Islande : La vallée des béliers castrés…. // Iceland : The valley of the wethers….

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo que je trouve très intéressante. Matthew Roby, doctorant à l’Université d’Islande à Reykjavik parle des volcans – ou plutôt de leur absence – dans les sagas islandaises.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

Matthew raconte son histoire dans la Geldingadalur, là où se déroule l’éruption avec son spatter cone et ses coulées de lave. L’universitaire commence par expliquer l’origine de ce nom. De nombreux toponymes islandais se terminent par « dalur » qui signifie « vallée ». « Geldinga » désigne des béliers castrés. [A noter qu’en anglais «gelding» désigne également un hongre, autrement dit un cheval castré. En français, le mot mouton vient du terme celte multo qui désignait les béliers castrés, mais aujourd’hui le mot désigne indifféremment les ovins mâles et femelles]. Geldingadalur  est donc la vallée des béliers castrés. On trouve également dans la presse en ce moment le mot Geldongadalsgos qui signifie « Eruption dans la vallée des béliers castrés. »

La littérature médiévale islandaise ne fait pas vraiment référence aux splendides paysages, aux formations géologiques, ni même aux éruptions volcaniques. Aucune mention n’est faite des aurores boréales, ni des geysers comme celui de Geysir qui a donné son nom à ce phénomène géologique. De plus, les légendes et sagas ne font pas allusion à la longueur du jour ou de la nuit.

Les historiens expliquent cela par le fait que les paysages, les phénomènes géologiques et les éruptions faisaient partie de l’environnement quotidien des personnes qui vivaient à cette époque et ils n’éprouvaient pas le besoin d’en parler. Cela rejoint l’explication que m’a donnée un jour le généticien Axel Kahn qui se trouvait à côté de moi lors d’une séance de dédicaces d’ouvrages pendant un festival. Quand je lui ai demandé pourquoi les volcans n’apparaissaient jamais dans les grottes préhistoriques – pas plus que les paysages d’ailleurs –  il m’a expliqué que, selon lui, c’était parce que les volcans faisaient partie de la vie de tous les jours. Ce qui importait pour ces hommes et ses femmes, c’était la nourriture, d’où l’importance accordée aux animaux et la présence de nombreux bestiaires sur les parois des grottes.

Selon Matthew Roby, si les sagas et légendes médiévales ne mentionnent pas l’environnement, c’est aussi parce qu’elles se concentrent sur des histoires humaines, sur des relations et parfois des rivalités entre des personnes ou des communautés.

Malgré tout, deux sagas écrites aux 12ème et 13ème siècles parlent d’éruptions volcaniques ayant eu lieu sur la Péninsule de Reykjanes entre 1210 et 1240 car elles ont affecté la vie de la population. Ce sont ces légendes et leurs descriptions qui ont permis aux scientifiques de comprendre ce qui s’était passé sur la péninsule en ces temps lointains.

La première saga a pour cadre l’année 1226. On peut y lire que « le feu est entré en éruption au large de la côte de Reykjanes » avec des conséquences sur les pâturages. Une ferme a ainsi perdu une centaine de têtes de bétail.

L’autre saga se déroule en 1231 et sous-entend que les retombées de cendres volcaniques ont empêché l’herbe de pousser, ce qui a forcément eu des conséquences sur le bétail et, par voie de conséquence, sur l’alimentation de la population.

Certaines sagas écrites après la christianisation de l’Islande mentionnent elles aussi les volcans. Ce moment de l’histoire islandaise a été la cause de rivalités intenses entre Chrétiens et Païens dans la région de Thingvellir où avait été mis en place en 930 l’Althing, le premier parlement monocaméral islandais. Alors que cette situation conflictuelle était à son apogée, un messager venant du sud a déclaré qu’une éruption venait de se déclencher à une quarantaine de kilomètres de Thingvellir. Les Païens ont interprété cet événement comme la preuve de la colère des dieux à l’encontre des Chrétiens.

Une autre référence à la géologie apparaît lorsque l’un des missionnaires chrétiens parti convertir les Païens au christianisme tombe et périt dans une fracture qui s’ouvre sous les sabots de son cheval dans la région de Vik, au sud de l’Islande.

La dernière saga évoquée par l’universitaire se déroule au 14ème siècle. Deux hommes des West Fjords – un fermier et son domestique – se rendent un jour à l’église. En chemin, ils sont surpris par un orage et se réfugient dans une grotte. Bientôt, au fond de la grotte apparaissent deux yeux, comme ceux d’un monstre. Les hommes ne voient rien mais entendent une voix qui leur parle, sous la forme d’un poème, de ce qui semble correspondre à une éruption volcanique. Toutefois, toutes les traductions de ce poème ne sont pas d’accord quant à l’allusion à une éruption volcanique. Pourtant, la présence de feu, de braises et de cendres semble bien désigner la fureur d’un volcan.

Pendant ce temps, l’éruption continue dans la Geldingadalur. Etant du signe du Bélier, j’hésiterais avant de m’y engager…

Source: The Reykjavik Grapevine.

————————————

By clicking on the link below you will watch a video which I find very interesting. Matthew Roby, a doctoral student at the University of Iceland in Reykjavik, talks about volcanoes – or rather their absence – in the Icelandic sagas.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

 Matthew tells his story in Geldingadalur, where the eruption is taking place with its spatter cone and lava flows. The scholar begins by explaining the origin of this name. Many Icelandic toponyms end with « dalur » which means « valley ». « Geldinga » designates castrated rams or wethers. (Note that in English « gelding » also means a castrated horse). Geldingadalur is therefore the valley of the wethers. One also finds in the press at the moment the word Geldongadalsgos which means “Eruption in the valley of the wethers.”

Medieval Icelandic literature doesn’t really refer to the splendid landscapes, geological formations, or even volcanic eruptions. No mention is made of the Northern Lights, nor of geysers like the one in Geysir which gave its name to this geological phenomenon. In addition, legends and sagas do not allude to the length of day or night.

Historians explain this by the fact that landscapes, geological features and eruptions were part of the everyday environment of the people who lived by that time and they did not feel the need to talk about them. This ties in with the explanation given to me one day by geneticist Axel Kahn who was sitting next to me during a book signing session during a festival. When I asked him why volcanoes never appeared in prehistoric caves – nor landscapes for that matter – he explained to me that it was because volcanoes were part of everyone’s life. What mattered to these men and women was food, hence the importance given to animals and the presence of numerous bestiaries on the walls of the caves.

According to Matthew Roby, if medieval sagas and legends do not mention the environment, it is also because they focused on human stories, on relationships and sometimes rivalries between people or communities. Nevertheless, two sagas written in the 12th and 13th centuries refer to volcanic eruptions that took place on the Reykjanes Peninsula between 1210 and 1240 because they affected the lives of the population. It was these legends and their descriptions that helped scientists understand what happened on the peninsula in those distant times.

The first saga is set in the year 1226. One can read that « the fire has erupted off the coast of Reykjanes » with consequences on the pastures. A farm thus lost a hundred head of cattle.

The other saga took place in 1231 and suggests that ashfall prevented the grass from growing, which inevitably had consequences on the livestock and, consequently, on the food for the population.

Some sagas written after the Christianization of Iceland also mention volcanoes. This moment in Icelandic history was the cause of intense rivalry between Christians and Pagans in the Thingvellir region, where the Althing, Iceland’s first unicameral parliament, was established in 930. As this conflicting situation was at its height, a messenger from the south said an eruption had just started about 40 kilometers from Thingvellir. The Pagans interpreted this event as proof of the anger of the gods against Christians.

Another reference to geology comes when one of the Christian missionaries who went to convert Pagans to Christianity fell and perished in a fracture that opened under his horse’s hooves in the Vik region of southern Iceland.

The last saga mentioned by the scholar took place in the 14th century. Two men from the West Fjords – a farmer and his servant – went to church one day. On the way, they were surprised by a thunderstorm and tok refuge in a cave. Soon, deep in the cave, two eyes appear, like those of a monster. The men could see nothing but heard a voice speaking to them, in the form of a poem, of what appeared to be a volcanic eruption. However, not all translations of this poem agree with the allusion to a volcanic eruption. Yet the presence of fire, embers and ash seems to indicate the fury of a volcano.

Meanwhile, the eruption continues in the Valley of the Wethers….

Source: The Reykjavik Grapevine.

Un nouveau Mauna Loa bientôt en Islande? // A new Mauna Loa soon in Iceland?

Voici une nouvelle prévision des volcanologues islandais ! Après avoir dit que la sismicité dans la Péninsule de Reykjanes pourrait – ou ne pourrait pas – déboucher sur une éruption; après avoir affirmé que l’éruption actuelle serait courte – puis qu’elle durerait longtemps – l’un d’eux prévoit maintenant que la lave très fluide qui s’écoule lentement dans la Geldingadalur pourrait finir par former un volcan bouclier semblable au Mauna Loa à Hawaii !

Cela fait seulement neuf jours que l’éruption a commencé avec un débit estimé entre 5 et 7 mètres cubes par seconde. Un professeur de volcanologie à l’Université d’Islande compare l’éruption actuelle à celle du Pu’u’O’o à Hawaii, qui a commencé en 1983 et a duré 35 ans. [A noter que les éruptions du Kilauea à Hawaii présentent des débits éruptifs qui n’ont rien à voir avec le petit débit de l’éruption actuelle en Islande]. Selon le professeur, «l’éruption peut se terminer demain ou elle peut encore durer quelques décennies.» (On appréciera la finesse de la prévision !) Il ajoute : « Si l’éruption continue, le volcan pourrait finir par devenir un volcan bouclier. » Il est bon de rappeler que les volcans boucliers sont des volcans à pente douce, souvent de très grandes dimensions, qui se forment sur de très longues périodes. Dire que l’éruption actuelle pourrait devenir un volcan bouclier après seulement quelques jours d’activité ne rime à rien ! Comme me disait ma mère quand j’étais môme, «quand on n’a rien à dire, on se tait!»

Pour le moment, une seule prévision reste valable: l’éruption a déjà attiré de nombreux visiteurs (environ 10 000 en un week-end) et il en attirera des milliers d’autres si elle continue.

Source: Iceland Review.

A titre de comparaison, l’éruption du Mauna Loa en 1950 a duré 23 jours et a émis 376 millions de mètres cubes de lave.

On a estimé que le volume de lave émis pendant les 22 jours d’éruption du Mauna Loa en 1984 a atteint 220 millions de mètres cubes.

En 2018 le débit de lave au niveau de la seule Fissure 8 pendant l’éruption du Kilauea a été estimé entre 50 et 150 mètres cubes par seconde selon les jours. Rien à voir, donc, avec le débit de l’éruption actuelle en Islande.

—————————————–

Here is a new prediction by Icelandic volcanologists. After saying the seismicity in the Reykjanes Peninsula might – or might not – lead to an eruption; after affirming the current eruption would be a short one – and then a long one – they now predict that the slow-flowing, highly fluid lava emitted in Geldingadalur could potentially form a shield volcano, like Hawaii’s Mauna Loa.

The eruption has now been ongoing for nine days with a steady rate of flow between 5-7 cubic metres per second. A volcanology professor at the University of Iceland compared the current eruption to that of Pu’u ‘O’o in Hawaii, which began in 1983 and lasted 35 years. “It could end tomorrow or it could still be going in a few decades.” (This is a highly reliable prediction!) The professor added: “If the volcano continues to erupt it could end up being categorised as a shield volcano.”

We are reminded that shield volcanoes are gently-sloping, often large volcanoes, usually formed over long periods of time. Saying the current eruption might become a shield volcano after only a few days’ activity is sheer nonsense! Like my mother used to tell me when I was a baby, “if you have nothing to say, you shut your mouth!”

For the moment, one prediction is clear: the eruption is very popular; it has already attracted many visitors (about 10,000 in one week-end) and it will draw thousands more if it goes on.

Source: Iceland Review.

As a comparison, the Mauna Loa 1950 eruption lasted for 23 days and erupted 376 million cubic metres of lava,

The volume of lava emitted during the 22-day eruption of Mauna Loa in 1984 was estimated at 220 million cubic metres.

In 2018, the lava output at Fissure 8 alone during the Kilauea eruption was estimated between 50 and 150 cubic metres per second depending on the day. Th current Icelandic eruption cannot rival with these figures.

Geldingadalur : Une éruption à faible débit

Islande : Pas de chiens sur le site éruptif. Et les enfants en bas âge ? // Iceland : No dogs on the eruption site. What about very young kids ?

Les autorités islandaises demandent aux visiteurs du site éruptif de ne pas venir avec leurs chiens en raison du risque d’empoisonnement au fluorure. D’autre part, on a relevé un niveau d’acidité élevé dans les flaques d’eau. En outre, la trajectoire empruntée par la lave peut être imprévisible et les gaz émis par l’éruption sont toxiques et dangereux.

Je suis très surpris de voir que les très jeunes enfants ne sont pas mentionnés. Très souvent, les parents les tiennent dans leurs bras ou les portent sur leur dos. J’ai vu de telles scènes sur l’Etna à l’époque où j’aidais les guides à gérer les foules de visiteurs. J’ai vu de jeunes parents parfaitement inconscients porter des gosses âgés de quelques mois près des coulées de lave et au milieu des gaz toxiques, à 3000 mètres d’altitude! Tout comme les chiens, les jeunes enfants laissés libres de marcher ou courir sur le site de l’éruption risquent d’inhaler les gaz toxiques qui s’accumulent près du sol.

Les autorités islandaises appellent aussi à la prudence lors de la visite du site éruptif en raison de la hausse des contaminations de COVID-19. Selon un compteur installé sur le sentier conduisant à l’éruption, des milliers de personnes ont déjà visité le site. C’est inquiétant car une personne qui a récemment été testée positive – elle n’avait pas respecté la quarantaine imposée à l’arrivée en Islande – avait passé du temps sur le site de l’éruption.

——————————————

Icelandic authorities have warned visitors that dogs should stay at home because of the risk of fluoride poisoning and high pH values in water puddles. Besides, the flow of the lava can be unpredictable and toxic gases emitted by the eruption can be life-threatening.

I am very surprised to see that very young children are not mentioned. Very often, parents carry them along, holding them in their arms or carrying them on their backs. I have seen such scenes on Mount Etna when I was helping the guides to manage the crowds of visitors. I saw unconscious young parents carrying months old babies close to the lava flows and amidst the toxic gases, 3000 metres above sea level!

Just like dogs, young kids who would be left to walk about on the eruption site are in danger of inhaling toxic gases that accumulate close to the ground.

At last, Icelandic authorities urge caution when visiting the eruption site due to the recent uptick in COVID-19 infections. According to a counter set up on the hiking path to the eruption, thousands of people have already visited the eruption. This is a cause for concern as a person recently tested positive for the virus, out of quarantine after spending time at the eruption site.

Prévision et prévention volcaniques // Volcanic prediction and prevention

Parmi les volcans actifs de la planète, quatre font actuellement la une des journaux: le Piton de la Fournaise (Réunion), l’éruption en Islande, les paroxysmes de l’Etna (Sicile) et le dôme de la Soufrière de Saint-Vincent. Il est intéressant de noter que les notions de prévision et de prévention volcaniques sont différentes sur ces quatre sites

A La Réunion, la sismicité est en hausse ces jours-ci au Piton de la Fournaise. Une inflation au sol est également enregistrée par l’Observatoire qui indique qu’une éruption pourrait survenir à court terme. Quand elle se produira, on sait déjà qu’elle sera effusive. Le volcan émettra une lave fluide et très chaude typique des éruptions de points chauds, celles qui ne tuent pas les gens. Lorsque le Piton de la Fournaise entre en éruption, les coulées de lave restent confinées dans l’Enclos Fouqué. De temps en temps, l’éruption peut survenir à l’extérieur de l’Enclos, comme en 1977 lorsqu’elle est devenue une menace pour le village de Piton Sainte Rose, mais il suffit que les habitants s’éloignent pour éviter de se trouver sur la trajectoire de la lave. Les dégâts ne sont pas humains; ils restent matériels, même s’il est triste de voir sa maison être avalée par la lave.

Eruption effusive à La Réunion (Crédit photo : Christian Holveck)

Il en est de même en Islande où l’éruption dans la Geldingadalur est effusive. D’un point de vue géologique, l’Islande est un point chaud situé sur la dorsale médio-atlantique. Le phénomène d’accrétion observé dans le pays provoque des éruptions effusives. La lave sort des fissures, un peu comme le sang sort d’une blessure sur un corps humain. Les zones habitées se trouvent actuellement loin de l’éruption. Le seul danger réside dans les gaz volcaniques qui peuvent empêcher les visiteurs d’atteindre le site éruptif.

L’éruption dans la Geldingadalur (Capture écran webcam)

16 paroxysmes ont été observés sur l’Etna (Sicile) depuis le 16 février 2021. Pour l’instant, les crises éruptives se limitent au cratère SE dans la zone sommitale du volcan. Les coulées de lave avancent dans la Valle del Bove et ne menacent pas les zones habitées. Cependant, cela pourrait changer, comme on a pu s’en rendre compte lors de l’éruption de 1991-94 lorsque la lave a failli pénétrer dans Zafferana Etnea. Si un jour une bouche éruptive s’ouvre sur les basses pentes du volcan, la situation deviendra rapidement critique pour les villages éparpillés sur les pentes du volcan. Personne ne sera tué mais la destruction matérielle sera importante, comme elle le fut en novembre 1928 lorsqu’une coulée de lave a englouti le village de Mascali, ou en 1669 lorsque la lave est entrée dans la ville de Catane.

La lave aux portes de Zafferana (Photo : C. Grandpey)

Des séismes volcano-tectoniques continuent d’être enregistrés sous la Soufrière de Saint-Vincent et leur magnitude est telle qu’ils sont parfois ressentis dans plusieurs villages. Le dôme qui s’est formé le 27 décembre 2020 ne cesse de croître et il a triplé de volume en trois mois. Il mesure aujourd’hui 921m de long, 243m de large et 105 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à Orange. La NEMO rappelle qu’aucun ordre d’évacuation n’a été émis pour le moment. Cependant, il est conseillé aux quelque 16 000 personnes vivant dans des communautés proches du volcan de se tenir prêtes en cas d’évacuation d’urgence. A St Vincent, la prévision et la prévention volcaniques sont importantes car le volcan peut avoir une activité explosive soudaine. Saint-Vincent-et-les Grenadines est situé sur l’arc volcanique des Petites Antilles qui peut être le siège d’éruptions explosives très dangereuses, avec des coulées pyroclastiques meurtrières comme lors de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902. Le bilan des éruptions qui se produisent dans les zones de subduction est souvent très élevé. Ces dernières années, l’éruption du Merapi (Indonésie) en 2010 et celle du Fuego (Guatemala) en 2018 ont tué plusieurs centaines de personnes. Bien que l’éruption de 1979 à St Vincent n’ait tué personne, l’activité actuelle pourrait s’avérer rapidement dangereuse. C’est la raison pour laquelle le volcan est étroitement surveillé et les évacuations seraient rapidement décidées si une éruption semblait imminente.

Le dôme de lave de La Soufrière (Crédit photo : UWI)

————————————-

Among others, four volcanoes are currently making the headlines: Piton de la Fournaise (Reunion Island), the eruption in Iceland, the paroxysms at Mt Etna (Sicily) and the dome at St Vincent’s La Soufriere. It is interesting to notice that the notions of volcanic prediction and prevention are different on the four sites

On Reunion Island, seismicity is quite high these days at Piton de la Fournaise. Ground inflation is also recorded by the Observatory which indicates that an eruption might occur in the short term. When it happens, we know the eruption will be effusive. The volcano will emit hot and fluid lava typical of hotspot eruptions that do not kill people. When Piton de la Fournaise erupts, lava flows are confined to the Enclos. Once in a while, the eruption may occur outside the Enclos, like in 1977 when it became a threat to the village of Piton Sainte Rose, but residents just need to move away. The damage is not human; it is just material, even if it is sad to see one’s house engulfed in lava.

It is just the same in Iceland where the eruption in Geldingadalur is effusive. From a geological standpoint, Iceland is a hotspot located on the Mid-Atlantic Ridge. The accretion phenomenon observed in the country causes effusive eruption. Lava comes out of fissures, just like blood comes out of a wound on a human body. Populated areas currently lie far away from the eruption. The only danger lies with the volcanic gases that can prevent visitors from reaching the eruptive site.

16 paroxysms have been observed on Mt Etna (Sicily) since February 16th, 2021. For the time being, the eruptive crises are limited to the SE Crater in the volcano’s summit area. Lava flows travel into the Valle del Bove and do not threaten populated areas. However, this may change, as could be observed during the 1991-94 eruption when lava nearly entered Zafferana Etnea. If one day an eruptive vent opened on the lower flanks of the volcano, the situation would rapidly become critical to the villages scattered on the slopes of the volcano. No one would be killed but the material destruction would be high, like in November 1928 when a lava flow engulfed the village of Mascali or, earlier, when lava entered the town of Catania in 1669.

Volcano tectonic earthquakes continue to be recorded beneath St Vincent’s La Soufriere and their magnitude is such that they can be felt in several villages. The dome which appeared on December 27th, 2020 keeps growing and its volume tripled in three months. It is now 921 metres long, 243 metres wide and 105 metres high. The alert level remains at Orange. NEMO reminds residents that no evacuation order has been issued for the moment. However, the 16,000 persons living in communities close to the volcano are advised to heighten their preparedness in the event of an emergency evacuation. In St Vincent, volcanic prevision and prevention are important because the volcano might have a sudden explosive activity. St Vincent-and-the Grenadines is located on the Lesser Antilles volcanic arc that may cause dangerous explosive eruptions with life-threatening pyroclastic flows like during the Montagne Pelée eruption in 1902. The death toll of such eruptions that occur in subduction zones is often very high. In recent years, the 2010 eruption of Mt Merapi (Indonesia) and 2018 eruption at Fuego (Guatemala) killed several hundred people. Although the 1979 eruption at St Vincent did not kill anybody, the current activity might prove rapidly dangerous. This is the reason why the volcano is carefully monitored and evacuations would rapidly be decided if an eruption looked imminent.