Quand l’image traduit l’émotion….

Au mois de décembre 2017, le magazine Chasseur d’Images a sorti son n°400, événement tout à fait remarquable au moment où la presse et l’édition connaissent pas mal de difficultés. La rédaction avait décidé de consacrer dans ce numéro un chapitre aux photos qui avaient marqué ses lecteurs photographes. J’avais proposé l’une des miennes montrant un porteur de soufre sur le volcan Kawah Ijen sur l’île de Java en Indonésie. J’ai eu le plaisir de constater qu’elle a été retenue pour publication, même si mon nom a été écorché !

Le cliché remonte aux années 1990, époque où le volcan n’était pas encore assailli par des hordes de touristes. Il a été réalisé avec un film argentique Fuji Velvia 50. C’est une diapositive que j’ai scannée par la suite afin de la sauvegarder et la conserver plus longtemps. Le regard du porteur de soufre a séduit plusieurs organisateurs de concours et j’ai raconté l’histoire de cette photo dans mon livre Volcanecdotes (Ed. Un Autre Regard) aujourd’hui épuisé. Je vous en livre ici un extrait…

     Une fois les mesures [de températures des évents de soufre] terminées et prélevé un échantillon d’eau du lac, je décidai de commencer à gravir seul le sentier qui permet de rejoindre la lèvre du cratère. En procédant de la sorte, je pourrais choisir des endroits adéquats pour fixer sur la pellicule quelques uns des « forçats du soufre ».  C’est ainsi que j’emboîtai le pas à un porteur dont les pieds étaient enrubannés de chiffons en guise de chaussures. Au bout de quelques dizaines de mètres d’ascension, je perçus le souffle rauque de sa respiration. Il n’était point besoin de stéthoscope pour se rendre compte que ses poumons étaient brûlés par les gaz où se mélangent acides chlorhydrique et sulfurique. Lui aussi allait disparaître jeune, comme la plupart de ces ouvriers dont le confortable salaire a pour  contrepartie une mort précoce.

      Je laissai cet homme poursuivre l’ascension qu’il ponctuait de pauses fréquentes afin de reprendre son souffle. Je choisis un premier poste de prises de vue dans l’un des nombreux lacets du sentier. J’avais le cratère et le lac d’acide couleur turquoise en arrière-plan. Avec le bleu du ciel et une bonne lumière, je pus réaliser plusieurs clichés intéressants. Au bout de quelques minutes de prises de vues, je décidai de continuer à grimper et j’optai pour un endroit où la lumière était plus douce et l’arrière-plan plus neutre, avec en prime des volutes de nuages de gaz ; un endroit idéal pour faire des portraits. Je fixai deux ou trois porteurs sur la pellicule, leur tendant ensuite la kretek (cigarette locale) qu’ils m’avaient demandée. Comment des hommes qui travaillent dans un univers aussi nocif peuvent-ils éprouver du plaisir à s’encrasser davantage les poumons avec des cigarettes, aussi parfumées soient-elles ? 

      C’est alors qu’il apparut. Il avançait d’un pas lent, fatigué par la lourde charge qu’il tenait en équilibre sur son épaule. Il fit quelques pas sur le sentier, parallèlement au lac, puis aborda la boucle qui le ferait se diriger vers moi. A ce moment-là, il s’arrêta et me regarda, surpris semble-t-il de trouver quelqu’un à cet endroit, de surcroît un photographe. J’avais préparé l’angle et les paramètres de prise de vue depuis plusieurs secondes et je n’eus qu’à appuyer sur le déclencheur lorsqu’il cessa d’avancer. J’avais choisi un cadrage assez serré qui laisserait apparaître le buste et, cela va de soi, les paniers remplis de soufre.  La seule vue de son regard à travers le viseur m’indiqua que la photo ne serait pas banale. En appuyant sur le déclencheur, j’ai senti la richesse des sentiments qui émanaient de ses yeux : à la fois la fatigue, voire la douleur, engendrée par le travail, et l’obligation d’effectuer ce rude labeur probablement pour nourrir plusieurs bouches à la maison. J’avais l’impression que cet homme avait envie de me faire comprendre qu’il portait toute la misère du monde sur ses épaules. Une communication sans paroles, mais bien réelle… 

 Le porteur de soufre se trouve à la page 93 de la revue…

Vacances de Noël : Une seule destination : Bali ! // Let’s go to Bali for the Christmas holidays !

En Indonésie, le Ministre des Finances a invité les hommes d’affaires et les touristes à célébrer la Saint-Sylvestre à Bali. En effet, le Mont Agung n’est plus vraiment menaçant, malgré la petite activité volcanique encore en cours. L’Agence Nationale de Gestion des Catastrophes (BNPB) a indiqué qu’une éruption n’affecterait qu’une zone limitée de l’île.
Le trafic aérien à Bali a diminué d’environ 30 pour cent en raison de l’augmentation d’activité de l’Agung en novembre et la tendance devrait se confirmer au début de l’année prochaine, tant que le volcan restera en niveau d’alerte élevé. L’objectif de 15 millions d’arrivées de touristes d’ici la fin de l’année ne sera probablement pas atteint. .
Malgré l’éruption actuelle de l’Agung, les autorités locales insistent sur le fait que des zones touristiques comme Tanah Lot, Sanur, Pandawa Beach, le Batur, Ubud, Kuta Beach, Padang-Padang Beach, Lovina Beach, Dreamland Beach et Nusa Dua Beach, ne seraient pas affectées par une éruption.
Source: The Jakarta Post.

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Indonesia’s Finance Minister has invited businesspeople and tourists to celebrate New Year’s Eve in Bali now that Mount Agung is no longer a threat, despite ongoing  minor volcanic activity. The National Disaster Management Agency (BNPB) has indicated that an eruption would affect a limited area of the island.

Flights to Bali have declined by about 30 percent as a result of Mt. Agung’s increased activity in November and the trend is expected to continue into early next year, as long as the volcano and its surrounding area remain under a high alert status. The target of seeing 15 million tourist arrivals by the end of the year will probably not be achieved. .

Despite the current eruption of Mt Agung, local authorities insist that popular tourist areas, such as Tanah Lot, Sanur, Pandawa Beach, Batur Mount, Ubud, Kuta Beach, Padang-Padang Beach, Lovina Beach, Dreamland Beach, and Nusa Dua Beach, would not be affected by an eruption.

Source: The Jakarta Post.

Depuis plusieurs jours, l’activité éruptive marque le pas sur le Mont Agung (Vue webcam)

Sinabung (Sumatra / Indonésie): Nouvel épisode éruptif // New eruptive episode

Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, le Sinabung a connu un nouvel épisode éruptif aujourd’hui 18 décembre 2017, avec apparition de coulées pyroclastiques, comme lors des épisodes précédents. L’éruption a eu lieu à 13h02, avec cinq minutes d’activité sismique autour du volcan. Les coulées pyroclastiques se sont déplacées sur 2 500 mètres vers l’est-sud-est et sur 3 500 mètres vers le sud.
Il est demandé à la population de rester à l’écart de la zone rouge autour du volcan car d’autres éruptions pourraient avoir lieu dans un proche avenir. Les habitants doivent également rester vigilants car des lahars peuvent dévaler les flancs du volcan au moment des fortes pluies observées en ce moment.

Le niveau d’alerte est maintenu à 4 (AWAS), le maximum.
La dernière éruption avant l’événement de lundi a eu lieu le 29 novembre 2017, avec une colonne de cendre et des coulées pyroclastiques. Plus de 2 000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’éruption du Sinabung.

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According to the Chinese press agency Xinhua, Mt Sinabung erupted again on Monday, December 18th 2017, spewing hot clouds. The eruption took place at 13:02 p.m., with five minutes of tremors around the area. Hot clouds were seen travelling 2,500 metres to the east-southeast and 3,500 metres to the south.

People have been advised to stay away from areas declared red zones around the volcano as more eruptions are expected to take place in the near future. People were also told to remain alert for possible lahars from the volcano amid the intensifying rains nowadays.

The alert level is still at its highest, 4 (AWAS).

The last eruption prior to Monday’s event took place on November 29th 2017, with an ash column and pyroclastic flows. Over 2,000 people were displaced from the ongoing Sinabung volcanic activities.

Crédit photo: J.P. Vauzelle

Huit morts sur le Merapi (Indonésie)… sans éruption // Eight deaths on Mt Merapi (Indonesia)… without an eruption

Les volcans peuvent tuer sans être en éruption. Ce lundi, un glissement de terrain sur les pentes du Merapi en Indonésie a tué au moins huit personnes et blessé huit autres qui travaillaient dans une carrière de sable. Il se peut que d’autres mineurs aient été ensevelis par le glissement de terrain, mais ce n’est pas certain ; on ne connaît pas vraiment le nombre d’ouvriers qui travaillaient dans la mine. Très souvent en Indonésie, il y a peu ou pas de réglementation concernant l’exploitation minière dite traditionnelle ; en conséquence, la sécurité n’est guère assurée.

Source: Reuters.

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Volcanoes can kill without erupting. A landslide on the slopes of Indonesia’s Mount Merapi on Monday killed at least eight people mining sand and injured eight. There could be more miners buried by the landslide, but it is unclear because the number working at the mine is also unclear. In many parts of Indonesia, there is little or no regulation of so-called traditional mining, resulting in poor safety standards.

Source : Reuters.