L’activité sismique en Islande // Seismic activity in Iceland

drapeau-francaisUn séisme de M 4,2 a été enregistré à 3,5 km sous la bordure septentrionale du Bárðarbunga à 00:10 TU le 8 avril 2016. C’est le séisme le plus fort depuis la fin de l’éruption dans l’Holuhraun en février 2015. A 16:29 TU, le Met Office islandais (IMO) a enregistré 12 répliques, dont une de M 3,5 à une profondeur de 4,3 km.
Ces événements sismiques ne semblent pas annoncer une nouvelle activité éruptive. Aucun signe de mouvements de lave n’a été enregistré. Il s’agit probablement de réajustements en profondeur dans le sillage de la dernière éruption. Le Met Office avait déjà détecté deux séismes dans le même secteur le 3 avril, avec des magnitudes de M 3.4 et M 3.0.
Le Bárðarbunga se trouve dans la partie nord-ouest de la calotte glaciaire du Vatnajökull. Sa caldeira de 11 kilomètres de diamètre est recouverte d’une épaisseur de glace d’environ 850 mètres. Si une éruption sous-glaciaire devait se produire, il y aurait la menace immédiate de fonte de la glace avec le déclenchement d’énormes jökulhlaup (crues glaciaires) comme ceux de Kelduhverfi au 17ème siècle, qui ont probablement été provoqués par une éruption du Bárðarbunga.
Source: Icelandic Met office / The Watchers.

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drapeau-anglaisAn M 4.2 earthquake was registered 3.5 km under northern edge of Bárðarbunga volcano at 00:10 UTC on April 8, 2016. This is the strongest quake since the end of the Holuhraun eruption in February 2015. By 16:29 UTC, the Icelandic Met Office (IMO) registered 12 aftershocks, the most powerful of which was M 3.5 at a depth of 4.3 km.

The events do not seem to herald any new eruptive activity. There has been no sign of lava movements connected to the earthquakes. There were two earthquakes in the same location on April 3rd, measuring M 3.4 and M 3.0 on the Richter scale.

Bárðarbunga is located in the northwestern Vatnajökull ice cap. Its 11-kilometre-wide caldera is covered with approximately 850 metres of ice. Should there be an eruption of this subglacial volcano, there would be the immediate threat of ice melting and huge jökulhlaup (glacial outburst flood). The large jökulhlaup in Kelduhverfi in the 17th century is believed to be related to volcanic activity in Bárðarbunga.

Source: Icelandic Met Office / The Watchers.

Bardar

L’activité sismique sur le Vatnajökull le 8 avril 2016 (Source: IMO)

Le recul des glaciers islandais // The retreat of Icelandic glaciers

drapeau francaisComme je l’ai écrit dans des notes précédentes (le 6 septembre 2015, par exemple), les glaciers islandais reculent, imitant leurs homologues dans de nombreux autres pays. Dans un article récent, le site Iceland Review donne l’exemple du glacier Breiðamerkurjökull, qui rejoint la lagune glaciaire du Jökulsárlón.
Le glacier a perdu 600 mètres en un an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était à l’intérieur de la grotte il y a deux ans est maintenant pratiquement en dehors.
Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était il y a un an à 100 mètres à l’intérieur de la grotte se trouve maintenant à l’extérieur, à 500 mètres devant le glacier.
La situation est préoccupante. Les glaciologues s’accordent pour dire que même si nous parvenons à réduire les émissions de gaz à effet de serre, il existe un facteur d’inertie et la situation va inévitablement continuer à se détériorer.

Vous verrez une galerie des photos du glacier Breiðamerkurjökull à cette adresse:
http://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2016/03/17/photos_is_climate_change_wiping_out_iceland_s_glaci/

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drapeau anglaisAs I put it in previous posts on September 6th, for instance), glaciers in Iceland are receding, just like their counterparts in many other countries. In a recent article, the website Iceland Review gives the example of the Breiðamerkurjökull glacier, which runs into Jökulsárlón glacier lagoon.

The glacier has lost 600 metres in one year. In one of the caves inside the glacier, the ice has receded so much that the waterfall which was inside the cave just two years ago is now some way outside of it.

Concerning another cave, a large rock which was just one year ago 100 metres inside the cave is now outside, 500 metres away from the glacier.

The situation is very serious. Glaciologists agree to say that even if we manage to reduce greenhouse-gas emissions, there is an inbuilt inertia in the system so that the situation will inevitably continue to worsen.

You will see a photo gallery of the Breiðamerkurjökull glacier at this address:

http://icelandmonitor.mbl.is/news/news/2016/03/17/photos_is_climate_change_wiping_out_iceland_s_glaci/

Glacier Islande

Evolution du glacier Breiðamerkurjökull entre 2003 et 2013

(Source: Photo: Loftmyndir ehf – map.is)

De nouveaux détecteurs de cendre volcanique pour le VAAC de Toulouse // New ash detectors for the Toulouse VAAC

drapeau francaisMétéo France vient d’acquérir six nouveaux « radars » chargés de détecter avec précision les nuages de cendre en cas de nouvelles éruptions volcaniques. Tout le monde a encore en mémoire l’éruption de l’Eyjafjallajökull d’avril 2010, avec la paralysie des trois quarts de l’espace aérien européen et 1,2 milliard d’euros de pertes économiques. Le principe de précaution avait alors prévalu mais les conséquences auraient certainement pu être moins lourdes si les autorités aériennes avaient eu une connaissance plus fine du déplacement des nuages de cendre islandais.

L’un des principaux centres mondiaux de contrôle des cendres volcaniques se trouve à Toulouse. Ce VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) est régi par Météo France. Il fonctionne 24 heures sur 24 et surveille l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient. Pour traquer les nuages de cendre volcanique, il utilise son propre modèle de dispersion mais aussi des données satellitaires qui manquent de précision en termes d’épaisseur des nuages.

Pour pallier cette incertitude, le VAAC vient de dévoiler sa dernière acquisition, unique en Europe : Il s’agit de six « renifleurs » de cendre, et d’aérosols en général, de très haute technologie. Ces six LIDAR (acronyme de l’expression en langue anglaise « light detection and ranging » sont des boîtiers bardés d’informatique ; ils sont dotés de lasers qui émettent un faisceau de lumière verte (uniquement visible en cas de brume) jusqu’à 15 kilomètres d’altitude.

En fonction de la façon dont les particules réfractent la lumière, le VAAC peut déterminer s’il s’agit d’un nuage de pluie, de pollution ou donc de cendre volcanique, ainsi que son altitude exacte. Cinq de ces LIDAR vont être déployés sur le territoire français, dont le premier à Lille. Le sixième, mobile, restera à Toulouse pour les cas d’urgence.

Selon un responsable de la direction de la sécurité de l’Aviation civile sud,  « Météo France va désormais nous fournir des informations précises et précieuses qui nous permettront de maintenir une partie de l’espace aérien ou des aéroports ouverts. »

Source : 20 Minutes.

Il est fort probable que ce nouvel équipement sera testé en grandeur nature un jour ou l’autre. En effet, si les volcans d’Auvergne sont inoffensifs pour le moment, il n’en va pas de même de leurs homologues islandais, voire de l’Etna. Les « renifleurs » de Météo France permettront de gérer la situation plus efficacement qu’en 2010, mais la décision finale de faire voler ou de maintenir au sol les avions dépendra toujours des compagnies aériennes. Même si l’arrêt des vols a un coût non négligeable, ce sera toujours le principe de précaution qui prévaudra. Il s’agit avant tout de ne pas mettre en danger les centaines de passagers qui ont pris place à bord d’un aéronef.

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drapeau anglaisMeteo France has just acquired six new « radars » destined to accurately detect ash clouds in case of new volcanic eruptions. Everyone still remembers the eruption of Eyjafjallajökull in April 2010, with the paralysis of three quarters of the European airspace and 1.2 billion euros in economic losses. The precautionary principle had prevailed but the consequences certainly could have been less severe if the aviation authorities had had a more detailed knowledge of the movement of the Icelandic ash clouds.
One of the main world centers of volcanic ash control is located in Toulouse. This VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) is managed by Météo France. It works round the clock and monitors Europe, Africa and the Middle East. To track the clouds of volcanic ash, it uses its own model of dispersion but also satellite data that lack precision in thickness of the clouds.
To overcome this uncertainty, the VAAC has unveiled its latest acquisition, unique in Europe: Six high tech « sniffers » of ash and aerosols in general. These LIDAR (acronym of « light detection and ranging » are cases teeming with computer technology; they are equipped with lasers that emit a beam of green light (only visible in fog) up to 15 km a.s.l.
Depending on how the particles refract light, the VAAC may determine whether there is a rain cloud, pollution or a cloud of volcanic ash, as well as its exact altitude. Five of the LIDAR will be deployed on the French territory: the first device will be set up in Lille. The sixth, a mobile one, will remain in Toulouse for emergencies.
According to an official of the Directorate of Security of the Southern Civil Aviation, « Meteo France will now provide accurate and valuable information that will allow us to maintain part of the airspace or airports open.  »
Source: 20 Minutes.

It is likely that this new equipment will be tested in full-scale one day or another. While the volcanoes of Auvergne are safe for the moment, it is very different for their Icelandic counterparts, or even Mount Etna. The Météo France « sniffers » will manage the situation more effectively than in 2010, but the final decision to fly or ground planes will always depend on the airlines. Although stopping the flights has a significant cost, the precautionary principle will always prevail. Companies will never want to jeopardize the lives of hundreds of passengers who boarded the aircraft.

Eyjafjallajokull-blog

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010

Crédit photo: Wikipedia

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande (suite)

Ma note à propos des effets négatifs du tourisme de masse en Islande a déclenché bon nombre de réactions dans le même sens que mes propos. J’ai choisi de vous faire partager le point de vue de Patrick Marcel – responsable du secteur pédagogique de de L.A.V.E. – paru dans le bulletin de la Société de Volcanologie Genève (SVG) au retour de l’été 2013 passé en Islande.
L’Islande se mérite, disait-on. On l’imaginait réservée à quelques courageux baroudeurs prêts à sacrifier des journées de soleil et beaucoup de confort dans leurs vacances estivales pour accéder à des paysages extrêmes uniques au monde. On avait tort… C’était compter sans l’avidité d’une civilisation prête à sacrifier son âme pour faire de l’argent. Et c’est ainsi que le tourisme devint une industrie, et les beautés islandaises des marchandises. Certes la crise est passée par là, mais est-ce une excuse ? Les islandais eux-mêmes sont partagés sur ce qui arrive à leur pays, et les affrontements idéologiques au sein de cette communauté de 300 000 âmes répercutent des préoccupations qui nous concernent tous, entre préservation de l’environnement et exploitation des ressources. Constat amer de celui qui a connu l’Islande autrement ? Sans aucun doute. C’est vrai «qu’avant», on n’était pas obligé de faire la queue pour essayer d’apercevoir le Strokkur ni d’attendre une heure pour pouvoir photographier les glaçons du Jokulsarlon sans la pollution visuelle des grosses embarcations amphibies jaunes… Alors quitter la N1 pour s’enfoncer dans les montagnes du centre peut sembler une bonne chose pour retrouver un peu de calme… sauf que beaucoup ont la même idée ! Et quand on est très nombreux au même endroit à chercher la solitude… Le trek Landmannalaugar – Thorsmork – Skogar est devenu une véritable autoroute. Et quand on s’écarte un peu des sentiers battus, c’est pour être survolé pendant plusieurs minutes par un hélicoptère vrombissant et sa cargaison de touristes volants. Alors, pourquoi retourner en Islande, me demanderez-vous avez raison ? Parce que la première goulée d’air islandais a un goût de paradis. Parce que la lumière y est plus belle qu’ailleurs. Parce que quand j’y pose les pieds, j’ai comme l’impression d’être en symbiose avec cette terre. Parce que j’ai autant d’attirance pour ses paysages que les nuées de mouches du lac Myvatn en ont pour mes trous de nez…

Islande blog 19

L’Islande possède de superbes paysages, comme dans le Landmannalaugar.

(Photo: C. Grandpey)