Nouvelles d’Islande // News from Iceland

Le Met Office islandais (IMO) a indiqué dans un récent bulletin que le sol autour de l’ Askja, dans le centre de l’Islande, s’est soulevé augmente à raison de 5 centimètres par mois. Cela est probablement dû à une nouvelle ascension de magma vers la surface. Un tel événement peut déboucher sur une éruption volcanique mais le magma peut également se refroidir et se durcir sans jamais atteindre la surface. Il n’y a actuellement aucune indication qu’une éruption est imminente.

Les observations GPS et les cartes de déformation du sol obtenues grâce au satellite Sentinel-1 révèlent que l’Askja a commencé à montrer des signes d’inflation début août 2021. Le signal a été localisé en bordure ouest de l’Öskjuvatn et correspond à environ 5 cm/mois de mouvement vertical. La modélisation géodésique indique que la source de cette inflation se trouve à une profondeur d’environ 3 km et correspond à un apport de volume magmatique d’environ 0,001 km³/mois.

La dernière éruption de l’Askja a eu lieu en 1961 et a duré 5 à 6 semaines. En 1970-1972, les mesures géodésiques ont montré une période de soulèvement du sol, mais lorsque les mesures ont repris en 1983, la terre avait commencé à s’affaisser. Depuis cette époque, une déflation d’environ 1 cm/an a été’ détectée jusqu’à la phase d’inflation actuelle.

Source : OMI.

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Une nouvelle crue glaciaire, ou jökulhlaup, a commencé le 6 septembre 2021, avec sa source dans le chaudron oriental du Skaftárketill dans le Vatnajökull. En conséquence, une alerte a été décrétée dans la région. Cependant, les habitants auront le temps de réagir en cas d’urgence Ils savent exactement comment se déroulent les crues glaciaires de la Skaftá. Il se peut que les routes de la région soient inaccessibles et qu’une grande quantité de limon et de boue se répande sur la plaine côtière, avant d’être transportée par le vent une fois que les dépôts se sont asséchés. Cette dernière crue glaciaire intervient à la suite d’une autre crue dont la source était le chaudron occidental du Skaftárketill, le 2 septembre dernier (voir ma note sur cet événement). Aucune crue en provenance du chaudron oriental ne s’était produite depuis 2018. La crue de 2015 était beaucoup plus importante et a causé davantage de dégâts.

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Aucune lave n’est sortie du cratère de Fagradalsfjall depuis plusieurs jours. Le tremor éruptif est stable avec des valeurs faibles. Il est impossible de faire des prévisions sur la suite de l’éruption. Ce n’est peut-être qu’une pause, avec une reprise d’activité dans les prochains jours. Il pourrait aussi s’agir de la fin de l’éruption qui a débuté le 19 mars 2O21. Une preuve supplémentaire venant confirmer que nous ne savons pas prévoir une éruption volcanique.

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The Icelandic Met Office (IMO) has indicated in a recent bulletin that land by Askja volcano in central is rising at a rate of 5 centimetres per month,. This is likely due to new magma flowing towards the surface. Such an event can end in a volcanic eruption but magma may also cool and harden without ever reaching the surface. There are currently no indications that an eruption is imminent.

GPS observations and ground deformation maps derived from Sentinel-1 satellite data reveal that Askja volcano began inflating at the beginning of August 2021. The uplift signal is centered on the western edge of Öskjuvatn, and corresponds to about 5 cm/month of vertical motion. Geodetic modelling indicates that the source of this inflation is located at a depth of about 3 km and corresponds to a volume change of approximately 0.001 km³/month.

The last eruption at Askja was in 1961 and lasted 5-6 weeks. In 1970-1972, geodetic measurements showed a period of uplift, but when measurements resumed in 1983 the land had begun sinking again. Since then, continued subsidence of a rate of 1 cm/year was detected until the current inflation phase.

Source : IMO.

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A new glacial outburst flood, or jökulhlaup, from the Eastern Skaftárketill cauldron in Vatnajökull glacier started on September 6th, 2021.. As a result, an alert phase was declared in the area. However, residents have time to react. The people who live in the region know precisely where the Skaftá glacial outburst floods have an effect. Roads in the area could close, and a great deal of silt and mud could spread around the area and be carried with the wind once the area dries.

The glacial outburst flood from the Eastern Skaftárketill cauldron comes in the wake of another flood from the western one, which began September 2nd (see my previous post about this event).

A flood from the eastern cauldron has not occurred since 2018. The flood in 2015 was considerably larger and caused more damage.

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No lava has been seen emerging from the Fagradalsfjall crater for several days. The eruptive tremor is stable at low values. It is impossible to make predictions about the future of the eruption. It may just be a pause, with new activity in the next days. It could also be the end of the eruption that started on March 19th, 2021. This is one more proof that we are unable to predict a volcanic eruption.

Le cratère de Fagradalsfjall se contente de dégazer (Capture écran webcam)

Islande: le cratère de Fagradalsfjall // Iceland: the Fagradalsfjall crater

Si vous cliquez sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo que j’attendais avec impatience car elle montre l’intérieur du cratère édifié par l’éruption de Fagradalsfjall en Islande, sur la péninsule de Reykjanes :

https://www.facebook.com/Vikurfrettir/videos/525573888554701

Comme le montre le tremor volcanique, l’activité éruptive se produit par à-coups réguliers d’intensité similaire, avec des pauses entre les événements. En conséquence, la superficie du champ de lave n’a pas augmenté au cours des dernières semaines et la lave n’a pas envahi de nouvelles terres. Elle a recouvert les vallées de Meradalir, Geldingadalir et Nátthagi, mais s’est arrêtée avant d’atteindre le bord du champ de lave. Tel un mille-feuilles, les couches de lave successives s’entassent près du cratère, encourageant la théorie du volcan bouclier suggérée par les scientifiques islandais il y a quelques semaines.
Il semble évident que le niveau de la lave à l’intérieur du cratère baisse considérablement et très rapidement entre les crises éruptives. À l’aide d’un drone, Jón Steinar Sæmundsson, un habitant de Grindavík, a réalisé la vidéo susmentionnée du cratère lors d’une pause éruptive en juillet.
La vidéo montre que le cratère est très profond jusqu’à l’endroit où se produit la vidange de la lave. Une fois la crise éruptive arrivée à son terme, la coulée de lave s’arrête définitivement, la pression des gaz chute également et le cratère se vide complètement. Lorsque l’éruption reprend, il faut plusieurs heures pour que la lave remplisse le cratère avant de déborder.
À en juger par la vidéo, la cuvette du cratère a une profondeur d’environ 60 à 70 m, mais le puits de vidange est beaucoup plus profond. Lorsque le cratère est inactif, le conduit semble aller très profond, probablement en dessous de la surface du sol d’origine.
Source: Iceland Monitor.

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If you click on the following link, you will see a video I have impatiently been waiting for because it shows the inside of the crater built by Iceland’s Fagradalsfjall eruption on the Reykjanes Peninsula:

https://www.facebook.com/Vikurfrettir/videos/525573888554701

As shown by the volcanic tremor, eruptive activity occurs in regular pulses of simimar intensity, with pauses between the events. As a consquences, the area of the lava field has not grown in the past weeks, and the lava has not flowed over new land. It reaches Meradalir, Geldingadalir and Nátthagi valleys, but stops before reaching the edge of the lava field. Therefore, it piles up near the crater, encouraging the theory of the shield volcano suggested by Icelandic scientists a few weeks ago.

It ssems the surface of the lava inside the crater drops considerably and very rapidly between the eruptive crises. Using a drone, Jón Steinar Sæmundsson, from Grindavík, shot the above-mentioned video of the crater during an eruptive pause in July.

The video shows that the crater is very deep, down to a drain. Once the eruptive crisis comes to a halt, the lava flow stops completely, the gas pressure drops as well, and the crater empties completely. Once the flow resumes, it takes many hours to fill the crater before lava starts flowing out.

Judging from the video, the crater bowl is about 60-70 m deep, but the drain goes much deeper. While the crater is inactive, it seems the surface of the lava in the conduit drops below the surface of the land prior to the eruption.

Source: Iceland Monitor.

Captures d’écran de la vidéo

Nyiragongo (RDC): un constat d’échec // An admission of failure

La chaîne France 24 a diffusé le 27 août 2021 un très bon reportage sur la situation à Goma (République Démocratique du Congo) après l’éruption du Nyiragongo le 22 mai 2021. Le documentaire est d’une grande honnêteté. C’est aussi un constat d’impuissance et d’échec. Comme le déclare Dario Tedesco (Université de Campanie), « on a beaucoup à apprendre, on s’est trompé ». Il faut dire, à la décharge des volcanologues locaux que l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) manque cruellement de moyens. J’avais insisté sur cet aspect au moment de l’éruption. Ce n’est pas la première fois que le volcan déverse sa lave sur Goma et on sait que cette situation tragique se reproduira à plus ou moins long terme.

Le reportage met aussi en évidence une autre épée de Damoclès qui menace la région: le lac Kivu et les énormes quantités de gaz carbonique et de méthane qui se cachent dans ses profondeurs et ne demandent qu’à s’évacuer à la moindre occasion, si un fort séisme déstabilise le lac, par exemple. Tout le monde se souvient de la catastrophe du lac Nyos (cameroun) le 21 août 1986.

Il est facile de dire que l’on réalisé de bonnes prévisions quand la lave s’évacue dans une zone désertique, comme sur le Kilauea (Hawaii) ou dans l’Enclos du Piton de la Fournaise (Ile de la réunion). mais quand le volcan menace des zones densément peuplées, c’est une autre paire de manches…

Vous aurez accès au reportage de France 24 en cliquant sur ce lien.

J’ai écrit sur ce blog plusieurs articles à propos du lac Kivu. Vous les trouverez à l’aide du moteur de recherche dans la colonne de droite. Voici l’un d’eux:

Le méthane du lac Kivu (Rwanda / RDC) : entre menace et légende…

Eruption de Fagradalsfjall (Islande) // Fagradalsfjall eruption (Iceland)

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo très intéressante réalisée le 26 août 2021. Elle montre la situation sur le volcan en éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Au cours des derniers jours, le mauvais temps et le brouillard ont empêché de voir ce qui se passait, mais le tremor éruptif conservait son comportement en dents de scie.

Au vu de la vidéo, on se rend compte que la lave a recommencé à couler vers le sud. La pente étant forte, elle avance bien canalisée à une vitesse impressionnante. Le chenal d’écoulement favorise cette vitesse. On peut voir de très nombreux touristes le long de la rivière de lave. Ils ne risquent rien, sauf si la lave décide en amont d’adopter une autre trajectoire. Il faudra alors effectuer un repli rapide sur la colline, mais cela ne devrait pas poser de problème

Lorsqu’elle arrive vers le bas de la vallée de Natthagi, la lave s’étale et sa progression ralentit. L’éruption marque sa pause habituelle au moment où j’écris ces lignes. Cela freine donc fortement la progression de la lave. Reste à savoir si le débit effusif sera suffisant pour lui permettre de progresser en direction de l’océan.

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By clicking on the link below, you will see a very interesting video shot on August 26th, 2021. It shows the situation on the erupting volcano on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Over the past few days, poor weather conditions with fog made it impossible to see what was going on, but the eruptive tremor maintained its ups and downs.

Looking at the video, one realizes that lava has started to flow again towards the south. The slope being steep, it advances in a channel at an impressive speed. The channel favours this speed. Many tourists can be seen along the lava river. They are not in danger, unless lava decides upslope to adopt another path. It will then be necessary to climb rapidly on the hill, but that should not be a problem.

When it arrives at the bottom of the Natthagi Valley, lava spreads out and its progress slows down. The eruption is taking its usual pause as of this writing. This therefore strongly slows down the progression of the lava. It remains to be seen whether the effusive flow will be sufficient to allow it to progress towards the ocean.