Climat: Un avenir inquiétant // Climate: An uncertain future

Selon une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs de 17 pays et publiée début juillet 2018 dans Nature Geoscience, le réchauffement climatique au cours des prochaines années pourrait être deux fois plus important que celui prévu par les modèles climatiques présentés dans les scénarios actuels. Même si l’objectif d’une hausse des températures de  2°C était atteint, le niveau de la mer pourrait augmenter de six mètres ou plus.
Les résultats de l’étude s’appuient sur l’observation de trois périodes chaudes au cours des 3,5 millions d’années passées, époque où la température de la Terre dépassait de 0,5°C à 2°C les températures préindustrielles du 19ème siècle.
L’étude montre également que de vastes zones de calottes polaires pourraient disparaître. Des changements significatifs dans les écosystèmes pourraient voir le désert du Sahara devenir une étendue verte et les bordures des forêts tropicales se transformer en savane. Les observations des périodes de réchauffement passées révèlent qu’un certain nombre de mécanismes amplificateurs, mal représentés dans les modèles climatiques, augmentent le réchauffement à long terme bien au-delà des projections actuelles. En conséquence, le budget carbone pour éviter 2°C du réchauffement climatique pourrait être beaucoup plus réduit que prévu, laissant une marge d’erreur très faible pour atteindre les objectifs de la COP 21.
Pour obtenir leurs résultats, les chercheurs ont examiné trois des périodes chaudes les mieux documentées, le maximum thermique de l’Holocène (il y a 5000-9000 ans), le dernier interglaciaire (129 000-116 000 ans) et la période chaude du milieu du Pliocène (3,3-3 millions d’années). Le réchauffement des deux premières périodes a été causé par des changements prévisibles de l’orbite terrestre, tandis que l’événement du milieu du Pliocène fut le résultat de concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone de 350 à 450 ppm, ce qui correspond sensiblement au niveau actuel (409,53 ppm au relevé du 6 juillet 2018 sur la Mauna Loa à Hawaii).
En combinant un large éventail de mesures fournies par des carottes de glace, des couches de sédiments, des archives fossiles, des datations à l’aide d’isotopes atomiques et une foule d’autres méthodes paléoclimatiques établies, les chercheurs ont reconstitué l’impact de ces changements climatiques. Ensemble, ces périodes montrent clairement à quel point la Terre sera plus chaude une fois le climat stabilisé. Aujourd’hui, notre planète se réchauffe beaucoup plus rapidement qu’au cours de n’importe laquelle de ces périodes car les émissions anthropiques de CO2 continuent de croître. Même si ces émissions cessaient aujourd’hui, il faudrait des siècles, voire des millénaires, pour retrouver un équilibre.
Les changements survenus sur Terre sous les conditions du passé ont été profonds: les étendues de glace de l’Antarctique et du Groenland se sont considérablement réduites et, par conséquent, le niveau de la mer s’est élevé d’au moins six mètres; les aires de répartition du plancton marin se sont déplacées, bouleversant des écosystèmes marins entiers; le Sahara a verdi et les espèces forestières se sont déplacées de 200 km vers les pôles, tout comme la toundra; les espèces de haute altitude ont décliné, les forêts tropicales tempérées ont été réduites et dans les zones méditerranéennes la végétation maintenue par le feu a dominé.
Même avec seulement 2°C de réchauffement – et potentiellement seulement 1,5 ° C – les impacts significatifs sur le système terrestre seront profonds. L’élévation du niveau de la mer pourrait devenir inéluctable pendant des millénaires ; cela affecterait une grande partie de la population mondiale, des infrastructures et l’activité économique. Pourtant, ces changements importants sont généralement sous-estimés dans les projections des modèles climatiques actuels  qui se concentrent sur le court terme et semblent sous-estimer le réchauffement à long terme et l’amplification de la chaleur dans les régions polaires. Ces mêmes modèles climatiques semblent être fiables pour des changements mineurs sur de courtes périodes, par exemple au cours des prochaines décennies jusqu’en 2100, mais quand les changements prennent de l’ampleur ou persistent, ils sous-estiment le réchauffement climatique.
La dernière étude montre que si nos dirigeants ne s’attaquent pas très rapidement aux émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique transformera profondément notre planète et notre mode de vie, pas seulement pour ce siècle mais bien au-delà.
Source: Nature Geoscience, Science Daily.

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According to a study performed by an international team of researchers from 17 countries and published early July 2018 in Nature Geoscience, future global warming may be twice as warm as projected by climate models under current scenarios. Even if the world meets the 2°C target, sea levels may rise six metres or more.

The results of the study are based on observational evidence from three warm periods over the past 3.5 million years when the world was 0.5°C-2°C warmer than the pre-industrial temperatures of the 19th century.

The research also revealed how large areas of the polar ice caps could collapse and significant changes to ecosystems could see the Sahara desert become green and the edges of tropical forests turn into savanna. Observations of past warming periods suggest that a number of amplifying mechanisms, which are poorly represented in climate models, increase long-term warming beyond climate model projections. This suggests the carbon budget to avoid 2°C of global warming may be far smaller than estimated, leaving very little margin for error to meet the Paris targets.

To get their results, the researchers looked at three of the best-documented warm periods, the Holocene thermal maximum (5000-9000 years ago), the last interglacial (129,000-116,000 years ago) and the mid-Pliocene warm period (3.3-3 million years ago). The warming of the first two periods was caused by predictable changes in the Earth’s orbit, while the mid-Pliocene event was the result of atmospheric carbon dioxide concentrations that were 350-450ppm, much the same as today.

Combining a wide range of measurements from ice cores, sediment layers, fossil records, dating using atomic isotopes and a host of other established paleoclimate methods, the researchers pieced together the impact of these climatic changes. In combination, these periods give strong evidence of how a warmer Earth would appear once the climate had stabilized. By contrast, today our planet is warming much faster than any of these periods as human caused carbon dioxide emissions continue to grow. Even if our emissions stopped today, it would take centuries to millennia to reach equilibrium.

The changes to the Earth under these past conditions were profound: there were substantial retreats of the Antarctic and Greenland ice sheets and as a consequence sea-levels rose by at least six metres; marine plankton ranges shifted, reorganising entire marine ecosystems; the Sahara became greener and forest species shifted 200 km towards the poles, as did tundra; high altitude species declined, temperate tropical forests were reduced and in Mediterranean areas fire-maintained vegetation dominated.

Even with just 2°C of warming – and potentially just 1.5°C – significant impacts on the Earth system are profound. Sea-level rise could become unstoppable for millennia, impacting much of the world’s population, infrastructure and economic activity. Yet these significant observed changes are generally underestimated in climate model projections that focus on the near term. Compared to these past observations, climate models appear to underestimate long term warming and the amplification of warmth in polar regions. Indeed, climate models appear to be trustworthy for small changes, such as for low emission scenarios over short periods, for instance over the next few decades until 2100. But as the change gets larger or more persistent, it appears they underestimate climate change.

This new research shows that if today’s leaders don’t urgently address our emissions, global warming will bring profound changes to our planet and way of life, not just for this century but well beyond.

Source: Nature Geoscience, Science Daily.

 
 

Les glaciers fondent et les effets sont spectaculaires sur le littoral: Bâtiments menacés, blockhaus à la dérive, etc.  (Photos: C. Grandpey)

 

 

Image glacier ou image érosion littorale (Soulac?)

L’ouragan Hector peut-il modifier l’activité éruptive à Hawaii ? // Can hurricane Hector alter volcanic activity at Hawaii?

L’ouragan Hector – de niveau 4 depuis quelques heures – se rapproche d’Hawaï et effleurer la Grande Ile mardi ou mercredi. Les scientifiques se demandent si le système de basses pressions généré par l’ouragan pourrait avoir un effet sur l’éruption actuelle dans la Lower East Rift Zone. Certains pensent que les basses pressions atmosphériques pourraient entraîner une augmentation de l’activité volcanique.
En ce qui me concerne, j’ai étudié le lien possible entre la pression atmosphérique et l’activité volcanique sur l’île sicilienne de Stromboli. Vous trouverez un résumé de cette étude dans la colonne de gauche de ce blog. Pour être bref, je n’ai pas vraiment décelé de preuve significative d’une relation entre la pression atmosphérique et l’activité strombolienne. Stromboli est un petit volcan avec une quantité limitée de magma en jeu, comparé au Kilauea. Je n’ai pas étudié le phénomène lors du passage d’une tempête majeure ou d’un ouragan au-dessus du volcan. Cependant, même en changeant d’échelle, je ne pense pas que le système de basse pression généré par l’ouragan Hector puisse entraîner une augmentation de l’activité éruptive à Hawaii. Pour information, il convient de noter que l’éruption actuelle au niveau de la Fracture n° 8 a diminué au cours des derniers jours. Nous verrons si l’ouragan peut avoir une influence sur Madame Pele …

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Hurricane Hector is getting closer and closer to Hawaii and is expected to brush pas the Big Island Tuesday or Wednesday. Scientists are wondering whether the low-pressure system caused by the hurricane might have an effect on the current eruption in the Lower East Rift Zone. Some of them think atmospheric low pressure might increase volcanic activity.

As far as I am concerned, I have studied the possible link between atmospheric pressure and volcanic activity on the Sicilian island of Stromboli. You can find an abstract of the study in the left-hand column of this blog. To put it shortly, I have found no real significant evidence of a relationship between atmospheric pressure and Strombolian activity. Stromboli is a small volcano with a limited amount of magma at stake, compared with Kilauea. I have not studied the phenomenon while a major storm or a hurricane was passing over the volcano. However, changing the scale, I do not think the low pressure system caused by Hurricane Hector could increase activity at Hawaii. By the way, it should be noted that the current eruption at Fissure 8 decreased during the past days. We’ll see whether the hurricane can have an influence on Madame Pele…

Source: Central Pacific Hurricane Center

Crédit photo: USGS / HVO

Hawaii : Un itinéraire de secours pour la Route 11 // An alternate route for Highway 11

Comme je l’ai expliqué à maintes reprises, la forte sismicité qui accompagne les explosions suivies d’effondrements dans le cratère de l’Halema’uma’u a fortement endommagé la Route 11 (Highway 11), une importante voie de communication entre Volcano et Hilo. Si la route devenait impraticable, ce serait un réel problème pour les habitants de la région.
C’est la raison pour laquelle des travaux ont déjà commencé pour ouvrir une route alternative. Ce sera une route en terre battue parallèle à la Route 11. Elle reliera l’extrémité sud de Piimauna Drive à Volcano Road, près de l’école des arts et des sciences de Volcano. Les organismes fédéraux et locaux  feront tout leur possible pour rendre cette route de secours praticable le plus rapidement possible. Les travaux devraient durer au maximum deux semaines, à moins que l’ouragan Hector ne retarde les travaux.
La route de secours ne sera ouverte que si la Highway 11 est complètement fermée à la circulation. Si une voie de la Highway 11 reste ouverte, l’autre route restera fermée.
Un deuxième itinéraire alternatif est prévu pour relier l’extrémité nord de Piimauna Drive à Mahiai Road, puis de Mahiai Road à Wright Road et à la Highway 11, mais il faudrait plus de temps pour tracer une telle route car elle traverserait des propriétés privées.
A l’origine, il était aussi prévu de rouvrir la Crater Rim Drive qui passe dans le Parc National des Volcans d’Hawaï, mais les secousses sismiques ont dégradé les routes du parc plus que prévu.
Source: Presse hawaiienne.

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As I explained it many times before, the strong seismicity that accompanies the explosion-collapse events on Kimauea has much damaged Highway 11, a majot communication link between Volcano and Hilo. If the road became impassable, it would be a real problem for residents of the area.

This is the reason why work has begun to open an alternate road. The primary option is a mostly gravel road running closely parallel to Highway 11, connecting the south end of Piimauna Drive to Volcano Road near the Volcano School of Arts and Sciences. County, state, federal and private agencies will work to make the route passable for general traffic as quickly as possible. The work should take at most two weeks to finish it, unless work is delayed by Hurricane Hector.

The alternate route will only be opened to general traffic if Highway 11 is completely closed. If only one lane of Highway 11 remains open, then the alternate route will remain closed.

A second potential alternate route is planned to connect the north end of Piimauna Drive across private property to Mahiai Road, and then from Mahiai Road to Wright Road back to Highway 11, but the legal issues required to build a roadway along that route would take longer to negotiate as it would intrude on private property. .

Initial plans for an alternate route included possibly opening Crater Rim Drive within Hawaii Volcanoes National Park, but the volcano’s frequent tremors have degraded the park’s roads to a greater degree than expected.

Source : Hawaiian newspapers.

La Highway 11 est une voie de communication essentielle sur la Grande Ile. Elle relie par le sud Hilo à Kailua-Kona, en passant par Volcano et le Parc National des Volcans d’Hawaii (Source: Google Maps).

Hector est un ouragan actuellement de Force 4 qui pourrait sérieusement menacer le sud de la Grande Ile en début de semaine prochaine. (Crédit photo: NASA)

Vous aimez la chaleur? Allez dans la Vallée de la Mort // You like the lheat? Just go to Death Valley!

Connue pour être l’un des endroits les plus chauds de la planète, la Vallée de la Mort vient d’enregistrer le mois de juillet le plus chaud de son histoire avec une température moyenne de 42,2 ° C ; jours et nuits confondus.

La chaleur a été terrible en juillet. Les maximums diurnes ont atteint 48°C pendant les 18 derniers jours du mois sauf un, car il y a eu une brève accalmie avec un maximum de 46°C le 21 juillet. Les températures ont atteint 52°C pendant quatre jours de suite.
Les rangers ont dû intervenir lors de nombreux accidents liés à la chaleur. Cette dernière a contribué à la mort d’un Californien de 57 ans qui a fait une chute à la mi-juillet alors qu’il se rendait à Panamint Butte. Deux touristes français ont tenté de relier directement Dantes View et Badwater. Ils ont été secourus par un hélicoptère de la Marine après avoir rencontré des falaises infranchissables. Ils souffraient de coups de chaleur et de déshydratation.

Il n’y a pas d’amélioration en vue dans l’immédiat. Les températures diurnes maximales devraient atteindre au moins 48°C jusqu’au samedi 4 août.
Alors que les températures diurnes sont très élevées, leurs homologues nocturnes atteignent elles aussi des sommets. Elles n’ont pas chuté en dessous de 37° C en juillet. Ces températures « basses » sont généralement relevées vers 5 heures du matin et le mercure monte dès que le soleil se lève.
Les autorités du parc conseillent aux touristes de rester dans les zones les plus fréquentées afin que d’autres personnes puissent apporter leur aide en cas de panne d’un véhicule. Les téléphones cellulaires ne fonctionnent pas la plupart du temps. Autres conseils pour une visite en toute sécurité: boire beaucoup d’eau, manger des collations, éviter de quitter les zones climatisées (voitures, restaurants)  et visiter de préférence les sites élevés, donc un peu moins chauds, comme Dantes View. Attention ! Si vous visitez les zones de dunes, ne vous y aventurez pas pieds nus, sinon brûlures à plusieurs degrés assurées !!
La Vallée de la Mort comprend une zone volcanique avec Ubehebe Crater dans la partie nord du parc La première fois que j’ai visité le parc il y a une quinzaine d’années, la température diurne atteignait 48°C. Il fallait que je place mon appareil photo dans l’ombre de mon corps, de peur que la chaleur n’affecte les circuits électroniques. Je suis retourné dans la Vallée il y a deux ans en mai et la température était très agréable, avec 22°C à Badwater, le point le plus bas du parc.
Source: Service des parcs nationaux.

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Known as one of the hottest places on Earth, Death Valley has just experienced its hottest month of July on record: 42.2°C. This is the average temperature for the month of July, including overnight lows.
The heat was unrelenting in July. Daytime highs reached 48°C or higher all but one of the last 18 days of July, with a brief dip to a high of 46°C on July 21st. Temperatures reached 52°C four days in a row.
Rangers had to respond to multiple heat-related incidents. Heat contributed to the death of a 57-year-old man from California who fell while hiking to Panamint Butte in mid-July. Two French tourists attempted to scramble directly from Dantes View to Badwater. They were rescued by a Navy helicopter after encountering unclimbable cliffs, and suffering from overheating and dehydration.  .
There’s no immediate relief in sight. Daytime highs are predicted to reach at least 48°C until Saturday, August 4th.
While daytime high temperatures are very hot, the overnight lows are significant too. Temperatures didn’t drop below 37°C ten nights in July. Those “low” temperatures are usually around 5:00am, and temperatures soar again as the sun rises.
Park rangers urge summer visitors to stay in well-travelled areas of the Park, so that other people might provide help in case of a vehicle break-down. Cell phones do not work in most of the park. Other tips for a safe visit include drinking plenty of water, eating snacks, limiting activities outside of air-conditioning, and visiting viewpoints at higher elevations, like Dantes View.
Death Valley includes a volcanic area with Ubehebe Crater in the northern part of the park The first time I visited the Park about 15 years ago, daytime temperatures reached 48°C . I had to keep my camera in the shade of my body for fear the heat might affect the electronic circuits. I travelled back to the Valley two years ago in May and the temperature was a nice 22°C at Badwater, the lowest place in the Park.
Source: National Park Service.

Voici quelques images de ce lieu hors du commun:

Photos: C. Grandpey