Soufrière de St Vincent: retour au calme // St Vincent’s Soufriere: return to calm

On ne parle plus guère de la Soufrière de St Vincent. C’est normal car l’activité éruptive s’est réduite de manière significative au cours des derniers mois. La dernière éruption explosive remonte au 22 avril 2021. La couleur de l’alerte volcanique a été abaissée à la couleur Jaune. Tous les habitants qui avaient reçu un ordre d’évacuation le 8 avril 2021 peuvent désormais rentrer chez eux. Par contre, l’accès au sommet du volcan reste déconseillé.

Depuis quelques semaines, les scientifiques qui surveillent la Soufrière constatent un net ralentissement de l’activité éruptive. On observe une baisse des émissions de gaz qui ne devraient plus être détectables à court terme.

Les bulletins d’informations quotidiens à destination de la population vont cesser, faute d’informations vraiment utiles.

Les volcanologues profitent de cet accalmie du volcan pour retourner sur le terrain et constater les modifications de sa topographie. Ils profitent également de cette situation favorable pour installer de nouveaux instruments de surveillance en remplacement de ceux qui ont été détruits pendant l’éruption. Une station sismique a été installée au sommet de la Soufrière avec l’aide d’un hélicoptère de la marine britannique.

Aujourd’hui, différentes cartographies aériennes sont en cours de réalisation. Elles sont importantes pour l’observatoire et pour le gouvernement dans le cadre des différents niveaux d’alerte. Les équipes scientifiques qui ont accédé au sommet ont observé un paysage transformé. Il n’y a plus de dôme. D’ immenses quantités de lave se sont accumulées autour d’un nouveau cratère. Le lieu est encore instable, chaud et dépourvu de végétation. Un petit lac, rempli d’eau chaude occupe le cratère.

Bien que l’accès au sommet soit déconseillé, les habitués du volcan s’y rendent à nouveau pour se baigner dans le nouveau lac.

Source: Presse locale.

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There is not much talk of St Vincent’s Soufriere these days. This is normal as eruptive activity has decreased significantly over the past few months. The last explosive eruption dates back to April 22nd, 2021. The colour of the volcanic alert level has been lowered to Yellow. All residents who received an evacuation order on April 8th, 2021 can now return home. However, access to the summit of the volcano is restricted.
In recent weeks, scientists monitoring La Soufriere have observed a marked slowdown in eruptive activity. There is a decrease in gas emissions which should no longer be detectable in the short term.
The daily news bulletins intended for the population will cease, for lack of really useful information.
Volcanologists take advantage of this lull in volcanic activity to return to observe the changes in topography. They also take advantage of this favorable situation to install new monitoring instruments to replace those that were destroyed during the eruption. A seismic station was set up at the summit of La Soufriere with the help of a British Navy helicopter.

https://twitter.com/i/status/1434201438712963073

Today, various aerial maps are in progress. They are important for the observatory and for the government about the different alert levels. The scientific teams who have reached the summit observed a transformed landscape. There is no longer a dome. Huge amounts of lava have accumulated around a new crater. The place is still unstable, hot and devoid of vegetation. A small lake, filled with warm water, occupies the crater.
Although access to the summit is restricted, regulars of the volcano go there again to bathe in the new lake.
Source: Local press.

Le dôme de lave a disparu et la morphologie du cratère a été totalement transformée par l’éruption (Source: UWI)

De la Geldingadalir (Islande) à la planète Mars // From Geldingadalir (Iceland) to Mars

Pour les scientifiques, l’Islande est un excellent terrain d’entraînement dans le domaine de la conquête spatiale. Aujourd’hui, ce pays sert de banc d’essai pour expérimenter des drones qui pourraient un jour être utilisés dans des missions martiennes.
Dans le cadre d’un tel projet, les scientifiques équipent les drones d’une gamme de dispositifs allant du Lidar capable de déterminer l’épaisseur et le volume de lave, aux caméras d’imagerie thermique et aux foreuses capables de prélever des échantillons. Les paysages islandais sont très semblables à ceux de Mars, ce qui en fait un lieu idéal pour tester différents types de technologies de drones.
Voici une vidéo tournée à Geldingadalir (Islande) dans laquelle le volcanologue Christopher Hamilton (Université d’Arizona) explique toutes les possibilités offertes par les drones :.

https://www.bbc.com/news/av/technology-58104819

Le 19 mars 2021, une éruption a commencé sur la péninsule de Reykjanes. C’était la première fois en 800 ans qu’un tel événement se produisait dans cette partie de l’Islande. À seulement 35 kilomètres de Reykjavik, la facilité d’accès a permis aux scientifiques de collecter des données qui sont souvent impossibles à rassembler lors d’éruptions plus dangereuses ou plus difficiles d’accès.
Christopher Hamilton est professeur de sciences planétaires à l’Université de l’Arizona. Il est également professeur adjoint à l’Université d’Islande. Il se trouvait en Islande lorsque le volcan est entré en éruption. Contrairement à certains autres scientifiques présents dans la Geldingadalir qui essayaient de percer les secrets de la Terre, Hamilton avait en tête des idées allant bien au-delà de notre planète.
Dans la vidéo ci-dessus, il explique vouloir se servir de cette éruption comme d’une fenêtre pour étudier d’autres planètes. Le paysage islandais relativement aride ressemble beaucoup à l’environnement martien
Hamilton a reçu une subvention de trois millions de dollars de la NASA pour mettre au point un drone capable de voler sur Mars. Il s’appelle RAVEN, acronyme de Rover Aerial Vehicle Exploration Network. (voir ma note du 19 janvier 2021 à propos de ce drone). Hamilton explique que les instruments utilisés dans l’espace doivent être testés dans différents environnements. L’Islande constitue un substitut parfait pour le paysage volcanique accidenté de la planète Mars. Avec ses étendues de glace stériles, ses immenses champs de lave et son activité volcanique constante, l’Islande est l’environnement parfait pour tester le projet de drone.
Dans le cadre de la mission Mars 2020 de la NASA, l’hélicoptère Ingenuity a permis de tester avec succès au mois d’avril 2021 un vol motorisé sur Mars. Cet hélicoptère était équipé de deux caméras, une pour la navigation et l’autre pour les images. Il a accompagné le rover (robot d’exploration) Perseverance de sorte que les deux véhicules ont prouvé que les hélicoptères et les rovers peuvent fonctionner ensemble sur Mars. Hamilton dit qu’il s’agit d’une technologie véritablement transformatrice ; la mission islandaise permettra de tester la prochaine génération de systèmes d’exploration spatiale.
Le drone RAVEN sera utilisé avec un rover et volera devant lui et en envoyant des données pour générer des cartes 3D. Il explorera des zones auparavant inaccessibles sur Mars et disposera d’une griffe capable de récupérer des échantillons de roches martiennes et de les apporter au rover.
Hamilton est convaincu que « le drone a révolutionné notre façon de travailler sur le terrain. Si on pouvait envoyer un drone équipé d’une griffe ou une perceuse pour pouvoir acquérir un échantillon et le ramener à un rover, cela fournirait un paradigme radicalement nouveau pour explorer les parties vraiment accidentées et encore inaccessibles de Mars. »

RAVEN est un projet prévu pour s’étaler sur trois années. L’équipe de Christopher Hamilton espère tester un prototype d’ici 2022, et fournir des recommandations technologiques à la NASA d’ici 2023.
Source : BBC News.

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Scientists are using Iceland as a testbed for deploying drone technology that they hope may one day feature on missions exploring Mars.

The project equips drones with a range of devices from Lidar which can help inform the thickness and volume of lava, to thermal imaging cameras and drills capable of taking core samples. The characteristics of Iceland’s environment are very similar to Mars making it an ideal test place for different types of drone technology.

Here is a video shot in Geldingadalir (Iceland) in which volcanologist Christopher Hamilton (University of Arizona) explains all the possibilities offered by the drones:.

https://www.bbc.com/news/av/technology-58104819

On March 19th, 2021, a new eruption started on the Reykjanes Peninsula. It was the first time in 800 years a volcanic eruption had occurred on that part of the country. Only 35 kilometres from Reykjavik, the ease of access provided an opportunity for scientists to collect data that is often lost at more hazardous or remote volcanic eruptions.

Christopher Hamilton is an associate professor of planetary sciences at the University of Arizona. He is also an adjunct professor at the University of Iceland. He happened to be in Iceland when the volcano erupted. Unlike some of the other scientists in Geldingadalir trying to unlock the secrets of the Earth, Hamilton’s interests went far beyond this planet.

In the video, he says that he wanted to be able to use this eruption as a window to study other planets. The landscape in Iceland, with relatively barren vegetation, is very similar to the Martian environment

Hamilton received a three-million-dollar grant from NASA to develop a drone that will fly on Mars. It is called RAVEN, which stands for Rover Aerial Vehicle Exploration Network. (see my post of January 19th, 2021 about this drone). Hamilton explained that instruments used in space need to be tested in different environments. Iceland is the perfect substitute for the rugged volcanic landscape found on Mars. With its barren icefields, huge lava fields, and constant volcanic activity, Iceland is the perfect test environment for the drone project.

Part of NASA’s Mars 2020 Mission, the Ingenuity helicopter successfully tested powered flight on Mars for the first time in April. This helicopter was equipped with two cameras, one for navigation and one for imaging. It accompanied the rover Perseverance, and together the crafts tested how helicopters and rovers can work together on Mars. Hamilton says this is a truly transformative technology; what they are testing in Iceland is the next generation of explorationsystems.

The RAVEN drone will work with a rover by flying ahead of it and sending back data to generate 3D maps. It will explore previously inaccessible areas on Mars, and have a claw that can retrieve Martian rocks and deliver them to the rover.

Hamilton is convinced that « the drone has completely revolutionized the way that we do fieldwork, If you could send a drone with a claw or a drill to be able to acquire a sample and bring it back to a rover, that provides a radically new paradigm for being able to explore the really rugged parts of Mars that we haven’t been able to get to on the ground. »

RAVEN is scheduled to be a three-year project. Christopher Hamilton’s team hopes to test a prototype by 2022, and to publish technological recommendations for NASA by 2023.

Source: BBC News.

Le désert de l’Odadahraun a déjà servi de terrain d’entraînement aux missions lunaires (Photo: C. Grandpey)

Islande : bonne vidéo de l’éruption // Iceland : good video of the eruption

L’éruption continue en Islande sur le site de Fagradalsfjall (péninsule de Reykjanes). En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo réalisée à l’aide d’un drone ces derniers jours:

Comme souvent, le document présente des longueurs mais donne une bonne idée de la situation, depuis le cratère actif jusqu’à la vallée de Natthagi où la lave termine sa course. On se rend compte de l’utilité de la digue édifiée il y a quelques semaines et qui canalise la coulée vers l’aval. Voir la carte que j’ai publiée le 17 septembre 2021 pour l’emplacement (barrettes rouges) de ces digues de terre.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/17/peninsule-de-reykjanes-islande-carte-de-leruption/

Le débit éruptif ne semble pas très élevé et la lave semble moins fluide que précédemment. En conséquence, elle n’avance pas très loin une fois atteinte la vallée de Natthagi. Pour le moment, aucun signe ne montre qu’elle a envie de se diriger vers l’océan.

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The eruption continues in Iceland on the site of Fagradalsfjall (Reykjanes peninsula). By clicking on the link below, you will see a good video shot with a drone in recent days:

https://youtu.be/-NscihkfqPk

The document gives a good idea of ​​the situation, from the active crater to the Natthagi Valley where lava ends its course. One realizes the usefulness of the dike built a few weeks ago and which channels the flow downslope. See the map that I published on September 17th, 2021 for the location (red bars) of these earth dikes.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2021/09/17/peninsule-de-reykjanes-islande-carte-de-leruption/
The eruptive flow does not seem very high and lava looks less fluid than before. As a result, it does not advance very far in the Natthagi Valley. At the moment, there are no signs that it will head for the ocean.

La coulée de lave le 18 septembre 2021 au matin (capture écran webcam)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : Carte de l’éruption

Cela fait maintenant six mois que l’éruption a commencé sur la péninsule de Reykjanes et elle ne semble pas avoir envie de s’arrêter. Pour plus de clarté, voici une carte montrant les différents sites auxquels les bulletins d’information font référence.

Au nord-ouest, on peut voir la colline de Fagradalsfjall dont le nom est souvent utilisé pour faire référence à l’éruption.

Au nord-nord-est, on peut voir la vallée de Meradalir où la lave s’écoulait en juillet et août.

A l’ouest, il y a la Geldingadalir que la lave a envahi pendant les premières semaines de l’éruption.

En général, les touristes accèdent à l’éruption par le sud où des parkings ont été aménagés. On entre alors dans la vallée de Natthagi.

Les barrettes rouges sur la carte sont les digues construites par les Islandais pour essayer de ralentir la progression de la lave.

Source: http://www.viewsoftheworld.net/

La source actuelle de l’éruption est la bouche n°5. Ces derniers jours la lave s’est échappée du flanc sud du cône éruptif; elle coule en ce moment dans la Geldingadalir et bascule ensuite dans la vallée de Natthagi.