Kilauea (Hawaii): Images satellites de l’éruption // Satellite images of the eruption

Les photos satellites du Kilauea prises avant et après la dernière éruption montrent à quel point l’environnement a été modifié par la lave. Les images ont été publiées le 8 juin 2018 par l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Sur la première image, prise le 23 mai, le site de l’éruption est bien visible et on note le présence de quelques petits nuages. Le volcan est à peine visible à travers d’épais nuages de gaz et de vapeur sur la deuxième photo prise le 7 juin. Ces nuages sont produits par le contact de la lave et de l’eau de l’océan.

Source : ESA.

Dans ses derniers bulletins, le HVO indique que l’éruption continue. Elle est toujours alimentée par la Fracture n° 8 d’où jaillit toujours une impressionnante fontaine de lave qui atteint jusqu’à 65 mètres de hauteur. Aucun changement significatif n’a été observé dans le champ de lave généré par cette fracture. Aucune activité n’a été détectée sur les autres fractures.

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Satellite images of  Kilauea Volcano taken before and after the latest eruption show just how much the environment has changed as a result of the lava. The images were released on June 8th, 2018 by the European Space Agency. In the first image, taken on May 23rd, the eruption site is visible through a sparse amount of clouds. The volcano is barely visible through thick clouds of vas and vapour produced by the lava hitting the ocean water.

Source: ESA.

In its latest reports, HVO indicates that the eruption continues at Fissure 8 with vigorous fountains reaching heights of about 65 metres. No significant changes have been observed in the Fissure 8 flow field. There is no lava activity from the other fissures.

Source: European Space Agency

Eruption du Fuego: On cherche des responsables ! // Who was responsible ?

Après les catastrophes, les victimes essaient souvent de trouver les responsables, oubliant qu’elles ont leur part de responsabilité. C’est ce qui se passe au Guatemala après l’éruption du volcan Fuego.

Il ne faudrait pas oublier que, même si le volcan n’a pas provoqué d’éruption destructrice depuis 1974, il est actif de manière quasi permanente depuis 2002 (voir image de la webcam ci-dessous), et au cours de l’année écoulée, il a envoyé à plusieurs reprises des coulées de lave qui ont parfois parcouru plus de 2 kilomètres sur ses flancs (voir les différentes notes parues sur ce blog).
Au lendemain de la catastrophe humanitaire provoquée par la dernière éruption, les survivants demandent pourquoi les autorités ont permis la construction de certains villages sur la trajectoire des coulées pyroclastiques. Selon le dernier bilan officiel, au moins 109 personnes ont été tuées et près de 200 sont toujours portées disparues.
San Miguel Los Lotes est un exemple de ces villages. Niché sur les flancs du Fuego, le hameau se trouve au débouché d’une ravine qui a canalisé un écoulement pyroclastique qui a enfoui les maisons jusqu’aux toits.
Les habitants expliquent que le village San Miguel Los Lotes existe depuis les années 1950, époque où il a été implanté pour servir de logement aux cueilleurs de café qui travaillaient dans les plantations locales. Depuis cette époque, aucune avalanche de cendre n’avait traversé le village. Les habitants pensaient qu’ils étaient en sécurité. La cendre empruntait toujours la ravine de Las Lajas, juste au nord. Selon eux, la responsabilité incombe au gouvernement qui a construit un pont à travers la ravine. Ils sont persuadés que le pont – que l’on a vu s’effondrer quand une coulée pyroclastique l’a frappé, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux – est probablement la cause du désastre qui a frappé le village. En effet, la coulée a été bloquée par le pont et les matériaux se sont accumulés derrière lui, ce qui a provoqué un débordement et le déversement de ces matériaux dans la vallée étroite au sud, là où se trouve San Miguel Los Lotes.
En tant que pays, le Guatemala souffre d’un triple problème: des institutions faibles; un nombre incalculable de logements construits sans autorisation par des personnes pauvres partout où cela était possible; l’absence de réglementation sur l’utilisation des terres car le zonage n’existe que dans cinq des 340 municipalités du pays.
En théorie, le gouvernement a le pouvoir de déclarer une zone à haut risque et d’ordonner aux gens de partir, mais le problème sera de savoir comment les reloger. Cela devient un casse-tête social et financier.
Au Guatemala, 99% des catastrophes naturelles surviennent dans des localités pauvres. Un facteur complique la situation dans des villages comme San Miguel Los Lotes : ils existent depuis des décennies. La plupart des gens ne veulent pas partir parce qu’ils ont vécu là pendant 50 ou 60 ans et ils n’ont jamais eu de problème. Si on vient leur dire qu’il y a un risque potentiel, les plus anciens disent: «On a vécu ici pendant 50 ans et rien n’est arrivé».
Les municipalités sont responsables de la délivrance des permis de construire. Les poursuites en cours contre des responsables locaux de Guatemala City à propos de la coulée de boue de 2015 à Cambray qui a tué 280 personnes sur une colline où des habitations n’auraient pas dû être construites pourrait faire réfléchir les autorités.

Les sauveteurs ont suspendu leurs efforts de recherche dans les villages dévastés par l’éruption. Les personnes qui ont perdu des proches sont désespérées et certaines ont entrepris elles-mêmes le travail à haut risque avec des outils rudimentaires. La CONRED, l’agence qui gère les catastrophes au Guatemala, a déclaré que les conditions météorologiques et la cendre volcanique encore chaude rendaient la situation trop dangereuse pour les sauveteurs. 72 heures se sont écoulées depuis l’éruption de dimanche. C’est la fenêtre au-delà de laquelle les autorités ont dit qu’il serait extrêmement improbable de trouver des survivants au milieu de la cendre, de la boue et d’autres matériaux qui avaient recouvert les maisons jusqu’à leurs toits.

Source: Associated Press.

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After disasters, the victims often try to find the people who are responsible, forgetting they have their own part of responsibility. This is what is happening in Guatemala after the eruption of Fuego Volcano.

It should not be forgotten that, even though the volcano has not caused a destructive eruption since 1974, it has been almost permanently active since 2002 (see image of the webcam below), and during the past year, it repeatedly sent lava flows that sometimes travelled more than 2 kilometers on its flanks (see the various notes on this blog).

The survivors are asking why authorities ever allowed the building of some villages in the path of destructive pyroclastic flows. At least 109 people were killed and nearly 200 remain missing, according to the most recent official toll.

Nestled on the flanks of the extremely active volcano, the hamlet of San Miguel Los Lotes was square in the path of a gulch that channeled the downhill flow of fast-moving hot rock, ash and debris when the mountain erupted Sunday, burying homes up to their rooftops.

While the volcano had not produced a similar town-destroying outburst since 1974, it has been almost continuously active since 2002, and over the past year, it has repeatedly sent lava or superheated flows of ash and debris running down ravines on its flanks, sometimes for more than 2 kilometres.

Still, locals said that since San Miguel Los Lotes was first settled in the 1950s as housing for coffee pickers who worked on local plantations, such rivers of ash and rock had never flowed through the village. Residents thought they were safe. They said any ash flows normally would travel down Las Lajas, just to the north. In their opinion, the responsibility lies on the government which built a bridge across the gully of Las Lajas. They believe that bridge – which was seen collapsing as the ash flow hit it in a video shared on social media – may have had fatal consequences. The downward flow became blocked by the bridge and debris that piled up behind it, causing it to overflow into the narrow valley just to the south, where Los Lotes is located.

As a country, Guatemala suffers from a triple problem: weak institutions; a huge amount of informal housing built by poor residents wherever they can; and a lack of land use and zoning regulations, which exist in only five of the country’s 340 townships.

The government technically has the power to declare an area high risk and order people to leave, but the problem will be how to relocate them. It becomes a very big social and financial problem.

99 percent of natural disaster problems happen in poor communities. One complicating factor for towns like Los Lotes is that they have existed for decades. Most of the people don’t want to relocate because they have lived in Los Lotes for 50 or 60 years and they have never had a problem. If a public official tells them there is a potential risk, the older residents will tell him: “I’ve lived here for 50 years and nothing has happened.’”

Townships are responsible for issuing building permits, and ongoing prosecutions of local officials in Guatemala City for the 2015 Cambray mudslide in which about 280 died on a hillside where housing should not have been built could make authorities think twice.

Rescuers have suspended search and recovery efforts at villages devastated by the eruption, leaving people with missing loved ones distraught and prompting some to take up the risky work themselves with rudimentary tools. CONRED, the national disaster agency, said weather conditions and still-hot volcanic material were making it too dangerous for rescuers. 72 hours have passed since Sunday’s eruption. That is the window beyond which officials earlier said it would be extremely unlikely to find any survivors amid the ash, mud and other debris that buried homes up to their rooftops.

Source: Associated Press.

La dernière éruption ne marque pas un réveil du Fuego. Le volcan se manifestait régulièrement depuis plusieurs années (Capture d’image de la webcam en 2017)

Image satellite du village de San Miguel Los Lotes avant et après l’éruption du Fuego (Source: NASA)

 

Kilauea (Hawaii) : Un lourd bilan de destruction // A heavy toll of destruction

L’éruption continue dans la Lower East Rift Zone du  Kilauea. En seulement trois jours, 150 à 160 maisons ont été recouvertes par la lave à Vacationland. 320 des 350 maisons de Kapoho Beach Lots ont été détruites. Aucun chiffre officiel n’a été publié, mais la lave du Kilauea a probablement détruit plus de 600 maisons depuis le début de l’éruption le 3 mai 2018.
La Protection Civile a estimé qu’un minimum de 5 millions de dollars par mile (1,6 km) serait nécessaire pour réparer les routes détruites.
L’État a débloqué 12 millions de dollars pour le comté d’Hawaï pour aider à prendre des mesures dans le district de Puna. Cet argent peut être utilisé pour l’achat d’équipements d’urgence et de biens et services temporaires liés au logement, mais il n’est pas destiné à la réparation des infrastructures ou à la reconstruction des maisons.
Source: Protection Civile et journaux locaux.

Voici une nouvelle vidéo de l’éruption réalisée le 7 juin 2018:

https://vimeo.com/274011392

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The eruption continues in Kilauea’s Lower East Rift Zone. In just three days, 150 to 160 homes have been lost in Vacationland. Approximately 320 of 350 homes are gone at Kapoho Beach Lots,

No official count has been released, but lava from Kilauea volcano has probably destroyed more than 600 homes since the start of the eruption on May 3rd, 2018..

Civil Defense has estimated a minimum of $5 million a mile (1.6 km) is needed to repair destroyed roads.

The State released $12 million to Hawaii County to support its response to the volcanic eruption in Lower Puna. The funding can be used for emergency supplies and temporary shelter-related goods and services but is not intended for long-term infrastructure repairs, or repairs or rebuilding of homes.

Source: Civil Defense & local newspapers.

Here is a new video of the eruption shot on June 7th, 2018:

https://vimeo.com/274011392

Crédit photo: USGS

La lave à Kapoho Bay: La fin d’une époque // Lava in Kapoho Bay: The end of a period

En l’espace de trois jours, des centaines de maisons, de fermes et de locations de vacances à Kapoho ont été ensevelies sous une coulée de lave impitoyable qui a bouleversé des vies et effacé de la carte toute une zone habitée de la Grande Ile. Les tide pools, célèbres pour le snorkelling, et la douceur de la baie ne sont plus que des souvenirs pour ceux qui les appréciaient et dont je fais partie.
Ce n’est pas la première fois que la Lower East Rift Zone est envahie par la lave. Le District de Puna a déjà connu cette mésaventure, en particulier à Kalapana il y a plus de vingt ans et, à Kapoho en 1960.
Le 6 juin au soir, la quasi-totalité des 500 habitations de Vacationland et de Kapoho Beach Lots avaient été détruites, ce qui est beaucoup plus que lors de l’éruption du Pu’uO’o / Kupaianaha, qui avait détruit 215 structures entre 1983 et la fin de l’éruption il y a un mois. En ce moment, il ne reste que quelques maisons dans la partie nord de Kapoho Bay.
La coulée de lave émise par la Fracture n° 8 présente une longueur de 13 kilomètres et continue d’entrer dans l’océan après avoir rempli Kapoho Bay. Le front de lave se situe maintenant à 1,3 kilomètre de l’ancien littoral.
Le nombre officiel de maisons détruites par l’éruption dans les Leilani Estates depuis le 3 mai reste à 130. Ce nombre inclut les maisons détruites à Leilani et dans les Lanipuna Gardens mais ne prend pas en compte celles détruites à Kapoho.
En termes de superficie totale couverte par la lave, les 35 années d’éruption du Pu’uO’o / Kupaianaha restent nettement en tête avec 145 kilomètres carrés. Jusqu’à présent, l’éruption actuelle a couvert 21 kilomètres carrés.
Source: Hawaii Tribune Herald.

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In the course of three days, hundreds of homes, farms and vacation rentals in Kapoho became buried under a relentless lava flow that turned lives upside down and erased an entire community from the map, leaving its tide pools and gentle as simple memories to those who cherished them and I am one of them.

This is not the first time the Lower East Rift Zone has been invaded by lava. The scene had played out in Puna before, especially in Kalapana more than two decades ago and, before that, in the village of Kapoho in 1960.

By June 6th in the evening, nearly all of the estimated 500 residences in Vacationland and Kapoho Beach Lots had been destroyed, easily outpacing destruction from the Pu’uO’o/Kupaianaha eruption, which claimed 215 structures from 1983 until its end a month ago. Only a few homes on the north side of Kapoho Bay remained.

The lava flow spewed by Fissure 8 is now 13 kilometres long and continues to flow into the ocean after filling in Kapoho Bay. Lava now extends 1.3 kilometres from the former shoreline.

The official count of homes lost to the current eruption that started on May 3rd in the Leilani Estates remains at 130. That number includes homes lost in Leilani and Lanipuna Gardens but does not include those destroyed in Kapoho.

In terms of total land covered, the 35-year Pu’uO’o/Kupaianaha eruption remains on top with 145 square kilometres; the current eruption has covered 21 square kilometres so far.

Source : Hawaii Tribune Herald.

Nouvelle carte de l’éruption mise en ligne par l’USGS le 6 juin 2018