Nouvelle éruption sur le Kilauea (Hawaï) // New eruption on Kilauea Volcano (Hawaii)

Dans une mise à jour publiée le 14 septembre 2024, le HVO indiquait que le Kilauea (Hawaï) n’était pas en éruption. L’activité sismique avait augmenté dans la Middle East Rift Zone, près du cratère Makaopuhi. Les modélisations de déformation du sol en amont du Pu’uO’o laissaient supposer qu’une nouvelle intrusion magmatique pourrait se produire dans cette région, comme pour les événements survenus en juillet et août 2024. Le HVO surveillait étroitement la situation et émettrait des messages supplémentaires si nécessaire. Il n’y avait aucun signe d’éruption imminente ; cependant, les conditions peuvent changer rapidement.
Le niveau d’alerte volcanique restait à Advisory (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne était maintenue au Jaune.

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Dans une nouvelle mise à jour publiée le 16 septembre 2024, le HVO a indiqué que l’intrusion magmatique qui a commencé le 14 septembre dans la Middle East Rift Zone du Kīlauea s’est poursuivie, avec un risque de plus en plus fort d’éruption dans cette zone. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été relevé de Advisory à WATCH (Vigilance) et lla couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’ORANGE.
L’activité actuelle se déroule dans une zone reculée de la Middle east Rift Zone du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï. Aucun changement n’a été détecté dans la Lower East Rift Zone, pas plus que dans la zone de rift sud-ouest.

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Dans un nouveau message envoyé le 16 septembre 2024, le HVO a indiqué que « le Kīlauea est entré brièvement en éruption la nuit dernière, le 15 septembre 2024, entre 21h00 et 22h00 (heure locale) sur la Middle East Rift Zone, dans le Parc national des volcans d’Hawaï. De petites émissions de lave sont sorties de deux segments de fissures sur quelques centaines de mètres. La lave a parcouru une cinquantaine de mètres. Le niveau d’alerte volcanique reste à WATCH (Vigilance) pour le moment. La sismicité et la déformation du sol sous le sommet, le long de la Lower East Rift Zone et la zone de rift sud-ouest restent faibles. L’activité actuelle se limite à l’Upper et à la Middle East Rift Zone du Kīlauea. » Elle est difficilement visible sur les webcams. Son approche sur le terraain est quasiment impossible car elle a lieu dans un lieu reculé, loin de tout.

Vue de la nouvelle fissure éruptive (trait jaune)  [Source: HVO]

Image de la sortie de lave du 16 septembre 2024 (Crédit photo: HVO)

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In a first update released on 14 September 2024,, the HVO indicatee that Kilauea (Hawaii) was not erupting. Seismic activity had increased in the Middle East Rift Zone, near Makaopuhi Crater. Ground deformation patterns uprift of Puʻuʻōʻō suggested that another intrusive event could be occurring in this region, similar to events that occurred in July and August 2024. The HVO was watching the situation closely and would issue additional messages as needed. There were no signs of an imminent eruption; however, conditions could change quickly.

The Volcano Alert Level/Aviation Color Code for Kilauea remained at Advisory / Yellow.

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In another update released on 16 September 2024, the HVO indicated that the magma intrusion that began on September 14th, in Kīlauea’s Middle East Rift Zone, continued, increasing the potential of an eruption in this region. Accordingly, the Volcano Alert Level was raised from ADVISORY to WATCH and the Aviation Color Code from YELLOW to ORANGE.

Current activity is taking place in a remote area of Kīlauea’s Middle East Rift Zone, within Hawaiʻi Volcanoes National Park. No changes have been detected in the Lower East Rift Zone, or Southwest Rift Zone.

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In a new message sent on September 16th, 2024, HVO indicated that « Kīlauea volcano erupted briefly last night, September 15, 2024, between approximately 9:00 and 10:00 p.m. HST, on the Middle East Rift Zone in Hawaiʻi Volcanoes National Park. Small lava pads erupted from two fissure segments in a couple hundred meters.  The lava extended 50 or so meters from the fissure vents,Thé Volcano Alert Level remains at WATCH at this time. Rates of seismicity and ground deformation beneath the summit, lower East Rift Zone, and Southwest Rift Zone remain low. Current activity is restricted to Kīlaueaʻs Upper-to-Middle East Rift Zone. » The activity isn’t clearly visible on webcams. Park officials say the eruption is not viewable due to its remote location.

Webcams volcaniques à Hawaï // Volcano webcams in Hawaii

L’un des derniers articles de la série « Volcano Watch » diffusé par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) est consacré aux webcams installées sur les volcans de la Grande Île et aux améliorations qu’elles ont reçues au fil des ans. Ces webcams sont dispersées sur l’île et enregistrent des images des volcans 24h/24 et 7j/7 en résolution 4K. Aujourd’hui, la technologie permet aux scientifiques du HVO de surveiller au-delà des capacités de l’œil humain. Ainsi, les caméras thermiques détectent l’activité à haute température de jour comme de nuit. Les images des caméras à lumière visible et thermiques sont transmises en temps réel à l’Observatoire, puis mises en ligne pour le public. La technologie de fabrication des caméras s’améliore continuellement et en 2023, le personnel du HVO a mis à niveau le réseau de webcams afin de suivre ces progrès et de renforcer les capacités de surveillance. Une partie de cette mise à niveau a consisté à remplacer les webcams vieillissantes (certaines avaient plus de 10 ans) par des modèles plus récents qui produisent des images de bien meilleure qualité. Certaines (caméras PTZ) peuvent même effectuer un panoramique, être inclinées et effectuer un zoom à distance. Au sommet du Kilauea, la zone la plus active ces dernières années, le HVO a installé une nouvelle webcam (B2cam) près du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu pour une meilleure vue de l’activité des bouches actives et des lacs de lave quand ces phénomènes élisent domicile dans le cratère :

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

Avec la démolition de la tour d’observation sur la falaise d’Uēkahuna après l’éruption de 2018, une nouvelle webcam PTZ haute puissance (K2cam) a été installée sur la tour radio voisine pour offrir une vue sur la caldeira :

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

La webcam qui surveille le panache de gaz au sommet du Kilauea (Kpcam) a également été récemment mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

La zone de rift sud-ouest du Kilauea vient de connaître une brève éruption le 3 juin 2024. Avant cela, le HVO avait mis à niveau la caméra avec un modèle à angle plus large pour couvrir une plus grande partie de la zone de rift (MITDcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

La zone de rift sud-ouest du Mauna Loa mérite toute l’attention du HVO en raison des coulées de lave rapides qui ont été observées dans cette zone; donc l’amélioration de la couverture webcam a été une priorité. En 2024, le HVO a installé une webcam PTZ qui peut être contrôlée à distance depuis l’observatoire pour mieux visualiser toute nouvelle activité le long de la zone de rift (MDLcam) :

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Le HVO a également installé un autre caméra PTZ près de South Point Road, pour fournir une couverture webcam de la zone inférieure du rift sud-ouest et des Ocean View Estates (MSPcam): https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

La webcam existante qui est orientée vers la partie supérieure de la zone du rift sud-ouest (M2cam) a également été mise à niveau :

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Les scientifiques du HVO continuent également de travailler sur d’autres zones pour des mises à niveau de webcams. Les travaux futurs comprennent le renforcement de la couverture webcam sur la zone inférieure du rift est de Kilauea et des améliorations sur le Mauna Loa. Au cours de l’année écoulée, l’Observatoire a également fait davantage usage de petites webcams portables qui peuvent être placées dans un sac à dos et déployées en quelques heures. Bien que moins performantes que les webcams permanentes, ces webcams portables peuvent combler les lacunes d’observation durant la première phase cruciale d’une éruption. Voici l’une d’elles :

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

Les pages complètes des webcams sont disponibles à cette adresse : https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

Les webcams gérées par l’Observatoire des Volcans d’Hawaï fournissent de bonnes images du Kilauea et du Mauna Loa, en particulier lors des éruptions. Elles ne proposent cependant que des images fixes, contrairement aux webcams de l’Etna et du Stromboli (ces dernières ne fonctionnent pas toujours) et surtout d’Islande où plusieurs webcams fournissent des images en direct de haute qualité des éruptions. Il suffit de s’asseoir et d’assister au spectacle !

Webcam B2 cam installée à proximité du plancher de l’Halema’uma’u

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One of the latest « Volcano Watch » articles by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the webcams set up on Hawaiian volcanoes and the improvements they have received over the years. Today, these webcams are scattered across the island, snapping images of the volcanoes 24/7 in 4K resolution.

Today, technology allows HVO geologists to monitor beyond the capabilities of the human eye. Thermal cameras detect high-temperature activity day or night. The images from both visible-light and thermal cameras are transmitted in real-time to the observatory, then online to the public.

Camera technology is continually improving and in 2023, HVO staff have been working hard at upgrading the webcam network to keep pace with the changing technology and bolster the monitoring abilities.

One part of this upgrade has consisted in replacing aging webcams (over 10 years old) with newer models that produce much higher quality images and some can remotely pan, tilt, and zoom their views.

At the summit of Kilauea, the most active area in the past few years, HVO installed a new webcam (B2cam) near the floor of Halemaʻumaʻu crater for close-up views of vent and lava lake activity there.

https://www.usgs.gov/media/webcams/b2cam-halemaumau-crater-east-rim-and-down-dropped-block

With the deconstruction of the observation tower on Uēkahuna bluff following the 2018 eruption, a new high-power PTZ (Pan-Tilt-Zoom) webcam (K2cam) was installed on the nearby radio tower to provide a view over the caldera.

https://www.usgs.gov/media/webcams/k2cam-live-image-kaluapele-kilauea-caldera-uekahuna-bluff

The webcam that monitors the outgassing plume from Kīlauea summit (Kpcam) was also recently upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/kpcam-kilauea-summit-mauna-loa-strip-road

The Southwest Rift Zone of Kilauea just had a brief eruption on June 3rd, 2024. Prior to that, HVO had upgraded the camera there to a wider-angle model to cover more of the rift zone (MITDcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mitdcam-kilauea-upper-southwest-rift-zone

Mauna Loa’s Southwest Rift Zone remains a hazard concern because of fast-moving flows that have occurred in this area, so improving the webcam coverage there has been a priority. In 2024, HVO installed a PTZ webcam that can be remotely controlled from the observatory to better view any new activity along the rift zone (MDLcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mdlcam-upper-and-middle-parts-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo also installed another PTZ near South Point Road, to provide webcam coverage of the lower Southwest Rift Zone and Ocean View Estates (MSPcam).

https://www.usgs.gov/media/webcams/mspcam-mauna-loas-southwest-rift-zone-south-point-area

The existing webcam that looks at the upper portion of the Southwest Rift Zone (M2cam) was also upgraded.

https://www.usgs.gov/media/webcams/m2cam-middle-part-mauna-loas-southwest-rift-zone

Hvo scientists continue to work on other areas for webcam upgrades as well. Future work includes bolstering webcam coverage on Kllauea’s lower East Rift Zone, and continued improvements on Mauna Loa.

Over the past year, the Observatory also made more use of small, portable webcams that can be thrown in a backpack and deployed within hours. Although not as capable as the permanent webcams, these portable webcams can fill in observational gaps in the crucial opening stages of unrest.

https://volcanoes.usgs.gov/cams/R3cam/images/M.jpg

The complete pages of the webcams can be found at this address :

https://www.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia/webcams

Source : USGS / HVO.

The webcams managed by the Hawaiia, Volcano Observatory provide good images of Kilauea and Mauna Loa, especially during eruptions. However, they only offer still images, contrary to the webcams on Mount Etna and Stromboli (the ones on this volcano are not always working) and,above all, in Iceland where several webcams provide high quality live images of the eruptions. You just need to sit down and watch !

Le lac d’eau du Kilauea (Hawaï) // Kilauea’s water lake (Hawaii)

Bien que le Kilauea ne soit pas actuellement en éruption à Hawaï, le volcan est célèbre pour les lacs de lave qui bouillonnent souvent dans le cratère sommital. Cependant, fin juillet 2019, une pièce d’eau verte a remplacé le lac de lave dans l’Halema’uma’u et elle pu être observée pendant environ 18 mois. Voir les notes que j’ai écrites à propos de ce lac le 6 août et le 12 octobre 2019, ainsi que le 18 août 2020.

Au début, la mare d’eau était relativement petite, d’une dizaine de mètres de diamètre, et peu profond. (Crédit photo : HVO)

Dans un article de la série Volcano Watch, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) expliquent que la surveillance et l’étude du lac étaient importantes car la présence d’eau augmentait le risque d’explosions phréatiques violentes, en sachant que de telles éruptions avaient été observées sur le Kilauea par le passé.
Pendant tout le temps de la présence du lac dans le cratère de l’Halema’uma’u, le HVO a surveillé de près sa couleur, son niveau et sa température. En effet, des phénomènes comme un changement soudain de couleur ou un bouillonnement à la surface peuvent être des précurseurs d’éruptions.

Crédit photo: HVO

Les mesures du niveau de l’eau effectuées par le personnel du HVO ont révélé qu’il montait régulièrement et n’était pas affecté par les précipitations. Cela signifie qu’il était alimenté par les eaux souterraines. Les mesures effectuées par caméra thermique ont également montré que l’eau était très chaude (jusqu’à environ 80 °C), de sorte qu’au moins la moitié des eaux souterraines qui entraient dans le lac s’évacuait par évaporation.

Crédit photo: HVO

Le lac était inaccessible à pied et l’utilisation d’un hélicoptère pour échantillonner l’eau a été jugée trop dangereuse. Le HVO a obtenu des échantillons d’eau du lac à l’aide de drones, la première fois le 26 octobre 2019, puis le 17 janvier 2020. Un troisième échantillonnage a été effectué le 26 octobre 2020. Les échantillons ont révélé que la composition chimique du lac avait très peu changé entre la première et la troisième campagne d’échantillonnage.

 

(Crédit photo : HVO)

L’eau du lac était acide (pH d’environ 4), mais pas aussi acide que la plupart des lacs volcaniques acides dans monde qui présentent souvent un pH d’environ 1, voire moins pour le Kawah Ijen en Indonésie. L’eau du lac du Kilauea contenait de grandes quantités de fer, de magnésium et de soufre dissous. Les géochimistes du HVO ont conclu que le fer et le magnésium provenaient des roches basaltiques du Kilauea. Le fer était également responsable des différentes couleurs du lac. La couleur verdâtre initiale était due à la forme de fer présente dans les basaltes du Kilauea. Au fur et à mesure que le fer séjournait de plus en plus longtemps dans l’eau et entrait en contact avec l’oxygène de l’atmosphère, il se transformait en une autre forme de fer, avec des minéraux de couleur orange et marron, semblables à la rouille qui se forme sur les objets métalliques. Cela explique pourquoi la couleur du lac est passée du vert au marron au fil du temps. L’eau verte visible fréquemment sur les bords du lac était la preuve que le lac était constamment alimenté par les eaux souterraines avec la forme verte du fer. Au début, les scientifiques du HVO ont pensé que le soufre détecté dans l’eau pouvait être dû à la dissolution de gaz sulfureux, comme le SO2, émis par le magma situé sous le lac. Cependant, une étude du type de soufre dans l’eau, ainsi que du niveau d’acidité (pH 4) de cette eau, ont révélé que le soufre du lac provenait plutôt de minéraux d’altération sulfatés, déposés sur les roches voisines pendant de nombreuses années, qui s’étaient dissous dans l’eau.
Le lac n’a montré aucun changement significatif avant l’éruption de décembre 2020. Heureusement, la lave a percé la surface à côté du lac, de sorte qu’aucune explosion phréatique majeure ne s’est produite. Au lieu de cela, en un peu plus d’une heure, toute l’eau qui s’était accumulée au fond du cratère a été vaporisée par la chaleur de la lave.
L’Halemaʻumaʻu a ensuite retrouvé sa lave. Les eaux souterraines au sommet du Kilauea sont nettement plus profondes que le plancher actuel du cratère. En conséquence, si l’apparition d’une nouvelle pièce d’eau ne peut être exclue, le HVO ne s’attend pas à en voir une de sitôt dans le cratère de l’Halema’uma’u.

Source : USGS / HVO.

 

Au mois de décembre 2020, le lac de lave avait fait son retour sur le plancher de l’Halema’uma’u (Crédit photo : HVO)

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Although Kilauea is currently not eruptiing in Hawaii, the volcano is famous for the lava lakes that bubble in the summi crater. However, in late July 2019, a puddle of green water had replaced the lava lake in Halema’uma’u and stayed there for about 18 months. See the posts I wrote about this lake on August 6th, October 12th 2029, and August 18th, 2020.

In a Volcano Watch article, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) scientists explain that monitoring and understanding the lake was important because the presence of water increased the possibility of violent phreatic explosions, without forgetting that such eruptions had been observed at Kilauea in the past.

During the lake’s lifetime, the HVO kept a close eye on the color, level, and temperature of the lake. Indeed, phenomena like a sudden color change or boiling can be precursors to eruptions.

The water level measurements made by HVO staff revealed that the lake rose steadily and was not affected by rainfall, which meant that it was fed by groundwater. Measurements made by thermal camera also showed that the water was so warm (up to about 80°C) that at least half the groundwater flowing into the lake evaporated away rather than remaining in the lake itself.

The lake was inaccessible on foot, and using a helicopter to sample the water was deemed too hazardous. HVO obtained water samples from the lake using drones, first on October 26th, 2019, next on January 17th, 2020. A third sampling was conducted on October 26th, 2020. The samples revealed that the chemical composition of the lake changed very little in the year between the first and third sampling campaigns.

The lake water was acidic (pH of approximately 4), but not as acidic as most acid volcanic lakes around the world (pH of about 1), and it contained large amounts of dissolved iron, magnesium, and sulfur. HVO geochemists concluded that the iron and magnesium were leached from Kilauea’s basaltic rocks. The iron also was responsible for the lake’s many colors. The initial greenish color was due to the form of iron that exists in Kilauea basalts. As that iron in the water spent more and more time in the lake and in contact with oxygen in the atmosphere, it transformed to another form of iron that creates orange- and brown-colored minerals, similar to rust that forms on metal objects. That explains why the lake changed color from green to brown over time. The green water that frequently reappeared at the lake’s edges was a proof that the lake was consistently being fed by groundwater with the green form of iron.

Initially, HVO scientists thought that the sulfur that was detected in the water might be the result of the lake dissolving sulfur gases, like SO2, being released from magma below. However, careful study of the type of sulfur in the water, along with the pH 4 acidic level of this water, revealed that the lake’s sulfur was instead derived from sulfate alteration minerals,deposited on the nearby rocks for years and years, that had dissolved into the water.

The lake didn’t show any changes before the December 2020 eruption. Fortunately, lava erupted adjacent to the lake rather than through it, so no large phreatic explosions occurred. Instead, in just over an hour, all the water accumulated over the past year and a half was boiled away by lava flows.

Halemaʻumaʻu has since been filled by lava, and groundwater in the Kilauea summit is significantly deeper than the current crater floor, well beneath the surface. So, though another water lake is not out of the question in Kilauea’s future, HVO is not expecting one any time soon.

Source : USGS / HVO.

Mesure des gaz sur le Kilauea (Hawaï) // Gas measurement on Kilauea Volcano (Hawaii)

L‘Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) publie régulièrement des articles dans le cadre d’une série baptisée « Volcano Watch » dont le but est d’informer sur les observations et les mesures effectuées par les scientifiques en poste à l’Observatoire. C’est aussi un travail de vulgarisation qui informe le public sur les risques volcaniques.

L’un des derniers articles « Volcano Watch » est consacré à la mesure des gaz volcaniques, un paramètre essentiel, que ce soit pour la sécurité du public ou pour la compréhension de l’activité volcanique. Le HVO explique dès le début de l’article que la technologie repose avant tout sur le vent.

 

Panache de gaz émis par le cratère de l’Halema’uma’u (Photo : C. Grandpey)

Le HVO exploite actuellement 19 stations permanentes de mesure des gaz et 7 instruments portables pour analyser les éruptions du Kilauea. L’ensemble de ces instruments peut être divisé en deux catégories : (1) ceux qui analysent les concentrations de gaz ; et (2) ceux qui étudient les taux d’émission.

Les instruments qui analysent les concentrations de gaz comprennent des stations multi-gaz qui mesurent un ensemble de gaz (CO2, H2O, SO2 et H2S) et des stations haute résolution capables de mesurer un seul gaz (le SO2, par exemple) jusqu’à de très faibles concentrations. Ces instruments prélèvent des échantillons de panaches volcaniques pour indiquer quels gaz sont présents et les rapports de ces gaz les uns par rapport aux autres, ce qui est important pour comprendre le système volcanique.

Les instruments qui analysent les taux d’émission mesurent l’absorption de la lumière ultraviolette du soleil par le panache via la télédétection. Cela permet aux scientifiques du HVO de déterminer la quantité de SO2 émise par le volcan, mais uniquement pendant la journée.

Un géochimiste du HVO mesure les gaz émis par le Kilauea à l’aide d’un spectromètre infrarouge à transformée de Fourier (FTIR), un instrument qui détecte la composition des gaz sur la base de la lumière infrarouge absorbée. (Crédit photo : HVO)

Tous ces instruments nécessitent une bonne coopération des gaz. Cela signifie que le panache doit passer à proximité ou au-dessus de l’instrument pour qu’une mesure soit effectuée.

Le panache volcanique ne bouge pas tout seul. Il dépend du vent pour le transporter dans une direction donnée. Le travail des scientifiques spécialisés dans la mesure des gaz volcaniques consiste à rechercher et à mesurer cette formation de gaz changeante et transitoire, ce qui n’est pas une tâche facile. En effet, les instruments ne fonctionnent pas dans certaines conditions météorologiques. Ils ont besoin que le vent souffle dans la bonne direction et à la bonne vitesse pour effectuer une mesure utile.

Sur le Kilauea, les alizés sont les vents dominants, ce qui signifie que les vents proches de la surface soufflent du nord-est la majeure partie de l’année. Pour cette raison, les stations permanentes de mesure des gaz du HVO sont positionnées au sud-ouest (sous le vent) de l’Halema’uma’u, le cratère sommital.

Si la direction du vent s’inverse par rapport aux alizés (une situation appelée « vents de Kona »), les scientifiques se trouvent en difficulté car le vent éloigne les gaz des capteurs permanents. De même, si le vent est trop lent (en dessous d’environ 4 mètres par seconde), le panache peut alors s’élever verticalement et se trouver hors de portée des capteurs. Dans le cas contraire, si le vent est trop fort, il dilue le panache, l’étale et rend difficile la mesure par les capteurs.

Une autre difficulté est que les volcans n’entrent pas en éruption toujours au même endroit. Lors de l’éruption la plus récente du Kilauea, des fissures se sont ouvertes dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest, sous le vent de la quasi-totalité du réseau de mesure des gaz. Un seul instrument, une station à haute résolution – la HRPKE – était située à proximité des bouches éruptives, à quelques centaines de mètres à l’ouest-nord-ouest des fissures. Le problème, c’est que le vent soufflait du nord ce jour-là et emportait l’épais panache éruptif vers le sud, loin de la station HRPKE qui a dû se contenter d’un filet de gaz plusieurs heures après le début de l’éruption. Par la suite, le vent a tourné plus à l’est et dirigé le panache vers la station.

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Station HRPKE installée au sud-ouest du sommet du Kīlauea, dans l’Upper Southwest Rift Zone. L’instrument mesure les concentrations de SO2 dans l’air, ainsi que des données météorologiques telles que la vitesse et la direction du vent, et les précipitations. (Crédit photo : USGS)

Pour parvenir à des mesures de gaz efficaces, il faut la combinaison de quatre éléments : la direction et la vitesse du vent, parfois la lumière du jour, et toujours beaucoup de chance. Les chercheurs en charge de la mesure des gaz volcaniques à l’USGS ne cessent de mettre au point de nouvelles technologies pour être plus efficaces et pouvoir informer le public sur ce risque volcanique.

Source : HVO / USGS.

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The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) regularly publishes articles as part of a series called “Volcano Watch” whose aim is to inform about the observations and measurements performed by scientists stationed at the Observatory . It is also popularization work which informs the public about volcanic hazards.

One of the latest « Volcano Watch » articles is dedicated to the measurement of volcanic gases which is critical for both public safety and understanding volcanic activity. HVO explains from the beginning that the technology relies on the wind.

HVO currently operates 19 permanent gas monitoring stations and 7 portable instruments for eruption response on Kilauea. These can be divided into two categories : (1) gas concentrations; and (2) emission rates.

Gas concentration instruments include multi-GAS stations that measure a combination of gases (CO2, H2O, SO2, and H2S) and high-resolution stations that can measure a single gas (SO2) down to very low concentrations. These instruments draw in samples of volcanic plumes to indicate which gases are present and the ratios of these gases to each other, which is important for understanding the volcanic system.

Emission rate instruments measure the plume’s absorption of ultraviolet light from the sun via remote sensing. This allows HVO scientists to determine how much SO2 is coming out of the volcano, though only during daylight hours.

All these instruments require cooperation from the gases themselves: the plume must pass by or over the instrument for a measurement to be made.

The volcanic plume, however, doesn’t move on its own. It relies on the wind to carry it in any given direction. The job of volcano gas scientists is to chase around and measure this shifting, transient gas claoud, which is not an easy task. Indeed, gas instruments do not work in certain weather conditions. They need the wind to be in the right direction and the right speed to make a useful measurement.

At Kilauea volcano, the dominant trade winds mean that near-surface winds blow from the northeast most of the year. For this reason, HVO’s permanent gas monitoring stations are positioned to the southwest (downwind) of Halemaʻumaʻu, the summit crater.

If the wind direction is reversed relative to normal trade winds (a condition called “Kona winds”), scientists have no easy way of measuring it because the wind is blowing the gas away from the permanent sensors. Similarly, if the wind is too slow (below about 4 m/s), then the plume can loft straight up and once again miss the sensors. Alternatively, if the wind is too strong then it effectively dilutes the plume, spreading it thin and making it difficult for the sensors to measure.

Another complication is that volcanoes do not always erupt from the same location. In the most recent eruption at Kilauea, fissures opened in the Upper Southwest Rift Zone, downwind of nearly the entire gas monitoring network. Only one instrument, a high-resolution station called HRPKE, was located near the eruptive vents, a few hundred meters to the west-northwest of the fissures. However, the winds were northerly that day and were blowing the thick eruptive plume to the south, away from HRPKE which di not record a wisp of gas until several hours into the eruption when the wind turned more easterly, finally blowing the plume to the station.

Effective gas measurements require an alignment of four things: wind direction, wind speed, sometimes daylight, and always luck. Volcano gas researchers at the USGS continue to develop new technologies to be more efficient and be able to inform the public about this volcanic hazard.

Source : HVO / USGS.