Impact de l’éruption du Samalas (1257) revu à la baisse // Impact of the 1257 Samalas eruption downgraded

drapeau-francaisDans plusieurs notes publiées le 12 juin et le 12 août 2012, et le 2 octobre 2013, j’ai expliqué que le mystère de la plus grande éruption volcanique des 3 700 dernières années avait peut-être été résolu. L’origine de cet événement qui avait envoyé de la cendre partout dans le monde est longtemps restée inconnue, jusqu’en 2003 quand une équipe de chercheurs conduite par le Français Franck Lavigne (que je salue ici) l’a localisée sur le volcan Samalas, sur l’île de Lombok en Indonésie. Les chercheurs ont situé l’éruption entre mai et octobre 1257. Les résultats ont été publiés dans The Proceedings of the NationalAcademy of Sciences  Une théorie très répandue en climatologie sur l’impact de l’éruption du Samalas prétend que cet événement a pu causer une vague de froid anormale (l’année suivante est souvent décrite comme étant comme « l’année sans été « ), avec des récoltes détruites, la famine et des soulèvements de populations en Europe après 1257.
En janvier 2017, un article intitulé «Conséquences climatiques de l’éruption volcanique du Samalas en 1257» a été publié dans la revue scientifique britannique Nature Geoscience. L’équipe de rédaction comprenait des scientifiques de Suisse, de Russie, de France, de Grande-Bretagne, des États-Unis, de Chine et du Canada.
L’article rappelle que dans le monde scientifique, l’hypothèse la plus répandue est que l’éruption du Samalas en 1257 a été la cause du Petit Age Glaciaire et d’une crise sociale de plus d’un siècle en Europe. En s’appuyant  sur l’analyse de sources fiables, la dernière publication réfute cette hypothèse. L’équipe internationale de scientifiques base ses affirmations sur les archives de plusieurs villes européennes (Speyer, Worms, entre autres) et de Sibérie ; elle prend aussi en compte des documents concernant les récoltes, ainsi que des données climatiques révélées par les cernes sur les troncs d’arbres. L’analyse de ces données a révélé que l’impact de l’éruption du Samalas sur le climat européen et le fort refroidissement qui a suivi l’année 1257 ont été grandement exagérés du fait de l’hétérogénéité du changement climatique en fonction des sites de répartition des retombées de cendre. Selon un chercheur russe, l’Europe occidentale, la Sibérie et le Japon ont connu le plus fort refroidissement, alors que dans le même temps on observait des conditions plus chaudes que la normale en Alaska et dans le Nord du Canada. Les chercheurs pensent qu’en Amérique du Nord, les effets de l’éruption ont été tempérés par l’influence du phénomène El Niño. Les données historiques confirment une grave famine en Angleterre et au Japon, mais elle avait déjà commencé avant l’éruption. L’équipe scientifique est persuadée que l’éruption du Samalas n’a fait qu’aggraver une crise existante, sans en être la cause.
Source: Université Fédérale de Sibérie.

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drapeau-anglaisIn several posts released on June 12th and August 12th 2012, and October 2nd 2013, I explained that the mystery of the largest volcanic eruption in the last 3,700 years had perhaps been solved. The source of this eruption that scattered ash all around the globe was pinpointed as Samalas volcano on Indonesia’s Lombok Island. A research team, led by French researcher Franck Lavigne dated the event to between May and October 1257. The findings were published the Proceedings of the NationalAcademy of Sciences.

One of the existing scientific theories in climatology over the impact of the eruption of Samalas volcano on global climatic conditions in the 13th century says that this event may be the cause of the abnormal cold weather (chronicles describe the following year as the « year without a summer »), widespread crop failure, famine, and social upheavals in Europe after 1257.

In January 2017 a paper under the title « Climate response to the Samalas volcanic eruption in 1257 » was published in the British scientific journal Nature Geoscience. The international writing team includes scientists from Switzerland, Russia, France, Britain, the United States, China and Canada.

In the scientific world, the leading hypothesis is that the eruption of the volcano Samalas in 1257 was the cause of the Little Ice Age, and more than a hundred years of social crisis in Europe. Based on the analysis of reliable sources the paper refutes this hypothesis. The international team of scientists base their studies on the chronicles of European cities (Speyer, Worms and others) and Siberia, chronicles of harvests and climate data of the annual rings of trees. During the interdisciplinary analysis of data sources, it was found that the impact of the eruption of Samalas volcano on the European climate and the severe cooling after 1257 was greatly exaggerated as the heterogeneity of climate change occurs in the places of distribution of volcanic sediments. According to a Russian researcher, Western Europe, Siberia and Japan experienced the strongest cooling, which coincided with warmer than normal conditions in Alaska and Northern Canada. It is assumed that in North America volcanic radiation was modeled on the positive vibrations of the warm phase of the El Niño. Historical data confirm a severe famine in England and Japan, but it had started before the eruption. The scientific team believes that the eruption of Samalas only aggravated an existing crisis but it was not the cause.

Source: Siberian Federal University.

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Caldeira de Segara Anak (Fils de la Mer) créée par l’éruption de 1257.

(Source : Wikipedia)

Fuego (Guatemala): Intensification de l’activité // Increase in activity

drapeau-francaisDans un bulletin spécial émis le 25 février 2017, l’INSIVUMEH indique que l’activité du Fuego se poursuit de manière intense avec des explosions modérées mais constantes qui génèrent des panaches de cendre jusqu’à 5 km d’altitude. Des retombées de cendre sont signalées dans les zones sous le vent près d’Alotenango et de San Vicente Pacaya.
Les explosions éjectent des matériaux incandescents jusqu’à 300 mètres de hauteur et jusqu’à 500 mètres du cratère.
L’activité actuelle alimente deux coulées de lave. L’une se dirige vers la ravine Santa Teresa et l’autre vers la ravine Las Lajas.
Comme il existe un risque de coulées pyroclastiques, l’INSIVUMEH déconseille fortement de rester dans ou près des principales vallées
À 09h45 (TU) le 25 février, le VAAC de Washington indiquait que les images satellites montraient un nuage de cendre de 5.8 km d’altitude s’étirant sur 130 km au NE du sommet, et un autre de 1,5 km de hauteur s’étirant sur 139 km vers le SSO.

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drapeau-anglaisIn a special bulletin released on February 25th 2017, INSIVUMEH indicates that activity at Fuego volcano continues with constant moderate explosions ejecting ash plumes up to 5 km a.s.l. Ashfall has been reported in downwind areas near Alotenango and San Vicente Pacaya.

Explosions eject incandescent material as high as 300 metres and as far as 500 metres from the crater.

The current activity is feeding two lava flows. One is travelling towards the Santa Teresa drainage and the second towards Las Lajas drainage.

As there is a risk of pyroclastic flows, INSIVUMEH indicates it is not advised to stay in or near the main canyons

At 09:45 UTC on February 25th, the Washington VAAC reported satellite imagery showed one volcanic ash cloud up to 5.8 km a.s.l., extending 130 km NE of the summit, and another 1.5 km high extending 139 km to the SSW.

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Evolution de l’activité sismique (Source: INSIVUMEH)

Popocatepetl (Mexique)

drapeau-francaisCela fait pas mal de temps que je n’ai pas donné de nouvelles du Popocatepetl pour une simple raison: l’activité est relativement calme en ce moment et on n’enregistre pas d’événements vraiment significatifs. Le volcan se contente d’émettre des panaches (baptisés « exhalations » par le CENAPRED) de vapeur d’eau et de gaz, à raison de 100-150 panaches par jour en moyenne. S’agissant de la sismicité, on enregistre quelques événements volcano-tectoniques isolés (voir schéma ci-dessous). On observe ponctuellement une faible incandescence au niveau du cratère pendant la nuit.

Malgré ce calme apparent, le CENAPRED rappelle que l’approche de la zone sommitale doit être évitée car des explosions avec projections de matériaux peuvent se produire à tout moment.

Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, Phase 2.

Source : CENAPRED.

La dernière activité intense du Popocateptl s’est produite en 2016, au mois d’avril et au cours du deuxième semestre, en particulier à la fin du mois de novembre. Comme je l’ai signé à l’époque, le 25 novembre une explosion a généré un panache qui est monté à 5 km au-dessus du cratère avec des retombées de cendre dans les zones sous le vent. Cette activité s’est poursuivie pendant plusieurs jours. Des projections incandescents sont montées à 300-800 mètres au-dessus du volcan et ont arrosé principalement le flanc NE. L’aéroport de Puebla a dû être fermé pendant plusieurs heures à cause de la cendre.

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drapeau-anglaisIt’s been quite a while since I have not given news of Popocatepetl. Indeed, activity is relatively low at the moment and there are no really significant events. The volcano only emits plumes (called « exhalations » by CENAPRED) of steam and gas, with an average of 100-150 plumes per day. With regard to seismicity, some isolated volcano-tectonic events are recorded (see diagram below). Slight incandescence above the crater during the night is occasionally observed.
Despite this apparent calm, CENAPRED recalls that all approach to the summit zone should be avoided because explosions with projections of materials can occur at any time.
The alert level is maintained at Yellow, Phase 2.

Source: CENAPRED.
Popocateptl’s last intense activity occurred in 2016, in April and in the second half of the year, particularly at the end of November. I mentioned an explosion on 25 November that generated a plume that rose 5 km above the crater with ashfall in the downwind areas. This activity continued for several days. Incandescent projections rose 300-800 meters above the volcano and fell mainly the NE flank. Puebla airport had to be closed for several hours because of the ash.

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Bilan de l’activité du Popocatepetl le 22 février 2017.

(Source: CENAPRED)

 

L’éruption du Piton de la Fournaise payante, c’est pour bientôt ! // You will soon have to pay to see an eruption of the Piton de la Fournaise

drapeau-francaisL’éruption du Piton de la Fournaise qui a commencé le 31 janvier continue au moment où j’écris ces lignes. Dès la sortie de la lave, le Préfet a mis en place le niveau d’alerte 2-2, de sorte que « l’accès du public à l’Enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan sont interdits jusqu’à nouvel avis. »

Cela pourrait changer sous peu. On peut lire dans le Journal de l’Ile qu’une cinquantaine d’accompagnateurs en montagne vont entamer une formation dans le but de conduire des groupes dans l’Enclos pendant les éruptions. Le dispositif pourrait être opérationnel dès le mois d’avril….à condition que l’éruption n’ait pas cessé d’ici là ! Malheureusement, il faudra mettre la main au portefeuille….

Les dernières éruptions du Piton ont fait naître des protestations. En particulier, les Réunionnais sont furieux de ne pas pouvoir se rendre auprès des coulées de lave de LEUR volcan, tandis que des touristes fortunés peuvent se payer des survols en hélicoptère. C’est vous mettre l’eau à la bouche sans pouvoir profiter du festin !

Entre tout interdire et tout ouvrir, le Préfet a donc adopté une solution intermédiaire en annonçant début 2016 le lancement d’une formation pour les accompagnateurs en montagne afin de conduire le public au plus près de l’éruption tout en respectant les mesures de sécurité. Le programme de formation comprend la gestion d’une évacuation d’urgence, des communications (chaque guide sera équipé d’une radio et d’un GPS)…

Avec le nouveau système d’accompagnement, 80 personnes au maximum seront autorisées à descendre simultanément dans l’Enclos à raison de groupes de 7 personnes. Le nombre de participants dans chaque groupe est volontairement restreint pour permettre une évacuation rapide en cas d’urgence.

L’accompagnement sera payant. C’est le temps de marche qui fera varier le prix de l’excursion. Une bonne condition physique sera demandée pour les éruptions les plus éloignées. Ce sera à chaque accompagnateur de gérer ses réservations auprès de la clientèle.

La Préfecture indique que selon les conditions, une ouverture encadrée et gratuite de l’Enclos «à tous» reste toujours possible.

[NDLR : A mon avis, il ne faut pas trop croire à cette dernière éventualité. Dès lors qu’il y a de l’argent en jeu… vous connaissez la suite ! Pas sûr qu’avec cette nouvelle formule payante les Réunionnais profitent davantage du spectacle des éruptions.]

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drapeau-anglaisThe eruption of Piton de la Fournaise, which began on January 31st, continues while I am writing these lines. As soon as the lava erupted, the Préfet triggered alert level 2-2, so that « public access to the Enclos Fouqué, whether from the path of the Pas de Bellecombe or from any other trail, as well as helicopter landing in the area of the volcano are prohibited until further notice. »
This may change very soon. One can read in the Journal de l’Ile that about fifty mountain guides will start training courses in order to be able to lead groups in the Enclos during eruptions. The system could be operational as early as April … provided the eruption has not stopped by then! Unfortunately, it will not be free ….
The last eruptions of the Piton gave rise to protests. In particular, the Reunion Islanders are furious at not being able to go to the lava flows of their volcano, while wealthy tourists can afford helicopter flights. It is like making your mouth water without being able to enjoy the feast!
The Préfet therefore adopted an intermediate solution by announcing in early 2016 a new training course for mountain guides in order to bring the public closer to the eruption while respecting safety measures. The training program includes the management of an emergency evacuation, communications (each guide will be equipped with a radio and a GPS) …
With the new accompaniment system, a maximum of 80 people will be permitted to descend simultaneously into the Enclos, with groups of 7 people each. The number of participants in each group is deliberately restricted to allow for rapid evacuation in the event of an emergency.
Participants will have to pay for the service. It is the walking time that will determine the price of the excursion. Good physical condition will be required for the most distant eruptions. It will be up to each guide to manage his reservations with the clientele.
The Prefecture indicates that, according to the conditions, a free and controlled opening of the Enclos « to everybody » might be imagined.
[Editor’s note: In my opinion, we should not over-believe this latter possibility. Once there is money at stake … you know what happens next! I’m not sure that with this new costly formula the Reunionnais will enjoy the show of the eruptions.]

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Cône éruptif édifié par l’éruption en cours.

(Crédit photo:  OVPF)