camping Namakanipaio ne sont pas rares. Un essaim s’était déjà produit en mars 2019.

La sismicité autour du sommet du Kilauea et de l’Upper East Rift Zone a été globalement  calme au cours du mois de novembre avec quelques essaims mineurs. Une centaine d’événements ont été enregistrés pendant les deux journées le plus actives.

Un autre essaim sismique significatif s’est produit sous le sommet et dans l’Upper East Rift Zone le 2 décembre 2020, avec plus de 200 secousses dont un événement de M3.1 le 17 décembre 2020. Cet essaim montrait que l’activité volcanique ne se limitait pas à une simple sismicité, d’autant plus que la dernière partie de l’essaim s’est accompagnée d’une inflation rapide du sol. L’augmentation de l’inflation venant s’ajouter à l’activité sismique indiquait qu’une intrusion magmatique était en train de se produire à faible profondeur.

Les sismologues ont également remarqué une augmentation de la fréquence d’apparition des signaux sismiques de longue période après cet événement, ce qui laissait suposer que le magma se déplaçait sous la surface. Au vu de ces signaux, le HVO a songé à relever le niveau d’alerte du Kilauea, mais Madame Pele a été plus rapide que l’Observatoire et l’éruption a commencé le 20 décembre!

Avant le début de l’éruption, les sismologues ont observé un petit essaim de sismique dans l’Upper East Rift Zonet vers 19h30 (heure locale) dans la soirée du 20 décembre. Toutefois, cet essaim ne semblait pas différent des essaims récents dans cette zone.

L’activité sismique dans l’Upper East Rift Zone a cessé après environ une heure, mais a recommencé à augmenter par la suite dans la zone sommitale du Kilauea.

Cette activité au sommet a commencé par des secousses toutes les quelques minutes, à des profondeurs d’environ 1,5 km sous la surface. Le magma provoquait cesséismes au cours de son ascension vers la surface.

Cette activité sismique a continué d’augmenter rapidement. À 21h20, environ 10 minutes avant l’apparition de la lave au sommet, les séismes se répétaient si rapidement qu’il n était pas possible de dire quand un événement se terminait et un autre commençait.

La lave a percé la surface vers 21h30. (heure locale), mais la sismicité intense s’est poursuivie au cours des 40 minutes suivantes alors que de nouvelles bouches s’ouvraient au sommet et que la lave s’échappait librement à la surface.

Vers 22 h 10, les stations sismiques autour du sommet du Kilauea n’ont plus montré d’activité. Les sismomètres ont laissé apparaître un signal de tremor continu à basse fréquence généré par le magma qui s’écoulait par un conduit ouvert.

L’éruption continue actuellement dans le cratère de l’Halema’uma’u, avec le signal de tremor classique. La lave est émise par une bouche sur le côté nord-ouest du cratère et contribue à faire s’élever peu à peu le niveau du lac dont la profondeur est estimée à 220 m, mais sa surface n’est pas visible depuis la terrasse d’observation. Les émissions de SO2 ont été mesurées à 1 000 t / jour.

Source: USGS / HVO.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) found it difficult to predict Kilauea’s current eruption as there was no significant change that suggested lava would erupt again so rapidly. However, there were subtle signs of restless behaviour around Kilauea’s summit in the months prior to the eruption. The Observatory has detailed all these phenomena.

The exact onset of activity that preceded the start of the 20 December 2020 eruption is hard to pinpoint.

A first sign was an increase in seismic activity on October 22nd, 2020.  A seismic swarm was recorded under the Namakanipaio Campground, west of Kilauea’s summit. The event lasted about 48 hours and produced nearly 300 earthquakes, the largest with a magnitude M3.5. However, swarms around the Namakanipaio Campground are not uncommon. The previous swarm had happened in March 2019.

Seismicity around Kilauea summit and the upper East Rift Zone was mostly quiet during the month of November with a few minor swarms. The two most active days had about 100 detected events.

Another large seismic swarm occurred under the summit and upper East Rift Zone on December 2nd, 2020, producing over 200 detected earthquakes and punctuated by an M3.1 event on December 17, 2020. This swarm was the first instance of the sequence where restlessness was evident in more than just seismic data, with the latter part of the swarm being accompanied by a rapid increase in ground tilt trends. The increase in the tilt, along with the migrating seismic activity, indicated a shallow magmatic intrusion. Seismologists also noticed increased occurrences of long-period seismic signals after this event, suggesting magma was moving beneath the surface. These signals incited HVO to think about raising Kilauea’s alert level, but Madame Pele was quicker than the Observatory and the eruption started on December 20th!

Before the start of the eruption, seismologists observed a small earthquake swarm in the upper East Rift Zone around 7:30 in the evening of December 20th, which did not seem different from recent swarms in that area.

The seismic activity in the upper East Rift Zone ceased after about an hour, but then began to increase around the summit of Kilauea.

This summit activity began with earthquakes occurring every few minutes starting at depths of about 1.5 km below the surface. Magma was causing these quakes as it made its way to the surface.

The rate of activity continued to rapidly increase. At 9:20 pm, about 10 minutes before lava appeared at the summit, the earthquakes began occurring so rapidly that we could not tell when one event was ending and another started.

Lava broke the surface at about 9:30 p.m. (local time), but the rapidly-repeating earthquakes continued over the next 40 minutes as new summit vents opened and the pathway of magma became fully established.

At about 10:10 p.m, stations around Kilauea summit no longer showed any earthquake activity.  Seismometers showed only a continuous, low frequency tremor signal caused by magma flowing through an open conduit.

The eruption within Halema‘uma‘u crater continues, along with the associated tremor signal. Lava activity is erupting from a vent on the northwest side of the crater and flowing into a growing lava lake. The total depth of the lava lake is 220 m but its surface can’t be seen from the public observation terrace. SO2 emissions have been measured at 1000 t/day.

Source: USGS / HVO.

Crédit photo : HVO

Essaim sismique sur le Mauna Loa (Hawaii) mais pas d’éruption en vue // Seismic swarm on Mauna Loa (Hawaii) but no imminent eruption

Le 18 mars 2021, le HVO a enregistré un essaim sismique avec plus de 40 événements dans la partie supérieure de la zone sismique de Ka’oiki du Mauna Loa. Les secousses se sont produites dans un secteur d’environ 1,6 km de diamètre et à 800-6500 mètres sous la surface. L’événement le plus significatif avait une magnitude M 3,5. La plupart des autres secousses avaient une magnitude inférieure à M 2,0. Le HVO explique que la présence de foyers sismiques peu profonds dans cette zone ne signifie pas qu’une éruption est imminente. L’observatoire enregistre des séismes peu profonds dans cette zone depuis de nombreuses décennies. Ils ne montrent aucun signe d’ascension magmatique et font partie des « réajustements normaux en raison de l’évolution des contraintes à l’intérieur de l’édifice volcanique.»

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On March 18th, 2021, HVO recorded more than 40 earthquakes beneath Mauna Loa’s upper Ka‘ōiki seismic zone. These earthquakes occurred in a cluster about 1.6 km wide and 800-6,500 metres below the surface. The largest event had a magnitude M 3.5. The bulk of the events had a magnitude less than M 2.0.

HVO explains that clustering of shallow earthquakes in this region does NOT mean an eruption is imminent. The observatory has recorded shallow earthquakes in this area for many decades. They do not show any signs of magmatic involvement and are “part of normal re-adjustments of the volcano due to changing stresses within it.”

Vue du sommet du Mauna Loa (Crédit photo : HVO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une puissante éruption a été observée sur le Sangay (Équateur) le 6 mars 2021, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 12,2 km au-dessus du niveau de la mer. D’importantes retombées de cendres ont été signalées dans de nombreux secteurs. La période éruptive actuelle a commencé en mai 2019. L’activité se caractérise par des coulées de lave, des coulées pyroclastiques et des émissions de gaz et de cendres.

Source: Instituto Geofisico

Le panache du Sangay vu depuis l’espace (Source : IG)

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Une éruption aura-t-elle lieu sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? Personne ne le sait. Pourtant, la sismicité est toujours intense et la carte du Met Office islandais est toujours aussi impressionnante. Un nouvel épisode de tremor semblable à celui du 3 mars a été enregistré sur la Péninsule de Reykjanes le 7 mars 2021. Cependant, il a été beaucoup plus court que le précédent, avec une durée de 20 minutes contre plusieurs heures le 3 mars.

L’activité sismique a de nouveau considérablement augmenté à 5 h 20 le 9 mars 2021 à l’extrémité sud du dyke qui s’est formé au sud de Fagradalsfjall. Cet épisode de tremor a duré jusqu’à environ 7 heures du matin. Il était très localisé et indique probablement une augmentation de la longueur du dyke.

Les volcanologues locaux pensent que l’endroit le plus probable pour une éruption sur la Péninsule de Reykjanes se trouve au sud de Fagradalsfjall.

C’est la troisième fois qu’un épisode de tremor est enregistré dans cette zone depuis la reprise de l’activité sismique la semaine dernière. Comme je l’ai déjà écrit, plusieurs scénarios possibles ont été imaginés pour les prochains jours et semaines. Ils vont d’une diminution de l’activité sismique à une éruption effusive.

Source : IMO

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La série de paroxysmes continue sur l’Etna (Sicile). Le n°11 a eu lieu pendant la nuit du 9 au 10 mars 2021. Le déroulement reste le même : hausse du tremor, activité strombolienne évoluant en fontaines de lave dans le Cratère SE, débordements et coulées de lave dans le Valle del Bove et sur le versant SO du volcan. Les retombées de cendres sont fréquentes autour de l’Etna.

Le dernier paroxysme vu par la caméra thermique de l’INGV

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise par une bouche dans la paroi nord-ouest du cratère et se jette dans le lac de lave. Le lac a une profondeur d’environ 220 mètres. Les émission de SO2 restent élevés à 800 t / jour.

Source: HVO.

A cause de la pandémie de Covid-19, le nombre de visiteurs dans le Parc National des Volcans d’Hawaii a chuté d’environ 57% en 2020. C’est l’année la plus mauvaise pour le Parc depuis 1966. Le Parc est en grande partie ouvert mais de nouvelles mesures de sécurité sont en vigueur. Les visiteurs doivent porter un masque dans tous les bâtiments du Parc et sur les espaces gérés par le gouvernement fédéral lorsque la distanciation physique ne peut être maintenue.

Source : NPS.

Vue de l’éruption depuis la lèvre ouest du cratère (Crédit photo : HVO)

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Les conditions météorologiques favorables au sommet de La Soufrière de Saint-Vincent ont permis de prendre des photos aériennes, mais aucune estimation du volume du dôme n’a été possible en raison de problèmes techniques. Aucune nouvelle donnée n’est disponible sur les gaz émis par le volcan. De plus, il faudra un mois pour obtenir les résultats des analyses de la lave envoyée en Grande-Bretagne. On remarque que les observations sont chaotiques depuis le début de l’éruption.

La lente croissance du dôme se poursuit. Le front sud-est du dôme se trouve maintenant en alignement avec la fumerolle préexistante sur le dôme de 1979. L’extrusion de lave continue avec des fluctuations périodiques.

Les gaz émis par le dôme continuent d’endommager la végétation sur le flanc sud-ouest du volcan. La NEMO explique que ces gaz sont devenus plus acides et peuvent causer des problèmes respiratoires accompagnés d’évanouissement et même entraîner une asphyxie. Ils peuvent également irriter la peau et les yeux, même pendant une courte exposition. Il est donc impératif d’éviter de se rendre sur le volcan de La Soufrière.

Source : UWI

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Suite à une hausse de l’activité depuis le 13 février 2021, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 1 à 2 le 9 mars. Le niveau d’alerte 2 signifie qu’une activité magmatique est probablement présente sous le volcan. I se peut qu’elle débouche – ou pas ! – sur une éruption.

La sismicité a augmenté, en particulier le tremor volcanique dont l’énergie est en hausse par rapport aux épisodes précédents. Les séquences actuelles présentent une durée comprise entre 3 et 17 minutes. Dans l’ensemble, l’activité sismique du mois écoulé correspond à une hausse de l’activité magmatique et hydrothermale à faible profondeur sous Volcano Island.

a température de l’eau du lac dans le Main Crater a été mesurée à 74,6°C et on a enregistré une augmentation continue de l’acidité avec un pH 1,59 contre 2,79 en janvier 2020.

Les données GPS et InSAR montrent une légère déformation permanente de Volcano Island et révèlent aussi une expansion de l’ensemble de la région du Taal depuis la fin de l’éruption de 2020.

En outre, des changements positifs de microgravité ont été enregistrés dans la caldeira du Taal après l’éruption de 2020, en relation avec des changements de densité causés par la migration et le dégazage du magma et l’activité hydrothermale.

Source : PHIVOLCS.

Zone à risques du Taal (Source: PHIVOLCS)

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Une intensification de l’activité effusive a été observée sur le Pacaya (Guatemala) le 8 mars 2021 avec des coulées de lave atteignant 1,3 km sur le flanc S. Le nombre d’explosions modérées à fortes au sommet du volcan est en hausse depuis le 5 février, avec des projections s’élevant jusqu’à 500-600 m au-dessus du cratère Mackenney.

Le Parc national du Pacaya reste fermé et l’accès aux zones de coulées de lave actives sur le flanc sud du volcan est interdit.

Source: INSIVUMEH, CONRED.

Photo : C. Grandpey

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L’activité éruptive se poursuit sur le Klyuchevskoy (Kamtchatka). Un nouveau cône de cendres a commencé à croître vers le 25 février 2021 et une petite coulée de lave a été observée le 2 mars. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique significative au niveau de l’éruption sur le versant nord-ouest du volcan.

Source: KVERT.

 Source : Copernicus / Sentinel-2

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Le San Cristobal (Nicaragua) a connu une crise éruptive le 9 mars 2021, avec des retombées de cendres sur la ville de Chinandega. Des témoins ont déclaré que c’était «une éruption rapide, une seule grande explosion, puis le volcan a passé environ 30 minutes à cracher des gaz». Certaines activités ont dû cesser car la visibilité était devenue presque nulle. Plusieurs heures après l’éruption, les habitants balayaient toujours la cendre. Le volcan est périodiquement actif depuis des années. Il a émis un important panache de cendres le 14 février 2021.

Source: Presse locale.

Crédit photo : Wikipedia

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A large eruption occurred at Sangay (Ecuador) on March 6th, 2021, with an ash column that rose up to 12.2 km above sea level. Heavy ashfall was reported in many areas.

The current eruptive period began in May 2019. The activity is characterized by lava flows, pyroclastic flows, and gas and ash emissions.

Source: Instituto Geofisico

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Will an eruption occur on the Reykjanes Peninsula (Iceland)? Nobody knows. Yet seismicity is still intense and the Icelandic Met Office map is as impressive as ever. A new seismic tremor similar to the one measured on March 3rd was recorded on the Reykjanes Peninsula on March 7th, 2021. However, it was much shorter than the previous one. It lasted 20 minutes vs. several hours on March 3rd.

Seismic activity on the Reykjanes peninsula increased again considerably at 5:20 on March 9th, 2021 at the south end of the magma dyke that has formed south of Fagradalsfjall. This tremor pulse lasted until about 7 am. It was very localized and likely indicates that the size of the dyke is increasing.

Local volcanologists think the likeliest location for a potential volcanic eruption on the Reykjanes peninsula would be south of Fagradalsfjall mountain. This is the third time a tremor pulse hits the area since the new start of seismic activity last week.

As I put it before, several possible scenarios have been imagined for the next days and weeks. They go from a decrease in seismic activity to an effusive eruption.

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The series of paroxysms continues on Mt Etna (Sicily). Crisis n°11 took place during the night of 9-10 March, 2021. The course of events remains the same: rise of the tremor, Strombolian activity evolving in lava fountains in the SE Crater, overflows and lava flows in the Valle del Bove and on the SW slope of the volcano. Ashfall is frequently observed around Mt Etna.

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Kilauea (Hawaii) is erupting within Halema’uma’u Crater.Lava is emitted by a vent on the northwest side of the crater and flowing into the lava lake. The lake is about 220 metres deep. SO2 emission rates remain elevated at 800 t/day.

Source: HVO.

Because of the Covid-19 pandemic, visitor arrivals to Hawaii Volcanoes National Park fell by some 57% in 2020. The arrivals count was the worst at the park since 1966. While the Park has mostly reopened, new safety measures are required. Visitors must wear masks in all NPS buildings and on federally managed lands when physical distancing cannot be maintained.

Source : NPS.

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Clear weather conditions at the top of St Vincent’s La Soufriere allowed for aerial photographs to be taken but no new volumes were obtained due to technical problems with the images. No new data is available on the gas coming from the volcano. Moreover, it will take one month to get the results of the lava sent to Britain for analysis. Observations have been chaotic since the beginning of the eruption.

The slow dome growth continues with the south-eastern front of the dome now in line with the pre-existing fumarole on the 1979 dome. The ongoing extrusion of magma onto the crater floor continues with periodic changes in the rate of dome growth.

The gas coming from the dome continues to cause damage to vegetation on the south-western flank of the volcano. NEMO warns that these gases have become more acidic and have the capacity to cause respiratory problems which can result in unconsciousness and even asphyxiation. They can also have a corrosive effect on the skin and eyes, even with short exposure. It is imperative therefore, to avoid site seeing at the La Soufriere.

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Following an increase in activity since Fabruary 13th, 2021, PHIVOLCS raised the alert level for Taal (Philippines ) from 1 to 2 on March 9th. Alert level 2 means that there is a probable magmatic activity that may or may not lead to an eruption.

Seismicity has increased, with a special attention given to volcanic tremors which have increased seismic energy compared to previously recorded episodes, and are ranging between 3 to 17 minutes in duration. Overall, seismic activity in the past month indicates increased magmatic and hydrothermal activity at shallow depths beneath Taal Volcano Island.

Temperature ow water in the Main Crater Lake has been measured at 74.6°C and continuing increase in acidity to pH 1.59 from a pH of 2.79 in January 2020.

GPS and InSAR data indicate ongoing slight deformation of Taal Volcano Island and have revealed expansion of the Taal region since the end of the 2020 eruption.

Besides, positive microgravity changes have been recorded across Taal Caldera after the 2020 eruption consistent with density changes caused by magma migration, magma degassing and hydrothermal activity.

Source: PHIVOLCS.

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Effusive activity increased at Pacaya (Guatemala) on March 8th, 2021 with lava flows reaching 1.3 km on the S flank. The number of moderate to strong explosions at the summit has increased since February 5th, with projections rising up to 500-600 m above the Mackenney crater.

The Pacaya National Park is still closed and access to the areas of active lava flows on the southern flank of the volcano is prohibited.

Source : INSIVUMEH, CONRED.

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Eruptive activity continues at Klyuchevskoy (Kamchatka). A new cinder cone started growing around February 25th, 2021 with the emission of a small lava flow observed on March 2nd. Satellite data show a large thermal anomaly over the flank eruption on the north-western slope of the volcano.

Source: KVERT.

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San Cristobal (Nicaragua) erupted on March 9th, 2021, with ashfall on the city of Chinandega. Witnesses said it was “a rapid eruption, a single big explosion and then the volcano spent some 30 minutes spewing gases.” Some businesses were forced to close as visibility was reduced to nearly zero. Hours later, residents were still cleaning up.

The volcano has been periodically active for years. It emitted a significant ash plume on February 14th, 2021.

Source: Local news media.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm