Indonésie / Indonesia: Les gardiens des volcans // The volcanoes’ guardians

Si vous demandez au gouvernement français de nommer un «gardien» du Piton de la Fournaise à la Réunion, on vous répondra que l’Observatoire est largement suffisant pour surveiller le volcan. Les autorités italiennes vous donneront la même réponse et se tourneront vers l’INGV pour surveiller le Vésuve, l’Etna ou le Stromboli. La notion de « gardien » d’un volcan n’existe pas en Europe.
En Indonésie, les choses sont différentes et presque chaque volcan possède son propre « gardien ». Il y a sept ans, Mbah Maridjan, 83 ans, le célèbre gardien spirituel du Merapi sur l’île de Java, a été tué lorsque le volcan a envoyé des coulées pyroclastiques sur sa maison à 5 km du cratère. Lorsqu’il a été retrouvé, son corps était recouvert de cendre blanche et prostré dans la position typique de prière islamique.
Le gardien spirituel de l’Agung est Jero Mangku Darma. Cet homme de 75 ans prie régulièrement pour protéger ses semblables contre la colère des esprits qui habitent la montagne la plus haute et la plus sainte de l’île ; elle crache des cendres, provoque des lahars, et vient de chasser plus de 72 000 personnes.
M. Darma est un pemangku, ; il fait partie des centaines de gardiens de temples qui, selon la croyance locale, ont le pouvoir de communiquer avec les esprits des montagnes à Bali – le Mont Agung en particulier – et de les apaiser par des rituels sacrés tels que la montée au cratère pour y déposer des offrandes de buffles, chèvres et autres poulets. M. Darma vit dans le village de Sebudi, situé dans la «zone rouge» interdite, à seulement 5 km du volcan.
Lorsque les autorités ont élevé la niveau d’alerte du volcan à son maximum le 22 septembre 2017, suite à une augmentation de l’activité sismique, et ont ordonné aux personnes vivant dans un rayon de 10 km du sommet de se retirer vers des zones plus sûres, toutes ont obéi, à l’exception de M. Darma. Il a dit qu’il ne bougerait pas, sauf s’il recevait « l’instruction divine des chuchoteurs de rêves » à travers des indices tels que « le feu, la fumée et les rochers … Les esprits du Mont Agung sont en colère, je dois prier et demander pardon. »
L’Indonésie possède environ 130 volcans actifs. Beaucoup d’entre eux ont des gardiens spirituels qui héritent de la position de leurs ancêtres ou sont nommés par les sultans ou la communauté locale. A Java, la responsabilité repose sur les épaules d’une seule  personne, le jurukunci. A Bali, la tâche est répartie entre les pemangku des nombreux temples qui sont disséminés sur les pentes des volcans. Chacun a une mission unique: s’occuper de son propre volcan et s’assurer qu’il ne met pas en danger la vie des gens.
Tout comme le Mont Merapi sur l’île de Java en 2010, le Mont Agung à Bali a tué au moins un pemangku lors de sa dernière éruption en 1963. C’était le père de M. Darma, Jero Mangku Sabda. Lui et sa femme sont morts avec plus de 1000 autres personnes. Leur seul enfant, M. Darma, s’en est tiré avec une blessure sans gravité à la jambe.
De nos jours, les habitants ont compris l’importance des instruments modernes utilisés pour surveiller l’activité volcanique. En conséquence, ils ont appris à combiner les connaissances spirituelles et la technologie moderne pour assurer leur bien-être. Comme l’a déclaré un responsable religieux: «L’équipement permettant de détecter l’éruption d’une manière scientifique et précise doit aussi être considéré comme un don de Dieu, il ne peut exister sans la grâce de Dieu … Mais la science est également limitée. Les gardiens doivent prier pour déplacer le cours de la lave afin qu’elle ne touche pas les villages ; ils ne peuvent arrêter une éruption, mais ils peuvent prier pour que les effets soient moins dévastateurs, pour que l’éruption apporte des bienfaits tels que des terres fertiles et pas des malédictions. »
Adapté d’un article paru dans The Straits Times.

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If you ask the French government to appoint a “guardian” of the Piton de la Fournaise on Reunion Island, they will tell you that the Observatory is largely sufficient to monitor the volcano. Italian authorities will give you the same answer and refer to INGV to control Vesuvius, Mount Etna or Stromboli. The notion of a “guardian” of a volcano does not exist in Europe.

In Indonesia, things are different and nearly every volcano has its own “guardian”. Just seven years ago, the famed spiritual keeper of Java’s Mount Merapi, 83-year-old Mbah Maridjan, was killed when the volcano erupted, sending pyroclastic flows over his home, situated 5km from the crater. His body, when found, was caked in white soot and prostrate in the typical Islamic prayer position.

Mt Agung’s spiritual guardian is Jero Mangku Darma. The 75-year-old man regularly prays for protection from the wrath of the spirits living within the island’s tallest and holiest mountain, which has been spewing ash and cold lava and displaced more than 72,000 people.

Mr Darma is a pemangku, one of the hundreds of temple guardians who the local people believe have the power to communicate with mountain spirits in Bali – such as in Mount Agung – and appease them through sacred rituals such as hikes to the crater to make offerings of buffaloes, goats and chicken. He lives in the village of Sebudi, which lies in the no-go « red zone », only 5 km away from the volcano.

When the authorities raised the alert to the highest level on September 22nd 2017, following an increase in seismic activity, and ordered people living within a radius of 10km from the summit to evacuate to safer areas, all left except for Mr Darma. He said he would not budge unless he received « divine instruction from dream whisperers » through clues such as « fire, smoke and rocks… The spirits of Mount Agung are angry. I must pray and ask for forgiveness. »

Indonesia is home to around 130 active volcanoes. Many of them are guarded by spiritual keepers, who inherit the position from their forefathers or are appointed by sultans or the local community. In Java, the responsibility rests on the shoulders of one person, called the jurukunci. In Bali, the burden is shared among the pemangku of the many temples that dot the slopes of the volcanoes. Each has a single mission: to look after his own volcano and ensure it does not endanger the lives of people.

Just like Mount Merapi on the island of Java in 2010, Bali’s Mount Agung claimed the life of at least one pemangku when it last erupted in 1963. He was Mr Darma’s father, Jero Mangku Sabda. He and his wife died with more than 1,000 others. Their only child, Mr Darma, escaped with a minor leg injury.

Nowadays, local residents have understood the importance of modern instruments to monitor volcanic activity. As a consequence, they have learnt to combine spiritual knowledge and modern technology to ensure their well-being. As one religious official said: « The equipment to detect eruption in a more scientific and precise way must also be considered a gift from God. It can’t exist without the grace from God…But science is also limited; we still need the spiritual guardians to pray to shift the flow of lava so it won’t hit villages. They cannot stop an eruption, but they can pray that the effects will be less devastating, that the eruption will bring blessings such as fertile lands, and not curses such as fatalities. »

Adapted from an article in The Straits Times.

Panache de cendre du Merapi vu depuis l’espace en 2010 (Crédit photo: NASA)

Mt Agung (Bali / Indonésie)

L’Agung ne fait plus la une des journaux, mais le volcan est toujours actif et son niveau d’alerte est maintenu au plus haut (4 – AWAS). Il a connu un nouvel épisode éruptif le dimanche 24 décembre 2017 à 10h05, avec un nuage de cendre qui est monté jusqu’à 2 500 mètres au-dessus du cratère. La cendre s’est ensuite dirigée vers le nord-est et n’a donc pas perturbé le trafic aérien dans les aéroports de Denpasar et de l’île de Lombok.
Cette éruption est la dernière d’une série observée depuis samedi. La cendre est retombée sur plusieurs secteurs comme Tulamben et Kubu.
L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) a déclaré que l’éruption a duré une dizaine de minutes et n’a guère perturbé les activités quotidiennes des populations autour du volcan. Au contraire, les habitants ont admiré le spectacle de l’éruption.
Bien que le président indonésien ait décidé de rendre caduc le niveau d’alerte, le gouvernement continuera à venir en aide aux personnes dans les centres d’hébergement provisoire. Des consignes ont été données pour faciliter les démarches administratives, l’aide logistique et le déblocage de crédits pour aider les personnes évacuées.
Des éruptions de courte durée comme celle du 24 décembre sont susceptibles de se produire à nouveau dans les prochains jours. La pression des gaz sous le cratère éjecte les matériaux qui s’y sont accumulés. Selon une déclaration d’un responsable du BNPB il y a une dizaine de jours, on n’observe pas de magma juvénile dans le cratère. Affaire à suivre
Source: The Jakarta Post.

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Mount Agung no longer makes the headlines of the newspapaers, but the volcan ois still active with its alert level at the highest (4 – AWAS). It erupted again on 10:05 a.m. on Sunday, December 24th 2017, spewing ash 2,500 metrers above the crater. The ash headed northeast and so did not disrupt air traffic in Denpasar and Lombok airport.

It was the latest in a series of eruptions that had occurred since Saturday. The ash covered several areas near the volcano’s slope, like Tulamben and Kubu.

The National Disaster Mitigation Agency (BNPB)said the eruption lasted for 10 minutes and did not seem to disrupt the residents’ daily activities around the volcano. Instead, they enjoyed the view of the eruption.

Although the Indonedian President had decided to revoke the alert status, the government would not stop or alleviate the delivery of aid to residents in the evacuation centers. The government has prepared regulations to ease administrative needs, logistics aid and the flow of the money to help the evacuees.

Similar short-time eruptions are likely to occur in the future as pressure of the gases is accumulating beneath the crater and ejects the material that has been accumulating. According to a BNPB official about ten days ago, no juvenile magma is observed in the crater. To be continued.

Source: The Jakarta Post.

Activité typique de l’Agung en ce moment (Image webcam)

Mt Agung (Bali) : Le Président indonésien discrédite les volcanologues ! // Indonesian President discredits volcanologists !

Voici quelques titres de journaux indonésiens aujourd’hui: « L’Indonésie lève le niveau d’alerte à Bali » (The Jakarta Post); « Le président annule l’état d’urgence du Mont Agung » (Antara News). Pendant ce temps, le niveau d’alerte officiel pour le volcan, sur le site Web du VSI, est toujours au maximum (4 – AWAS).
Comme je l’ai écrit précédemment, la peur d’une éruption de l’Agung affecte profondément le tourisme à Bali. Plusieurs pays comme l’Australie ont dissuadé leurs ressortissants de passer leurs vacances sur l’île.
En réaction à cette situation, « le Président a décidé d’annuler le niveau d’alerte et Bali est maintenant prête à accueillir de nouveau les touristes. » C’est ce qu’a déclaré un membre du gouvernement indonésien après une réunion de Cabinet présidée par le président Joko Widodo à Denpasar.
Parmi les pays qui ont diffusé des mises en garde à l’attention des voyageurs, la Chine a interdit à ses citoyens de se rendre à Bali du 27 novembre 2017 au 4 janvier 2018. Malgré cela, le nombre d’arrivées de touristes à Bali connaît actuellement une certaine hausse, avec 12 300 visiteurs par jour. Ce nombre avait chuté à 2000 visiteurs par jour après le réveil de l’Agung le 29 novembre dernier. En temps normal, le nombre moyen de visiteurs est de 15000.
Malgré l’annonce du Président, plus de 60 000 habitants vivant habituellement dans la zone dangereuse de 10 km de rayon se trouvent encore dans des centres d’hébergement temporaires.
D’un point de vue scientifique, il est indéniable que les volcanologues indonésiens ont été incapables de faire des prédictions fiables sur l’éruption du Mont Agung. Leurs homologues américains et européens n’auraient probablement pas fait mieux. Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique. Pour le moment, la lave a rempli environ un tiers du cratère mais personne ne sait ce qui va se passer ensuite.
En ce qui me concerne, au vu des différents paramètres diffusés sur le site web de VSI, je ne pense pas que nous nous dirigions vers une éruption majeure avec les coulées pyroclastiques tant redoutées. Il faudrait d’abord qu’un dôme remplisse le cratère. Le vrai risque pour le moment est une accumulation de gaz sous pression sous la lave dans le cratère avec une explosion, comme cela se produit de temps en temps sur le Popocatepetl au Mexique. Les projections de matériaux couvriraient probablement les pentes du volcan et constitueraient une menace pour les villageois qui ont décidé de revenir travailler dans leurs fermes malgré l’interdiction officielle. Cependant, la menace serait beaucoup plus faible que les coulées pyroslastiques.
Seul le volcan sait ce qui va se passer dans les jours et semaine à venir!

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Here are some headlines of today’s Indonesian newspapers: “Indonesia lifts Bali’s alert status” (The Jakarta Post); “President removes Mount Agung emergency status” (Antara News). Meantime, the official alert level for the volcano on VSI’s website is still at its highest (4 – AWAS).

As I put it before, the fear of Mt Agung’s eruption deeply affects tourism in Bali. Several countries like Australia have warned their citizens against spending their holidays on the island.

As a reaction to this situation, « the President has decided to revoke the alert status. Bali is now ready to welcome tourists again, » said an Indonesian official after a limited Cabinet meeting led by President Joko Widodo in Denpasar.

Among countries that issued travel advisories, China banned its citizens from travelling to Bali from November 27th 2017 to January 4th 2018. However, the number of tourist arrivals to Bali has gradually recovered to 12,300 visitors per day, recently. The number had plunged to as low as 2,000 visitors per day after Mt. Agung erupted on November 29th. On normal days, the average number of visitors is 15,000.

Despite the President’s announcement, tens of thousands of residents living in the 10-km-radius danger zone are still living in shelters.

From a scientific point of view, we can’t deny that Indonesian volcanologists have been unable to make reliable predictions about Mt Agung’s eruption. U.S. and European experts would probably have not done a better job. As I put it several times, we are not able to predict a volcanic eruption. For the time being, lava has filled about one third of the crater but nobody knows what will happen next.

As far as I am concerned, judging from the different parameters on VSI’s website, I do not think we are not heading for a major eruption with the dreaded pyroclastic flows. A dome would first need to fill the crater for that. The real risk for the moment is an accumulation of gas pressure beneath the lava in the crater with an explosion that would shatter it, like this happens from time to time on Popocatepetl Volcano in Mexico. Ejections of material would probably cover the volcano’s slopes and become a threat to the villagers who have decided to return to their farms despite the official interdiction. However, the threat would be much lower than pyroslastic flows.

Only the volcano knows what will happen in the coming days and weeks!

Les gros nuages de cendres qui ont perturbé le trafic aérien ont, pour le moment, disparu. Bienvenue aux touristes à Bali! (Image webcam)

Le Mont Agung et les combats de coqs // Mt Agung and cockfighting

Dans une note précédente, j’ai expliqué que l’un des fermiers qui était retourné vivre dans la zone dangereuse autour du Mont Agung élevait des coqs malgré les avertissements des autorités selon lesquelles le volcan pouvait entrer en éruption à tout moment.
Les combats de coqs sont très populaires en Indonésie mais les paris sont illégaux. Les propriétaires des volatiles encourent jusqu’à dix ans de prison s’ils se font prendre. Dans la province très conservatrice d’Aceh, les joueurs peuvent recevoir une flagellation en public en vertu de la loi islamique. Les combats de coqs sont souvent la seule source de revenus de certains Balinais et ils vont de pair avec les traditions séculaires de l’hindouisme dans l’archipel indonésien qui est majoritairement musulman. Les combats de coqs sont aussi étroitement liés à un rituel connu sous le nom de tabuh rah pratiqué dans les temples. Il est nécessaire que le sang se répande sur la terre pour expulser les démons – le buta – parce qu’il est censé les apaiser. Ainsi, les démons ne dérangent pas les gens et la cérémonie peut être tenue dans de bonnes conditions et en toute sécurité.
Les combats de coqs sont à la fois violents et sanglants. Une lame d’environ 10 centimètres de long est attachée à l’ergot gauche de chaque coq. Une odeur capiteuse d’encens flotte sur l’arène tandis que la foule rugit de plaisir et d’excitation. Les paris varient généralement entre 20 000 roupies (1,50 $ US) et 100 000 roupies. Il y a habituellement 15 combats de coqs lors de ces événements. Les lames attachées aux ergots des coqs entraînent en général la mort d’un des combattants en quelques minutes, avec des traînées de sang qui s’infiltrent dans la terre. Le propriétaire du gagnant peut être fier ; il reçoit une partie du produit des paris – habituellement 10% des mises qui peuvent atteindre l’équivalent de 2 000 dollars et il peut également emporter la carcasse du coq de son adversaire.
Source: South China Morning Post.

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Aux premières heures du 22 décembre (heure locale), on a enregistré un épisode d’activité sismique correspondant à une libération des gaz dans le cratère. Cet événement s’est accompagné d’un panache de vapeur et de cendre visible sur la webcam.

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Pendant ce temps, le tourisme à Bali souffre énormément de l’éruption du Mont Agung. Environ 25% des chambres d’hôtels à Bali sont actuellement occupées, contre 80% en décembre de l’année dernière. L’industrie touristique de l’île perd environ 18 millions de dollars par jour en raison des annulations de chambres et d’autres activités.
Le transporteur indonésien Garuda Indonesia a perdu environ un million de dollars par jour lorsque les aéroports ont été fermés. Lion Mentari Airlines, la plus grande compagnie aérienne d’Indonésie, a perdu environ 500 000 dollars par jour.
Près d’un million de personnes devaient se rendre à Bali en décembre et janvier. Maintenant, on en attend seulement la moitié.
L’aéroport international Ngurah Rai de Denpasar à Bali, a reçu des demandes pour 477 vols domestiques supplémentaires en prévision des fêtes de Noël et du Nouvel An. Toutefois, le nombre de demandes concernant les vols intérieurs supplémentaires a chuté d’environ 22% par rapport à l’an dernier où il atteignait 613. Cette diminution est probablement due à l’incertitude entourant l’activité du Mont Agung.
Les vols internationaux sont également affectés. Il n’y a pas encore eu de demandes de vols supplémentaires de compagnies aériennes étrangères.

Source: Office du tourisme de Bali.

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In a previous note, I explained that one of the farmers who had returned to live in Mt Agung’s danger zone was breeding cocks despite the authorities’ warnings that the volcano could erupt at any moment.

Cockfighting is very popular in Indonesia but gambling is illegal. The cockfights could land their owners in jail for as long as a decade. In the conservative Aceh province, gamblers can face a public whipping under Islamic law. Cockfighting is the sole source of income for some Balinese men and it dovetails with centuries-old traditions of Balinese Hinduism in the mostly Muslim archipelago. It is closely related to a ritual known as tabuh rah held at temples. The spilling of blood to the earth is needed to expel buta, or demons, because the blood is believed to appease demons, so they don’t disturb people and the ceremony can be held successfully and safely.

Cockfights are both violent and bloody. A small dagger about 10 centimetres long is tied to each rooster’s left ankle. The heady smell of incense wafts over the ring as a roar erupts from the crowd. Bets are placed, usually between 20,000 (US$1.50) and 100,000 rupiah each. There are usually 15 cockfights at these events. The ankle blades usually make it a fight to the death in a matter of minutes, punctuated by trails of blood seeping into the dirt. The winner’s owner not only gets bragging rights and some of the betting proceeds – usually 10 per cent of the purse which can reach the equivalent of US$2,000, but they also get the carcass of their opponent’s rooster, for eating.

Source: South China Morning Post.

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In the early hours of December 22nd, an episode of seismic activity was registered by the instruments. It corresponded with a release of the gases in the crater. The event was accompanied by the emission of a plume of steam and ash that could be seen on the webcam.

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Meantime, tourism in Bali is suffering a lot from the eruption of Mt Agung. About 25 percent of hotel rooms in Bali are currently occupied, compared with as much as 80 percent in December last year. The island’s tourism industry loses about 18 million dollars a day as a result of hotel room and other cancellations.

Indonesian flag carrier Garuda Indonesia lost about one million dollars a day when the airports were shut. Lion Mentari Airlines, Indonesia’s biggest airline, lost about 500,000 dollars a day.

Almost a million people had been expected to visit Bali in December and January combined. Now, expectations are for no less than half the earlier projection.

The Ngurah Rai International airport in Denpasar, Bali has received requests for 477 additional flights from domestic airlines to accommodate the high demand for domestic routes in the lead-up to the Christmas and New Year holiday season. However, the number of additional domestic flights requested has fallen by about 22 percent from last year’s 613. The decrease was likely due to the uncertainty around Mount Agung’s volcanic activity.

International routes have also been affected. There have yet to be any requests for additional international flights from foreign airlines.

Source: Bali’s Tourist Board.

Tracé sismique et capture d’image de webcam montrant l’activité de l’Agung le 22 décembre 2017 en tout début de journée.