La fonte du Glacier du Rhône (suite) // The melting of the Rhône Glacier (continued)

Au cœur du Valais suisse, le Glacier du Rhône donne naissance au fleuve que nous connaissons bien. Je l’ai visité en 2016 et 2018 et je me suis tout de suite rendu compte de la fonte qu’avait subi cette rivière de glace. Il y a une quarantaine d’années, on découvrait son front au détour de l’un des virages du col de la Furka (voir ma note précédente). Aujourd’hui, ce paysage impressionnant a totalement disparu et il faut parcourir une longue distance à pied pour atteindre le front du glacier. En cours de route, on ne peut que constater les dégâts causés par le réchauffement climatique en lisant les dates et le niveau où se trouvait le glacier il y a seulement quelques années. On apprend que le Glacier du Rhône a perdu 350 mètres d’épaisseur depuis 1856, et près de 40 mètres pour la seule dernière décennie. Il est pourtant relativement haut en altitude. La zone d’accumulation se situe sur la face sud-ouest du massif du Dammastock à une altitude d’environ 3 600 mètres. La langue glaciaire se termine à une altitude d’environ 2 250 mètres.

Quand on s’approche du front du glacier, on découvre un tapis de couvertures, parade dérisoire pour ralentir la fonte de la glace. Le but est de sauver l’attraction principale du glacier, une grotte creusée chaque année dans la glace depuis 1870. Les couvertures permettent de réduire la fonte de 70%. La grotte peut ainsi rester ouverte au plus fort de la canicule estivale, mais ce remède ne peut être que temporaire et, comme je l’ai écrit précédemment, la grotte court à une mort certaine.

Le Glacier du Rhône n’est pas une exception. Toutes les études montrent que les Alpes ont vu disparaître les deux tiers des glaces permanentes depuis 1850.

Lors de la conférence de Paris sur le climat, le but des quelque 195 états présents et de l’UE était de s’accorder pour limiter le réchauffement planétaire dû aux émissions de gaz à effet à deux degrés Celsius au-dessus des niveaux enregistrés avant la révolution industrielle. Pour les glaciers alpins, il est déjà trop tard car les Alpes, comme l’Arctique et la péninsule Antarctique, sont considérées comme des points chauds où la température augmente au moins deux fois plus vite que la moyenne globale sur la planète.

Un jour de chaleur, le Glacier du Rhône perd de 10 à 12 cm d’épaisseur de glace. Le lac qui s’est formé au bas du glacier et le mélange grisâtre de glace et de rochers broyés, résultat de la fonte puis d’un nouveau gel, ne font qu’accélérer le phénomène, parce qu’ils absorbent davantage les rayons du soleil qu’une glace pure et limpide. Le glacier peut ainsi reculer de 6 mètres en trois semaines.

Chaque année, le glacier perd entre 5 et 7 mètres d’épaisseur et l’on estime que son volume aura diminué de moitié d’ici la fin de la prochaine décennie. Selon les glaciologues, à la fin du siècle il ne restera que 10% du volume de glace actuel (voir schémas ci-dessous).

Contrairement à la fonte des glaces polaires, cette fonte dans les Alpes n’aura qu’un impact dérisoire sur le niveau des océans, mais elle aura des effets dramatiques en Europe, où les Alpes jouent le rôle d’un château d’eau, stockant de l’eau en hiver pour la libérer en été et alimenter fleuves et rivières, sans oublier les lacs comme celui d’Annecy (voir ma note précédente). Si la fonte des glaces s’accélère, les fleuves verront leurs niveaux augmenter, des inondations auront lieu, puis au milieu du siècle, les niveaux baisseront de façon dramatique.

S’agissant de la stratégie des bâches pour protéger une grotte creusée dans le glacier, la même technique est utilisée sur la Mer de Glace au-dessus de Chamonix en France. Là aussi, le glacier perd de son épaisseur à une vitesse vertigineuse, comme le montrent les repères apposés le long de l’escalier d’accès à la grotte. Ces repères devraient alerter les touristes qui viennent visiter le site, mais mon expérience personnelle et les discussions que j’ai pu entendre au cours de ma propre visite me laissent dans le doute quant à cette prise de conscience…

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In the heart of the Swiss Valais, the Rhone Glacier gives birth to the river that flows across France. I visited it in 2016 and 2018 and I immediately realized the melting of this river of ice. Forty years ago, I could discover its front from a bend down the Furka Pass (see my previous post). Today, this impressive landscape has completely disappeared and you need to walk a long distance to reach the glacier front. Along the way, you can see the damage caused by global warming; you just have to read the dates and the level where the glacier was only a few years ago. You learn that the Rhone Glacier has lost 350 metres in thickness since 1856, and nearly 40 meters for the last decade alone. However, it is quite high in altitude, with the accumulation zone 3,600 metres above sea level and the front at 2,250 metres a.s.l.
When you approach the front of the glacier, you discover a carpet of tarpaulins, a derisory protection to slow the melting of the ice. The goal is to save the main attraction of the glacier, a cave dug every year in the ice since 1870. The tarps reduce the melting by 70%. The cave can remain open at the height of the summer heat, but this remedy can only be temporary.
The Rhône Glacier is no exception. All the studies show that two thirds of the permanent ice have disapperaed in the Alps since 1850.
At the Paris climate conference, the goal of some 195 states and the EU was to limit global warming due to greenhouse gases by two degrees Celsius above the levels recorded before the Industrial Revolution. For alpine glaciers, it is already too late because the Alps, like the Arctic and the Antarctic Peninsula, are considered hot spots where the temperature increases at least twice as fast as the global average on the planet.
On a hot day, the Rhone Glacier loses 10 to 12 cm of ice thickness. The lake formed at the front of the glacier and the greyish mixture of ice and crushed rocks, the result of the melting then of a new frost, only accelerate the phenomenon, because they absorb the solar radiation more than pure and clear ice. The glacier can retreat 6 metres in three weeks.
Each year, the glacier loses between 5 and 7 metres of thickness and it is estimated that its volume will have halved by the end of the next decade. According to glaciologists, at the end of the century only 10% of the current ice volume will remain (see diagrams below).
Unlike the melting polar ice, this melting in the Alps will have a very little impact on the level of the oceans, but it will have disastrous effects in Europe, where the Alps play the role of a water tower. They store water in winter to release it in summer and feed rivers. If ice melting accelerates, rivers will see their levels increase, floods will occur, and then by the middle of the century, levels will drop dramatically.
Regarding the strategy of tarpaulins to protect a cave dug in the glacier, the same technique is used on the Mer de Glace above Chamonix in France. Here too, the glacier loses its thickness at an incredible speed, as shown by the markers affixed along the stairway to access the cave. These landmarks should alert tourists who come to visit the site, but my personal experience and the discussions I have heard during my own visit leave me in doubt as to this awareness ..

Au train où vont les choses, on prévoit qu’à la fin du 21ème siècle ,e Glacier du Rhône aura quasiment disparu (Source : OFEV, ETHZ)

Le Glacier du Rhône aujourd’hui (Photo: C. Grandpey)

L’entrée de la grotte dans le Glacier du Rhône en 2007! (Photo sur le site du glacier)

L’agonie d’une grotte de glace // The slow death of an ice cave

Au 19ème siècle et jusqu’au début du 20ème siècle, le glacier suisse qui donne naissance au Rhône s’étendait jusqu’au fond de la Vallée de Gletsch. Quand j’ai parcouru en voiture les derniers lacets de la descente du col de la Furka en 1981, on voyait la masse impressionnante du front du glacier dominer une épingle à cheveux de la route qui descend du Col de la Furka. Une grotte de glace avait été creusée dans le glacier pour inciter les touristes à faire une halte et apporter de l’argent au Canton du Valais où se trouve le site.

Aujourd’hui, la situation a bien changé. On ne distingue plus le glacier depuis la route et il faut parcourir un sentier sur plus de 200 mètres pour atteindre la grotte et le front du glacier en pente douce à proximité duquel elle se trouve. C’est alors que l’on assiste à un spectacle hors du commun et empreint d’une grande tristesse. En bordure de la partie terminale du glacier, on distingue un impressionnant amas de bâches blanches dont le seul but est de freiner la fonte de la grotte de glace qui se dissimule en dessous.

Une visite effectuée en juillet 2017 m’avait donné l’impression que la glace à l’intérieur de la grotte fondait très vite. Une nouvelle visite début septembre 2018 m’a tout simplement donné la certitude que la grotte vit ses derniers moments. Aujourd’hui, la glace fond encore plus vite qu’en 2017 et certaines parties de la grotte laissent apparaître les bâches destinées à la protéger. Je ne vois pas comment les Valaisans réussiront à maintenir leur grotte en l’état. Il est bon de noter que cette dernière se situe bien au-dessus du niveau de la surface du glacier. Cela laisse supposer que la grotte est maintenue en vie par un apport artificiel de glace. Elle n’est absolument pas creusée dans le glacier comme celle de la Mer de Glace à Chamonix (France) qui, elle aussi, est recouverte de bâches blanches pour la protéger du réchauffement climatique. Dans un laps de temps très court, ces grottes de glace connaîtront le triste sort de celle du Glacier des Bossons dont l’exploitation touristique a cessé en 1994, faute de glace…

Malgré tout, la visite du glacier du Rhône ne manque pas d’intérêt. Le site est très beau et des panneaux explicatifs permettent de mieux comprendre à quel point le glacier a perdu de sa grandeur. Et puis, c’est ici que le Rhône prend sa source. Il s’échappe du lac qui s’est formé à l’avant du glacier et se précipite dans la vallée en donnant naissance à une belle cascade.

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In the 19th century and until the beginning of the 20th century, the Swiss glacier located at the source of the Rhone River stretched to the bottom of the Gletsch Valley. When I drove along the last bends of the Furka Pass in 1981, I could see the impressive front of the glacier standing at the back of the Belvedere Hotel built in the heart of a hairpin bend. An ice cave had been dug in the glacier to encourage tourists to stop and bring money to the Canton of Valais where the site is located.

Today, the situation has changed. The glacier can no longer be seen from the road and you have to walk a footpath over 200 metres to reach the cave and the glacier front nearby. You are then confronted with a very unusual and sad sight. Close to the final part of the glacier, you can see an impressive mass of white tarpaulins whose sole purpose is to stop the melting of the ice cave which is concealed beneath.

A visit in July 2017 gave me the impression that the ice inside the cave was melting very quickly. A new visit in early September 2018 simply gave me the certainty that the cave is living its last moments. Today, the ice is melting even faster than in 2017 and parts of the cave show the tarpaulins to protect it. I do not see how the Valaisans will succeed in maintaining their cave in the state. It is worth noting that it is well above the level of the glacier’s surface. This suggests that the cave is kept alive by an artificial supply of ice. It is absolutely not excavated in the glacier like that of the Mer de Glace in Chamonix (France) which, too, is covered with white tarpaulins to protect it from global warming.

Nevertheless, the visit of the Rhone glacier is not lacking in interest. The site is very beautiful and explanatory panels provide a better understanding of how much the glacier has lost its size. And then, it is here that the Rhone takes its source. It comes out of the lake that formed at the front of the glacier and rushes into the valley with a beautiful waterfall.

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Voici le Glacier du Rhône vu depuis la route du Col de la Furka en août 1981:

Voici le glacier vu depuis cette même route en septembre 2018:

Voici maintenant le glacier et l’amas de bâches blanches destiné à protéger la grotte de glace:

A l’intérieur de la grotte, les bâches ne suffisent parfois plus à protéger la glace

Voici la source du Rhône….

….et ses premiers hectomètres dans la vallée:

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Voici maintenant le Glacier du Rhône tel que je l’ai photographié en juillet 2017:

Voici le glacier en septembre 2018. On remarque que son front a reculé de plusieurs mètres et que la glace est moins épaisse lorsqu’elle termine sa course dans le petit lac:

La grotte de la Mer de Glace en juillet 2017:

Photos: C. Grandpey

Grotte dans le Glacier des Bossons:

Source: Collection privée C. Boilleau

 

 

 

La menace des plates-formes glaciaires en Antarctique // The threat of Antarctica’s ice shelves

En 2017, la plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique s’est désintégrée et a libéré un énorme iceberg plus grand que le département français de la Lozère dont la superficie est de 5167 kilomètres carrés. Les scientifiques ont calculé la hausse du niveau de l’océan qui résulterait de l’effondrement de deux des plates-formes les plus vulnérables de l’Antarctique.
On a beaucoup parlé de la plate-forme Larsen, mais les dernières recherches dont les résultats ont été publiés dans la revue The Cryosphere révèlent que la désintégration totale de Larsen C ne contribuerait que pour quelques millimètres à l’élévation du niveau des mers.
Les scientifiques expliquent que la désintégration de la plus petite plate-forme glaciaire George VI provoquerait environ cinq fois plus d’élévation, soit environ 22 millimètres. Ces chiffres semblent très faibles, mais ils ne représentent qu’une partie de la hausse du niveau global qui est également favorisée par la fonte des glaciers ailleurs dans le monde, ainsi que celle des calottes glaciaires du Groenland, de l’Est et de l’Ouest de l’Antarctique. La fonte  cumulée des glaciers et des calottes glaciaires pourrait causer de graves problèmes aux nations insulaires et aux populations côtières.
Comme je l’ai écrit dans les articles précédents, les plates-formes glaciaires comme Larsen C et George VI jouent un rôle de barrage et ralentissent l’écoulement de la glace qui se trouve en amont. C’est pourquoi la compréhension de leur morphologie et de leur comportement est essentielle pour prévoir la perte de glace en Antarctique.
En 2002, la plate-forme Larsen B, voisine de Larsen C, s’était déjà désintégrée en quelques semaines après la rupture et le détachement d’un très gros iceberg. L’iceberg qui s’est détaché de Larsen C en 2017 mesurait 5 800 kilomètres carrés.
Bien qu’une désintégration totale de Larsen C soit inquiétante, la dernière étude montre que la désintégration de la plate-forme George VI aurait un impact beaucoup plus important sur l’écoulement de la glace intérieure vers la mer. L’effondrement de George VI déclencherait une élévation du niveau de la mer plus importante car les glaciers retenus par cette plate-forme sont nettement plus volumineux que ceux qui se trouvent derrière Larsen C.
Les prochaines analyses des plates-formes glaciaires en Antarctique permettront aux scientifiques d’estimer avec plus de précision les impacts du réchauffement climatique sur la perte de glace et leurs conséquences sur le niveau des mers à l’échelle de la planète. Au vu de la hausse des températures prévue pour le siècle à venir, la péninsule antarctique constituera un laboratoire idéal pour étudier les changements que subiront les plates-formes glaciaires.

Les bouleversements qui se produisent actuellement dans la péninsule antarctique constituent un signal d’alarme. Il faudra étudier le comportement des plates-formes glaciaires et de la banquise ailleurs sur le continent austral. De taille beaucoup plus importante, elles ont le potentiel de faire s’élever encore davantage le niveau de la mer dans le monde.
Sources: The Cryosphere, AntarcticGlaciers.org, British Antarctic Survey.

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In 2017, the Larsen C ice shelf in Antarctica disintegrated and released a huge iceberg larger than the French department Lozère whose area is 5167 square kilometres. Now, scientists have calculated the rise in seas that would result from the collapse of two of Antarctica’s most vulnerable ice shelves.

Much attention has been paid to the Larsen C ice shelf breakdown, but the latest research, published in the journal The Cryosphere, suggests the collapse of Larsen C will contribute just a few millimetres to global sea level rise.

Scientists determined the collapse of the smaller George VI ice shelf would trigger approximately five times the amount of sea level rise, about 22 millimetres. These numberslook very small but they are only one part of a larger sea-level rise including loss from other glaciers around the world and from the Greenland, East and West Antarctic ice sheets. Taken together, all the sources of glacier and ice sheet melting could be significant to island nations and coastal populations.

As I put it in previous posts, ice shelves like Larsen C and George VI act like dams and slow the flow of inland ice toward the coast. That’s why understanding their structural integrity is essential to forecasting the loss of Antarctic ice.

In 2002, Larsen C’s neighbour, the Larsen B ice shelf, disintegrated in a matter of weeks after a massive iceberg broke away. The iceberg that broke away from Larsen C in 2017 measured 5,800 square kilometres.

Though the breakdown of Larsen C is likely to be dramatic, the latest analysis shows the disintegration of George VI would have a greater impact on the flow of inland ice toward the sea. Indeed, the collapse of George VI would trigger greater sea level rise because the glaciers it backstops are significantly larger than those behind Larsen C.

Future analysis of Antarctica’s ice shelves can help scientists more accurately estimate the impacts of global warming on ice loss and the impacts of ice loss of global sea levels. In light of the increasing temperatures projected for the coming century, the Antarctic Peninsula provides an ideal laboratory to research changes in the integrity of floating ice shelves.

The dramatic changes taking place in the Antarctic Peninsula as a warning signal for the much larger ice sheet and ice shelf systems elsewhere in Antarctica with even greater potential for global sea-level rise.

Sources: The Cryosphere, AntarcticGlaciers.org, British Antarctic Survey.

Vue de la plate-forme George VI (Crédit photo: British Antarctic Survey)

Les Alpes continuent à s’effondrer // The Alps keep collapsing

Il ne fait aucun doute que c’est bien le réchauffement climatique qui est à l’origine de l’effondrement observé sur l’Arête des Cosmiques, à 3500 mètres d’altitude, dans le massif du Mont Blanc le 22 août 2018. 300 à 400 m3 de roches ont lâché prise et d’autres éboulements ne sont pas exclus d’ici l’automne. C’est l’une des courses les plus fréquentées dans le massif.

Une petite partie de la paroi, située 25 mètres en contrebas de l’arête, s’est effondrée à 11h06 le 22 août. Par bonheur, on ne déplore aucune victime, alors que des cordées d’alpinistes se trouvaient en amont et en aval de l’arête.

Très belle et relativement facile d’accès par le téléphérique de l’Aiguille du Midi, l’Arête des Cosmiques est l’une des courses les plus populaires dans le massif du Mont Blanc. On peut y croiser certains jours près une centaine d’alpinistes. Le refuge des Cosmiques n’est pas menacé, ni l’itinéraire qui mène au Mont Blanc, mais un itinéraire d’évitement de la zone dangereuse va être mis en place, pour éviter tout problème.
Suite à des canicules répétées en 2003, 2006, 2015, 2017 et 2018 mais aussi plusieurs autres étés très chauds, le permafrost de roche qui assure la stabilité des parois est en train de fondre et de provoquer de tels effondrements. Le « ciment de glace » qui assure depuis toujours la cohésion des blocs se dégrade, d’où des éboulements plus fréquents. Même si l’hiver dernier a été très enneigé, cette période plus froide n’a pas suffi pour recharger en glace.

Le réchauffement climatique est à l’origine de fréquents éboulements dans les Alpes depuis quelques années. On se souvient qu’en Suisse, il y a tout juste un an, le Piz Cengalo, à la frontière avec l’Italie, a déversé quelque 4 millions de mètres cubes de matériaux sur le petit village de Bondo. 8 randonneurs sont morts ensevelis. La montagne était connue pour son instabilité. Elle avait bougé de 30 centimètres au cours des 3 dernières années. Autre exemple : Pendant la nuit du 28 au 29 septembre 2017, près de 100 000 mètres cubes de roche se sont écroulés au pied de l’éperon Tournier, en Haute-Savoie.
Tous les glaciologues sont d’accord pour dire que ces épisodes de chutes de pierres vont se reproduire.  Ils seront peut-être moins fréquents mais potentiellement avec plus de volume. Le phénomène peut durer jusqu’à l’automne car la chaleur continue à pénétrer même s’il gèle en surface.Une variation infime de température peut avoir un impact très significatif sur la stabilité de parois rocheuses entières. L’alpinisme va devenir très compliqué dans certains couloirs ou certaines voies qui vont devenir impraticables à cause du danger.

 Source : Presse écrite régionale, France 3 Rhône-Alpes, site Haroun Tazieff

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There is no doubt that global warming that is the cause of the collapse observed on the Arête des Cosmiques, at 3500 metres above sea level, in the Mont Blanc Massif on August 22nd, 2018. 300 400 cubic metres of rock have been released and more landslides are not excluded until autumn.

A small part of the rock wall, 25 metres below the ridge, collapsed at 11:06 am on August 22nd. Fortunately, there are no casualties, although groups of mountaineers were upslope and downslope of the ridge.
Very beautiful and relatively easy to access by the cable car of the Aiguille du Midi, the Arête des Cosmiques is very popular in the Mont Blanc. On some days, one can see nearly a hundred mountaineers. The refuge of Cosmiques is not threatened, nor the route that leads to Mont Blanc, but an avoidance route of the dangerous zone will be set up, to avoid any problem.
Following repeated heat waves in 2003, 2006, 2015, 2017 and 2018 but also several other very hot summers, the permafrost that ensures the stability of the rock is melting and causing such collapses. The « ice cement » which has always ensured the cohesion of the blocks is degraded, resulting in more frequent landslides. Although last winter was very snowy, this colder period was not enough to reload the ice.
Global warming has led to frequent landslides in the Alps in recent years. We remember that in Switzerland, just a year ago, Piz Cengalo, on the border with Italy, dumped some 4 million cubic meters of materials on the small village of Bondo. 8 hikers died buried. The mountain was known for its instability. She had moved 30 centimeters in the last 3 years. Another example: During the night of September 28 to 29, 2017, nearly 100,000 cubic meters of rock collapsed at the foot of the spur Tournier, in Haute-Savoie.
All glaciologists agree that these episodes of falling rocks will happen again. They may be less frequent but potentially with more volume. The phenomenon can last until autumn because the heat continues to penetrate even if it freezes on the surface. A small variation of temperature can have a very significant impact on the stability of whole rock walls. Mountaineering will become very complicated in some corridors or pathways that will become impassable due to danger.

Source: Local written press, France 3 Rhône-Alpes, Haroun Tazieff website.

Aiguille du Midi et Eperon des Cosmiques (Crédit photo: Wikipedia)