Nouvelles de l’Agung (Bali / Indonésie) // News of Mt Agung (Bali / Indonesia)

Dans un bulletin émis le 12 janvier 2018, le VSI dresse un bilan de l’activité de l’Agung depuis sa recrudescence au mois de septembre 2017.

Le rapport indique tout d’abord que l’activité éruptive se poursuit, avec un événement qui a généré une colonne de cendre de 2500 mètres de hauteur (soit 5600 mètres d’altitude) le 11 janvier 2018. Cette présence de cendre dans l’atmosphère justifie le maintien de l’alerte aérienne à la couleur Orange. Malgré tout, l’aéroport international n’a pas été affecté par les panaches de cendre car le vent souffle nord et nord-est.

S’agissant de l’activité volcanique proprement dite, le VSI rappelle que l’éruption a vraiment débuté le 21 novembre 2017 et a connu son intensité maximale les 27 et 28 novembre avec une colonne éruptive de 4000 mètres de hauteur. Jusqu’à présent, on a enregistré plus de 27 000 événements sismiques sur le volcan. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu au maximum (4 – AWAS), avec une zone de danger d’un rayon de 6 km. Il est demandé à la population et aux touristes de respecter ce périmètre de sécurité.

En dehors de la zone de danger, le VSI précise qu’il n’y a guère de danger pour la population qui ne doit pas hésiter à utiliser des masques pour se couvrir le nez et la bouche, mais aussi se protéger les yeux et la peau en période d’éruption.

Pour terminer, le bulletin du VSI recommande à la population de se méfier des fausses informations qui pourraient circuler et de se fier uniquement aux sources officielles.

En ce moment, la situation ne semble guère évoluer. Les dernières images du cratère – malheureusement elles sont très rares – avaient tendance à montrer un système ouvert avec des épisodes ponctuels de dégazage accompagnés d’émissions de cendre, comme cela s’est produit le 11 janvier. Il ne semble pas que l’on assiste à la formation d’un dôme à l’intérieur du cratère. On attend avec impatience les dernières images prises à l’aide de drones !

Voici une vidéo en accéléré diffusée le 16 janvier 2018 par le VSI :

https://www.youtube.com/watch?v=8lRMdRiwqJE

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In a bulletin released on January 12th, 2018, VSI summarizes Mt Agung’s situation since the beginning of renewed activity in September 2017.
The report indicates first that the eruptive activity continues, with an event that generated an ash column 2,500 metres high (ie 5,600 metres a.s.l.) on January 11th, 2018. This presence of ash in the atmosphere justifies the maintenance of the aviation colour code to the colour Orange. Nevertheless, the international airport has not been affected by ash plumes as the wind blows north and northeast.
Regarding volcanic activity, VSI reminds us that the eruption really started on November 21st, 2017 and peaked on November 27th and 28th with an eruptive column 4,000 metres high. So far, more than 27,000 seismic events have been recorded on the volcano. The volcanic alert level is kept at the maximum (4 – AWAS), with a danger zone with a 6-km radius. The population and tourists are asked to respect this safety perimeter.
Outside the danger zone, VSI specifies that there is little danger for the population. People should not hesitate to use masks to cover their noses and mouths, but also to protect their eyes and their skin during eruption periods.
Finally, VSI recommends that the public be wary of false information that could circulate and rely solely on official sources.

At this moment, the situation does not seem to change a lot. The last images of the crater – unfortunately they are very rare – showed an open system with occasional degassing episodes accompanied by ash emissions, as happened on January 11th. There does not seem to be the formation of a dome inside the crater. We look forward to the latest images taken with drones!
Here is a timelapse video released on January 16th 2018 by VSI:
https://www.youtube.com/watch?v=8lRMdRiwqJE

Episode éruptif sur le Mt Agung (Bali / Indonésie) // Eruptive episode on Mt Agung (Bali / Indonesia)

Selon l’Agence Nationale de Gestion des Catastrophes (BNPB), le 11 janvier 2018 dans l’après-midi, le mont Agung a émis un nuage de cendre qui est monté jusqu’à 2 500 mètres au-dessus du cratère avec une hausse de la sismicité, mais pas de panique au sein de la population. L’événement a duré 130 secondes. Des retombées de cendre ont été observées à Tulamben, Rubaya et Dukuh Kubu sur les pentes du volcan.
Malgré cet épisode éruptif, la zone de danger présente toujours un rayon de six kilomètres. Les 53 207 personnes qui vivent dans cette zone restent dans des abris temporaires.
L’éruption n’a pas perturbé l’aéroport international de Bali.
Source: The Jakarta Globe.

Un tel événement n’est pas vraiment surprenant. Comme je l’ai écrit précédemment, il est probable que la lave qui s’est accumulée dans le cratère sera pulvérisée de temps en temps par la pression des gaz. .

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According to the National Disaster Mitigation Agency (BNPB), Mount Agung on January 11th in the afternoon spewed an ash cloud 2,500 metres above its crater and caused tremors but not panic. The event lasted 130 seconds. Ashfall was observed in Tulamben, Rubaya and Dukuh Kubu on the mountain’s slope.

Despite this eruptive episode, the danger zone has still a radius of six kilometres from the top of the mountain. The 53,207 people who live in this zone remain in shelters.

The eruption did not disturb Bali’s International Airport.

 Source : The Jakarta Globe.

Un tel événement n’est pas très surprenant. Comme je l’ai indiqué précédemment ; il est probable que le bouchon (ou la galette) de lave observé dans le cratère sera pulvérisé de temps en temps par les gaz sous pression.

Panache de cendre émis par le Mt Agung le 11 janvier 2018 (Crédit photo: BNPB)

Pas de risque de nuées ardentes sur le Mt Agung (Bali / Indonésie) // No risk of hot clouds on Mt Agung (Bali / Indonesia)

Selon le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), le Mont Agung, qui est toujours en alerte volcanique maximale, « ne produira pas de nuées ardentes, mais seulement de la fumée et des cendres volcaniques. » En effet, comme je l’ai écrit précédemment, la lave ne remplit qu’un tiers du cratère et les coulées pyroclastiques se forment lorsque la lave remplit tout le cratère.
Le porte-parole de BNPB a expliqué que l’Agung – contrairement au Sinabung – a un profil de cratère concave et que la lave devrait devrait remplir le cratère complètement avant de se transformer en nuées ardentes.

Selon le porte-parole, chaque volcan a ses propres caractéristiques. Bien que l’Agung et le Sinabung soient tous deux des volcans actifs, l’Agung a connu une puissante éruption en 1963, alors que le Sinabung a connu de multiples explosions qui continent encore aujourd’hui.
Source: Antara News.

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According to the National Disaster Mitigation Agency (BNPB)’s spokesman, Mount Agung, which still at its highest alert level, “will not release hot clouds but only smoke and volcanic ashes”. Indeed, as I put it previously, lava has just filled one-third of the entire crater and the hot clouds are formed when lava fills the whole crater.
BNPB’s spokesman explained that Mount Agung – contrary to Mt Sinabung – has a concave profile of the crater, and as a result, the lava should be loaded completely before developing into hot clouds.

Each volcano has its own unique characteristics. Although Mount Agung and Mount Sinabung are both active volcanoes, the former once recorded a massive eruption in 1963, while the latter has had multiple explosions until now.
Source : Antara News.

Source: Wikipedia

Evolution des mentalités au pied du Merapi (Java / Indonésie)? // Evolution of mentalities on the slopes of Mt Merapi (Java / Indonesia)?

Rappelez-vous: En 2010, le Merapi est entré en éruption et a tué 353 personnes tandis que 350 000 autres étaient évacuées vers des endroits plus sûrs. Le volcan, comme beaucoup d’autres en Indonésie, possède sa propre mythologie. On croit, par exemple, qu’il abrite en son sein un sultanat de l’ombre du royaume des esprits.
Le Merapi, comme d’autres sites spirituels en Indonésie, a un juru kunci, ou gardien, qui est responsable de l’activité rituelle et est nommé par le sultan de Yogyakarta. En 2010, lorsque le volcan est entré en éruption, son gardien était Mbah Maridjan qui était connu pour son lien spirituel étroit avec la montagne. Il a choisi de mourir pendant l’éruption, alors que sa famille et d’autres villageois avaient quitté leurs maisons pour se mettre en sécurité. Son corps a été retrouvé prostré dans la position typique de la prière islamique.
Depuis 2011, le gardien du Merapi est Asih, le fils de Mbah Maridjan. Cependant, Asih, professeur de mathématiques à l’Université islamique de Yogyakarta pendant la semaine, n’est pas aussi engagé dans son rôle de gardien que son père charismatique. Il affirme qu’il est juste un serviteur du sultan et qu’il ne ressent aucun lien spirituel particulier avec le Merapi. Il a même refusé «Mbah», le titre honorifique de son père, qui signifie «gardien de la montagne».
Depuis la tragédie de 2010, Yogyakarta – une ville située au sud du volcan – a développé un remarquable système de gestion de la situation générée par l’activité du Merapi.  On observe une forte concentration de scientifiques et de décideurs dans cette ville universitaire qui met en relation la population et les scientifiques. Il y a une importante équipe de secouristes issue de la population et un gardien spirituel du volcan qui travaille main dans la main avec les autorités gouvernementales.
L’évolution de la fonction de gardien du volcan montre également comment tradition et modernité vont de pair aujourd’hui à Yogjakarta, après l’éruption de 2010. Asih, le gardien, indique qu’il travaille en étroite collaboration avec le Centre de Volcanologie et le Centre de Gestion des Risques Géologiques. Contrairement à la plupart des autres gardiens, il reconnaît qu’il ne lui serait pas facile de transmettre les informations aux gens de la région sans déclencher un mouvement de panique, et que le gouvernement est plus qualifié que lui pour effectuer ce travail de communication.
Une évolution significative est également apparue parmi la population vivant à proximité du Merapi. Par exemple, chaque famille possède un talkie-walkie. Le responsable du VSI a déclaré: «Après 2010, je pense que les gens ont accepté d’écouter les mises en garde des scientifiques, ce qui facilite mon travail.» Aujourd’hui, le système d’alerte volcanique à Yogyakarta associe tous les moyens disponibles, depuis les médias sociaux jusqu’au bouche à bouche pour transmettre les informations aux personnes âgées. Yogyakarta a également une communauté très engagée qui apporte sa contribution. La ville dispose d’un comité de secourisme (SAR) avec 2 000 jeunes qui peuvent venir en aide non seulement aux victimes de catastrophes, mais aussi aux personnes qui se perdent ou se blessent sur la montagne. Le SAR travaille à la fois avec le gardien du volcan et le gouvernement local.
Depuis l’éruption de 2010, les circuits en jeep sont devenus une attraction sur le volcan. Ils attirent entre 3 000 et 10 000 touristes chaque week-end. Yogyakarta montre comment une communauté peut gérer une menace continue en l’abordant de différents points de vue.
Le Merapi est toujours actif; On peut le voir par temps clair depuis certains quartiers de la ville. Il n’est plus un fardeau dans l’esprit de la population grâce aux profondes évolutions qui ont ponctué la dernière décennie.
Source: Adapté d’un article dans Voice of America.

La prochaine éruption nous dira si l’évolution des mentalités a permis d’éviter un lourd bilan.

Je sais que des Indonésiens, ainsi que des Français résidant en Indonésie, fréquentent mon blog. J’aimerais avoir leur point de vue sur cet article. Sont-ils en mesure de confirmer (dans les commentaires) l’évolution des mentalités au pied du Merapi?

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Just remember: In 2010, Mt Merapi erupted, killing 353 persons while 350,000 were evacuated to safer places. The volcano, like many others in Indonesia, has its own mythology. It is believed, for instance, that a shadow sultanate of the spirit kingdom is located inside the volcano.
Mt Merapi, like some other spiritual sites in Indonesia, has a juru kunci, or guardian, who is responsible for ritual activity and is appointed by the Sultan of Yogyakarta. In 2010, when Mt Merapi erupted, the guardian was Mbah Maridjan, who was famous for his close spiritual connection with the mountain. He chose to die in the 2010 eruption while his family and other villagers descended to safety. His body was found bent over in prayer.

Merapi’s guardian since 2011 is Asih, Mbah Maridjan’s son. However, Asih, a math professor at the Islamic University of Yogyakarta during the week, is not quite as committed to the mountain as his charismatic father was. He says he is just a servant of the sultan and that he does not feel any particular spiritual connection with Mt Merapi. He declined his father’s honorific « Mbah, » which means « mountain guard. »
Since the 2010 tragedy, Yogyakarta – a city which lies to the south of the volcano – has developed one of the most comprehensive volcano management systems in the world. There is a high concentration of scientists and policy experts in the university town. It is also unique in its combination of grassroots and high-level efforts, from a large volunteer search and rescue SAR) squad to a hereditary spiritual guardian who works hand-in-hand with government officials.
As a consequence, The guardian’s evolving role also reflects how tradition and modernity increasingly work in tandem in post-eruption Yogyakarta. Asih says he works closely with the Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation. Unlike most other guardians, he admits it is not easy for him to give information to people in the area without panic, and that the government can do a better job.
A significant evolution has also appeared among the population living close to Mt Merapi. For instance, every family has a walkie-talkie. Said the head of the VSI: “After 2010, I think people have wanted to listen to science-based warnings, which makes my job easier. » Today, Yogyakarta’s early warning system for volcano alerts combines everything from social media to « mouth-to-mouth knowledge transfer for older people. » Yogyakarta also has a highly engaged citizenry that compounds their efforts at the grassroots level. The city has an all-volunteer search and rescue (SAR) committee of 2,000 young people who train to help not just disaster victims, but also those who get lost or hurt on the mountain. SAR works both with the volcano’s guardian and the local government.
Since the 2010 eruption, open-air jeep tours have become a popular addition to the mountain, attracting 3,000 to 10,000 tourists each weekend. Yogyakarta is a case study in how a community can manage an ongoing threat by tackling it from many directions.

Mt Merapi is still active; you can see it on clear days from parts of the city. But it is no longer a burden on residents’ minds, in part because of their great advances in the past decade.
Source: Adapted from an article in Voice of America.

The next eruption will tell us if the evolution of mentalities has helped to avoid a heavy toll.

I know that Indonesians, as well as French people living in Indonesia, regularly visit my blog. I would like to have their point of view on this article. Can they confirm (in the comments) the evolution of mentalities at the foot of Mt Merapi?

Village sous la cendre après l’éruption de 2010 (Source: Wikipedia)