2017 encore trop chaude ! // Still too hot in 2017 !

Les chiffres officiels n’ont pas été communiqués, mais les données fournies par le NCEP (National Center for Environmental Prediction) et le NCAR (National Center for Atmospheric Research) permettent d’ores et déjà d’affirmer que l’année 2017 a été la deuxième plus chaude de l’histoire. Avec 14,7°C, soit 0,51°C de plus que la moyenne 1981-2010, l’année 2017 se classe derrière le record de 2016 et devant 2015, sans l’aide d’El Niño cette fois.

Les annonces officielles par des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office seront faites, en principe, dans quelques jours, vers le milieu du mois de janvier. Quoi qu’il en soit, la température de notre planète continue à monter. L’objectif de la limiter à 1,5°C sera atteint avant le milieu du siècle, selon un rapport de l’ONU. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évoque les années 2040.

Si la hausse de la température globale de la planète se limitait à 1,5°C par rapport à l’époque pré-industrielle – seuil  prévu par la COP 21 de 2015 – les phénomènes extrêmes comme les canicules, les fortes inondations, les sécheresses, et donc les tensions migratoires et conflictuelles qui vont avec, seraient limités. Banquise et corail ne seraient toutefois pas protégés avec une telle élévation du thermomètre.

Il est utile de rappeler ici qu’il ne faut pas confondre les mots « climat » et météo ». Le premier fait référence à l’ensemble de la planète, tandis que le second attire l’attention sur des phénomènes locaux. La température globale de la Terre continue à augmenter en dépit des la vague de froid enregistrée en Amérique du Nord et de la canicule observée au même moment en Australie.

Donald Trump a fait le choix de retirer son pays de l’Accord de Paris, avant de laisser entendre qu’il pourrait y revenir, à condition que l’accord ne nuise pas aux intérêts économiques des Etats Unis. Pendant son dernier voyage en Chine, Emmanuel Macron, a essayé d’obtenir un plus grand engagement de la Chine contre le réchauffement climatique dans le cadre d’une «année franco-chinoise de la transition écologique» en 2018-2019. Pas sûr que ces belles promesses suffisent à réduire l’élévation des températures.

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Official figures have not been released yet, but data provided by the National Center for Environmental Prediction (NCEP) and the National Center for Atmospheric Research (NCAR) already indicate that 2017 was the second warmest year in history. At 14.7°C, 0.51°C above the 1981-2010 average, 2017 is just behind the record of 2016 and before 2015, without the help of El Niño this time.
Official announcements by agencies like NASA, NOAA and the Met Office will probably be made in a few days, around the middle of January. Anyway, the temperature of our planet continues to rise. The goal of limiting it to 1.5°C will be achieved by mid-century, according to a UN report. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) refers to the 2040s.
If the increase in the global temperature of the planet was limited to 1.5°C compared to the pre-industrial era – threshold envisaged by the COP 21 of 2015 – extreme phenomena like the heat waves, the devastating floods and droughts, and therefore the migratory and conflicting tensions that come with them, would be limited. Ice and coral, however, would not be protected with such a rise in the thermometer.
It is worth remembering here that we should not confuse the words « climate » and “weather”. The first refers to the whole planet, while the second draws attention to local phenomena. The global temperature of the Earth continues to increase despite the cold wave recorded in North America and the heat wave observed at the same time in Australia.
Donald Trump has chosen to withdraw his country from the Paris Agreement, before hinting that he could return, provided that the agreement does not harm the economic interests of the United States. During his last trip to China, Emmanuel Macron, tried to obtain a greater commitment of China against global warming through a « French-Chinese year of ecological transition » in 2018-2019. Not sure that these nice promises will be enough to reduce the rise in temperatures.

(Photo: C. Grandpey)

Les glaciers continueront à fondre en 2018. Il y a toutefois un signe encourageant: Aavec les très fortes chutes de neige de cet hiver, on peut penser que la zone d’accumulation – qui s’est élevée autour de 3000 mètres d’altitude – va quelque peu se régénérer. Cela suppose toutefois que le prochain été ne soit pas trop chaud et ne fasse pas disparaître cette neige trop vite. La partie est loin d’être gagnée.

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Glaciers will keep melting in 2018. However, there is a positive sign: With the heavy snowfall this winter, we can think that the accumulation zone – which now lies around 3000 meters a.s.l. – will somewhat regenerate. This assumes however that the next summer will not be too hot and will not cause the quick disappearance of this snow. The game is far from won.

Des carottes de glace précieuses // Precious ice cores

Aujourd’hui, les glaciers sont de plus en plus utilisés pour étudier le passé de la Terre et plus particulièrement les différents changements climatiques survenus au cours du temps. Ils peuvent aussi aider à dater des éruptions volcaniques.
Les glaciers se forment lorsque la neige s’accumule régulièrement sur les hautes pentes des montagnes. Comme il fait très froid au-dessus de 3000 mètres d’altitude, la neige ne fond pas. Lentement, le poids des nouvelles couches déforme les cristaux qui se trouvent en dessous. Avec la compression, ces cristaux deviennent une couche de glace dense et dure qui finit par donner naissance à un glacier, avec une glace de plus en plus vieille au fur et à mesure que l’on s’enfonce.
Les glaciers jouent le rôle d’enregistreurs du climat. Quand une nouvelle couche se forme, de minuscules bulles d’air sont emprisonnées à l’intérieur. En analysant cet air piégé, les scientifiques peuvent déterminer la quantité de gaz à effet de serre contenue dans l’atmosphère au moment de la première solidification de la glace. Comme je l’ai écrit plus haut, cette glace peut également piéger les cendres volcaniques, ce qui permet de savoir quand a eu lieu une éruption dans des temps reculés. La glace permet également de connaître la force des vents préhistoriques et les températures globales de la Terre il y a des millénaires.
Les carottes contenant ces informations précieuses sont récoltées par forage. À l’aide de foreuses mécaniques ou thermiques, les glaciologues peuvent extraire des coupes verticales d’un glacier. Les carottes les plus courtes mesurent habituellement une centaine de mètres de longueur, mais des carottes de plus de trois kilomètres ont également été prélevées. Pendant le processus d’extraction, une carotte est partagée en morceaux plus petits qui sont ensuite placés dans des cylindres métalliques et stockés dans des laboratoires réfrigérés.
Ce qui est pratique avec les glaciers, c’est qu’ils sont constitués de couches annuelles. En les comptant, les scientifiques peuvent avoir une bonne idée de l’âge d’un segment de carotte de glace. Une autre technique est la datation radiométrique qui utilise la variation de la proportion de radioisotopes dans certains corps.
Pour avoir une vision globale de notre planète, les glaciologues essaient de collecter des carottes de glace provenant de différents glaciers sur différents continents. Cependant, l’Australie n’est pas concernée car il n’y a pas de glaciers là-bas. Malgré cela, la plupart des carottes de glace ont été prélevées jusqu’à présent au Groenland ou en Antarctique. À la mi-décembre, les glaciologues ont annoncé qu’ils avaient à leur disposition une carotte d’une grande importance historique qui a été retirée du plateau tibétain.
Cette carotte de glace a été extraite par des chercheurs de l’Ohio State University lors d’une expédition conjointe de scientifiques du Byrd Polar and Climate Research Centre (BPCRC) et  du Chinese Institute of Tibetan Plateau Research. Leur mission a débuté en septembre et octobre 2015, lorsque le groupe international s’est rendu sur la calotte glaciaire de Guliya dans les montagnes de Kunlun, dans l’ouest du Tibet. Ils ont acheminé 5,4 tonnes d’équipement qui avaient été transportées par avion depuis les États-Unis.
Le but de la mission était d’extraire de nouvelles carottes de glace pour améliorer notre connaissance de l’histoire glaciaire du Tibet occidental. Plus de 1,4 milliard de personnes tirent leur eau potable des 46 000 glaciers qui se trouvent sur le plateau tibétain. Le changement climatique a mis en péril la stabilité à long terme de la région. Selon un rapport publié en 2012 dans la revue Nature, la plupart des glaciers du Tibet ont reculé au cours des 30 dernières années (voir les articles précédents sur ce blog). La fonte des glaces des hauts plateaux tibétains est considérée comme un facteur important de l’élévation du niveau de la mer dans le monde.
Au total, l’équipe de glaciologues a extrait cinq carottes de Guliya. La plus longue mesure plus de 300 mètres ! Les couches de glace les plus profondes se sont formées il y a environ 600 000 ans. C’est la date la plus ancienne pour une carotte de glace prélevée ailleurs qu’au Groenland et en Antarctique. Toutefois, par rapport à d’autres carottes, l’âge de la glace tibétaine n’est pas extraordinaire. Une glace de 2,7 millions d’années a été extraite en Antarctique en 2015.
En étudiant les carottes prélevées dans différentes parties du monde, les scientifiques peuvent déterminer si les tendances météorologiques au cours de l’Histoire étaient universelles ou simplement régionales. Au début des années 2010, par exemple, les scientifiques ont comparé des spécimens de glace du Tibet et d’Europe. Les données ont montré que pendant que l’Europe connaissait une période chaude à l’époque médiévale, l’Asie centrale y échappait. Les scientifiques chinois et américains soumettront les nouvelles carottes à des analyses chimiques poussées au cours des prochains mois.

Voici une vidéo qui illustre la mission au Tibet:
https://youtu.be/UcwSonWRVlE

Source: Byrd Polar et Climate Research Centre – Université d’État de l’Ohio.
https://bpcrc.osu.edu/

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Today, glaciers are more and more used to study the Earth’s past and more particularly the different climate changes that occurred through the ages. Glaciers can also help us date volcanic eruptions.

Glaciers form when snow is steadily accumulating on the upper slopes of the mountains. As it is very cold above 3000 metres above sea level, the snow does not melt. Slowly, the weight of new layers deforms the snow crystals below them. The compression fuses old, buried snowflakes together until they become a dense, rock-hard sheet of ice. Eventually, that becomes a glacier, with the older ice sitting at the bottom.

Glacial ice is a kind of annual record book. While a new layer forms, tiny bubbles of air get trapped inside. By analyzing that trapped air, scientists can determine how much greenhouse gas was in the atmosphere back when a given ice chunk first solidified. As I put it above, hardening glacial ice can also trap volcanic ash, which lets us know when an ancient eruption must have taken place. Other elements extrapolated from the ice include the strength of prehistoric winds and the global temperatures of ancient periods of the Earth.

The precious information is harvested via drilling. With the help of mechanical or thermal drills, a research team can extract vertical cross-sections from a glacier. These are called « ice cores. » The shortest are usually around100 metres long, but cores stretching more than three kilometres have also been collected. During the extraction process, a core is broken up into smaller pieces, which are then placed into metal cylinders and stored in chilled laboratories.

A convenient feature of glaciers is the fact that they are made up of annual layers. By counting these, scientists can get a good idea of how old an ice core segment is. Another technique is radiometric dating.

To get a global view of our planet, glaciologists try to collect ice cores from different glaciers on different continents. However, Australia is not concerned as there are no glaciers down there. Despite this, most of the ice cores recovered so far were drilled in either Greenland or Antarctica. In mid-December, however, scientists announced they had an ice core of huge historical importance that was removed from the Tibetan Plateau.

The ice core was extracted by glaciologists of The Ohio State University during a joint expedition by scientists from the school’s Byrd Polar and Climate Research Center (BPCRC) and the Chinese Institute of Tibetan Plateau Research. Their mission began in September and October 2015, when the international party made its way to the Guliya Ice Cap in Tibet’s western Kunlun Mountains. They carried along 5.4 metric tons of equipment that was flown over from the U.S.

The aim of the mission was to drill new ice cores to enhance our knowledge of west Tibet’s glacial history. More than 1.4 billion people get their fresh water from the 46,000 glaciers that stand on the Tibetan Plateau. Climate change has put the area’s long-term stability in question. According to a 2012 report published in the journal Nature, most of the glaciers in Tibet have shrunk over the past 30 years (see previous posts on this blog). Melting ice from Tibet’s highlands has been cited as a large contributor to the rise of global sea levels.

Altogether, the international team of glaciologists pulled five ice cores out of Guliya. The longest among them was more than 300 metres long!. The lowest layers were formed around 600,000 years ago. That’s the oldest date ever represented in an ice core that was found outside of Earth’s two polar continents. Compared to other cores, though, the age of the Tibetan ice is not that old. Some 2.7 million year-old glacial ice was extracted from an Antarctic core in 2015.

By consulting the cores found in different parts of the world, scientists can figure out if historic weather trends were universal or just regional. In the early 2010s, for example, scientists compared specimens from Tibet and Europe. The data showed that while the latter continent saw a temporary warm period in medieval times, central Asia most likely didn’t. Chinese and American scientists will be putting these newfound cores through an intensive chemical analysis over the next few months.

Here is a video that illustrates the mission in Tibet:

https://youtu.be/UcwSonWRVlE

Source: Byrd Polar and Climate Research Center – The Ohio State University.

https://bpcrc.osu.edu/

La glace du Groenland donne des indications précieuses sur le climat de notre planète (Photo: C. Grandpey)

De plus en plus de neige sur le Denali (Alaska) // More and more snow on Denali (Alaska)

Même si l’hiver actuel semble plus froid que les précédents, avec d’importantes chutes de neige sur les montagnes françaises, cela ne signifie pas que le réchauffement climatique soit en régression. Il ne faudrait pas oublier que pour avoir de la neige, il faut de l’humidité et un temps pas trop froid.

Plus de neige ne signifie pas forcément plus de glace pour les glaciers, surtout si le soleil estival la fait fondre, comme c’est le cas ces dernières années.
Une équipe de chercheurs américains a publié dans Nature Scientific Reports des données scientifiques qui montrent que même si l’Alaska a connu une hausse des températures extrêmement rapide ces dernières années, les chutes de neige dans le Parc National du Denali ont augmenté de façon spectaculaire. [Le Denali (anciennement Mont McKinley) est le plus haut sommet d’Amérique du Nord, avec une altitude de 6190 m.]

Les chercheurs ont foré la neige pour extraire des carottes de glace qui ont fourni un historique des chutes de neige remontant à plus de 1 000 ans et ils ont constaté une nette augmentation des chutes de neige au cours des 150 dernières années.
Les carottes de glace ont révélé une très forte augmentation de la couche de neige à partir de l’époque de la révolution industrielle au 19ème siècle, lorsque les hommes ont commencé à utiliser des combustibles fossiles pour produire de l’énergie en grande quantité. Au fil du temps, la quantité de neige tombée a plus que doublé.
La couche de neige fraîche avant la révolution industrielle atteignait en moyenne 2,40 mètres par an sur le site où les carottes ont été extraites. La montagne reçoit aujourd’hui plus de 5 mètres de neige fraîche. Avec le changement climatique, on assiste à une augmentation des précipitations car l’atmosphère plus chaude contient plus de vapeur d’eau. Malgré cela, les chercheurs ne s’attendaient pas à une telle augmentation de la couche de neige. Ils attribuent une partie de cette augmentation à la capacité de l’atmosphère à retenir plus de vapeur d’eau, mais aussi au fait que le réchauffement de l’Océan Pacifique tropical a modifié les tendances atmosphériques, avec plus de tempêtes en Alaska.
En dépit de toute cette neige, les glaciers de l’Alaska reculent rapidement à basse altitude, même s’ils sont alimentés par de gros volumes de neige dans les zones d’accumulation à haute altitude où il y a peu de fonte. [NDLR : Cette zone d’accumulation en France se situe désormais au-dessus de 3000 mètres d’altitude.]
Il y a deux ans, les scientifiques ont signalé que les glaciers de l’Alaska perdaient chaque année 75 milliards de tonnes de glace. Ce sont ceux qui fondent le plus vite dans le monde. Le phénomène est entièrement dû au réchauffement estival, malgré le fait que les chutes de neige aient doublé. [Note personnelle: Les glaciologues français ont récemment présenté la même explication de la fonte des glaciers dans les Alpes.]
Les changements intervenus dans la couche de neige et présentés dans la nouvelle étude font partie d’un ensemble de changements beaucoup plus important intervenu dans le système hydrologique de l’Arctique. En particulier, la fonte des glaciers et du manteau neigeux entraîne des déversements d’eau importants vers la mer. La nouvelle étude souligne que même si notre planète connaît un réchauffement moyen de 1 degré Celsius ou plus, certaines régions peuvent connaître des changements beaucoup plus importants.
Source: The Washington Post et The Anchorage Daily News.

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Even though the current winter looks colder with significant snowfall on the French mountains, this does not mean global warming is declining. To have snow, you need both humidity and not too cold temperatures.

More snow does not necessarily means more ice on the glaciers, above all if the summer sun melts it, as happened during the past years.

In Alaska, a team of U.S. scientists published in Nature Scientific Reports data suggesting that even as the state of Alaska has warmed up extremely rapidly in recent years, snowfall in the Denali National Park has increased dramatically during the era of human-driven global warming. Denali (formerly known as Mount McKinley) is the highest mountain peak in North America, with a summit elevation of 6,190 m.

The researchers drilled into the snow to extract cores of ice that provided a historical record of snowfall patterns going back more than 1,000 years, and found a marked snowfall increase over the past 150 years or so.

The ice cores showed an enormous increase in the rates of snowfall beginning around the Industrial Revolution in the 19th century, when humans began burning fossil fuels to produce energy in large quantities. The increase over time represented more than a doubling in the amount of snow.

Snowfall before the Industrial Revolution averaged about 2.40 metres of fresh snow a year at the site where the cores were extracted, and now the mountain gets over 5 metres of fresh snow. Climate change increases the volume of precipitation, because a warmer atmosphere holds more water vapour. However, it is not supposed to increase it so much. The researchers attribute part of the snowfall increase to the atmosphere retaining more water vapour, but also say that the warming up of the tropical Pacific Ocean changed atmospheric patterns, leading more storms to track across Alaska.

Despite all of this, Alaska’s glaciers are still widely retreating at lower altitudes, even though they are being fed with heavy volumes of snow at high altitudes, where there is little melt.

Two years ago, scientists reported that Alaska’s glaciers were losing 75 billion tons of ice annually. The Alaska glaciers are the fastest-melting in the world. The phenomenon is all driven by the summertime warming, despite the fact that snowfall has doubled. [Personal note: French glaciologists recently set forth the same explanation for glacier melting in the Alps.]

The snowfall changes documented in the new study are just part of a much larger set of changes to the Arctic’s hydrological system, which include earlier spring melting of mountain glaciers and snowpack, leading to large river discharges to the sea. The new study highlights that even as the globe overall experiences a slow, average warming of 1 or more degrees Celsius, certain areas can see drastically bigger changes.

Source: The Washington Post & The Anchorage Daily News.

Vues du Denali (Photos: C. Grandpey)

Fonte des glaciers: Bénédiction et malédiction au Pérou // Glacier melting : A blessing and a curse in Peru

Au cours de mes conférences, je prends souvent l’exemple du Pérou pour illustrer les craintes suscitées par la fonte des glaciers dans les Andes. En effet, si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau potable pour la population, pour  produire de l’électricité ou pour irriguer les cultures. En fin de compte, les gens devront déménager et aller vivre dans les villes.
Malgré tout, il y a encore quelques endroits au Pérou où le désert prospère grâce à l’eau fournie par la fonte des glaciers. Les champs regorgent de cultures. L’électricité et l’eau arrivent dans des villages qui n’en avaient jamais eu. Les agriculteurs sont venus des montagnes dans l’espoir de trouver une vie prospère grâce à ces terres irriguées. Tout cela pourrait ressembler à un projet agricole parfait, mais il y a un hic: S’il y a tant d’eau dans cette zone désertique c’est parce que les glaciers fondent sur les montagnes de la Cordillère des Andes, et la manne sera probablement de courte durée.
Dans ces rares endroits du Pérou où le changement climatique est actuellement une bénédiction, il est en passe de devenir une malédiction. Au cours des dernières décennies, l’accélération de la fonte des glaciers dans les Andes a permis une ruée vers l’or en aval, avec l’irrigation et à la mise en valeur de plus de 400 kilomètres carrés de terres depuis les années 1980. Pourtant, cette situation idéale ne sera que temporaire. La quantité d’eau diminue déjà à mesure que les glaciers disparaissent, et les scientifiques estiment que d’ici 2050, une grande partie de la calotte glaciaire andine ne sera plus qu’un souvenir.
Tout au long du 20ème siècle, d’énormes projets de développement mis en place par les gouvernements, de l’Australie à l’Afrique, ont détourné l’eau vers les terres arides. Ainsi, une grande partie de la Californie du Sud était une zone sèche jusqu’à ce que les canaux apportent de l’eau, provoquant spéculations et mise en valeur des terres, une période connue sous le nom de «Water Wars» et qui apparut dans le film Chinatown en 1974.
Le changement climatique menace aujourd’hui certaines de ces entreprises ambitieuses, en réduisant la surface des lacs, en diminuant les nappes phréatiques et en faisant reculer les glaciers qui alimentent les cultures. Au Pérou, le gouvernement a irrigué le désert le long de la côte septentrionale du Pérou et l’a transformé en terres agricoles grâce au projet d’irrigation Chavimochic de 825 millions de dollars qui, dans quelques décennies, pourrait être sérieusement menacé.
De nos jours, la diminution de l’alimentation l’eau est une menace pour le Pérou. Alors que plus de la moitié du pays se trouve dans le bassin humide de l’Amazone, peu de ses habitants s’y sont installés. La plupart d’entre eux habitent la côte nord sèche et protégée de la pluie par la Cordillère des Andes. Alors que la région comprend la capitale, Lima, et 60% des Péruviens, elle ne détient que 2% de l’approvisionnement en eau du pays.
Les glaciers représentent la source d’eau principale pour une grande partie de la côte du Pérou pendant la saison sèche qui s’étend de mai à septembre. Les glaciers de la Cordillère Blanche, qui ont pendant longtemps alimenté en eau le projet d’irrigation Chavimochic, ont diminué de 40% depuis 1970 et reculent à un rythme de plus en plus rapide, à raison d’environ 10 mètres par an. La température au niveau des glaciers a augmenté de 0,5 à 0,8 degré Celsius entre les années 1970 et le début des années 2000, ce qui a fait doubler le recul des glaciers au cours de cette période.
Le recul des glaciers a mis à jour des métaux lourds, comme le plomb et le cadmium, qui sont restés sous la glace pendant des milliers d’années. Ils s’évacuent maintenant dans les nappes souterraines, colorient des ruisseaux entiers en rouge, tuent le bétail, anéantissent les récoltes et rendent l’eau impropre à la consommation.
La température a fortement augmenté dans la région et provoqué d’étranges changements dans les cycles de culture. Au cours de la dernière décennie, le maïs – qui, depuis la période précoloniale, n’était cultivé qu’une fois par an dans les montagnes – peut maintenant être récolté en deux cycles, parfois trois. Les agriculteurs disent que ce serait une aubaine s’il n’y avait pas tous les parasites qui pullulent maintenant à cause de l’air plus chaud.
Source: The New York Times.

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During my conferences, I usually take the example of Peru to illustrate the dangerous consequences of glaciers melting in the Andes. Indeed, if glaciers disappear, there will be no more water to drink, to produce electricity or to irrigate the cultures. In the end, people will have to move away and live in cities.

There are still a few places in Peru where the desert is still blooming thanks to the water provided by the melting glaciers. Fields are full of cultures. Electricity and water have come to villages that long had neither. Farmers have moved here from the mountains, seeking new futures on all the irrigated land. It might sound like a perfect development plan, except for one catch: The reason so much water flows through this desert is that an icecap high up in the mountains is melting away. And the bonanza may not last much longer.

In these places of Peru, climate change has been a blessing, but it may become a curse. In recent decades, accelerating glacial melt in the Andes has enabled a gold rush downstream, contributing to the irrigation and cultivation of more than 400 square kilometres of land since the 1980s. Yet the boon is temporary. The flow of water is already declining as the glacier vanishes, and scientists estimate that by 2050 much of the icecap will be gone.

Throughout the 20th century, enormous government development projects, from Australia to Africa, have diverted water to arid land. Much of Southern California was dry scrubland until canals brought water, inciting a storm of land speculation and growth, a time known as the “Water Wars” depicted in the 1974 film “Chinatown.”

Yet climate change now threatens some of these ambitious undertakings, reducing lakes, diminishing aquifers and shrinking glaciers that feed crops. In Peru, the government irrigated the desert and turned it into farmland through the  825-dollar million Chavimochic irrigation project that, in a few decades, could be under serious threat.

Now dwindling water is the threat to Peru. While more than half of Peru sits in the wet Amazon basin, few of its people ever settled there. Most inhabit the dry northern coast, cut off from most rain by the Andes range. While the region includes the capital, Lima, and 60 percent of Peruvians, it holds only 2 percent of the country’s water supply.

The glaciers are the source of water for much of the coast during Peru’s dry season, which extends from May to September. But the icecap of the Cordillera Blanca, long a supply of water for the Chavimochic irrigation project, has shrunk by 40 percent since 1970 and is retreating at an ever-faster rate. It is currently receding by about 10 metres a year. The temperature at the site of the glaciers rose 0.5 to 0.8 degrees Celsius from the 1970s to the early 2000s, causing the glaciers to double the pace of their retreat in that period

The retreat of the icecap has exposed tracts of heavy metals, like lead and cadmium, that were locked under the glaciers for thousands of years. They are now leaking into the ground water supply, turning entire streams red, killing livestock and crops, and making the water undrinkable.

Temperatures in this area have risen sharply, leading to strange changes in crop cycles. Over the past decade, corn — which since precolonial times was grown only once a year in the mountains — can now be harvested in two cycles, sometimes three. Farmers say that would be a godsend if it were not for all the pests that now thrive in the warmer air.

Source : The New York Times.

Vue de la Cordillère Blanche dont les glaciers alimentent certaines zones arides du nord du Pérou (Source: Google Maps)